neriki oenologue | Halfsup a écrit :
Tu n'as pas souvent du voyager... préférer mater des blu ray à la con plutôt que de voir du pays ça me donne même pas envie d'argumenter. La société de consommation irréfléchie est décidemment une belle saloperie, que les humains qui la peuple préfère se coller devant leurs plasmas de beauf de 50" plutôt que de faire un voyage (et pas forcément des tour opérator à la noix, c'est votre choix de ne pas sortir des clous) ça me dépasse complètement. Enfin on est sur un forum de geek à la base donc ça ne m'interpelle pas plus que cela.
Et puis comparer la découverte d'un pays/civilisation/culture en "vrai" avec ce qu'on peut lire dans Geo/Le Monde ou sur la chaîne Planète : Neriki => le bilan carbone d'un home cinema provenant de chine est bien pire que celui d'un voyageur faisant un A/R de 10 k km (Source : Greenpeace).
|
fookooflakman a écrit :
Je ne dis pas que c'est impossible, je souligne que c'est bien différent. Ce n'est pas par internet que tu vas goûter à de la nourriture locale, ou que tu vas rencontrer d'autres gens, ou bien visiter des musées ou des monuments (et me parle pas de visites en 3D...), et encore moins découvrir des endroits typiques loin de tous les clichés fournis par les guides touristiques. Et quand tu parles de reportage, admettons que tu vois une mer transparente, plutôt que de la voir depuis ton canapé, tu préfèrerais pas te baigner dedans ?
|
La tourisme de masse, c'est juste la plus belle saloperie qui ai été inventé au XXeme siècle...
Citation :
Les impacts du tourisme sur l’environnement
La consommation démesurée des ressources naturelles
L’eau douce est la ressource naturelle la plus critique dans l’activité touristique. Elle est consommée en
abondance par les hôtels pour les piscines, les terrains de golf et l’usage des clients. La consommation
peut monter jusqu’à 440 litres par jour dans les régions méditerranéennes (le double de la
consommation des citadins espagnols.)
Le tourisme exerce aussi une forte pression sur les minéraux, les carburants fossiles, les sols fertiles, les
forêts, les zones humides, la faune sauvage et les paysages.
L’éclaircissement de certains massifs et la consommation de bois de feu entraîne une déforestation non
contrôlée ; A titre d’exemple au Népal, « chaque trekker consomme en moyenne 4 à 5 kilos de bois de
chauffage par jour et l’activité de chaque lodge d’étape implique l’abattage d’un hectare de forêt chaque
année, alors que le Népal manque déjà de bois et que l’érosion des sols provoque glissements de terrain
et inondations. »( B.Dehais, 2001, cité dans l’étude T2D2)
Les pollutions multiples
Le tourisme émet les mêmes pollutions que n’importe qu’elle autre industrie : pollution de l’air, de l’eau,
bruit, déchets solides et liquides, produits pétroliers et résidus chimiques, pollution esthétique (visuelle
ou architecturale.)
Le tourisme engendre des tonnes de détritus : par exemple, un seul bateau de croisière rejette 7000
tonnes de déchets solides chaque année. Ces déchets solides, dans les zones de concentration
touristique, sont omniprésents, même dans les endroits les plus reculés et les moins fréquentés.
La pollution esthétique résulte des difficultés d’insertion des infrastructures touristiques, notamment
les hébergements côtiers, dans les vallées et au bord des routes pittoresques : par exemple, les
immenses resorts de bord de mer, sortes de villes miniatures à l’architecture étrange, mettent souvent
en valeur la nationalité des investisseurs.
Les transports par route, air ou rail sont en augmentation constante. Aujourd’hui, le tourisme, qui
représente 60% du trafic aérien, est une source majeure de rejet de gaz à effet de serre : une étude a
montré qu’un trajet transatlantique émet, pour une personne et par an, presque la moitié du CO2
produit par toutes les autres sources : chauffage, éclairage, utilisation d’un véhicule, etc.1
Les impacts physiques
Les milieux les plus riches en biodiversité sont aussi les milieux les plus attractifs pour le tourisme mais
les plus sensibles à ses impacts : c’est le problème de la surfréquentation des aires protégées.
Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les trois quarts des dunes de
sable de la côte méditerranéenne ont disparu en raison de l’urbanisation touristique.
Le problème reste l’externalisation du coût des impacts, dus par exemple à la construction
d’infrastructures et au développement d ‘activités touristiques :
La destruction des habitats et la rupture de continuité terre-mer, sont les conséquences les plus visibles
de la surconstruction et de la surfréquentation des zones littorales. Les récifs coralliens, écosystèmes
très riches mais fragiles, sont les victimes les plus flagrantes de ces excès.
Selon le PNUE (2002), sur les 109 pays qui ont des récifs coralliens, 90 d’entre eux ont des coraux
endommagés par les chaînes d’ancres et les déchets, par des touristes, plongeurs indélicats, et par la
collecte pour la revente.
L’extraction de sable, l’érosion des plages et des dunes, la dégradation des sols entraîne une perte de
biodiversité et de qualité paysagère.
Le piétinement excessif en dehors de sentiers balisés provoquent des dégradations réelles de la
végétation (tiges brisées, pertes de matière organique) et de la qualité des sols (baisse de perméabilité,
érosion, etc.)
Les pressions sur le foncier sont aussi omniprésentes dans le développement touristique que les
pressions sur les ressources : le tourisme consomme beaucoup d’espaces, et si possible des espaces de
qualité.
