Une analyse intéressante trouvée sur le net.
"Ce post s'adresse à ceux qui envisagent un achat dans le moyen terme.
J'ai remarqué que beaucoup de monde avait une idée erronée des conclusions à tirer du
rendement locatif.
Le Rendement locatif (RL) KESAKO?
Première définition :
RL=loyer*12/(prix du bien)*100
Le loyer est à prendre au sens large. Soit il s'agit du loyer du bien (en cas d'investissement),
soit du loyer d'un bien équivalent (en cas du propriétaire occupant).
Deuxième définition :
Le rendement locatif est le profit que l'on tire de la possession d'un bien.
Le profit est à prendre au sens large là aussi. Soit le profit est directement financier (on reçoit
un loyer), soit il est indirectement financier (on ne paye pas de loyer).
D'un point de vue économique, les deux notions sont exactement équivalentes. Si vous avez
du mal à concevoir ceci, imaginez par exemple que vous possédiez un logement que vous
louez à quelqu'un pour 1000€, et que d'un autre coté vous louiez votre résidence principale
pour 1000€. Vous possédez un bien, et votre location vous revient 1000-1000=0€
RL brut, net, et charges.
Quand vous calculez un rendement locatif, pensez bien à enlever les charges locataires.
Pourquoi?
- Première approche : un propriétaire occupant les payerai aussi.
- Deuxième approche : ces charges sont certes payées au propriétaire, mais elles lui sont
immédiatement prélevées.
- Troisième approche : si dans les charges vous avez le chauffage, l'eau et les ordures
ménagères par exemple, vous comprenez encore mieux que c'est exactement la même chose
que de le payer à GDF ou à la lyonnaise des eaux.
- Quatrième approche : si dans les charges vous aviez l'eau, l'électricité, le chauffage, le
téléphone, la carte orange, le loyer charge comprise n'aurait plus rien à voir avec
l'immobilier...
RL brut : le loyer utilisé pour le calcul est brut, mais quand même hors charges.
RL net : le loyer utilisé pour le calcul est net, c'est à dire le loyer hors charges diminué de :
- La taxe foncière mensualisée. Personnellement, quand je ne connais pas le montant de la
taxe foncière, je prend en moyenne 0,4% de la valeur du bien (mais la valeur peut varier du
simple au double suivant l'endroit)
- Les travaux nécessaires pour maintenir votre bien dans un parfait état. Pour vous donner une
idée, les professionnels considèrent qu'un bien non entretenu reviendrait à la valeur 0 au bout
de 50 ans. Si vous êtes bailleurs, considérez donc 2% de la valeur du bien minimum par an
pour maintenir votre bien dans l'état initial, soit 0,17% par mois. Si vous êtes propriétaire
occupant, vous pouvez diviser ceci par deux car on part du principe que vous êtes plus
soigneux avec vos affaires qu'avec celles des autres. Comprenez que ces travaux comprennent
le chauffe eau qu'il faudra changer tous les 10 ans, la robinetterie, le carrelage, le ravalement
de façade etc....
- Les charges propriétaires non récupérables. Ces charges sont, elles à considérer, d'abord
parce que le locataire ne les paye pas, et surtout, s'il ne les paye pas, c'est qu'il s'agit de frais
liés à la propriété et non à l'utilisation (au contraire de l'eau, de l'ascenseur, etc...)
Donc, le loyer net diffère très vite du loyer brut hors charges d'une valeur qui va de 0,5% à
1% de la valeur du bien.
Le RL net différera du RL brut d'une valeur équivalente (car le RL est aussi un pourcentage
de la valeur du bien)
Pour la suite du raisonnement, je ne parlerais que de RL. Si vous le pouvez, calculez le
rendement locatif net, sinon utilisez le brut en sachant qu'il est par construction supérieur.
A quoi comparer le RL?
Première approche : l'immobilier est très proche des obligations en terme financier. Le RL est
à comparer au rendement des obligations. En règle générale, on le compare aux obligations
d'état qui ont l'avantage d'être très sures de par le risque presque négligeable de défaillance de
l'émetteur.
