radioactif Mighty mighty man | Reprise du message précédent :
Ungeduld a écrit :
Euh, c'est toi qui n'es pas sérieux. Primo, la croissance économique mondiale était basée sur la consommation des ménages américains, et celle-ci était soutenue par leur endettement, réalité que tu nies avec une évidente mauvaise foi. Secundo, c'est bien beau recourir à la notion de schéma de Ponzi, mais ça n'explique rien. Ça s'applique à une situation précise, celle de la bulle spéculative qui a mené à la crise mais, bien avant, les ménages américains étaient déjà surendettés et les faillites personnelles à la hausse. Par ailleurs, ce qui a déclenché cette crise, c'est plutôt, à la base, la bulle spéculative dans le secteur immobilier, qui a fait augmenter les prix de façon indécente.
Tertio, l'endettement des ménages, ce n'est pas une question conjoncturelle et localisée, mais qui relève carrément d'un mouvement macroéconomique qui n'a fait que s'amplifier dans la majorité des pays développés. Cet endettement des ménages est lié à une hausse des prix dans le secteur immobilier, mais aussi au plafonnement des revenus qui oblige les ménages à avoir recours au crédit pour consommer.
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Citation :
On a beau lire que la croissance économique est repartie, la situation des Français, elle, ne s’améliore pas. La Banque de France a ainsi relevé une hausse significative des dépôts de dossiers de surendettement. Pour les neuf premiers mois de l’année, leur nombre a augmenté de 17,6%. Les raisons : l’accès trop facile au crédit à la consommation, le chômage en hausse, l’inflation, les prêts relais, etc.
Selon la Banque de France, l’endettement des ménages français représentait environ 51% du PIB en juin 2009. Mais ce chiffre n’a de cesse d’augmenter. Un an auparavant, il était inférieur à 49% du PIB.
La France peu endettée
Selon l’OCDE, en 2005, la dette des ménages français représentait 89% de leurs revenus disponibles annuels. Un chiffre en hausse sensible par rapport à celui de 1995, époque au cours de laquelle il était de seulement 66%. La dette des ménages français peut donc paraître critique, mais, par rapport aux autres pays, la situation semble moins catastrophique.
Toujours selon l’OCDE, les ménages américains avaient accumulé une dette équivalente à 135% de leurs revenus annuels en 2005. Un chiffre supérieur de plus de la moitié à celui des Français. Les Britanniques faisaient même pis, avec une dette équivalant à 159% de leurs revenus annuels.
La palme revient au Danemark et aux Pays-Bas dont l’endettement atteint respectivement 260 et 246% des revenus disponibles. A l’inverse, les Italiens sont parmi les moins endettés du monde, avec un taux de 59% seulement. Malgré la dérive récente, la France reste parmi les pays les plus vertueux quant à la dette privée.
Way of life américain à crédit
La gestion de bon père de famille ne fait pas vraiment recette dans les pays développés. Certains Etats vivent complètement à crédit. Les deux grands pays anglo-saxons ont des taux d’endettement privé excessifs. Ces montagnes de crédits sont en partie responsables de la crise du subprime et de celle de l’immobilier.
Les Etats-Unis avaient lancé (après l’explosion de la bulle Internet) des plans de baisse des taux d’intérêt qui ont mené les ménages à emprunter toujours plus pour s’offrir des maisons qu’ils n’avaient pas les moyens de rembourser, créant ainsi une bulle immobilière. Le mécanisme des taux variables leur a mis un peu plus la tête sous l’eau et, lorsque l’endettement s’est révélé insoutenable, les prix immobiliers ont explosé.
D’un côté, des ménages asphyxiés et expulsés, laissant des maisons vides en vente ; de l’autre, des acheteurs potentiels, incapables d’accumuler plus de dettes qu’ils n’en ont déjà contracté.
Les plus endettés sont les plus pénalisés
Mais les Américains n’ont pas été les seuls à abuser du crédit. Les Espagnols ont stimulé leur marché immobilier par un recours massif à l’emprunt. En l’espace de dix ans, le niveau d’endettement des ménages espagnols a presque doublé. Depuis les premiers remous de la crise, l’économie espagnole figure parmi les principales victimes. Tout comme l’Irlande.
Là encore, le niveau d’endettement a flambé en un temps record. Selon l’OCDE, entre 2000 et 2005, il est passé de 81% du revenu disponible à 141%, soit plus que celui des Américains. Les économies les plus frappées par la récession sont celles qui ont le plus fauté en matière de dettes. Et ce n’est pas un hasard. La crise est encore plus douloureuse pour des ménages qui, même en période faste, avaient déjà du mal à joindre les deux bouts.
L’endettement pour la consommation hypothèque l’avenir
Il y a en fait deux types d’endettement. Celui qui consiste à investir et celui qui sert à consommer. Le premier est nécessaire au développement de l’économie. Rares sont les ménages qui peuvent se permettre de faire construire un logement sans être aidés par un emprunt. Ce n’est pas forcément négatif, et cela peut même leur permettre de faire des économies dans le futur.
Mais l’endettement pour consommer est plus difficile à rembourser. Les ménages qui s’endettent à cette fin vivent en général au-dessus de leurs moyens. Ils ne pourront rembourser tous leurs crédits que si leurs revenus augmentent. Les temps ne sont pas propices à ce genre de bonnes nouvelles. Les dirigeants des banques centrales encouragent ce mouvement en temps de crise, tous comme nos gouvernements.
Stimuler la consommation par l’endettement est un bon moyen pour des élus d’embellir les statistiques à court terme. Mais cela pose un grave problème structurel. Tout comme les emprunts, il faudra rembourser cette croissance artificielle. Mais, pour nos dirigeants, ce n’est pas d’important puisque, comme le disait Keynes, à long terme, nous serons tous morts. Peu importe, donc, que nous construisions actuellement les prochaines crises.http://www.moneyweek.fr/2010019806/patrimoine/vie-quotidienne/endettement-menages-statistiques-ocde/
Donc, cette situation existe en France, même si elle est moins marquée qu'ailleurs. Elle n'échappe tout de même pas à ce mouvement généralisé dans les pays développés. On ne parle pas que de bon endettement, lié à des actifs, mais de mauvais endettement, liés à la consommation. Évidemment, les libéraux se contredisent allègrement sur la question : ils disent que l'endettement excessif est mauvais, mais ils poussent les gens à consommer pour soutenir la croissance économique. Ça serait possible si les salaires suivaient l'augmentation de la production : or, ce n'est pas le cas.
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1) Si, un schéma de Ponzi peut exister autre part que dans le cadre d'une bulle spéculative. C'est, par exemple, précisément le schéma des ventes pyramidales.
2) La crise immobilière a été le déclencheur de la crise, mais pas la cause. La cause ce sont les tombereaux de liquidités déversés dans l'économie et le risk management les orteils en éventail.
3) Les revenus n'ont pas augmenté autant que l'inflation des actifs, ce qui reste logique et normal.
4) Les libéraux, comme tu dis, ne poussent à rien, justement... Puis bon, je sais pas où tu as pêché que tout le monde dit que la croissance est repartie, vu le risque de double dip. |