Master_Jul | La journée a bien commencé avec l'Est Républicain.
http://www.estrepublicain.fr/une/s [...] 121926.php
En gros en première page, annonce d'une page spéciale... Et ça attaque sec dès le début.
L'immobilier continue de plier
Citation :
Moindre baisse des transactions, chute régulière mais contenue de la valeur des biens. Marché bloqué, constatent professionnels lorrains et franc-comtois.
Adeptes de la méthode Coué ou professionnels rompus à la communication, certains dirigeants de l'univers immobilier ont eu vite fait de verser dans l'allégresse. Les mêmes, qui s'échinaient hier à nier la simple évidence d'un tassement, alors que celui-ci avait amorcé sa chute, ont donc choisi d'embrayer le pas d'une réconfortante perspective. « Le marché se retourne » peut-on entendre, ici et là. La simple « décélération » de la chute des prix (-10 % depuis janvier), mais surtout la moindre diminution de l'enveloppe des transactions sur l'ancien début 2009 (-15 %), auront au moins eu pour effet d'agir tel un pansement provisoire sur le moral des troupes.
Un mental tombé tellement bas derrière plusieurs années d'euphorie, qu'il s'illustre jusque dans les chiffres de l'économie réelle de cet univers longtemps préservé. Les agences ont d'abord arrêté de pulluler avant de se réduire, avec les effets corollaires : salaires en baisse, licenciements parfois. Dans le même temps, les offices notariaux ont, eux aussi, appris à serrer les cordons de la bourse, sous l'effet d'une baisse des droits de mutation. Le marché neuf, lui aussi trinque : 47.000 emplois supprimés en 2009.
« Le marché n'est pas cassé »
Comment pourrait-il en être autrement ? Sur un an, de juillet 2008 à juillet 2009 (voir infographie) la chute des transactions oscille autour de 40 % en Lorraine comme en Franche-Comté. Et même si la diminution des transactions s'est limitée autour de 15 % « seulement » depuis le début 2009, les commentaires des dirigeants sont dictés par une prudence teintée de pessimisme.
Effet conjugué de l'ensemble de ces paramètres, les acquéreurs potentiels ont gagné du poids sur les balances des négociations, mais sans toujours prendre le meilleur sur l'acquéreur. Réconfort des professionnels lorrains et franc-comtois : « Le marché est bloqué, il n'a pas été cassé ».
Cela va moins mal, cela va-t-il mieux pour autant ? Passé le logique « trou » inéluctable de 2007-2008 suivant des années de folie pure, l'impact de la crise de l'économie réelle n'a peut-être pas fini de faire ressentir son onde. « Il faut admettre que différentes couches d'acquéreurs qui soutenaient le marché jusqu'alors ont disparu. Notamment ceux qui spéculaient sur des reventes rapides, convaincus d'une plus-value quasi-mathématique », explique un notaire lorrain. « Et ils ne reviendront pas de sitôt », dit-il, prédisant un marché « atone » dans les années à venir. Réconfort, toutefois, des professionnels : le marché continue de plier, il n'a pas cédé. Notaire à Nancy, Me Passadori veut croire que « nous sommes sans doute sortis de la sinistrose ».
|
« Pas de rebond avant 2 ans »
Citation :
« Vingt ans de crédit, c'est l'exception » souligne Philippe Passadori, qui évoque un marché atone.
Chute des transactions variable selon les secteurs, affaissement de la chute des prix : membre de la Chambre des notaires de Meurthe-et-Moselle, et dirigeant de l'Observatoire de l'Immobilier en Lorraine, Philippe Passadori constate différents phénomènes.
- Que ressort-il de vos dernières statistiques ?
- Les chiffres du premier trimestre 2009 attestent que sur Nancy intra-muros, le prix moyen au m2 a baissé de 0,9 %, les villes de la communauté urbaine de 7,4 %, celles de la deuxième couronne autour de 8 %. Et le volume des ventes, toujours sur cette phase, est compris entre - 20 % et - 30 %. Sur un an, on doit tourner autour d'une baisse de 40 % du nombre de transactions. Un bon indicateur, c'est celui du bureau des hypothèques : il a publié un - 37 % voilà quelques semaines. Mais si l'on regarde dans le détail, on voit aussi que cette baisse a été très concentrée sur le second semestre 2008, voire même sur le dernier trimestre 2008. En Meuse, le total des transactions était resté stable, il a sur certains secteurs même augmenté en Moselle ou dans le pays-haut.
