Plo-ck Tòca-i se gausas. | _pollux_ a écrit :
Il n'est pas forcément un imbécile, mais il n'apporte rien au niveau solutions
Dire simplement, mettez des sous dans la recherche sur les énergies renouvelables... bof. D'une part, ce n'est pas parce que tu mets les sous dans un secteur en particulier que ce secteur fait un bond en avant sur commande. La recherche est un peu plus complexe que cela, et elle avance souvent grâce à des découvertes transversales. D'autre part, croire que c'est en France qu'on va faire progresser la recherche sur les énergies renouvelables, c'est ultra égocentrique. Par exemple, le Japon est largement en avance sur nous sur ce point précis.
Dire qu'on va sortir du nucléaire d'ici 2050 sur la base de : mettez plus de sous dans la recherche, ils trouveront la solution, j'y crois très moyennement.
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Bah en même temps, quelles solutions veut-il qu'il apporte ? Aujourd'hui en 2011, on ne peut pas techniquement, économiquement et écologiquement arrêter le nucléaire. Pour pouvoir faire ça y'a uniquement deux solutions à panacher : réduire notre consommation électrique et trouver de nouveaux moyens encore une fois techniquement, économiquement et écologiquement viable de produire de l'électricité. Donc dire comme Mamère : "on fait comme l'Allemagne on fout des éoliennes partout et en 25 ans on est sorti du nucléaire", c'est un gros mensonge, d'une part parce que 73% de l'élec allemande est faite en fossile, et d'autre part parce que actuellement les énergie dites "renouvelables" ne sont pas au niveau ; donc au bout d'un moment va falloir arrêter de (se) mentir.
santufayan a écrit :
En français, c'est quoi la question ?
J'ai proposé de poursuivre ce débat en rebondissant sur l'article d'Alain Godard.
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Ça s'adressait pas à toi mais à l'autre troll de bas étage.
Sinon mon commentaire sur l'avis de Alain Godard (que je me permet de citer pour faciliter le débat dessus et le sauvegarder) :
Citation :
J’ai été longtemps un chaud partisan du nucléaire car je considérais que les avantages l’emportaient sur les inconvénients.
Parmi les avantages, je mettais entre autres l’indépendance énergétique (relative) apportée au pays, le coût de l’électricité produite, le faible impact carbone…
Parmi les inconvénients, je mettais principalement le problème du stockage des résidus, tout en considérant qu’il s’agissait d’un problème très localisé à l’échelle de la planète.
Je n’y incluais pas le risque d’accident majeur, ou plutôt je prends conscience aujourd’hui que je refusais de le considérer… Question de culture sans doute ou d’années passées dans l’industrie chimique à côtoyer les questions de sécurité en prenant souvent pour exemple la méthodologie très avancée du nucléaire.
Le risque était alors défini comme « le produit du taux de gravité potentiel par la probabilité d’occurrence… ». Pour faire du nucléaire « sûr », puisque l’accident majeur était inacceptable, il suffisait d’avoir une probabilité d’occurrence égale à zéro, ce que la méthodologie de traitement de la sécurité, la culture spécifique d’EDF et les nombreux systèmes de secours nous affirmaient pouvoir assurer.
Ayant eu pendant toutes ces années des contacts fréquents avec les plus hauts responsables de la sécurité nucléaire, en particulier avec Claude-André Lacoste dont beaucoup d’anti-nucléaires reconnaissent aujourd’hui la droiture, j’y ai cru , y compris après Tchernobyl qui était considéré comme un cas très particulier impensable chez nous.
Fukushima vient de nous démontrer que l’impossible était possible… et de nous faire vivre en direct ce que signifient les conséquences d’un accident qui tout en étant majeur, n’est pas cependant au niveau du pire…
Fukushima nous fait également mettre en évidence que les procédures de sécurité si parfaites ne le sont pas, puisque EDF est en train d’ adapter et les modifier les siennes… Fukushima nous montre également les dérapages que peuvent générer des gestions industrielles exagérément dominées par le profit.
Face à cela, il serait irresponsable de ne pas reconnaître qu’on s’est trompé… Les encore trop nombreux défenseurs du tout- nucléaire mettront plus longtemps que d’autres pour le faire mais il me paraît évident que cela viendra en son temps…
Il est sur ce point très intéressant de ré-ouvrir comme je le fais de temps en temps sur divers sujets car c’est une référence, le très beau livre de prospective écrit en 1990 sous la direction de Thierry Gaudin: Le Monde en 2100, récit du prochain siècle (Payot éditeur).
Dans le chapitre « Énergie », les experts contributeurs de ce travail mettent en avant que l’énergie nucléaire résisterait difficilement à un troisième accident majeur (le livre a été écrit après Three Mile Island et Tchernobyl) et n’aurait alors été pour le monde qu’une « énergie de transition »… Nous y sommes et il s’agit donc maintenant d’organiser cette transition…
Pour mener ce projet, il me semble qu’on pourrait avec intérêt se servir de la fameuse définition du risque citée plus haut : nous savons maintenant que la probabilité d’occurrence n’est pas nulle ; il nous faut donc vivre avec pendant une certaine durée en la limitant au maximum possible pendant cette durée…
Quelques règles non exhaustives me paraissent essentielles pour atteindre cet objectif :
1-la gestion d’un tel programme ne peut pas être mis en œuvre par des sociétés cotées en bourse. Il doit donc y avoir nationalisation du nucléaire, ce dont j’ai toujours été persuadé (je me souviens m’être opposé à l ’époque sur ce principe à mon banquier qui voulait me faire acheter des actions EDF). On s’aperçoit d’ailleurs que les projets nucléaires américains portés par le privé commencent à être remis en cause du fait des surcoûts anticipés en matière de sécurité.
