korrigan73 a écrit :
le second sans aucune autre interpretation possible.
en fait le nb de votant de le pen est constant depuis tres longtemps.
il a fait 4.5 millions de voix en 2002, pareil en 1995, et pareil en 1988.
seulement, le nb de votants ne fait que diminiuer, et la confiance dans les deux grands partis a diminuée.
alors forcement ca a foutu le pen au second tour.
mais dire que la france est devenue fasciste c'est stupide quand on sait que le nb de votant de le pen est stable depuis 20 ans!
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D'apres un article de libération:
Poussée raciste chez les Français
Crispation anti-immigrés et montée de l'antisémitisme selon un sondage.
L'image que la France se donne d'elle-même fait froid dans le dos. 69% des Français se déclarent «plutôt racistes», «un peu racistes» ou «pas très racistes». Les «pas racistes du tout» sont seulement 29%, soit 7 points de moins que l'an dernier, et une sorte de record : c'est le pourcentage le plus faible depuis 10 ans.
63% jugent qu'il y a trop d'Arabes en France (12 points de plus que l'an dernier) et 21% estiment même qu'il y a trop de juifs (plus 7 points). La lepénisation des esprits a survécu aux schismes de l'extrême droite et déborde aujourd'hui largement ses soutiens traditionnels : 52% des personnes interrogées jugent que l'immigration est la principale cause de l'insécurité et 72% que les personnes d'origine étrangère sont plutôt favorisées pour l'accès aux prestations sociales. La Commission nationale consultative des droits de l'homme a rendu le 15 mars au Premier ministre son rapport sur la lutte contre le racisme et n'a pas spécialement envie de rigoler : son sondage annuel traduit une franche «crispation des Français à l'égard des questions liées à l'immigration», les actes racistes et antisémites augmentent, les procureurs sont toujours aussi mous quand il s'agit de poursuivre.
Cette photo de l'opinion n'est pas sérieusement contestable, d'autant que depuis 10 ans ce sondage sur les comportements des Français face au racisme est d'une remarquable régularité, sauf en 1997-1998, où la société avait paru plus tolérante. «Il s'agissait probablement en partie d'un effet Coupe du monde, explique Roland Plache, de l'institut Louis-Harris, qui s'estompe aujourd'hui.»
Au total, 61% des sondés estiment qu'il y a trop de personnes d'origine étrangère en France. Les Arabes sont les premiers visés, les Noirs et les juifs dans une moindre mesure. La poussée de l'antisémitisme - 31% des Français jugent que les juifs ont trop de pouvoir dans le pays - ne s'explique pas simplement. Pour Louis-Harris, même si les réflexes racistes ne recouvrent pas exactement les sentiments antisémites, l'intolérance à l'étranger est générale et touche aussi les juifs. Pour Nonna Mayeur, chercheuse au Cevipof, le centre d'études de la vie politique française, il s'agit là d'un événement conjoncturel qui déborde l'antisémitisme ordinaire. «Peut-être la fuite de Maurice Papon en Suisse a-t-elle été vécue par une partie de l'opinion comme de l'acharnement sur un vieillard, analyse la chercheuse, et la médiatisation des indemnités des biens juifs confisqués sous l'Occupation a sans doute renforcé les préjugés sur les juifs et l'argent. Cette poussée antisémite retombera sans doute aussi vite qu'elle est montée et n'apparaîtra plus dans le baromètre.»
Reste que sur l'immigration, la position des Français se durcit incontestablement. «La France doit cesser d'accueillir des réfugiés» passe de 24% en 1998 à 32% en 1999; l'opinion selon laquelle «la présence d'immigrés en France est une source d'enrichissement culturel» est partagée par 50% des sondés, mais recule de 10 points. 71% des Français estiment que les immigrés viennent pour profiter de la protection sociale, 57% qu'ils sont favorisés pour l'accès aux soins médicaux, 52% qu'ils passent devant les Français pour l'accès au logement... Surtout, près des trois quarts des personnes interrogées (+ 6 points) jugent que les immigrés font «peu» ou «pas du tout d'efforts» pour s'intégrer. Du coup, ils sont 81% à être favorables à la double peine (renvoyer un étranger coupable d'un délit une fois qu'il a purgé sa peine), 42% à trouver les tribunaux «pas assez sévères» avec les délinquants maghrébins ou «juste comme il faut» (38%), 39% seulement à vouloir donner le droit de vote aux immigrés pour les municipales. Un sondage CSA-la Lettre de la citoyenneté, réalisé à la même période (octobre 1999), indiquait au contraire que 52% des Français étaient «assez» ou «très favorables» au vote des étrangers. La réponse tient beaucoup à la façon dont a été posée la question, et les sondages réguliers (et discrets) du gouvernement sur la question sont malheureusement plus proches de celui de Louis-Harris: le rejet reste massif. Etrangement, cette France qui s'avoue peu ou prou raciste est très à cheval sur la lutte contre les discriminations et juge «grave» ou «très grave» toute discrimination à l'emploi ou au logement: pour les Français, il y a certes trop d'étrangers en France, mais ceux qui sont là doivent être traités correctement. Ce qui, pour les optimistes, peut passer pour une mesure de l'attachement à la démocratie.
Le profil des Français les plus ouverts aux étrangers est sans surprise: plus on est jeune et instruit, moins on est raciste. Louis-Harris a classé les sondés en quatre types: les assiégés (19%), les inquiets (32%), les intégrationnistes (28%), les militants antiracistes (21%). Les assiégés sont plutôt âgés, habitent dans des communes rurales, leur niveau de diplôme est sensiblement inférieur à la moyenne et ils appartiennent plutôt aux classes populaires. Ils sont très majoritairement catholiques, nettement à droite, ont le sentiment que la société fonctionne mal et pensent à 98% qu'il y a trop d'étrangers en France. A l'autre extrémité, les «militants» habitent dans les grandes villes, sont plutôt jeunes, actifs, sortis de l'enseignement supérieur, athées, nettement à gauche, confiants en l'avenir, très mobilisés sur l'antiracisme. Et les moins fiers d'être français.
Ils se retrouvent un peu seuls. Le mégrétiste Jean-Yves Le Gallou, délégué général du Mouvement national républicain, a, lui, beaucoup apprécié le sondage, «une bonne nouvelle pour tous les patriotes français». Pour l'ancien élu FN, «l'esprit de résistance progresse» et les sondés ont eu le courage de se montrer «politiquement incorrects». Il y a cependant un espoir. Pour nos petits-enfants. «La société change, explique Nonna Mayer, sur le long terme - depuis la guerre - l'ethnocentrisme recule et la France est de plus en plus tolérante. Il y a progrès, mais c'est lent. Extrêmement lent»
Source : Libération du 16/03/2000, article signé de Franck Johannes.
Message édité par sidewinde le 27-04-2005 à 21:14:25