glacote | Magicpanda a écrit :
Oui sans probleme , Paris se réaligne juste sur les prix des 5 plus grandes villes de l'oligopole mondiale ( Tokyo / Londres / New York / Los Angeles + Paris donc )
Depuis la crise de 93 les prix y étaient étonnament bas
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Les mécanismes économiques par lesquels les prix à Paris devraient converger vers ceux à Tokyo où même à Londres sont pour moi mystérieux, étant donné qu'il n'y a pratiquement aucune substituabilité ni de la demande ni de l'offre. Le seul canal de communication est la convergence (divergence en l'occurence) des conditions monétaires (taux d'intérêt + taux de change => coût du pouvoir d'achat). Sans compter les différences sociologiques profondes en matière de comportement d'épargne entre Etats-Unis, France et Japon. Bref pour moi, n'en déplaise à Hermes le Messager, c'est complètement pipeau. Qu'il y ait eu une corrélation historique, peut-être, à voir, mais qu'elle soit insensible à la divergence nouvelle et actuelle des conditions monétaires, je ne le comprends pas.
corran a écrit :
tant que les taux d'intérêt resteront aussi bas (et vu l'atonie de la croissance dans l'UE et la faiblesse du $, la perspective qu'ils soient relevés dans les prochaines années varie de très faible à inexistante)
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Arguments bien réels mais avis néanmoins pas du tout consensuel. Un paquet d'acteurs paieraient cher pour acquérir cette certitude...
corran a écrit :
et la construction de logements neufs aussi faible (les logements neufs mis en service à paris en 2004 se comptent en dizaines...),
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Je ne crois pas, cf chiffres cités sur http://bulle-immobiliere.org
corran a écrit :
aucune chance de plus, paris était étonnamment sous-évaluée par rapport aux autres grandes capitales mondiales (new york, londres, tokyo entre autres), dont le marché est par définition déconnecté des marchés nationaux, et ne fait qu'effectuer un rattrapage.
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Par quel mécanisme mystérieux ?
corran a écrit :
pour ce qui concerne paris intra muros, du fait de cette sous-évaluation, le marché est de plus en plus accaparé par les étrangers (russie, pétromonarchies, anglais... ; jusqu'à 40% des transactions, et plus dans les micromarchés que sont le 6ème, le 7ème et l'île saint louis), et tend donc, fatalement, à se déconnecter des besoins et revenus des nationaux
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Source des "jusqu'à 40% des transactions" ? Effectivement le 6ième a bien plus monté que les autres arrondissements...
corran a écrit :
pour la petite couronne, la montée des prix et la rareté de l'offre dans paris, d'une part, et l'offre de logements récents (années 1990) de bonne qualité sous l'impulsion des municipalités (voir ce qu'ont fait iss-moul et montrouge, ou ce que s'apprête à faire gennevilliers), d'autre part, ont attiré les classes moyennes supérieures et aisées traditionnellement parisiennes. fatalement, comme ces personnes étaient habituées à payer et prêtes à mettre un certain prix, leur arrivée a fait monter les prix, et a tendance à en chasser les classes moyennes et populaires.
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Oui, il y a déplacement de la demande; n'est-ce pas le signe que la capacité d'achat est saturée ?
corran a écrit :
pour la grande couronne, la passion ridicule des français pour le pavillon individuel, qui cumule tous les défauts, est la principale raison de la montée des prix : très gourmand en espace et opérant un mitage du territoire, il opère une forte pression sur le foncier.
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"ridicule ... qui cumule tous les défauts": sans commentaire.
"opérant un mitage du territoire": c'est pourtant si je ne m'abuse le modèle de développement urbain de nombreuses villes américaines (LA, San Francisco, etc.).
Grenouille Bleue a écrit :
Oui mais le dernier krach était lié à une bulle spéculative. La bourse s'étant effondrée, les investisseurs s'étaient massivement reportés sur la pierre. Lorsqu'ils sont partis, ça a explosé.
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C'est très exactement la situation actuelle de ce point-de-vue ...
Grenouille Bleue a écrit :
Alors que là, le marché selon les différentes études des magazines économiques (j'en sais pas plus, hein) paraît stable et boosté par les primoaccédants.
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Précisément pas, les primo-accédants ont disparu du marché.
Sinon, je ne sais plus si cette étude de la Banque de France avait été commentée mais j'y aime bien:
1) La courbe des prix déflatés de l'inflation (p48)
2) Le prix du m² de bureau a déjà baissé de 15% en moyenne depuis le sommet de 2001. La courbe p49 suggère que le m² de bureau est en avance 4 ans sur le m² de logement.
3) En 2003, le prix du m² France entière dépasse de 30% celui du pic de 1991, même compte-tenu de l'inflation
4) Le nombre de ménages augmente de +1,4%/an (tandis que la population augmente de +0,4%/an), et ce mouvement de fond existe depuis 1975 (halte au mythe du phénomène nouveau)
5) Moins de 40,000 logements vacants début 2004 contre plus de 100,000 lors du pic de 1991; il faudrait considérer le stock actuel (2005T1)
6) Les avantages fiscaux sont marginaux (moins de 1% de l'effort d'épargne total des ménages) mais a "peut-être pu pousser les prix à la hausse" dans le neuf
7) Les investissements étrangers dans l'immobilier en France représentent 9,2Md en 2003 contre 1,1Md en 1990 (!) Il faudrait s'intéresser à leur répartition géographique...
8) "A Paris, un ménage moyen français pouvait acquérir, hors apport, un logement de 24,6m² en consacrant un tiers de son revenu au remboursement d'un emprunt contracté sur 15 ans au taux moyen", contre moins de 15m² en 1991. Mais la très forte inflation abaissait alors considérablement le coût du crédit.
9) Le rapport entre les intérêts totaux à l'achat et les loyers totaux d'un logement équivalent était de 3,5 en 1991 et 2,0 en 2003 (incitant la majorité à l'achat).
10) Sur la fin des années 80 et le début des années 90, le rythme de 7%/an (4%/an net de l'inflation, moins encore que sur 1999-2003) d'augmentation des loyers "a pu être perçu comme représentatif d'un état permanent, alors que les loyers ont par la suite fortement ralenti". Un bon indicateur de "bulle" est de calculer la prime de risque de l'investissement locatif = différence entre ce qu'il rapporte par rapport à l'obligataire; la prime était négative en 1991, elle est aujourd'hui positive du fait de taux d'interêts (donc de rendements obligataires) très bas. Dans la mesure où l'investissement mobilier (bourse) lui est substituable, elle pourra devenir négative dès que les agents anticiperont une hausse de la bourse (qu'elle ait déja eu lieu ou non). En particulier, l'idée selon laquelle la pierre est un placement plus sûr que la bourse, [complètement fausse et pourtant largement reprise ces temps-ci], pourrait profondément rééquilibrer le marché de la pierre vers le papier.
11) Le rapport entre la dette des ménages et leur épargne brute a rattrappé les sommets de 1991. La forte hausse des prix a largement compensé la bassesse historique des taux. La hausse du pouvoir d'achat des ménages (revenu disponible brut) n'a fortement ralenti qu'en 2003, soit bien après le fort ralentissement économique (PIB).
12) "La vigilance s'impose également au plan international, compte-tenu des fortes répercussions économiques et financières que pourrait avoir un retournement brutal et généralisé des marchés immobiliers". La baisse est déjà largement amorcée en Angleterre et aux Etats-Unis. Message édité par glacote le 19-01-2005 à 08:13:50
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