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Retour en Iran
Ce qu'il y a de mal à dire sur l'Iran, nous l'entendons beaucoup ces temps-ci. Ce qu'il y a de bien, qui serait aussi nécessaire pour se former un jugement complet, on ne l'entend guère. L'hebdo US Workers World relate les propos tenus le 14 avril dernier par Ardeshir Ommani, de retour dun séjour de 25 jours en Iran. Il ne sétait plus rendu dans son pays natal depuis 25 ans. LIran aujourdhui est une sorte douvrage en progression. Dans la ville dIspahan, par exemple, qui compte une population de 4 millions dhabitants et accueille quelque 2 millions de touristes des autres régions du pays, venus en visite pour le nouvel an iranien (le Norooz), au début du printemps, on pouvait ressentir lénergie terrible et la vigueur des activités économiques dans les secteurs comme la construction de logements et de routes, le tourisme, les transports, les loisirs et le commerce. Le nombre énorme de voitures privées, de taxis et dautobus rend le trafic presque impossible à gérer. Après plus de 50 ans de dynastie Pahlavi père et fils , celle-ci fut renversée par la révolution de 1979. À lépoque, plus de 50 pour 100 des familles iraniennes nappréciaient pas la saveur de leau courante dans leurs maisons. Ce défaut donna naissance à une multitude de maladies, y compris la diarrhée et le trachome. Lors de mon récent séjour, jai découvert quà travers tout le pays, y compris dans les villages les plus éloignés, les familles avaient de leau courante chez elles et la plupart des maisons étaient reliées au système dégouttage de la ville ou du village. Cest pareil avec lélectricité : les rues de toutes les villes et les grands-routes sont brillamment éclairées. Léclairage des lignes électriques va partout. Sur lautoroute reliant Ispahan et Chiraz, nous avons été étonnés de voir des travailleurs assistés de camions deau et activement occupés à nettoyer la poussière et à décrasser les signaux routiers et les réflecteurs afin dassurer la sécurité des usagers. Quel changement par rapport à la situation dil y a un quart de siècle ! Chaque famille de la petite communauté rurale de Saman a un réfrigérateur. Certaines ont des machines à laver et des sèche-linge. Presque toutes ont la télévision. Lespace vital par personne semblait plus grand que dans certains appartements new-yorkais. Ce qui était très plaisant à voir, cétaient les rues et les trottoirs propres, particulièrement à Ispahan et à Chiraz. Même à Téhéran, une ville connue pour son fourmillement de population (environ 10 millions dhabitants), les axes principaux sont nettoyés avec plus de soin que la plupart de ceux des villes peuplées des États-Unis. Une qualité plus impressionnante encore et qui ne peut être achetée à aucun prix, cest lhospitalité et la gentillesse des gens en Iran. Les transports Actuellement, lIran produit 300.000 voitures par an, réparties selon 12 modèles différents complètement manufacturés et assemblés en Iran même, destinés à la fois à lusage domestique et à lexportation vers les pays voisins. Le pays produit également des camions, de léquipement pour la construction, ainsi que de gros semi-remorques capables de transporter des équipements très lourds. Le réseau routier est très ramifié, avec plus de 50.000 km de routes asphaltées et dautoroutes. Les deux autoroutes principales, lA1 et lA2, relient les frontières de lIrak et du Pakistan dune part et celles de lAfghanistan et de la Turquie dautre part. Iran Air assure des liaisons avec Ahwaz, Ispahan, Kish (Irak), Mechhed, Chiraz, Tabriz, Téhéran, Zahedan ainsi que dautres villes importantes. Un réseau dautobus et dautocars très ramifié assure des services bon marché mais confortables. En comparaison avec la période davant la révolution de 1979, le réseau routier a considérablement été étendu à tout le pays, permettant daccéder aux 50.000 villages, et les routes sont généralement larges, roulantes et bien construites. Un nouveau système souterrain, appelé le Metro, est en construction à Ispahan (il doit entrer en service dici deux ans). Les services ferroviaires sétendent de façon à relier Ispahan, Chiraz, Téhéran et dautres villes. Dénormes saignées dans le flanc des montagnes, avec les équipements de terrassement garés sur le côté, montraient ce souci dexpansion. Limpact des menaces américaines