vrossi1 | desclous a écrit :
Soyons aussi clairs qu'il est possible de l'être, en respectant le sens des mots: la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens veut dire que l'on reconnaît à ces réfugiés le droit de revenir en Israël, rien d'autre. Et si on leur reconnaît ce droit, ils doivent être en mesure de l'exercer s'ils le désirent.
Sinon cette reconnaissance est dénuée de sens, puisqu'elle n'engage à rien.
Or le sens, cher Vrossi, le sens est toujours garanti parce ce qu'implique ce que l'on dit: si l'on se cantonne à des déclarations de principes qui n'engagent à rien, on ne fait rien d'autre que se payer de mots.
Or, et cela tu dois le savoir, l'une des raisons fondamentales du pourrissement durable de la situation dans l'histoire du conflit et de ses tentatives de résolution, est bien celle-ci: la très grande distance, qui n'a jamais pu être comblée en fait, entre les paroles et les actes, entre les déclarations de principe et et leur absence totale d'application sur le terrain, et l'impossibilité de percer à jour les véritables intentions des uns et des autres.
Avec cette histoire de "reconnaissance" d'un droit qui ne pourra pas être appliqué tu vas droit dans la même impasse.
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déjà israel n'a aucun fondement de justification à la reconnaissance d'une résolution de l'onu, comme aucun pays ne peut en avoir.
les nettoyages ethniques ont existés et donc le droit au retour doit être reconnu, pour reconnaitre par la même les souffrances de la population palesitnienne.
seule une concession peut être faite par les palestiniens en négociant le nombre de réfugiés qui retourneront chez eux.
au nom de quoi tu peux justifier la reconnaissance d'un fait historique?
Citation :
Quant à l'établissement de la responsabilité de l'exode des populations en 48, la question est beaucoup plus compliquée que tu ne sembles l'envisager, et ce n'est pas toi, pas plus que moi, qui va la déterminer, à supposer que quelqu'un puisse le faire.
On sera probablement d'accord sur le fait que l'expulsion des Palestiniens a été en partie voulue et même planifiée, dans une certaine mesure, tel du moins que l'établit Benny Morris par exemple.
Mais cela a eu lieu dans le cadre d'un affrontement à la vie et à la mort à partir du déclenchement de la guerre d'indépendance, qui a éclatée dès le lendemain de la ratification du plan de partage, en novembre 47 donc, et pas seulement à partir de la proclamation d'indépendance.
Qui est alors plus responsable: ceux qui n'ont pas eu le choix d'agir autrement qu'ils ne l'ont fait (ce sont les conclusions de Benny Morris, que je reprends à mon comple pour une large part), ou ceux qui les ont poussé dans cette situation, en refusant absolument non seulement le plan de partage, mais également toute forme de présence juive politiquement organisée et souveraine dans la région?
Je crains qu'une réponse "objective" qui satisfera les deux parties ne soit presque impossible à obtenir.
Il faudrait essayer de contourner le problème par la création d'un fonds international d'aide aux réfugiés Palestiniens, qui non seulement les dédommagera mais les aidera à s'établir définitivement dans les pays d'accueil potentiels, Palestine comprise. Sauf Israël intra-muros.
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les reponsables sont ceux qui ont décidé de partager les terres, car ce partage entrainerait de manière certaine ce qui s'est passé. d'après le plan de partage, 45% de palestiniens devaient composer le nouvel état juif. il est clair que c'était intenable en 10 ans, au bout desquels la démographie palestinienne aurait entrainé un changement démocratique de la nature juive de l'état.
Citation :
Et d'énoncer le fait que la presque totalité des pays Arabo-musulmans ont un retard considérable en comparaison de la majorité des pays occidentaux dans les domaines sociaux, économiques et techniques, cela dû principalement au manque de liberté, de connaissances et à l'exclusion des femmes, est que c'est aussi "faire de l'essentialisme"...?
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si tu prends comme causalité le fait qu'ils sont arabes et musulmans alors oui.
les causes sont beaucoup plus diverses que cela.
il faut voir que ces pays ont été victime du colonialisme puis de régimes despotiques qui se sont imposés au nom du panarabisme. ensuite les guerres avec israel ont eu une influence certaine sur ce qu'est devenu le moyen orient. par exemple le role de l'islam et son importance aujourd'hui doivent être analysés sous le spectre de l'humiliation de la guerre des 6 jours et du défaite des idéologies occidentales importées par les dirigeants (pan arabisme, socialisme)
Citation :
La société palestinienne fait partie de ce monde Arabo-musulman qui est à la traîne, elle en partage les caractéristiques et les défauts, au point que ceux-ci semblent même amplifiés et exacerbés en son sein; alors sous prétexte que "faire de l'essentialisme" serait une sorte de tabou, on ne pourrait pas envisager qu'il y ait quelque chose d'intrinsèque à cette société, commun au monde dont elle fait partie, qui expliquerait son ou ses échecs répétés ?
Tu plaisantes...?
