D_omi a écrit :
Question à Vrossi, s'il nous lit :
Il existe un gros désaccord visiblement entre Khaled Mechaal et les dirigeants du Hamas à Gaza, qu'est-ce que ça augure ?
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esfahani a écrit :
Je comprends que tu fasses la gueule mais Vrossi???
eh revenez on a les mêmes à la maison .. euh çà çà marche pas 
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je pense que ça peut intéresser des gens ici donc je vais résumer en plusieurs points et reprendre en grande partie ce que j'ai dit à dworkin en pm quand c'était fermé
tout d'abord il est clair que le hamas a échoué militairement. ll n'a pas su résister à l'invasion israélienne et a montré des signes de faiblesse clairs:
-les communications entre les différents leaders politiques et militaires ont été coupées. il n'y pas eu aucune coordination dans les mouvements et dans les attaques. la composante la plus importante d'une guerre est pourtant celle ci, comme le hizbullah l'avait démontré en 2006. en plus les communiqués des différents leaders qui ont parlés, principalement haniyeh de gaza, mechaal de damas et hamdan de beyrouth, étaient largement contradictoires. le hizbullah n'aurait jamais agit de la sorte par exemple
-le hamas a montré à quel point il était infiltré. dès les premiers jours les principaux centre de commandes ont été révélés ainsi que les maisons des commandants de la branche armée. le summum est apparu avec la collaboration d'un des propres garde du corps de said siyam, qui a révélé à israel les détails sur la personne qu'il était sensé protéger
-pire encore, les combattants du hamas ne se sont pas battus dans leur majorité. un nombre impressionnant de défection ont eu lieu de la part des combattants. des commandants importants ont du aller eux même au combat pour combler ce déficit. pour un mouvement qui affirmait avoir 15000 soldats, le déshonneur est criant...
par contre si un mouvement a fait preuve de sa force c'est le jihad islamique. contrairement au hamas, il n'a perdu que très peu d'hommes au combat, et aucun commandant militaire. d'après les différents compte rendus, ses hommes étaient plus entrainés, disciplinés que ceux du hamas. ils n'ont pas fuit et se sont battus jusqu'au bout du combat.
d'ailleurs cela était la stratégie du jihad. certains commandants du jihad islamique ont reconnus que leurs tirs de roquettes ne changeront pas la donne dans le combat contre israel. leur seul but est de provoquer une réaction israélienne forte, notamment une invasion, qui ferait changer le rapport de force en leur faveur, un combat de type guerilla urbaine étant avantageux pour un tel mouvement. c'est donc pour cela que leurs combattants semblent plus aguerris. c'est exactement ce qu'ils voulaient
le jihad s'est donc beaucoup plus inspiré du combat du hizbullah en 2006, et avec quelques succès.
voilà comment je vois l'évolution du hamas jusqu'à maintenant, et quelques pistes pour les mois à venir.
je remonte aux élections législatives et la victoire du mouvement. cet instant a marqué un premier point important, celui de la victoire de la branche politiquement modérée du mouvement. ils ont surmontés à la fois l'opposition des leaders du hamas en syrie, marzouk et mechaal en premier lieu, et à celle de la branche armée, et à celle des plus radicaux de la branche politique, menés par zahar.
ce point de transition était d'une importance capitale mais n'a pas été remarqué comme tel par l'ue. c'est à ce moment que le hamas a définitivement enterré le choix des attentats suicides (en se concentrant essentiellement sur le développement de rocket pour le futur) et a montré le plus d'ouverture, notamment sur l'ue. mais pas seulement. khaled mechaal avait également ouvert des portes sur la russie, avec deux visites à moscou.
les autres représentants politiques se sont alors mis en retrait. mahmoud zahar par exemple, alors qu'il était le leader le plus important (historiquement beaucoup plus important que haniyeh, dont le seul mérite dans les années 90 était d'être l'assistant personnel de sheikh yassine), n'a pas été nommé tête de liste et n'a reçu qu'un poste de ministre des affaires étrangères.
c'était une victoire éclatante pour les modérés du hamas. zawahiri est furieux et proclame que le hamas est dirigé par des apostats.
puis il y a eu l'affaire des conflits de compétences sur certains secteurs clefs, avec en premier lieu les services de sécurité palestiniens. le fatah n'a jamais accepté de reléguer ses prérogatives et de partager ce secteur (qui est partagé entre le gouvernement et le président d'après la constitution).
cela a poussé le hamas a créer la force executive sous le controle de jamal abu samhadana (chef des crp, ancien du fatah).
c'est la un point important. cela a donné une vrai force de police importante au hamas. celle ci fut finalement mise sous le contrôle du ministre de l'intérieur, said siyam.
said siyam a nommé omar zahar, le frère de mahmoud zahar, commandant important de cette force. tout trois ont alors pris de l'importance dans la bande de gaza, aidés en cela par l'embargo. en effet celui ci a facilité une certaine radicalisation du mouvement.
