Hop la, résumé de mon premier triathlon.
En préambule, rapide flash-back. Coureur depuis quelques années, j’ai repris sérieusement l’entrainement il y a un an. Septembre, me vient l’idée de me mettre au triathlon. Bon ca trottait dans la tête depuis des années. Mais avec la pression du boulot, plus mon expat, j’ai besoin d’une occupation et d’un exutoire. Du coup, je cherche un club, je mettrais six mois à trouver, donc je m’entraine dans mon coin en lisant les blogs et les forums. Donc un grand merci à HFR pour avoir rendu le triathlon fun et accessible
.
Il me faut un vélo. Direction vélo troc pour trouver un alu d’occase qui fasse l’affaire. Pas besoin d’un aero, les journaux disent que c’est du pipo. Six mois plus tard, me voila donc avec un beau carbone aéro neuf, mais bien acheté via troc velo, je respecte mes convictions… Bon je serais un pimpin j’assume.
Du coup, abonnement piscine pour se remettre au niveau (15ans sans nager, mais j’ai appris jeune). Un home-trainer, le modèle le plus silencieux pour ne pas gêner les voisins, dans le garage de ma maison …. Un abonnement à trainerroad car je n’ai pas d’amis (ni de club encore). Une combi acheté en promo qui me permet de taper dans le milieu de gamme et avoir un truc confortable. Un abonnement illimité chez wiggle/amazon/matériel vélo/univers running, un arrangement avec la chocolaterie du coin pour qu’elle reçoive mes colis au lieu de les livrer à la maison, le WAF a toujours des limites. Une collection de tri fonction à faire palir une ado acheteuse frénétique. Avec tout ce matériel de pimpin, c’est pas le tout, va falloir faire un triathlon tout de même un jour.
La course :
Il y en a qui parte sur une course la fleur au fusil, ce n’est pas le genre de la maison. Moi je jauge, je planifie, je compare, j’analyse, et donc après trois mois de calcul intense à faire fondre le cpu mental, ca sera Chalain. Encore trois mois pour étudier le parcours en détail, la moindre montée, prévoir les temps… Le 14 juin, je suis prêt, le parcours incrusté dans le ciboulot, reste plus beaucoup de place pour autre chose.
Bref, 14 juin, 8h30 dernier coup d’œil sur la météo avant de prendre la route direction Dijon puis le Jura. 14 juin 9h3O, me voici sur la route direction Paris pour rejoindre le triathlon de Sens. Bah oui, 30mm de pluie annoncée à l’heure du triathlon, pas motivé pour mon premier. Surtout que je me suis brisé la clavicule juste 4 mois plus tôt dans une chute sur route mouillée. Donc, je préfère renoncer à Chalain. Mais la voiture (et le corps) étant prêt, j’essaye de garder le mouvement et pars pour le M de Sens.
Arrivé sur place à 11h30, j’interromps le déjeuner des bénévoles afin de calmer mon stress, faut revenir dans une demi-heure monsieur. Ok, je tourne sur le site, repère les lieux, prend quelques conseils par un collègue du club (oui j’en ai finalement trouvé un il y a deux mois), et discute avec le speaker ultra sympa. Bref, je prends mes marques pour faire tomber un peu la pression
.
14h00 : rentrée dans le parc, mise en place des trucs, façon scolaire
, comme j’ai pu le lire à gauche et à droite. Je copie sans vergogne sur mes petits camarades. Pas de combi aujourd’hui (eau à 25°), ca fait un truc de moins à gérer. D’un côté rassuré, d’un autre un peu inquiet, car 1500m sans pause, la combi aurait pu être un plus pour le nageur moyen que je suis
.
La natation.