Il ne s'agit pas du reste d'essentialisme dans la mesure où il n'est pas question d'enfermer les Palestiniens (et les Arabes) dans une essence qui serait à jamais la leur, immuable et fatale. J'espère bien qu'ils s'en sortiront et pourront créer autre chose que ce qu'on peut voir maintenant, un peu partout dans le Moyen-Orient, sinon ça ira très mal pour tout le monde.
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la société palestinienne est encore à part.
car elle ne s'est jamais autogouvernée, parce que son état s'est construit à l'étranger, car le mouvement national palestinien est resté séculaire beaucoup plus longtemps que les autres, parce que la relation avec israel est plus intime.
ces caractéristiques sont différentes de régimes militaires des pays voisins, ou despotiques, ou religieux. c'est un cas totalement à part.
Citation :
Quant à la construction progressive de cette société, et à l'hypothèse selon laquelle elle se soit soudée sous l'effet des "soulèvements populaires", ça ne veut rien dire pour moi.
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et pourtant la première intifada par exemple a eu un effet unificateur et a soudé cette société.
Citation :
Où est-elle cette cohésion, quand s'est-elle manifestée, même pendant les périodes plus calmes du règne d'Arafat c'était plus ou moins la pagaille, l'absence de but clair et ouvertement déclaré quant à son avenir, pour elle-même et avec Israël, la corruption généralisée, l'instrumentalisation des foules et des individus à des fins totalement étrangères au bien de ces derniers, les dissensions internes incessantes, l'incapacité à soumettre les différentes factions à une seule autorité, et vraiment la liste serait trop longue...
Maintenant c'est l'implosion pure et simple.
Les causes en sont évidemment "externes". Ouaip.
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je vois pas en quoi l'attitude des tunisiens du fatah et leur gestion despotique de l'ap, avec le soutien occidental, a une responsabilité qui incombe à la société à laquelle ce régime a été imposé.
la corruption et le népotisme s'expliquent plus par l'histoire de l'olp en tant que mouvement clandestin qu'ont tenté d'infiltré et d'influencer tous les pays de la région que par des caractéristiques intrinsèques aux palestiniens.
Citation :
Tu prétends sérieusement que les bombes humaines, peu importe comment tu les nommes, ne sont pas considérées commes des héros, des saints et des exemples parmi la population Palestinienne dans son ensemble, et que lorsque des manuels scolaires font l'éloge du "Shahidat" ils n'encensent en fait pas les kamikazes mais uniquement les victimes des bavures israéliennes ?!
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je te dis que ces deux choses sont clairement différentes, et les palestiniens l'a font cette différence. les istishhad ne sont apparus qu'en 94, pas avant. les martyrs étaient là avant, et ont été précédés par les fedayins.
Citation :
Et que les petits enfants Palestiniens, nourris à l'amour des Israéliens, font très bien la différence entre les deux termes, à supposer qu'elle soit réellement pertinente en l'occurence...
Tu nous prendrais pas un peu pour des cons ?!
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non, je te parle en connaissance de cause. les gens font la différence.
Citation :
Comment se fait-il alors que les petites hagiographies écrites à la mémoire de ce kamikazes parlent pourtant bien de "shahids" et non de "istishad" ?
Que les étudiants kamikazes de l'université d'Al Najah (il y en a eu pas mal parmi eux), par exemple, sont décrits, après s'être fait exploser, comme des "shahids" dans les petites historiettes émouvantes qui leur sont consacrées ?
Que dans toutes les interviews de mères de kamikazes que j'ai pu lire (pas en arabe, certes), la mère parle de son fils défunt comme d'un shahid, toujours, et qu'il ne soit pas question d'istishad?
Ainsi, les petits Palestiniens opéreraient tous seuls cette distinction fondamentale que les étudiants camarades des kamikazes, et les mères de ces derniers, ne savent pas faire...
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le terme shahid peut être employé pour istishhad mais je répète que les gens la font la différence. même durant la deuxième intifada, durant les premières semaines il n'y a eu que les martyrs. les martyrs volontaires ne sont apparus que plus tard, en réaction au nombre grandissant de martyrs justement.
Citation :
A force de servir à tous à peu près le même discours sans vraiment prendre la peine de lire ce qui est écrit, tu finis par te répéter faussement, sincèrement je pense que tu fais erreur: l'article dont j'ai cité un extrait (http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/MORENA/15106°)
parle bien des nouveaux manuels palestiniens, cite copieusement un ministre adjoint de l'éducation palestinien, et critique ouvertement le rapport du CMIP.
Je ne pense pas non plus qu'il s'agisse d'un droit de réponse simplement, mais bien d'un article. Ce qui au demeurant n'a pas grande importance, l'important étant ce qui s'y dit, et le degré de confiance qu'on peut lui accorder.
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là oui tu parles bien de l'article, d'autres ont tellement insisté sur le droit de réponse que j'ai cru à tort que tu faisais la même erreur. méa culpa alors |