à ce moment il n'est pas clair quel fut le role de khaled mechaal.
puis, à cause de la collaboration de muhammad dahlan, la branche armée décida en juin 2007 de prendre le controle de toute la bande de gaza. là fut la première victoire de la branche armée sur les politiques, et le début d'une indépendance progressive.
puis en 2008, d'après plusieurs rapports, le hamas a procédé à un renouvellement de son bureau politique. suite à la prise de force de la branche armée, beaucoup de militaires et de commandants ont été élus à des places de plus en plus importantes au sein du mouvement. de même, beaucoup de leaders modérés ont été écarté de la direction.
il semble qu'à ce moment là mechaal se soit rapproché des modérés et de haniyeh, pour mettre zahar et siam en minorités. mais cela n'a pas marché à priori.
de manière parallèle sont apparus des divisions au sein de la branche armée entre les salafistes et les nationalistes.
les salafistes ont pris de l'importance au niveau des commandants, et ahmad jaabari, le chef de la branche armée, s'est rapproché d'eux. l'ancien leader historique, muhammad deif, dont l'état de santé est peu connu, semble au contraire prôner la ligne nationaliste.
suite à cette guerre, plusieurs tendances sont apparues:
-beaucoup de plaintes de l'intérieur contre khaled mechaal. il est très critiqué pour appeler sans cesse au combat alors qu'il reste planqué à damas et qu'il ne craint pas les représailles. la branche armée ne répond plus à ce qu'il dit. cependant cela n'est pas si nouveau. depuis que la branche armée a repris le pouvoir en 2007, elle n'est plus contrôlée par lui comme c'était le cas auparavant, à cause de sa dépendance financière
-pour des raisons de politiques interne aux camps de réfugiés palestiniens, oussama hamdan, le représentant du hamas au liban, s'est beaucoup exprimé, ce qui est peu habituel. je pense que la raison est qu'il ne veut pas laisser le langage de la radicalité aux salafistes qui pullulent dans les camps palestiniens.
-les leaders historiques, aussi bien haniyeh que zahar, semblent être en retrait et ne plus vraiment avoir de contrôle à l'intérieur.
par contre maintenant ça devient anarchique avec l'apparition de nouveaux groupes.
cela avait commencé quelque temps avant l'incursion, mais maintenant en groupes supplémentaires on a à priori:
-les brigades des mujahiddines, qui semblent proche du fatah
-jeish al islam: pseudo groupe salafiste derrière lequel se cache un groupe mafieux configuré autour du clan des doghmoush
-jeish al oumma: groupe salafiste qui se déclare proche d'al qaida, et dont le leader avait été mis en prison par le hamas avant l'incursion
-les brigades du hizbullah palestine: nouveau groupe qui dit ne pas être lié organisationnellement au hizbullah mais qui s'en inspire. d'ailleurs il a refusé la trêve
-fatah al islam: ancien groupe de nahr al bared au liban, avant la guerre lançée en 2007 par l'armée libanaise, et dont certains communiqués ont été passés de gaza. cependant une présence est peu probable
-l'armée de al basha'ir dont on ne sait rien mais qui vienne de revendiquer une attaque en cisjordanie.
en y réfléchissant bien, je vois plusieurs tendances:
-je doute que le fatah ne puisse reprendre pied à court terme à gaza. il ne reste plus grand chose au niveau organisationnel et il n'est en aucun cas crédible
-al qaida va continuer à pousser dans sa nouvelle orientation politique, qui est de créer un siscion au sein des brigades izz al dine al qassam. le but est que les combattants salafistes quittent le hamas pour former un nouveau mouvement qui épouserait les vues de zawahiri
-iran et hizbullah: je vois 2 politiques. la première est de ne pas laisser la politique précédente réussir. à leur place, je donnerais beaucoup de moyens aux hamas, au niveau politique et militaire, afin de marginaliser la tendance salafiste et anti chiite au sein du mouvement. il faut que très vite le hamas puisse être de nouveau crédible. dans le même temps, armer également le jihad islamique, qui est un proche idéologique, afin d'avoir une alternative (plus professionnelle qui plus est). d'ailleurs ahmadinejad a félicité ramadan shelah, le secrétaire général du jihad islamique, en personne: http://www.maannews.net/en/index.p [...] s&ID=35125
-au sein du hamas c'est flou pour le moment car on ne connait pas exactement les pertes. plusieurs scénarios sont à prévoir. dans le meilleur des cas, le hamas parvient à faire lever l'embargo sur gaza et conclu un échange de prisonnier qui fait libéré des centaines, voir mille, palestiniens. sa crédibilité en serait réhaussée suite à l'échec complet de la dernière guerre. dans le pire des cas, l'embargo continue sur gaza et les gouvernements européens continuent de refuser le dialogue. dans ce cas je vois une importance grandissante de la tendance salafiste, qui aurait tous les arguments pour elle. dans ce cas, elle peut soir décider de quitter le hamas et de créer un nouveau mouvement qui fera passé le hamas pour des jeunes filles, soit elle fera évoluer le hamas de l'intérieur, en le rendant beaucoup plus radical.