Départ dans l’eau et sans combi, après 300m d’échauffement collectif. On est 150 environ, donc le départ se fait sans encombre, malgré que l’on soit une dizaine à se faire « voler » quelques dizaines de mètres car on est derrière les bateaux qui ont dérivé loin de la ligne. Mais peu importe. L’eau est bonne et relativement propre. Ca bastonne pas du tout (déception, un mythe en moins), par contre ca nage pas droit, moi le premier
. Pas mal de difficultés à suivre la ligne parfaite sur l’aller, le retour se passera mieux. N’ayant pas foule autour de moi, je nage posé mais un peu facon Club Med. J’essayerais de remettre le turbo sur le retour, mais bon, je sens bien que je n’ai pas vraiment forcé durant la natation
.
Mais tout de meme, je sors en moins de 30’ pour 1500m officiel, ce qui me satisfait pleinement. Il y a cinq mois, j’étais péniblement à 2’20 au 100m en piscine, donc plutôt content de moi. LA sortie se fait sans encombre, sans étourdissement, et direction la zone de transition dans la joie et la bonne humeur.
Transition se passe moyennement, je galère avec les chaussettes et les lunettes. Mais je m’applique sur le casque pour pas ne me prendre un carton bêtement
.
Vélo :
Et c’est parti pour deux boucles de 22km. Enfin, aprè avoir poussé le vélo sur au moins 500m. J’ai compris pourquoi tout le monde a couru en chaussure plutôt que pied nus. J’ai bien fait de les imiter
, malgré avoir travaillé avec acharnement la montée sur vélo façon pro la veille
, ca sera pour une prochaine fois.
Le parcours est pas franchement roulant, ni montant. C’est typiquement bourguignon, ca monte ca descend, ca souffle dans ta gueule quand c’est plat, bref, ca use. Ca ressemble à mon parcours d’entrainement, sauf qu’en prévision de chalain, j’avais surtout travailler les longeus cote au train. Gérer le dénivelé à la puissance, je sais pas trop fort, du coup j’y laisse pas mal de force. Le premier tour se passe super bien. Cardio stratosphérique, mais les jambes disent oui, donc j’envoie le paté
. Je double, je tire la bourre avec des purs cyclistes qui me laissent sur place dans les grosses montées, et que je mets à l’amende sur tout bout de ligne droite ou face au vent avec ma position aéro travaillée à la truelle. Le deuxième tour s’annonce plutôt bien, sauf que je me foire avec la montre. Elle se met en mode transition, ce qui me donnera un WR
de la T2 la plus longue du monde, environ 34’
. Mais surtout plus d’infos de vitesse, cadence ni FC. La zone blanche, je devrais tout faire aux sensations, chose nouvelle pour moi. Ca se passera pas trop mal
. Je sais pas ce que j’ai fait, mais je n’ai pas doublé, ni ne me suis fait doublé, ce qui veut dire que j’ai dû produire un effort correct. Juste sur la fin, je me ferais doublé par trois fusées sur vélo CLM en formation serrée, comprendre draftant tel un chapelet de
. Mais bon, c’est la fin, ca changera plus grand-chose, et c’est les trois seuls que j’aurais vu le faire, la course aura été super propre, et bien organisé
(à part un camping-car teuton qui a fait n’imp devant moi).
Bref, je pose le vélo après 44km en 1h23mn08. Plutôt mitigé selon moi. J’ai pas l’impression d’avoir fait un grand vélo, mais j’ai l’impression d’avoir plus d’énergie pour la CAP. Avec le recul, j’ai pas mal roulé je pense, mais j’ai mal géré l’alimentation. Manque d’énergie dans les gels.
Après une transition éclair en 41" (24ème temps), ma plus grande fierté de la journée, je m’élance pour les trois tours de CAP.
La course à pied.
Bien monotone. Et à faire trois fois, c’est encore plus long. Ma montre n’étant pas bien réglé, je vais la aussi faire la CAP sans aucune info. Et histoire de me faire remarquer encore une fois, je vais même marque une T3, pour la première fois dans l’histoire du triathlon
.
