Serpico7 Net______________________worK | Ernestor a écrit :
Le Canada qui n'a d'ailleurs par le passé par hésiter à envoyer se faire voir son plus proche allié et voisin, les USA, pour continuer son commerce avec Cuba.
http://www.monde-diplomatique.fr/1997/02/LEMOINE/7759
Citation :
LA HAVANE SOUS LA PRESSION DE LA LOI HELMS BURTON
Quand les Amériques disent " non "
ALORS de la quatrième rencontre du Foro de Sao Paulo, qui réunit à San Salvador (El Salvador), fin juillet 1996, plus d’une centaine de partis et organisations de gauche d’Amérique latine, outre le néolibéralisme, le blocus économique imposé à Cuba fut énergiquement condamné. " Il n’est pas possible que cette arme, déclarait alors M. Luis Iñacio da Silva, dit " Lula ", ex-candidat à la présidence du Brésil pour le Parti des travailleurs (PT), soit utilisée comme forme de pression politique. Ceux qui en souffrent sont les enfants et les vieux, les personnes qui n’ont rien fait, qui ne guerroient ni ne tuent, et n’ont qu’un seul souci : survivre. " Le souvenir est vivace des multiples sanctions économiques appliquées pour déstabiliser des gouvernements insuffisamment réceptifs aux consignes de Washington (la République dominicaine en 1961, le gouvernement de M. Joao Goulart au Brésil en 1964, le Chili de Salvador Allende, le Nicaragua sandiniste, Panama en 1988-1989, etc.) (1).
Que la gauche latino-américaine s’oppose à la politique des Etats-Unis n’a, somme toute, rien de surprenant. Ce qui l’est davantage, c’est que les premières victimes de la loi Helms-Burton ne soient pas à compter au nombre des traditionnels détracteurs de l’ " impérialisme US " ; ce sont, en effet, neuf dirigeants et actionnaires de la firme canadienne Sherritt International, qui exploite à Cuba un gisement de nickel, à qui les autorités américaines ont refusé, le 10 juillet 1996, tout visa d’entrée sur leur territoire. C’est donc bien à l’un de ses partenaires au sein de l’Accord de libre-échange nord- américain (Alena) que M. William Clinton envoyait le premier avertissement. La loi a suscité d’emblée une vive opposition au Canada, premier partenaire commercial de Cuba, qui a adopté des mesures permettant aux entreprises canadiennes sanctionnées de porter plainte à leur tour devant les tribunaux canadiens et de réclamer des dommages et intérêts. Le Mexique, tout aussi concerné, à travers le groupe de télécommunications Domos, réagit également et, après concertation avec Ottawa, des contre-mesures ont été adoptées par les deux pays, le 3 octobre 1996, à Mexico.
Le temps n’est plus, comme en 1962, où les Etats-Unis pouvaient contraindre l’Organisation des Etats américains (OEA) à exclure Cuba. En juin 1995 déjà, lors de la 25e assemblée générale de l’OEA, son secrétaire général, M. Cé Gaviria, plaidait en faveur de la réintégration de l’Etat caraïbe au sein de l’organisation interaméricaine, soutenu par des pays comme le Brésil, le Canada, le Chili et le Mexique. Un mois plus tôt, dans le cadre de la 14e réunion du Groupe de Rio, l’Amérique latine s’est prononcée contre la loi Helms-Burton, en réaffirmant le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des Etats. Le Parlement latino- américain se manifestait dans le même sens le 8 mars 1996, tandis que la Communauté des Caraïbes (Caricom) faisait savoir qu’elle s’opposerait à toute tentative des Etats-Unis pour étendre l’application de leurs lois intérieures au-delà de leurs frontières.
Le 4 juin suivant, l’adoption à Panama, par une forte majorité (vingt-trois pays sur trente-quatre) menée par le Canada et le Mexique, au nom de la " liberté du commerce et des investissements ", d’une résolution hostile aux Etats-Unis - la première dans l’histoire de l’OEA - provoquait la fureur de la représentante des Etats-Unis, Mme Harriett Barbitt. Dénonçant la " lâcheté diplomatique de ses collègues ", elle leur reprocha de manquer " de courage moral et politique pour dénoncer le gouvernement dictatorial de Cuba " (2). L’admonestation tomba à plat.
En septembre 1996, et en présence cette fois de Mme Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, les chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et de la Caraïbe, réunis à Cochabamba (Bolivie), avec comme objectif prioritaire " la lutte contre la pauvreté régionale ", occuperont la plus grande partie de leur temps à rédiger le paragraphe condamnant " énergiquement " la loi Helms-Burton. Quand à la déclaration finale de Viña del Mar (Chili), signée le 11 novembre 1996 lors du sixième sommet ibéro-américain, elle exprima une fois de plus un " rejet total " de la loi Helms-Burton. C’est cependant du Canada qu’est venu, pour Washington, le camouflet le plus sévère : le 22 janvier dernier son ministre des affaires étrangères, M Lloyd Axworthy, signait avec son collègue cubain une déclaration en quatorze points prévoyant notamment une coopération entre La Havane et Ottawa pour combattre la loi Helms-Burton.