- Qu'en est-il des montants des transactions ?
- Dans les centre-ville, nous avons toujours constaté que les statistiques étaient relativement modérées, beaucoup plus que ce qu'on peut entendre par ailleurs. On pouvait craindre un -3 %, -5%, or ils résistent bien.
« Des durées de prêt raisonnables »
- Quelle est l'attitude des acheteurs potentiels ?
- Le rapport de forces s'est inversé en leur faveur. Ils sont exigeants dans la quête du produit et dans les conditions de la négociation, avec des taux revenus entre 4 % et 4,5 %. Pendant 5-7 ans, les produits qui étaient parfois d'une qualité improbable ont connu des hausses sidérantes. C'est loin. Les banques ont écarté leurs anciennes pratiques avec des crédits à 110 %, nous sommes revenus à des durées de prêt raisonnables. Dorénavant, quand on voit passer à la signature un crédit de vingt ans, c'est l'exception. La norme, c'est quinze ans.
Une tendance anglo- saxonne dans le crédit s'est interrompue, il faut s'en réjouir. La capacité à rembourser a repris du poids. Les primo accédants bénéficient de cette baisse : ils représentent 30-35 % des transitions, souvent autour de petits produits jusqu'à 120.000 €.
- Quel peut être l'horizon ?
- Il faudra deux ans avant de voir quelque chose rebondir... Cela se joue sur du long terme, d'autant que les actions des pouvoirs publics portent sur un effort d'investissements, par définition porteur à longue échéance. Ce n'est pas comme si on avait agi pour doper le moral des ménages d'un seul coup.
|
« Notre souci, c'est la rentrée »
Citation :
En Franche-Comté, les effets de la crise économique pourraient encore impacter le marché immobilier en septembre.
Notaire à Besançon, ancienne responsable de l'Observatoire immobilier en Franche-Comté, Me Catherine Bailly, considère que derrière la crise immobilière, la dépression de l'économie réelle pourrait agir en deuxième ressort négatif sur le marché.
- Quelle est la situation actuellement en Franche-Comté ?
- Le marché n'a plus d'unité. Sur une semaine, on peut avoir le sentiment que les compromis de vente repartent légèrement, bien qu'ils restent toujours très en deçà des anciens chiffres. Et la semaine suivante, plus rien... La baisse notable des volumes a fait pencher le marché en direction des acquéreurs potentiels. Ils viennent avec un prix, disent : c'est ça et rien d'autre... Du coup, on arrive à une situation de blocage car le vendeur, sauf lorsque la situation l'y oblige vraiment, n'est pas prêt à encaisser la baisse. Les seuls qui cèdent sont ceux qui sont coincés par une mutation professionnelle ou par la pression des prêts-relais. Mais les acheteurs sont beaucoup moins nombreux et d'autre part sont postés dans une situation d'attente.
« Pas pessimiste, mais... »
- De quel ordre a été la baisse des prix sur le début 2009 ?
- Sur un bon semestre, près de 15 %, qui touche prioritairement les produits à l'écart des centre-ville. Les maisons et appartements urbains restent à peu près stables. Quant au neuf, nous avons en Franche-Comté un regain grâce à la loi Scellier. Sur l'ensemble du secteur immobilier en Franche-Comté, on peut situer la baisse des transactions en année glissante par rapport à juillet 2008, entre 30 % et 40 %.
- Comment voyez-vous les perspectives ?
- Notre souci, c'est la rentrée économique. Sur un plan strictement immobilier, nous ne sommes pas sortis de la crise, mais les professionnels ont le sentiment d'en avoir traversé une bonne partie. En revanche, il est à craindre que tout le monde en traverse une autre, sans doute plus grave encore : celle de l'économie réelle, avec ses effets sur les transactions. On commence même à voir des secteurs géographiques frontaliers avec la Suisse touchés, tel le Haut-Doubs. Jusqu'alors, il était épargné. Je ne suis pas pessimiste de nature, mais un certain nombre d'entreprises sont sur la corde raide depuis un moment. Sans amélioration sensible de la situation, nous savons qu'elles ne passeront pas le cap de la rentrée.
|
Message édité par Master_Jul le 03-07-2009 à 11:01:41 ---------------
En français, on écrit "connexion", pas "connection".
|