En France, l'obligation qui fait référence est l'Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans. On l'appelle OAT 10.
Pour information, elle est actuellement à un taux de 4,5% environ (en hausse constante).
Le taux de cette OAT (qui répond à la loi de l'offre et la demande, c'est très important à comprendre)
représente LE TAUX MINIMUM AUQUEL LES INVESTISSEURS INSTITUTIONELS
PLACENT LEUR ARGENT A MOYEN TERME. Bref, c'est l'achat "type immobilier"
standard des institutionnels. C'est pour cela qu'il faut y comparer notre RL.
Deuxième approche : Imaginons que vous fassiez un investissement immobilier. Vous espérez
quand même gagner plus que si vous aviez placé votre argent sur un placement financier sur.
En général, pour le particulier, on considère les placements assurance vie, qui
rapportent un taux proche de l'OAT 10, et qui sont presque entièrement défiscalisées quand la
durée de détention dépasse 8 ans (à comparer à la durée moyenne de possession d'un bien
immo qui est de 7 ans pour un achat actuellement). Facilement, on trouve du 4,5% par an.
La prime de risque
Un actif immobilier est plus risqué qu'un placement financier sur. Vous devez donc en général
avoir un RL supérieur à l'OAT 10.
La différence entre le RL et l'OAT 10 est appelée prime de risque (PR).
PR=RL-OAT10
Si une prime de risque est négative, c'est qu'une anticipation est faite (consciemment ou
inconsciemment). Elle peut être de trois sortes :
- On anticipe que le prix de l'actif va monter. Si les prix immo montent de 5% par an et que
vous avez une PR de -1%, c'est exactement comme si vous gagniez 4% (-1%+5%). Attention,
cette anticipation est très spéculative, car plus le prix de l'actif monte et plus le rendement
locatif baisse, et donc la PR avec. C'est le type de spéculation que l'on observe typiquement
lors des bulles. NE FAITES CETTE ANTICIPATION QUE SI VOUS PENSEZ VENDRE
RAPIDEMENT POUR PRENDRE VOS BENEFICES !
- On anticipe que le loyer va augmenter. C'est typiquement le genre d'anticipation que l'on
observe en bourse hors période de bulle. Si le loyer augmente de 1% par an,cela augmente votre
RL de 1% (attention ! pas en valeur brute, 5% deviennent 5.05% avec une hausse de 1%)
- Vous anticipez que les taux vont baisser. Comme PR=RL-OAT, la PR peut redevenir
positive si les taux baissent. C'est pourquoi souvent les cours de bourse baissent quand on
anticipe que les taux vont augmenter et reciproquement, pour maintenir une prime de risque constante.
RL, taux d'emprunt (TE), et taux de placement (TP)...
Alors là, on attaque le vif du sujet, accrochez vous.
Pour faire simple, je vais partir d'un exemple et considérer (ce qui n'est pas faux en ce
moment d'ailleurs) que RL=TE=TP=4,5%=T (avec un placement en assurance vie à 4,5%)
On appelle VB la valeur du bien et PV en % la plus value en % du bien (négative si moins
value bien sur), CRD sera le capital restant du.
On va raisonner par année pour simplifier, même si dans les faits, tout ce passe chaque mois
avec un douzième des valeurs précitées.
Imaginons que vous achetiez un bien sans apport.
Chaque année, vous payez en intérêts TE*CRD=T*CRD
Mais vous ne payiez pas que les intérêts, vous remboursez du capital, à savoir capital
remboursé=12*Mensualités (M) - T*CRD
Imaginons un locataire qui fait un effort financier égal (soit 12*M)
Chaque année, il peut placer la différence entre son loyer, et cette mensualité soit :
Placement=12*M-loyer
=12M-RL*VB
=12M-T*VB
Cas de la première année (CRD=VB)
Pour le propriétaire : capital remboursé = 12M-T*CRD=12M-T*VB
Pour le locataire : Capital placé = 12M-TVB
Ainsi, et vous voyez ou je veux en venir, capital placé=capital remboursé !!!!!
