Mujol a écrit :
C'est pas l'entreprise qui reçoit cette somme c'est son PDG , arrête d’écrire n'importe quoi ...
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Je répète que cette somme, payée par l'entreprise à son patron au titre de salaire, votée par le conseil d'administration voire par l'assemblée générale, est constitué d'argent gagné par l'entreprise en échange de biens et/ou de services rendus à ses clients. Il n'y a donc pas un cent qui provienne d'argent public ou autre, et donc l'État n'a rien à y redire.
Mujol a écrit :
Sauf si tu as des infos comme quoi il a ventilé les 16 millions dans la machine à café , les actions sociales, la cantine, l'investissement de la boite ...
Non non c'est juste pour sa poche point barre.
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J'ai bien compris que selon toi, seuls les ouvriers peuvent légitimement revendiquer un salaire.
Il n'y a qu'eux qui sont productifs. Les "patrons" (dirigeants, cadres, administrateurs, ...) ne sont que des sangsues, des voleurs, ...
Le patron qui reçoit un salaire devrait le redistribuer intégralement et l'ouvrier devrait voir son salaire décupler...
Désolé: ce genre de système a démontré qu'il ne fonctionnait pas...
On dirait qu'il faut que les patrons "capitalistes" créent une activité, offre de l'emploi, payent leurs employés (indépendamment de leur productivité), vendent les produits (de préférence à pertes), s'excusent d'exister et cèdent la propriété de l'outil aux travailleurs...
N'importe quoi.
Cela dit, des salaires qui sont des centaines (ou plus) de fois le salaire de base, c'est choquant... Qui peut prétendre avoir une telle productivité ?
Pour certains (comme Jean-Marie Mercier), on justifiait ces niveaux de rémunérations par le fait que c'était le prix du marché, sous-entendu que si on le diminuait, il irait travailler ailleurs. Hors, lorsque de tels dirigeants perdent leur emploi en France, ils ne parviennent jamais à retrouver un niveau même approchant de rémunération sur le "marché" des emplois de dirigeants de par le monde. Donc, de tels salaires ne sont pas justifiés par leur utilité économique...
Mujol a écrit :
un rappel su M.Lévy :
"au moment de sa reconduction pour quatre ans à la tête du groupe, il décide de renoncer à la part fixe de son salaire (900.000 euros) pour ne toucher plus que la part variable, fonction de la performance de l'entreprise, mais dont il a quand même pris le soin de faire relever le plafond (de 2,7 millions à 5 millions d'euros)."
http://lexpansion.lexpress.fr/entr [...] 89197.html
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C'est une entreprise publique ou privée ?
Si c'est privé, ça ne regarde que les actionnaires, car c'est leur pognon et que c'est eux qui décident de la rémunération de l'administrateur-délégué...
Mujol a écrit :
M. Sarkozy a proposé la prime de 1000€ pour le pouvoir d'achat des Français (mesure totalement démagogique à mon sens , mais bon)
Du coup M.Lévy a suivi , ce qui est normal vu les valeurs qu'il défend et la compassion et l'empathie dont il fait preuve envers les moins favorisé.
Il a donné un chèque de 1000€ aux employés on ne s'attendait pas à moins de cette personne.
Bravo !!
Ah non on me dit à l'oreille qu'il n'a donné que 350€ et non pas 1000€ ....
Qu'on dise on ne donne pas 1000€ car le résultat ne le permet pas, je comprends.
Qu'on ne donne que 350€ pour pouvoir donner 16 000 000 € au PDG cela me choque.
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De toutes façons, 16 M€ par an, c'est déjà choquant en soi. Comme j'ai démontré plus haut, je doute que ça soit justifié, même par le "marché". Mais il ne vole cet argent à personne.
Ce qui est choquant, c'est cet "ordre" intimé d'en haut, du politique, qui décide brutalement de l'usage qui doit être fait d'argent privé...
Lévy a un salaire négocié et accordé par ses patrons (ses actionnaires) et les employés de même.