Bref, j’essaye de caler le rythme travaillé à l’entraînement, mais ça ne passe pas. Je me cale donc à un rythme confortable-, qui devrait me permettre de finir. Je rattrape pas mal de monde toutefois, malgré mes sensations moyennes. Je finirais en mode zombie, ni à fond, ni à la ramasse, juste en mode blazzé. Je suis déçu de ne pas avoir pris plus de plaisir durant cette cap, mais surtout durant le finish de mon premier triathlon
.
A chaque tour, on passe devant le speaker, qui me fait l’honneur de citer mon club et ma foulée aérienne (bon juste au premier tour, après ca devait plus etre le cas), merci mon bon blaze
. Ça m’a beaucoup aidé, merci à lui, je me suis senti moins seul. Les autres étaient venus en club et/ou en famille, et c’est un plus incontestable. Je n’ai jamais ressenti ça en CAP, mais en tri, ça m’a clairement manqué ce soutien.
Finalement, CAP fini en 42’20, ce qui est bien mais pas top
pour moi qui espérait approcher le sub 40 plutôt. J’ai du payer un vélo mal géré niveau alimentation.
Le buffet : Je me régale. Je m’empiffre de fruits secs et frais, gateux et fromage. Plus au moins un litre de coca. J’en bois jamais, c’est un signe que je manquais de sucre. Pas de vomito à la fin de la course. Mais après m’être empiffré tel un ours sortant de l’hibernation
, je me dis que la route me sera fatale
(même pas). Mais bon, j’en profite pour discuter avec deux trois camarade de galère du jour, me repose une bonne demi-heure avant de reprendre la route pour l’1h30 qui me ramèneront chez moi. Bref une longue journée.
Epilogue :
2h36mn42s. Au premier abord, je suis déçu. Pour chalain, j’avais prévu moins de 2h30. Mais ici, 44km de vélo. Je me rendrais compte en utilisant le site : http://www.triathloncalculators.com/# qu’avec mes allures du jour, sur un vrai M avec 40km de vélo, j’étais dans les temps pour moins de 2h30. Et on ne va pas faire le modeste ni le difficile, car pour un premier triathlon, j’en suis ravi. Après, on se refait pas, je sais que je n’ai pas tout donné, et ca, ca me pousse à retenter le plus vite possible. Mais je savoure aussi le plaisir d’avoir fini mon premier tri, sans casse (pas gagné il y a 4 mois, et toujours des douleurs parfois à la clavicule sur le vélo) et avec une nage en moins de 30’, pas gagné il y a deux mois. Et puis, le soir, je découvrirais que je finis 25/140. Alors certes, on a coutume de dire que le classement ne veut rien dire. Mais ça fait plaisir quand même. Et surtout, je vois que je gratte des places tout le long du triathlon, ca veut dire que j’ai plutôt bien géré l’histoire, malgré des sensations contraires. Comme quoi, il ne faut pas toujours s’arrêter à ses impressions et y aller franco
.
Un grand merci aux gentils animateurs de ce fil sur HFR et aux cadors qui s’y arrêtent. On y a apprend tant de chose utile, et la façon dont vous ne vous prenez pas au sérieux est un vrai encouragement pour les débutants
. Je lis aussi de façon épisodique d’autres sites, et j’avoue que j’ai peur de me rendre sur certains Tri sérieux quand je lis les commentaires non-beginner compliant.
Et un grand merci à l’organisation de Sens pour ce tri. Avec le recul, c’était l’occasion parfaite pour mon bizutage : un staff au top et gentil, des concurrents pas trop nombreux et super décontractés, un parcours superbe à vélo.
Bref, je suis accro.
Le boxon sur polar Flow: https://flow.polar.com/training/analysis/112436728
Le bouzin sur strava: Nat propre: https://www.strava.com/activities/325572040, Vélo (premier tour) https://www.strava.com/activities/325572051, Run 1&2: https://www.strava.com/activities/325572022 https://www.strava.com/activities/325572066