Par exemple en Turquie, un projet du gouvernement de vendre des centaines de milliers d’hectares de
sites naturels classés, pour renflouer les caisses de l’Etat, a fait scandale parmi les organisations de
défense de l’environnement, qui dénoncent le pillage des ressources naturelles du pays, principalement
des zones côtières, lorgnées par l’industrie du tourisme2.
Les effets du tourisme sur l’environnement naturel sont donc nombreux, importants et complexes ;
Mais les effets socioculturels du tourisme livré à lui-même sont aussi puissants et tenaces.
1 source : Mayer Hillman, Town & Country Planning magazine, septembre 1996
2 source : www.tourismexpress.info
|
Citation :
Les impacts socioculturels du tourisme
Le PNUE (2002) a réalisé un inventaire synthétique des impacts socioculturels du tourisme, qui
répertorie quatre grands domaines d’impacts: l’érosion des identités et des valeurs indigènes, les chocs
de culture, les pressions physiques entraînant un stress social, et les questions éthiques.
Une érosion culturelle
Le tourisme associé à la marchandisation entraîne des transformations des cultures locales notamment
les rituels religieux, les rites ethniques traditionnels, des manifestations coutumières et les festivals: ils
sont souvent réduits ou folklorisés.
Le résultat est une appartenance ethnique reconstruite, caractérisées par des changements de valeurs
culturelles.
Les touristes désirent souvent retrouver des éléments reconnaissables de leur propre culture pour se
sentir à la fois «chez soi» et «ailleurs»: la standardisation touche ainsi les équipements, les
logements, la nourriture …
Les manifestations culturelles perdent aussi de leur authenticité lorsqu’elle s’adapte au goût et aux
plaisirs éphémères des touristes: «la culture se réduit ainsi, pour beaucoup de touristes, aux chants et
aux danses, au costume local et à l’artisanat, dans l’ignorance complète des idées, des valeurs, des
systèmes de croyance ou des systèmes de parenté des peuples concernés. La culture indigène est ainsi
dévaluée, les stéréotypes renforcés et perpétués.1»
Les artisans locaux font évoluer la conception de leurs produits artisanaux pour les adapter au goût de
leurs nouveaux clients: «De même leurs produits artisanaux, fabriqués au départ pour servir à des
usages spécifiques, deviennent des bibelots pour touristes»
Un choc des cultures
Le tourisme entraîne souvent une rencontre entre des champs socioculturels très éloignés: il existe
toujours des limites au changement du système social d’une personne et à la compatibilité avec une
culture différente.
Ces limites, lorsqu’elles sont dépassées, peuvent entraîner des incompréhensions profondes, des
intolérances, qui dégradent la relation interculturelle.
Des déséquilibres économiques peuvent aussi se manifester durant ces rencontres. Lorsque des locaux
veulent imiter le style et le niveau de vie des étrangers qui viennent visiter leur territoire: les dépenses
excessives peuvent mettre les familles dans des situations difficiles et les risques de tensions sociales ou
ethniques s’amplifient.
Certains comportements de touristes (habillement, consommation d’alcool), qui ne respectent pas les
normes sociales, culturelles et religieuses du pays, peuvent créer des ressentiments chez certains locaux
et provoquer des réactions d’extrémisme.
Des discriminations professionnelles dans l’activité touristique aboutissent à des postes généralement
peu qualifiés et rémunérés pour les locaux (personnel d’entretien, serveurs, jardiniers travaux manuels),
tandis que les salaires élevés vont le plus souvent aux étrangers ou aux nationaux «les plus urbains. »
De plus, on constate que les locaux possédant le savoir-faire requis pour exécuter un niveau plus élevé
de tâches quittent leur pays d’origine pour des destinations étrangères plus attractives. De cette manière
la fracture inter-culturelle s’amplifie…
Des pressions physiques facteurs de stress social
Une concurrence existe entre le tourisme et les autres activités locales quotidiennes, en particulier pour
l’usage des ressources primordiales comme l’eau et l’énergie.
Ainsi, la population locale doit parfois contribuer au coût d’infrastructures et d’équipements
d’approvisionnement ou de traitement de l’eau, nécessaire à la mise en place d’activités touristiques.
Le tourisme peut aussi entraîner une détérioration du patrimoine culturel local par du vandalisme, du
vol ou la vente illégale de biens culturels.
Enfin, des conflits d’usage de la terre et de l’occupation de l’espace peuvent naître sur un territoire car
les usages traditionnels rentrent en concurrence avec l’installation d’infrastructures touristiques; la
valeur économique du tourisme étant considérée comme plus importante, ce sont souvent les usages
traditionnels qui sont perdants.
1 Survival internationale,1999, Tourisme et peuples indigènes, un nouvel impérialisme
Détérioration de la situation sociale
La croissance de l’urbanisation d’un territoire et de sa fréquentation fait augmenter le taux de
criminalité, car la présence d’un grand nombre de touristes possesseurs de liquidités et d’objets de
valeurs favorise le vol et le commerce de la drogue.
De plus, les études de l’OIT (Organisation Internationale du travail) prouvent que le recours au travail
des enfants est fréquent dans le secteur touristique, avec des conditions très précaires: emplois
instables, salaires minimes, peu de formation et d’opportunités de qualification.
Enfin, le tourisme sexuel se développe dans de nombreuses régions du monde: les jeunes sont attirés
par l’argent facile et par l’idée d’avoir accès aux biens de consommations mondialisés; Ils risquent
ensuite d’être pris dans l’engrenage de l’esclavage et de la dépendance à la drogue.
|
---------------
C'est pas bon, Neriki, tu recommences à glander, là. :o
|