Vous pourriez vous demander quel impact la stratégie duale avec ses menaces de changement de régime et lappel en faveur du renvoi de lIran devant le Conseil de sécurité des Nations unies du gouvernement américain et de ses alliés européens a eu sur les attitudes de la population en général à lintérieur de lIran, particulièrement en ce qui concerne le droit de lIran à la recherche et au développement de lénergie nucléaire. Les menaces de bombardement des installations nucléaires de lIran et des infrastructures qui sy rattachent par les États-Unis et/ou par Israël, et/ou linvasion du pays, en même temps que lappel illégitime de lopposition en faveur dun « changement de régime », tout cela rapproche la population dans son ensemble de la position de son gouvernement. Cela a également forcé lopposition américaine au gouvernement iranien dannoncer que cela aussi va à lencontre de lagenda américain de déstabilisation de lIran via le recours à des sanctions, à un embargo ou au démembrement du pays. La programmation de Voice of America et de Radio Farda sadresse principalement à la jeunesse, dépeignant la vie en Amérique par le biais de chansons damour insouciantes, montrant des femmes à longs cheveux et peu vêtues se faisant draguer par délégants Iraniens représentés eux-mêmes dans des tenues évoquant fortement la culture occidentale. Leur but est manifestement de séduire les jeunes et de les pousser à croire en cette existence rêvée faite damour, de danses lascives, de voitures voyantes, de clubs et de leur faire croire également que le style de vie américain axé sur la « liberté » représente en fait lexistence telle quelle est en dehors de lIran. Naturellement, parmi les facteurs qui influencent la qualité de la vie, lordre des priorités varie selon les diverses classes sociales. Pour une grande majorité dhommes et de femmes de la classe ouvrière, les problèmes de santé, déducation et demploi prennent le pas sur les codes vestimentaires. Léducation, lalphabétisme et les soins de santé Le Dr Hadi Azadpour, dont les racines se situent dans la tribu ghashghaee, dans la province de Fars et qui travaille aujourdhui comme généraliste à lhôpital général de Movdasht, tenait à faire remarquer que de nombreux membres de sa propre famille ainsi que des autres communautés tribales de cette région, ont obtenu des diplômes dans lenseignement supérieur. En outre, ils occupent des positions éminentes dans les écoles et les systèmes de soins de santé. La politique nationale vise à combattre lanalphabétisme, elle fait la promotion de léducation primaire, développe léducation permanente et met sur pied des programmes déducation destinés aux adultes. Cette politique doit servir la promotion continue de léducation ainsi que la qualité de la main-duvre. Selon lInstitut des Statistiques de lUnesco, les buts de la politique nationale dalphabétisation de la République islamique de lIran (RII) pour lannée 2005, sont datteindre un taux total dalphabétisme adulte de 85,2 %, plus élevé que le chiffre de 2000, qui était de 76 %. Pour les femmes, le but visé est de 82,5 % et, pour les hommes, de 87,7 %. Les statistiques les plus récentes montrent quen 2004-2005, quelque 15 millions détudiants étaient inscrits dans les diverses écoles iraniennes. De ce total, 7,4 millions étaient des filles, 7,9 millions des garçons. Selon les statistiques disponibles pour lannée 2004, le niveau dinscription dans les universités atteignait 2,1 millions détudiants, dont 54 % de femmes. Ce chiffre défie fortement la notion alléguée par certains groupes dopposition et disant que les femmes en Iran sont nettement défavorisées dans leurs performances sur le plan de léducation et du statut social. Des soins de santé sont fournis à tous les enfants, les femmes enceintes bénéficient de soins prénataux et les personnes âgées font également lobjet de soins particuliers. Le tout étant entièrement gratuit. Des équipes dinfirmières, de médecins, de personnel de soins de première ligne visitent les cliniques rurales, sassurant de ce que les municipalités locales assurent correctement leurs services. Et, pour finir, et ce nest pas le moins important, le gouvernement octroie des subsides couvrant certaines des denrées alimentaires essentielles, tels le lait, le riz et la farine.
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