Klian a écrit :
Je m'excuse de poster un texte aussi long, mais cela peut lancer un débat interessant sur la mobilisation actuelle.
J'ai participé à sa rédaction.
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Villepin cité dans louvrage La tragédie du président, scènes de la vie politique, Flammarion : « La France a envie qu'on la prenne. Ça la démange dans le bassin. » En effet, il la prise par derrière !
La démocratie bafouée : le Premier Ministre a utilisé jeudi 9 février, à l'Assemblée Nationale, l'article 49.3 de la Constitution sur le projet de loi pour « l'égalité des chances » instaurant le Contrat Première Embauche (CPE). L'article 49.3 met en place une procédure « d'engagement de responsabilité du Gouvernement sur un texte ». Pendant 24h, l'Assemblée Nationale est dessaisie, elle ne peut plus examiner le texte, elle ne peut plus se prononcer sur le texte. Son seul moyen daction est de déposer une motion de censure. Si elle nest pas déposée, ou quelle est refusée, le texte de loi est adopté sans quil y ait eu de vote ni de débat. C'est dire le caractère expéditif de ce procédé, utilisé normalement en cas durgence. Nous estimons que si urgence il y avait concernant le chômage des jeunes (et effectivement cest le cas !), le gouvernement aurait pu agir ces quatre dernières années. En occultant le débat sur ce sujet, en mettant les députés au pied du mur et en posant la question sur le Gouvernement lui-même (avec la motion de censure), le premier ministre a bafoué le principe même de la démocratie. LAssemblée Nationale nest, en ce cas, quune chambre denregistrement, nos représentants nont plus voix au chapitre. De Villepin montre bien ici son mépris du mandat électif, mépris dun homme qui na jamais été élu lui-même et qui a traité à loccasion les députés de « connards ».
Outre le refus de De Villepin de créer le débat à lAssemblée Nationale, il a aussi tenté de léviter sur le terrain social lui même. La loi sur « légalité des chances », a été examinée le 29 janvier alors quelle devait lêtre 15 jours plus tard, et na fait lobjet que dune seule lecture à lAssemblée et au Sénat. Laccélération du calendrier parlementaire visait clairement à éviter le dialogue, à couper lherbe sous le pied des organisations de jeunesse, alors que la loi concerne cette même jeunesse. Dans sa tour divoire, le Premier Ministre ne veut rien voir, rien entendre, et montre ainsi à quel point il est éloigné de la réalité. Il navait pas prévu que les jeunes prennent la parole, il avait parié sur une jeunesse dépolitisée, et le retour de bâton est un dur coup politique.
De Villepin a « des couilles » (JDD du 5/02), et pour le montrer, il tape dans celles des autres.
Devant lampleur de la mobilisation et le manque dargument valable pour convaincre la jeunesse du bien fondé de la Loi sur « légalité des chances » et du CNE, le gouvernement na trouvé comme seule réponse que la répression violente dune jeunesse qui se veut pacifique mais lucide sur le sort quon lui réserve. Les rassemblements pacifiques des premiers soirs doccupation de la Sorbonne ont été résolument réprimés par le gouvernement, et cela de façon violente (coups sur toutes les parties du corps, y compris tête et parties génitales, gaz lacrymogènes, au poivre et vomitifs, interdits par la convention de Genève).
En institutionnalisant la peur à travers les Forces de lOrdre, le Gouvernement na provoqué que la radicalisation de certains éléments mais surtout na fait que renforcer la détermination du plus grand nombre. Les provocations policières se sont multipliées, il nest donc pas étonnant que certains se soient violemment insurgés en retour. Le gouvernement fait tout pour nous discréditer auprès dune opinion publique qui malgré tout nous soutient. La tentative du pouvoir est claire : diviser les étudiants entre violents et non violents, et faire culpabiliser les acteurs du mouvement pour chaque violence commise, quelle provienne des manifestants ou des Forces de lOrdre. Mais ninversons pas les causes et les conséquences : les violences des manifestants sont souvent des réponses désespérées à la violence dun gouvernement qui refuse dentendre notre appel. Nous dénonçons dautant plus lattitude gouvernementale en cette affaire que les témoignages attestant dune « collusion » inadmissible entre police et « casseurs » (déjà vue lors du mouvement contre le CIP en 1994), qui attesterait dune véritable stratégie politique du pourrissement par la violence, se multiplient.
Procès politiques : « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France »
Lattitude ultra-sécuritaire du gouvernement actuel se double dune prise en otage et dun détournement de la justice française. Depuis le début du mouvement social actuel de nombreuses interpellations ont eu lieu. Laccusation de « jet de bouteilles », de « lancé de pavé », est devenue courante, alors que les cas ou des témoins innocentent laccusé sont trop nombreux. Le seul interlocuteur quont les accusés est la police, dont le témoignage reste le seul valable dans ce genre de procès. Il est impossible de prouver son innocence, et les condamnations sont souvent très lourdes. Les conditions de garde à vue des interpelés sont souvent lamentables et les récits disolement total se multiplient : aucun appel téléphonique possible (alors quil est réglementaire), familles non prévenues, pression pour que laccusé accepte la procédure de comparution immédiate, etc. Nous dénonçons la tenue de ces procès politiques et conjoncturels. La justice doit obtenir son indépendance, surtout en temps de crise sociale.
Ces procès ne sont cependant pas la seule manifestation de la main-mise gouvernementale sur la justice de notre pays. En effet, les conseils des prudhommes ont récemment reçu une circulaire (le 8 mars 2006) leur intimant, sous prétexte de veiller à lordre public, de faire appel en cas de « violation des dispositions de lordonnance » du 2 août 2005 concernant le CNE (premier contrat précaire, adopté aussi de manière anti-démocratique). Cette attitude inadmissible va a lencontre des règles du droit du travail international (convention n° 158 de lOIT). Si cela se passe pour le CNE, il est évident que des mesures similaires seront prises pour le CPE. Labsence de séparation des pouvoirs apparaît ici clairement. Le pouvoir est stupide.
Le comité de mobilisation Sorbonne
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