Serpico7 Net______________________worK | cocto81 a écrit :
Exact et dans les faits il a même privatisé une partie de la branche pétrolière autrefois nationale.
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On peut avoir un développement ?
Pour mémoire : http://www.lutte-ouvriere.org/docu [...] es-classes
Citation :
L’explosion de la misère
Les privatisations avaient ravagé la société. Entre 1988 et 1997, le nombre d’emplois disponibles diminua de 15%. En 1999, le nombre de travailleurs vivant de petits boulots, de travail au noir, représentait 53% de l’ensemble des emplois, contre 34,5% en 1980. Le salaire minimum avait baissé des deux tiers de sa valeur entre 1978 et 1994. Les budgets sociaux de l’État diminuèrent de 40% entre 1980 et 1994, mais ceux de l’éducation et du logement de 70% !
Entre 1984 et 1995, la population vivant sous le seuil de pauvreté grimpa de 36 à 66%. La part de revenu des 40% les « moins favorisés » fut réduite de 19,1% à 14,7%, tandis que celle des riches augmenta de 21,8 à 32,8%. En 1987, les 5% plus riches disposaient de revenus 42 fois supérieurs à ceux des 5% les plus pauvres. Dix ans plus tard, ils étaient 53fois supérieurs !
Cette dégradation générale pesait aussi sur la Confédération des Travailleurs Vénézuéliens (CTV), qui ne s’était guère opposée aux privatisations. Entre 1988 et 1995, le pourcentage de syndiqués diminua de moitié, chutant à 13,5%. Il y avait pourtant des travailleurs combatifs, ceux que cherchaient à recruter les militants de Causa R (Cause Radicale), organisation issue du Parti communiste, dans les années soixante-dix, et qui s’inspirait du Parti des Travailleurs du Brésil. Leur militantisme, dans certaines usines ou dans les bidonvilles, leur valut quelques succès électoraux quand ils se présentèrent aux élections au début des années quatre-vingt-dix. Ils devaient se rallier par la suite à Chávez.
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Citation :
Une des priorités de Chavez était de restaurer la rente pétrolière de l’État. Pour cela, le ministère de l’Énergie et des Mines devait reprendre ses prérogatives sur la compagnie pétrolière, PDVSA (Petró-leos de Venezuela SA). Au contraire de ce qui s’était passé dans les années précédentes, le Venezuela redevint actif dans l’OPEP, l’Organisation internationale des pays exportateurs de pétrole. Les défaites successives de l’opposition finirent par renforcer la position de l’administration chaviste à la tête de cette industrie. En 2003, pour en reprendre le contrôle, elle licencia 18000 des 42000 employés de la compagnie pétrolière, dont 80% de cadres. En 2004, le même responsable chaviste cumulait les postes de ministre de l’Énergie et du Pétrole et de président de PDVSA.
Si, à l’arrivée aux affaires des chavistes, le prix du pétrole était au plus bas, depuis 2001, il n’a cessé d’augmenter, passant de 20 dollars le baril à 45dollars actuellement. Du même coup, la trésorerie de l’État est redevenue florissante et Chávez a pu poursuivre les gestes qu’il entendait faire en direction des classes pauvres.
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Article de LO plutot du meme avis que Tietie.
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Edit : Cocto, c'est bon te fatigue pas, vu qu'on a l'habitude que tu ne donnes jamais de source à tes affirmation le plus souvent gratuites, je me suis débrouillé : http://risal.collectifs.net/spip.php?article981
Citation :
Réforme pétrolière et investissements étrangers
Le président Chavez l’affirme dans une interview accordée à Martha Harnecker : ne pas honorer les créances du pays pourrait avoir des conséquences négatives comme de faire fuir les investisseurs étrangers [15]. Durant la seconde moitié de l’année 2003, le Comandante a souvent fait référence au haut niveau des réserves internationales du pays - une récupération de devises due en grande partie au contrôle des changes instauré en février 2003 pour empêcher la fuite des capitaux - et à la baisse de l’indice de risque-pays [16]. Si la référence à ces indices a pour objectif de montrer à la population la récupération de l’économie après le sabotage pétrolier, il s’agit également d’un message adressé aux investisseurs étrangers.
Si l’on en croit de nombreux critiques de gauche de la politique gouvernementale, Chavez serait l’ « ami » du capital financier international. La signature et la ratification par le gouvernement d’accords bilatéraux de protection et de promotion des investissements (ABI) [17] démontrent que le gouvernement entend garantir aux transnationales cherchant à investir dans les matières premières - le principal pôle d’attraction du Venezuela - une sécurité pour leurs capitaux. Rappelons que le Venezuela est le premier producteur de pétrole de la région et deuxième fournisseur des Etats-Unis, qu’il détient les plus importantes réserves de gaz de l’hémisphère, qu’il est le troisième producteur de charbon d’Amérique latine, et qu’il est abondamment doté de ressources minières et de métaux précieux comme l’or.