Ernestor a écrit :
Juste 2 points : ne nies pas que le Hamas voulait plus de pouvoir que ce que la victoire aux législatives permettait.
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ça c'est faux, et d'ailleurs ce point illustre à merveille l'hypocrisie des états unis et de l'europe et leur vision de la "démocratie" au proche orient.
si on reviens au point de départ, à oslo II, l'autorité palestinienne s'est vu confié quelques prérogatives sécuritaires. menant l'ap comme il gèrait l'olp, c'est à dire en chef de guerre, arafat décide alors de créer 12 services de sécurité différents (!). chacun a des prérogatives qui se recoupe, et tous sont en concurrence les uns par rapport aux autres. le service de sécurité qui collabore ouvertement avec le shin bet et la cia est la sécurité préventive, contrôlée par muhammad dahlan
suite aux attaques du hamas, dahlan à gaza et jibril rajoub en cisjordanie ont mené une grande campagne de répression contre le jihad islamique et le hamas. leurs leaders sont arrêtés, rasés, humiliés en prison, tandis que leurs militants sont torturés et parfois tués en détention. tout cela avec la bénédiction de ceux qui se rencontrèrent à charm al sheikh en 1997, lors d'un sommet contre le "terrorisme" (qui vise plutot à tout faire pour que peres soit élu contre nettanyaou).
arafat a donc un controle sur tout ces services de sécurité.
puis vent abu mazen. il fut imposé à arafat en tant que premier ministre, afin de lui enlever un maximum de prérogative. il fut alors IMPOSE par l'ue et les usa que le premier ministre palestinien reçoive le controle de la moitié des services de sécurité (dont la sécurité préventive). le discours parle de séparation des pouvoirs, de réforme, d'état de droit, etc.
puis quelques années après le hamas gagne les élections, puis forme son gouvernement. à ce moment il est imposé par ces mêmes pays que le président obtienne TOUTE les prérogatives sécuritaires et que le gouvernement (le premier ministre) en soit privé. deux poids deux mesures?
c'est seulement suite à cela que le hamas a crée sa police afin de restaurer, avec succès, l'insécurité à gaza. insécurité créée par les milices du fatah et par les grands clans palestiniens, qui ont tous été désarmés par le gouvernement
Ernestor a écrit :
Sachant qu'"Effroyable Imposture 1" est un ramassis de mensonges et que l'auteur n'a jamais remis en cause ses résultats bidons écrits dans ce bouquin, en quoi je devrais lui faire confiance ? Il ment, il fait de la désinformation, il ne reconnait pas ses erreurs : poubelle par principe.
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je te conseille l'effroyable imposture tome 2 alors!
c'est un compte rendu écrit par meyssan sur les prémisses de la guerre au liban, sur celle ci, et sur les résultats. quand quelqu'un connait un minimum le sujet, c'est impressionnant en désinformation
mais là c'est vraiment du lourd. on a en vrac:
-quand nasrallah a fait son fameux discours de la victoire divine en septembre 2006, il était protégé par... des avions de chasse français que chirac aurait envoyé au liban afin de dissuader israel d'attaquer
-des généraux israéliens antisionistes ont donnés toutes leurs cartes au hizbullah pour l'aidé dans sa tâche
-des experts chinois ont supervisés certains commandants de la branche armée.
et je passe sur le caractère "progressiste" et "anti fasciste" du parti syrien social nationaliste (crée par antoine saadeh, influençé par le fascisme. soyons sérieux, regardez le drapeau de leur mouvement: http://en.wikipedia.org/wiki/SSNP Il faut être aveugle pour ne pas voir d'allusion à un autre drapeau d'un autre parti crée dans les années 30, ou naif pour n'y voir qu'une coincidence), au caractère "moderne" du parti baath syrien, etc
le pire c'est que politiquement je soutiens le même camp que lui au liban. mais soutenir le hizbullah est une chose, écrire un torchon pareil en est une autre...