Après mes précédentes aventures contées ici sur le Népal, j'y suis retourné en septembre dernier.
Et j'ai donc de nouvelles choses à raconter. Ce pays est une source inépuisable de pires souvenirs (mais aussi de très bons).
Cette année, j'avais décidé de faire le trek du Mustang. Région isolée et soumise à un permis de trek spécial, pour lequel il faut minimum être 2 touristes et un guide.
Bon, j'étais tout seul, j'ai dégoté une petite nana pour m'accompagner là-bas (petite appréhension à propos de cette dernière vu quelques réactions louches avant de partir). On était 2, j'ai réglé le problème du guide avec une agence, et tout.
C'était tout bon, on est parti !
Donc le programme, c'était :
Un avion (vol interne) pour atteindre Pokhara (la 2nde ville du pays), puis un 2nd avion (minuscule) pour atteindre Jomosom, le départ du trek.
Lever à 6h du matin pour un vol à 7h30, j'embarque dans une vieille voiture sans marque (envoyée par l'agence), le type me dépose à l'aéroport local de Kathmandu (d'où partent les vols domestiques) accolé à l'aéroport international.
Déjà que je trouvais l'aéroport international particulièrement miteux... l'aéroport local....
.
Le hall d'accueil ressemble à rien, les comptoirs des compagnies internes semblent montées en contreplaqué qu'un gamin aurait fait lui-même pour vendre de la limonade, la fouille au corps derrière un vieux rideau élimé te propose ensuite le top de la salle d'attente : un espèce de hangar ouvert sur les pistes avec des chiottes d'un autre âge et quelques ventilos au plafond... Des écrans plats complètement anachroniques dans l'ambiance distillaient les vols en partance. Il fallait mieux suivre, toutes les annonces étaient en népali.
Je prends l'avion proposé par Buddha Air (un bi-moteur à hélices) pour 30 minutes. Le vol se passe plutôt agréablement au final, dans ce petit appareil d'une trentaine de place.
Nous voilà en situation, à Pokhara, à chiller tranquillement dans la chaleur de la ville en attendant notre 2nd vol, prévu à 6h du matin le lendemain.
1er drame du voyage : Madame a un problème à l'oeil, un gonflement inquiétant... Probablement une infection de chais-pas-quoi (pour une fois que ce n'est pas moi). Toute la soirée, elle discutaille sur FB avec un de ses potes médecin qui lui conseille de ne pas partir (vas-y hey, gros enfoiré ! J'en rêve depuis longtemps de ce voyage, moi !). On avise tous les 2, on se donne la nuit pour voir si ça empire ou pas et la décision sera prise au matin.
Lever donc à 5h
.... La miss sur-paniquée, elle a toujours mal, ça a empiré. Bref, trop la teuf....Elle se dit qu'il ne vaut mieux pas y aller... No way biatch ! Je prends les références du médoc que lui conseillait son pote médecin, je vais voir notre guide, lui dit qu'il faut passer en urgence à l'hosto pour l'oeil de la demoiselle en détresse. à 5h20, on part comme des bombes dans un petit taxi (Suzuki Maruti brotha', tu peux pas test' !), direction l'hosto.
On débarque à la pharmacie de l'hosto, une grande pièce ouverte d'où émerge un type louche encore mal-réveillé. On lui donne la référence de la molécule qu'on recherche. Il farfouille 10 minutes, nous ressort une boîte, on paie les 300 roupies demandées. Bon, on vérifie quand même le truc, labo indien (plutôt gage de sûreté, c'est les indiens qui font une bonne partie des médocs occidentaux... Il faut grave se méfier des chinois par contre). Rassurée, la princesse décide que c'est ok pour elle, on file vers l'aéroport.
Arrivés "on time" à l'aéroport. On entre dans le hall d'accueil tout vide pour présenter nos billets au comptoir toujours aussi mal montés de la compagnie Tara Air (compagnie-soeur de Yéti Airlines)
Petite anecdote amusante, un comptoir Agni Air était encore présent alors que le seul appareil de la compagnie faisant la liaison s'est crashé l'an dernier, par conséquent, la compagnie elle-même n'existe plus vraiment.
Après cette virée en total-stress de bon matin, on s'adjuge une petite tasse de thé sur la terrasse de l'aéroport en attendant notre vol prévu à 6h30.
(pour information, ce vol dure seulement 20 minutes et passe entre 2 énormes montagnes, les vols sont donc soumis aux aléas climatiques d'une zone de haute-montagne... Et cela évite de passer par la route, qui prend, dans les meilleurs cas, une 12aine d'heures).
6h30, on nous informe que le vol est retardé, au vu des conditions météorologiques défavorables (pluie + brouillard = pas de visibilité sur les montagnes).
(pour info : des rotations sont faites entre Pokhara et Jomosom, le nombre de rotations dépend de la météo, mais les personnes ayant réservées pour le 1er vol sont prioritaires. Premier arrivé, premier servi en somme)
(pour info² : Les rotations s'effectuent jusqu'à 10h. Après un vent puissant se lève dans la "vallée du vent" du Mustang dans laquelle est localisé Jomosom et ne permet plus aucun décollage ni atterrissage).
7h00, toujours pas d'amélioration. On fait la connaissance de 2 autres français de la Réunion en route pour le même trek. On peut patienter jusqu'à 10h...Puis il faudra décider quoi faire.
10h00 arrive assez rapidement, pas de vol aujourd'hui. Ok, c'est la méga-lose, mais bon, on s'y attendait. Il faut maintenant décider, soit on patiente jusqu'au lendemain, soit on part par la route (et inch'allah ta mère !). On est des dingues, on opte pour la route.