Les rapports de la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) des Nations Unies empêchent de tomber dans la caricature. En 2003, les investissements étrangers se sont élevés à 2.531 millions de dollars [18]. 49 pour cent de ces flux de capitaux se sont dirigés vers le secteur primaire, principalement dans l’exploitation des hydrocarbures. Malgré la quasi-paralysation du secteur, au début de l’année, à cause du sabotage, de nouveaux contrats d’associations ont été signés entre PDVSA et TotalFinaElf, ChevronTexaco, RoyalDutch/Shell, etc. La réforme du gouvernement vénézuélien n’exclue donc pas les investissements privés. Elle permet l’établissement d’associations entre l’entreprise publique et des sociétés privées. Mais ce qui différencie la politique gouvernementale en cette matière par rapport à ses prédécesseurs, c’est que la loi ordonne qu’une majorité des actions d’une association soit détenue par l’Etat avec le double objectif de garantir à ce dernier le contrôle effectif de l’association et l’obtention de la plus grosse partie des profits. En effet, la loi sur les hydrocarbures a introduit aussi des mécanismes qui protégent fiscalement pour l’Etat les activités les plus rentables. Comme le dit Franklin Rodriguez, de l’Université centrale du Venezuela (UCV), « S’il y a quelque chose de clair, c’est que toutes les actions réalisées se sont accompagnées d’un discours fondé (...) sur une pensée qui accentue l’importance stratégique de l’État vénézuélien dans la solution des grands problèmes nationaux. Il semblerait plus pertinent de parler d’un leader convaincu du pragmatisme très approprié aux temps actuels, mais qui assurément ne renie pas ses convictions idéo-politiques, qui penchent clairement vers le nationalisme de gauche. » [19]
La « nouvelle » PDVSA
Les milliers d’heures de télévision et les millions de dollars investis dans la campagne de déstabilisation n’ont pas permis à l’opposition de faire tomber le gouvernement. Les 63 jours de lock-out patronal et, surtout, le sabotage pétrolier ont fait chuter l’activité économique du pays de 9,5 pour cent [20] en 2003, ont causé près de 10 milliards de pertes et ont considérablement augmenté le chômage et la pauvreté. L’opposition a utilisé PDVSA comme une « arme absolue » [21], convaincue qu’elle était d’en terminer avec le président Chavez. Elle a réussi à faire chuter la production quotidienne de pétrole à 200.000 barils, pour 3 millions avant la grève [22]. Elle a finalement échoué. Chavez est toujours à la tête du pays. PDVSA a été reprise en main et alimente les caisses de l’Etat.
« Maintenant, PDVSA est au peuple », affirme la propagande gouvernementale. Après avoir repris le contrôle de l’entreprise, l’administration Chavez s’est attelée à dessiner la « nouvelle » PDVSA.
La restructuration ne s’est pas passée sans mal. Les autorités ont dû « nettoyer » [23] l’entreprise des secteurs administratifs et de direction qui obstruaient l’application de la réforme pétrolière. Ensuite, plusieurs secteurs ouvriers radicalisés qui ont participé à la récupération de l’entreprise et expérimenté des pratiques d’autogestion, critiquent les changements intervenus dans l’entreprise et les qualifient de bureaucratiques et de clientélistes sous certains aspects. Plusieurs groupes de travailleurs et d’intellectuels luttent pour la convocation d’une assemblée constituante de PDVSA, revendiquent leur droit à se mêler de la stratégie commerciale de l’entreprise, contestent les associations avec des transnationales, etc. [24]
Derrière ce type de conflits, on comprend évidemment que c’est la place des mouvements populaires dans la gestion du pays qui est en jeu.
Mais aujourd’hui, malgré les nombreuses tensions, l’entreprise s’est d’une certaine manière ouverte au pays et contribue à impulser d’autres secteurs économiques et à financer des plans sociaux.
Depuis ladite ‘grève générale’, des centaines de coopératives se sont créées et ont signé des contrats avec la société pétrolière pour prendre en charge certains services, allant du transport de combustible aux cantines des employés. L’argent du pétrole contribue donc au développement du secteur coopératif et permet, notamment, de se passer de grandes entreprises du secteur privé qui continuent à appuyer la chute du gouvernement.
Les programmes sociaux lancés en 2003 par Chavez - les ‘missions’ - témoignent également de cette socialisation de la rente pétrolière.
La mission « Ribas », du nom d’un héros de l’indépendance, en est l’illustration. Il s’agit d’un programme gratuit s’adressant aux quelques millions de Vénézuéliens qui ont quitté l’école secondaire. Cette mission est censée les incorporer à un programme d’éducation qui devrait leur permettre de passer l’examen en deux ans maximum. L’ensemble du programme a été coordonné par PDVSA et la compagnie électrique CADAFE, qui assurent également la plus grande partie du financement du programme.
On peut en dire de même du programme de santé « Barrio Adentro » qui est en train de créer un réseau national d’attention primaire dans les quartiers populaires où résident 60 pour cent de la population vénézuélienne. Son financement provient essentiellement de PDVSA et non du budget ordinaire du ministère.
La socialisation de la rente pétrolière semble aujourd’hui produire ses premiers résultats, mais il faudrait être devin pour savoir si cela continuera. La crise politique permanente et les tentatives de déstabilisation, malgré l’affaiblissement de l’opposition, hypothèquent la bonne marche des réformes et la reprise économique. La probabilité d’un référendum révocatoire contre le président Chavez et les élections régionales de septembre devraient permettre de savoir si ladite Révolution bolivarienne dispose de temps pour porter ses fruits. Car c’est bien de cela qu’elle a besoin.
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