Refus de l’arme commerciale
ON n’en déduira pas que les gouvernants latino-américains ont une quelconque sympathie pour le régime du président Fidel Castro. Lors du sommet de Panama, le président populiste équatorien, M. Ortiz Bucaram, qui souhaitait durcir le texte incriminant les Etats-Unis, dut affronter M. Carlos Menem (Argentine), qui proposa, alors sans succès, d’exiger la démocratisation du régime cubain. A Viña del Mar, en revanche, et alors que l’Espagne et le Mexique - redevable en ce qui le concerne de l’aide américaine lors de la crise financière - luttaient pour un texte plus souple à l’encontre de Washington, M. Fidel Castro dut accepter de signer, en échange du soutien continental sur la loi Helms-Burton, une déclaration exaltant le modèle démocratique face " à l’autoritarisme et au populisme ", référence évidente à son régime.
Si l’ensemble des gouvernements du sous-continent se sont ralliés aux dogmes économiques promus par les Etats-Unis, les élites économiques locales y trouvant largement leur compte, il n’en demeure pas moins que l’arme du commerce, en lieu et place de la diplomatie de la canonnière, ne bénéficie plus du prisme déformant de la guerre froide. Soumis, eux aussi, à l’occasion, aux ingérences, aux rétorsions ou menaces de rétorsions économiques - entre autres la Bolivie et la Colombie, au prétexte du narcotrafic -, ils aspirent à un vrai partenariat, débarrassé de toute intention de domination. A cet effet, le cas de Cuba est pour eux exemplaire, qui les pousse à serrer les rangs.
Maurice Lemoine
|
Bref, je crois que le message est plus que clair : n'importe quel pays du monde à toute liberté de commercer avec Cuba, les américains n'ont aucune influence là dessus. Faudrait donc arrêter de sortir cet embargo à tout va ...
|
Ta conclusion est fausse....preuve en est le langage guerrier de ton article, il suffit de déplacer les balises pour s'en apercevoir :
Citation :
LA HAVANE SOUS LA PRESSION DE LA LOI HELMS BURTON
Quand les Amériques disent " non "
ALORS de la quatrième rencontre du Foro de Sao Paulo, qui réunit à San Salvador (El Salvador), fin juillet 1996, plus d’une centaine de partis et organisations de gauche d’Amérique latine, outre le néolibéralisme, le blocus économique imposé à Cuba fut énergiquement condamné. " Il n’est pas possible que cette arme, déclarait alors M. Luis Iñacio da Silva, dit " Lula ", ex-candidat à la présidence du Brésil pour le Parti des travailleurs (PT), soit utilisée comme forme de pression politique. Ceux qui en souffrent sont les enfants et les vieux, les personnes qui n’ont rien fait, qui ne guerroient ni ne tuent, et n’ont qu’un seul souci : survivre. " Le souvenir est vivace des multiples sanctions économiques appliquées pour déstabiliser des gouvernements insuffisamment réceptifs aux consignes de Washington (la République dominicaine en 1961, le gouvernement de M. Joao Goulart au Brésil en 1964, le Chili de Salvador Allende, le Nicaragua sandiniste, Panama en 1988-1989, etc.) (1).
Que la gauche latino-américaine s’oppose à la politique des Etats-Unis n’a, somme toute, rien de surprenant. Ce qui l’est davantage, c’est que les premières victimes de la loi Helms-Burton ne soient pas à compter au nombre des traditionnels détracteurs de l’ " impérialisme US " ; ce sont, en effet, neuf dirigeants et actionnaires de la firme canadienne Sherritt International, qui exploite à Cuba un gisement de nickel, à qui les autorités américaines ont refusé, le 10 juillet 1996, tout visa d’entrée sur leur territoire. C’est donc bien à l’un de ses partenaires au sein de l’Accord de libre-échange nord- américain (Alena) que M. William Clinton envoyait le premier avertissement. La loi a suscité d’emblée une vive opposition au Canada, premier partenaire commercial de Cuba, qui a adopté des mesures permettant aux entreprises canadiennes sanctionnées de porter plainte à leur tour devant les tribunaux canadiens et de réclamer des dommages et intérêts. Le Mexique, tout aussi concerné, à travers le groupe de télécommunications Domos, réagit également et, après concertation avec Ottawa, des contre-mesures ont été adoptées par les deux pays, le 3 octobre 1996, à Mexico.
