tu peux y aller avec ton violon,je sais ce qui s'est passé,j'ai de la famille là bas:
Hier 9 avril, Belgrade a été épargnée par les bombardements de lOTAN, au moins le centre et la périphérie. Selon la télévision détat, les environs de Valjevo ont été bombardés, ainsi que des cibles au Kosovo parmi lesquelles la gare de Kosovo Polje aux environs de Pristina, et dautres endroits dont on ferait mention plus tard. Le bilan des pertes humaines se découvre très lentement, sauf lorsque proches ou familles font part du décès des leurs, ou quon lit dans les faire-part des journaux les avis de décès de leurs parents, de leurs enfants ou de leurs amis.
La tragédie de la pauvre petite ville serbe dAleksinac, où vivent principalement des mineurs sur les maisons desquelles sont tombées, il y a quelques jours, des bombes, domine toujours les sentiments : de hasard en hasard, on finit par comprendre que les bombes des puissances mondiales sont capables de manquer leur cible. Celles qui sont tombées à Aleksinac ont rasé jusquaux fondations 16 maisons, et en ont rendu 400 inhabitables. Le nombre exact des pertes humaines nest toujours pas rendu public. Lémotion na pas été moindre lorsquon a annoncé le bombardement des installations de lusine " Drapeau rouge " de Kragujevac.
Avec quelques jours de retard, les Belgradois ont reçu des images de Pristina complètement détruite. Et ce sont là les seules images du Kosovo que les médias diffusent en Serbie. Pas dimages non plus des banlieues détruites de Belgrade. A Belgrade et en Serbie, la loi martiale est proclamée, les gens tiennent à garder leur tête, tous sont pâlis et nerveux et à la lettre, sans excessives interrogations sur le sens des informations qui leur sont déversées vingt quatre heures sur vingt quatre par les médias détat et les journaux. La Serbie est aujourdhui complètement homogénéisée, blessée, humiliée et détruite. Chaque soutien qui lui vient du reste du monde fait lobjet de redites tout au long de la journée, et la haine contre les pays membres de lOTAN, en particulier lAmérique, a atteint son sommet. Tous les yeux sont tournés vers la Russie à qui lon attribue une force et un pouvoir jamais vus, portant lespoir du salut.
Depuis hier 9 avril, le président de Serbie a par décret étendu les pouvoirs du Ministère de lIntérieur. Selon ce décret, le Ministère de lIntérieur peut limiter les déplacements ou retenir plus de 24 heures les personnes qui troubleraient lordre et la paix publics ou spéculeraient sur les produits de première nécessité. Les personnes qui, selon le décret du Ministère de lIntérieur, présenteraient un danger pour la sécurité de la République, peuvent être assignées à résidence à un endroit déterminé. Pour des raisons de sécurité, le Ministère de lIntérieur peut fouiller les appartements, ouvrir le courrier etc. Dès les premiers bombardements, journaux et autres moyens dinformations, en raison dun décret spécial, ont reçu ordre de se soumettre à certaines règles de propagande.
En cette troisième semaine de guerre, une guerre ouverte des médias oppose les agences de presse diciet celles du monde. Ce fut alors quun officier de lOTAN menaça, en raison " des mensonges et de la propagande, de bombarder le bâtiment de la télévision dEtat, si celle-ci continuait à refuser de retransmettre les programmes des stations étrangères, " ou plutôt ceux de lOTAN...
Ainsi, de ce pays attaqué et presque détruit, on attend quil diffuse les émissions de ceux qui le bombardent. Linformation nest pas ici passée sans que ne réagisse dabord la télévision dEtat, avec des commentaires acérés. Même les plus virulents critiques du régime, qui dordinaire expriment le désir dentendre les informations venues du monde extérieur, furent choqués de larrogance de ceux qui les bombardaient. Pendant tous ces jours de guerre, ceux peu nombreux en Serbie qui pouvaient suivre les programmes par satellite furent stupéfaits par la propagande et les demi vérités concernant les bombardements et les événement de Yougoslavie. Un petit nombre de reporters étrangers se plaignirent discrètement à leurs collègues journalistes de la censure des informations en provenance de Belgrade. Quelques journalistes dici, regardant CNN, assurèrent que la télévision dEtat faisait preuve dun véritable amateurisme dans sa propagande à côté de cette chaîne américaine. La propagande occidentale nest-elle pas sans reproche ?
De la Serbie on ne montra plus désormais au monde que les chants et les danses, pour les opposer aux images des expulsés Albanais du Kosovo. La propagande occidentale impute les causes de la purification ethnique et de lafflux des réfugiés au seul régime de Milosevic, et ne cite jamais les bombardements de lOTAN comme lune des causes de lexode des Albanais, pas plus que le départ des vérificateurs comme unique rempart contre les tueries mutuelles entre Serbes et Albanais.
Certains commentateurs ont même soutenu que les Serbes saccommodaient des bombes, puisquils restaient chez eux et ne fuyaient pas. Si lon avait seulement regardé les gares routières et ferroviaires de Belgrade, on aurait vu les départs de ceux qui cherchent asile dans les pays voisins ou à la campagne. Personne vraiment na jamais pensé que les Serbes navaient en fait nulle part où aller. Pour tous les pays, il leur faut un visa, excepté pour la Hongrie, où sont déjà enregistrés 20.000 réfugiés. Beaucoup de familles gagnent Subotica, réputée " plus sûre ". Les hommes ne peuvent pas franchir la frontière, et en raison dun nouveau décret du gouvernement, on exige une carte didentité pour les enfants âgés de plus de 14 ans. Pas de réponse à la question de savoir pourquoi la Voïvodina multiethnique est si complètement ruinée, et en particulier Novi Sad dont les ponts ont été détruits, et pourquoi cette région frontalière paye si cher pour une autre région frontalière.
Ecartelée entre deux propagandes alors que, pour la plupart des gens, la télévision locale sert dopium, une population complètement affolée vit une double vie. Durant le jour, on va au travail, même sil ny a la plupart du temps rien à faire, et la nuit se passe dans les caves. Il ny a pas dexplication pour les bombes qui tombent sur les maternités ou sur le centre de Belgrade, ou sur les civils en province. Ainsi même les mérites du régime auquel est soumis la Serbie tombent à leau : attendre dun pays attaqué quil défende ceux qui lui lancent des bombes tient dun cynisme inégalé.
Attendre la condamnation de lexode des Albanais de ceux qui - en dehors du petit nombre de ceux qui ont accès aux chaînes par satellites - nont même pas vu cet épouvantable spectacle, est également impensable. Les concerts organisés sur les places, avec des banderoles dont on peut lire le texte, où dominent les caricatures des dirigeants occidentaux et les slogans affirmant " plutôt la vie que le Kosovo ", forment une image de propagande de la Serbie qui rassemble ses forces pour une nouvelle nuit sous les bombes. Dès la tombée de la nuit, Belgrade devient une ville fantôme. De lhéroïsme, de la grandeur et du patriotisme, il ny en a quà la télévision. Jusquau rassemblement du lendemain sur la place. Le seul résultat visible de laction de la propagande et des bombardements est cette homogénéisation du peuple, le sentiment que le monde est injuste vis à vis de la Serbie. Tout le reste, vicissitudes ou événements des dernières années en Serbie et dans lancienne Yougoslavie, est passé aux oubliettes.
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© Le Courrier des Balkans pour la traduction
les mecs comme toi me font gerber,des moutons qui foncent téte baissée vers où souffle la propagande.
Les français par leur dirigeant chirac ont assassiné les enfants serbes,tous responsables.