2-il faut prendre son temps pour arrêter les centrales existantes car on construira une courbe d’expérience utile au fur et à mesure des fermetures. Le mieux est l’ennemi du bien en la matière: rappelons-nous que c’est la précipitation à éliminer en 2 ans sous la pression des plus extrémistes les transformateurs au pyralène (qui ne présentaient aucun danger immédiat) qui est à l’origine des pollutions au PCB dans le Rhône.
Fixer l’horizon 2050 pour avoir éliminé 90% du risque nucléaire me paraît une approche raisonnable.
3-Le développement du nucléaire dans des pays ou l’infrastructure scientifique et industrielle de même que l’environnement politique sont fragiles et insuffisants est devenu une irresponsabilité flagrante : cela signe la fin de la stratégie d’exportation de notre nucléaire et quelque part la fin d’une aventure industrielle à laquelle des élites politiques et scientifiques de notre pays ont sincèrement cru : ils doivent être respectés pour ce qu’ils ont réalisé, mais reconnaître que cette ambition est devenue obsolète.
4-On peut légitimement se poser la question de ce qu’il convient de faire des sites nucléaires EPR en construction compte tenu des travaux déjà engagés : ces centrales seront plus sûres que les centrales actuelles que nous allons continuer à exploiter pendant 30/40 ans : avoir 2 ou 3 sites bénéficiant des dernières données de sécurité pour environ 50 ans n’augmentera pas sensiblement la probabilité d’occurrence d’accident, surtout si cela facilite et accélère l’arrêt des centrales les plus anciennes. Une telle décision présenterait en outre l’avantage de relancer une génération d’experts du nucléaire dont on aura besoin sur la période : le vieillissement puis la disparition de l’expertise sur une technologie abandonnée constituent en effet dans l’industrie des facteurs d’augmentation du risque qu’il faut prendre en compte.
5-Mettre le paquet sur la recherche de nouvelles sources d’énergie, l’amélioration des technologies actuelles, le stockage des énergies d’origine renouvelable devient une priorité: une bonne partie des budgets de recherche sur le nucléaire pourrait y être affectée pour créer une nouvelle dynamique et de nouvelles vocations dans ces domaines, qui souffrent d’un manque de moyens pour évoluer à la vitesse requise.
6-Bien sûr investir dans les économies d’énergie et les changements de mentalité des populations grosses consommatrices d’énergie, qui devront accepter l’augmentation du coût de celle-ci. L’argument du coût largement utilisé ne peut pas tenir , d’autant plus que les coûts actuels ne prennent pas en compte le durcissement des règles de sécurité, et encore moins le coût d’occurrence d’un accident majeur.
Je suis contre l’idée d’un référendum sur le sujet, approche qui me paraît très superficielle et opportuniste par rapport à l’enjeu. Je pense que bien des gens qui comme moi étaient globalement pro-nucléaires ont cheminé comme je l’ai fait, et plus ou moins avancé dans leur remise en cause, attendent avec intérêt un grand débat dans lequel chacun pourra faire part de ses interrogations pour aboutir à un programme à la fois raisonnable et ambitieux, accepté par une majorité.
Le Parti socialiste, une fois de plus emmêlé dans ses ambiguïtés sur ce sujet comme sur d’autres, s’honorerait en lançant rapidement ce débat. Ceci sera d’ailleurs d’autant plus nécessaire que sur le plan politique, il est probable qu’il devra, avant le premier tour de la présidentielle, trouver un terrain d’entente avec les écologistes pour se donner toutes les chances d’être au second tour, et donc d’appliquer un programme de sortie du nucléaire qui ne sera manifestement jamais porté par son concurrent de droite.
Car il y a matière à « clivage » sur un sujet comme celui-ci, qui peut faire bouger les lignes traditionnelles et entraîner de nouvelles majorités capables ensuite d’assurer la mise en œuvre .
Alain Godard, dans "Alternatives économique, le 27/04/11.
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Son introduction est intéressante, il oublie cependant de préciser les différences techniques et organisationnelles entre fukushima et la France, et fait des parallèles un poil rapide... 1) Tout à fait d'accord, c'est une grosse nécessité, même si EDF fonctionne encore comme une entreprise publique.
2) Idem, son objectif de 90% en 2050 parait déjà beaucoup plus réaliste que ceux entendu ici ou la (100% en 20 ans par exemple...)
4) Egalement d'accord, les EPR sont au point, peu de recherche encore à effectuer dessus, donc on peut s'en servir pour faciliter la transition, de plus son point sur l'expertise technique est également très important et peu souvent abordé.
5) Idem, notamment sur le "une bonne partie des budgets" et pas la totalité...
6) Partiellement d'accord, il faut bien sur réduire la consommation, mais attention à ne pas utiliser un peu trop vite le "Bâton" qui pénaliserai les plus pauvres, et à prévoir de nouvelles "carottes" mais un poil plus réfléchie et un poil moins populiste que le bonus/malus CO2 ou le photovoltaïque...
Pareil pour le référendum, surtout en cette période, attention à prendre des décisions réalistes et réfléchie plutôt qu'émotives ou dans le but de remporter une élection... Les exemples ne manquent pas comme les décision à propos de Super-phénix, qui paraissait une solution majeure à plusieurs problèmes, et un fantastique outil d'étude...
Pour résumer je trouve son avis intéressant et je le partage presque totalement, à la différence que je pense qu'il ne faut pas décréter la sortie du nucléaire avant d'en être capable...
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