Cas de la deuxième année (CRD=VB-capital remboursé 1ere année=VB-(12M-T*VB))
Pour le propriétaire : capital remboursé (2eme an.) = 12M-T*CRD
=12M-T*(VB-(12M-T*VB))
=12M-T*VB+12M*T-VB*T²
Pour le locataire le capital placé rapporte des intérêts: capital placé (2eme an.)=capital placé
(1ere an.)+T*capital placé (1ere an.)
=12M-T*VB+T*(12M-T*VB)
=12M-T*VB+12M*T-VB*T²
Là encore, capital remboursé=capital placé !!!!!!
Vous avez compris, par récurrence, et tout au long du pret, le capital remboursé par le
propriétaire est EGAL au capital placé par le locataire...
Retenez donc ceci :
Si les rendements locatifs, taux de placement, et taux d'emprunt sont égaux, le capital que l'on
rembourse à la banque sera exactement le même que le capital qu'aurait réussi à économiser le
locataire !!!! Il n'y a alors pas de création de richesse spontanée à acheter.
faite le calcul avec un apport et vous obtiendrez exactement le même résultat, d'ailleurs.
Et si ils ne sont pas égaux, ces 3 taux...
Le propriétaire gagne par rapport au locataire :
Gain à l'achat par an = (12M-TE*CRD)-(12M-RL*VB+TP*(capital placé))
Si on considère que le capital placé est proche du capital remboursé tout en étant tous deux
très faibles (cad au début du prêt par exemple)
on prend capital remboursé=VB-CRD=capital placé, pour voir une tendance...
Gain à l'achat=12M-TE*CRD-12M+RL*VB-TP(VB-CRD)
= (RL-TP)*VB-(TE-TP)*CRD
Et là vous voyez quoi? Vous voyez apparaitre deux primes de risque !!!
la votre (RL-TP), et celle du banquier avec votre prêt (TE-TP)...
Ainsi retenez ceci :
Dans un marché stable, l'achat vous rapporte la prime de risque immobilière et vous fait
perdre la prime de risque du préteur !!
Ainsi, vous avez une arme infaillible pour juger de la rentabilité d'un achat. Note : Plus vous aurez
d'apport, et moins il faudra considérer la prime de risque du banquier.
Par exemple,
sans apport (autre que les frais de mutation bien sur)
avec un taux d'emprunt à 6%
un taux de placement à 4%
un rendement locatif à 5%,
Vous gagnez au début de votre prêt (ou CRD=VB)
(5-4%)*VB-(6-4%)*VB
=-1%VB
Dans ce cas, l'achat n'est pas rentable, vous perdez 1% par an.
Imaginons un investisseur avisé qui trouve un bien à 10% de RL.
Il gagne, avec les mêmes autres taux (10-4)-(6-4)=4%VB
Il gagne 4% par an sur un capital qu'il vient juste de commencer à rembourser !!
Ainsi, LE POINT PRIMORDIAL DE LA RENTABILITE D'UN ACHAT EST LA
COMPARAISON ENTRE LE RL, LE TAUX D'EMPRUNT, ET LE TAUX DE
PLACEMENT.
Plus values et augmentations de loyer.
Une augmentation de loyer n'a pas d'importance primordiale dans le calcul de rentabilité. De
plus c'est la seule variable qui est majorée. Néanmoins, vous comprenez que toute
augmentation de loyer va directement dans la poche du propriétaire bailleur ou occupant (de
manière indirecte dans le deuxième cas). Vous pouvez négliger celle ci avec une assez bonne
approximation car ce n'est pas ça qui va "plomber" ou "sauver" votre investissement.
La plus value, en revanche peut directement être ajoutée au bilan. C'est ceci qui peut sauver
(ou plomber) votre investissement.
Dans le cas de l'investisseur avisé de la partie précédente, une moins value de 4% par an sera
amorti par le bilan financier de son opération qui est de plus 4%. "
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