Ni une ni deux, on embarque dans un taxi-boîte-à-savon direction Dieu-sait-où.
Après 3h de route défoncée, à traverser des ponts en bois, des rivières cheminant à travers la route, à jouer les voitures amphibie en passant dans des endroits plus qu'improbables, on arrive à Beni... l'arrivée du mythique tour des Annapurnas (ancienne version). Une petite localité boueuse et pas top-accueillante.
Ici, c'est la jeep 4x4 qui fait loi, et les bus trompe-la-mort sans foi ni loi qui emmènent, pour la plupart, des pèlerins à Muktinath (haut-lieu de l'Hindouisme).
Notre guide nous dégote une voiture qui ressemble plus-ou-moins à une jeep... Sans les 4 roues motrices apparemment.
On s'en rendra compte 1h après lors d'une petite montée dans laquelle la voiture patinait et s'embourbait et a failli, finalement, basculer un peu plus bas... dans la rivière bien chargée des pluies de mousson, en furie.
On laisse le "driver" en plan et on part avec notre sac sur le dos pour une joyeuse marche d'environ 2h dans la chaleur et la moiteur de la jungle népalaise... On voit passer 2/3 bus qui manquent de nous écharper au passage, mais ils ne s'arrêteront pas pour 3 pelots comme nous. Leur mission sacrée d'emmener les touristes indiens vers Muktinath prévaut à notre détresse (encore que...toute relative hein... On n'est levé que depuis 5h du matin, il est près de 14h, on a rien mangé, la nuit tombe à 16h, on est en pleine jungle sur une piste boueuse). C'est l'aventure quoi, la vraie !
Peu après, on arrive à un glissement de terrain qui a bloqué pas mal de véhicules (bien fait bande de bâtards !
). Là, des gamins travailles à déblayer la routes, nous regardent tout bizarrement. Notre guide nous dit qu'ils sont drogués jusqu'à l'os. La princesse semble inquiète (elle me dira plus tard qu'elle se voyait déjà violée par la bande de zombies de la DDE népalaise
).
On trouve une jeep qui accepte de nous prendre, on paie cher, mais on embarque....
30 minutes après, c'est la panne. Une panne moteur importante ? Oh nooooon... le "driver" a juste oublié de mettre de l'essence. Panne d'essence les gars !
Maiway !
La nuit tombe, on est bloqué en plein milieu de nulle part... "15 minutes et on repart" nous dit le driver... (on saura plus tard que 15 minutes népalaises = 1h). Donc 1h après, en pleine nuit, on aperçoit des phares arrivant dans notre direction. Un tracteur ! Ils pompent l'essence comme de vrais manouches directement dans le réservoir du tracteur, remercient les gars vite fait, et hop, c'est reparti !
Il était déjà près de 19h, nuit noire (forcément, au milieu de nulle part, dans les montagnes népalaises). Le trajet en jeep de nuit est clairement une expérience à vivre... tellement c'est flippant.
Les phares éclairant à peine la route, on sent clairement la jeep glisser vers le ravin lors des passages boueux ou quand l'adhérence des pneus fait défaut pour des passages de rivières coupant la route.
(chapeau le "driver" qui a assuré !)
On passe même un petit pont en bois très sympathique où le vide se situait des 2 côté de la route, avec les lattes branlantes à travers desquelles on pouvait voir le noir profond du vide...
Parfait ! Si l'on ne se sentait pas assez vivant, là, maintenant, c'est bon. On se sent heureux d'avoir survécu à ça, quand, vers 21h30, on atteint enfin une guesthouse. On va pouvoir se reposer et se restaurer un peu.
Demain est un autre jour !
Le lendemain, lever tardif (à 7h). On va choper un bus qui devrait passer à 8h. Nickel !
à 8h, le bus arrive, on ne cherche pas à comprendre (bus moisi, roues lisses, pas de freins, etc...), on grimpe dedans.
Là, on retrouve nos chers camarades réunionnais qui étaient restés en arrière et ont pris le bus un peu avant nous dans la matinée. On est calé, en bons touristes, au fond du bus, sur les places que je qualifierais facilement de "plus pourries" tellement ça secoue. Sans compter les bleues, on s'esquinte un peu sur la carcasse du bus (qui est bien sûr à nu). Après 4h30 d'une route poussiéreuse et secouante, on arrive enfin à Jomosom.
On se restaure rapidement, et on part manu-militari pour notre trek qui durera 2 semaines à 4000m d'altitude moyenne. Enfin !
Le trek s'est globalement bien passé. Outre quelques piqûres que j'ai eu sur les bras, redoutant des puces, mais en fait non. Les conditions d'hygiènes étaient ce qu'elles doivent être dans ce genre de coin reculées, donc pas formidables, mais pas de soucis de ventre.
Cela dit, le dernier jour du trek, ma collègue, qui s'était jusque là bien tenue, a pété les plombs.
"Vous ne portez pas assez de considération", "vous ne pensez qu'à vous" (moi et le guide qui connaissions pas mal le Népal, la langue, etc...), "J'en ai marre, j'me casse".
Bref... Après quelques mises au point avec elles, ça a été. Mais cette conne ne s'est pas privé de me demander les photos que j'avais prises durant le trek. Genre comme un dû... Alors qu'il n'y a bien que moi qui me suis trimballé les 5kg de matos en plus de mon sac à dos de 15kg... Mais bref.
Pour le fun, quelques photos du truc :
La premiere "fausse jeep" et le lieu de l'embourbement.
La jeep qui est tombee en panne (avec le "driver" au telephone et un papi nepalais)
Le bus de compet'.
Et vous pouvez voir toutes les photos ici : http://www.flickr.com/photos/pier_ [...] 127632643/