Le temps n’est plus, comme en 1962, où les Etats-Unis pouvaient contraindre l’Organisation des Etats américains (OEA) à exclure Cuba. En juin 1995 déjà, lors de la 25e assemblée générale de l’OEA, son secrétaire général, M. Cé Gaviria, plaidait en faveur de la réintégration de l’Etat caraïbe au sein de l’organisation interaméricaine, soutenu par des pays comme le Brésil, le Canada, le Chili et le Mexique. Un mois plus tôt, dans le cadre de la 14e réunion du Groupe de Rio, l’Amérique latine s’est prononcée contre la loi Helms-Burton, en réaffirmant le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des Etats. Le Parlement latino- américain se manifestait dans le même sens le 8 mars 1996, tandis que la Communauté des Caraïbes (Caricom) faisait savoir qu’elle s’opposerait à toute tentative des Etats-Unis pour étendre l’application de leurs lois intérieures au-delà de leurs frontières.
Le 4 juin suivant, l’adoption à Panama, par une forte majorité (vingt-trois pays sur trente-quatre) menée par le Canada et le Mexique, au nom de la " liberté du commerce et des investissements ", d’une résolution hostile aux Etats-Unis - la première dans l’histoire de l’OEA - provoquait la fureur de la représentante des Etats-Unis, Mme Harriett Barbitt. Dénonçant la " lâcheté diplomatique de ses collègues ", elle leur reprocha de manquer " de courage moral et politique pour dénoncer le gouvernement dictatorial de Cuba " (2). L’admonestation tomba à plat.
En septembre 1996, et en présence cette fois de Mme Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, les chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et de la Caraïbe, réunis à Cochabamba (Bolivie), avec comme objectif prioritaire " la lutte contre la pauvreté régionale ", occuperont la plus grande partie de leur temps à rédiger le paragraphe condamnant " énergiquement " la loi Helms-Burton. Quand à la déclaration finale de Viña del Mar (Chili), signée le 11 novembre 1996 lors du sixième sommet ibéro-américain, elle exprima une fois de plus un " rejet total " de la loi Helms-Burton. C’est cependant du Canada qu’est venu, pour Washington, le camouflet le plus sévère : le 22 janvier dernier son ministre des affaires étrangères, M Lloyd Axworthy, signait avec son collègue cubain une déclaration en quatorze points prévoyant notamment une coopération entre La Havane et Ottawa pour [b]combattre la loi Helms-Burton.[/b]
Refus de l’arme commerciale
ON n’en déduira pas que les gouvernants latino-américains ont une quelconque sympathie pour le régime du président Fidel Castro. Lors du sommet de Panama, le président populiste équatorien, M. Ortiz Bucaram, qui souhaitait durcir le texte incriminant les Etats-Unis, dut affronter M. Carlos Menem (Argentine), qui proposa, alors sans succès, d’exiger la démocratisation du régime cubain. A Viña del Mar, en revanche, et alors que l’Espagne et le Mexique - redevable en ce qui le concerne de l’aide américaine lors de la crise financière - luttaient pour un texte plus souple à l’encontre de Washington, M. Fidel Castro dut accepter de signer, en échange du soutien continental sur la loi Helms-Burton, une déclaration exaltant le modèle démocratique face " à l’autoritarisme et au populisme ", référence évidente à son régime.
Si l’ensemble des gouvernements du sous-continent se sont ralliés aux dogmes économiques promus par les Etats-Unis, les élites économiques locales y trouvant largement leur compte, il n’en demeure pas moins que l’arme du commerce, en lieu et place de la diplomatie de la canonnière, ne bénéficie plus du prisme déformant de la guerre froide. Soumis, eux aussi, à l’occasion, aux ingérences, aux rétorsions ou menaces de rétorsions économiques - entre autres la Bolivie et la Colombie, au prétexte du narcotrafic -, ils aspirent à un vrai partenariat, débarrassé de toute intention de domination. A cet effet, le cas de Cuba est pour eux exemplaire, qui les pousse à serrer les rangs.
Maurice Lemoine
|
Au contraire l'article parle bien de personnes sanctionnées, d'une lutte pour pouvoir commercer avec Cuba et d'admonestations et de pressions américaines...qui d'ailleurs n'utilisent pas l'arme économique pour la première fois dans la région (et encore ne parlons pas de l'Irak hein...) pour imposer, je ctie, "leurs dogmes économiques promus par les Etats-Unis, les élites économiques locales y trouvant largement leur compte".
Le blocus économique et ses aspects extra-territoriaux sont bien une arme qui touche principalement les plus pauvres et les plus démunis, voilà ce que dit l'article, et tous ceux qui veulent commercer avec Cuba doivent LUTTER contre les lois Helms-Burton, et beaucoup se retrouvent par exemple interdits de territoire américain, ce qui est on imagine très handicapant pour des businessmen américains.
Ces armes économiques et médiatiques braquées sur Cuba entrainent d'énormes surcout et une position de négociation très handicapante à Cuba. On l'a déjà dit. |