Si on tente de mettre en place des mesures strictes, du genre "salaire maximum", "rapport maximum entre le salaire le plus modeste et le salaire le plus élevé au sein d'une entreprise", "l'interdiction des licenciements", ... on arrive à tellement d'effets pervers qu'on casse tout et qu'il faudra bien vite revenir là-dessus...
Être choqué par ce montant est du même ordre que d'être choqué par le montant du salaire des stars sportives, des artistes en vue, des gagnants de loteries...
On vient de distribuer ~450 millions d'Euro aux trois gagnants d'une loterie américaine. Quelle est la morale là-derrière ? Qu'on-t-ils fait pour mériter ça ? Ne devrait-on pas tout leur confisquer pour distribuer aux plus pauvres ? On est exactement dans le même schéma de raisonnement: si tu mets ça en place, tu tue l'activité (le sport-spectable de haut niveau, la loterie, ce type d'entreprises, ...) et tous les impôts qui sont payés de même (en Europe, les loteries payent 50% d'impôts sur les billets). Ex: si tu impose un salaire maximum aux footballeurs (genre 10.000 €/mois, ce qui est déjà pas mal payé pour courir après une balle quelques heures par semaine), tu vides simplement et instantanément le championnat. A quoi bon ? Qu'est-ce que ça rapporte aux gens ? Suppression de leur passion, beaucoup de cotisations sociales non payées, des talents qui doivent chercher un emploi sous des cieux plus cléments...
L'argent des footballeurs, l'argent des artistes, des dirigeants d'entreprises privées ou de gagnants de loteries, c'est de l'argent privé, non de l'argent public, et il ne regarde pas les citoyens, d'autant qu'il a déjà largement contribué au bien-être général via l'impôt (bénéfices, TVA, CSG, cotisations sociales, revenus, ISF, ...). Vouloir, pour un État, s'insinuer dans les comptes d'une entreprise privée pour en confisquer une partie de manière arbitraire (comme l'a été la décision de Sarko concernant la prime de 1000 € "imposée" à certaines entreprises), ça commence franchement à ressembler à une remise en cause de l'inviolabilité de la propriété privée. On a déjà connu ça en des temps troublés: la Loi Gutt en Belgique, qui a visé, entre autres, à:
Citation :
ponctionner les importants bénéfices irréguliers que certains ne se sont pas gênés de faire pendant l'occupation. Quelques jours après la libération tous les comptes furent bloqués, l'argent rentré et remplacé par une somme de 2.000 frs par personne.
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On a connu des réquisitions, des confiscations (aryanisation de l'économie allemande), doit-on en revenir là aujourd'hui ?
En Hongrie, aujourd'hui, le racisme anti tziganes, roms ou juifs est de retour et ne se cache plus. Il constitue même le principal programme de certains partis politiques. On reproche à nouveau à certaines catégories sociales ou communautés, pourtant parfaitement intégrées depuis des siècles, d'être "trop riches" ou "trop puissantes" (et à d'autres d'être trop nombreuses ou "pas à leur place" ).
Citation :
[Jobbik] ce parti d’extrême droite, inexistant il y a quelques années, s’est imposé comme la troisième force politique du pays, emportant 17 % des voix aux législatives de 2010. Le Jobbik a rapidement débordé sur l’extrême droite le parti de Viktor Orban. « Pour nous, la politique, c’est une guerre de défense de la patrie en danger », explique Sandor Porzse. La Garde hongroise, la milice qu’il a fondée, a été officiellement dissoute à cause de ses marches paramilitaires et de ses uniformes d’inspiration fasciste. [...] « [...] la question va se poser un jour : si notre peuple est menacé, c’est notre obligation de le défendre. »
« [...] nous, notre problème c’est Israël », affirme ce député, convaincu qu’un « complot juif mondial » vise à « coloniser la Hongrie ou lui voler ses ressources ».
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(je sais que les principaux visés en Hongrie sont actuellement plutôt les roms/tziganes que les Juifs, mais mon propos est ici de souligner le danger de la haine pour cause de supposée richesse excessive).
Dire que M. Lévy gagne "trop" est un jugement de valeur dangereux, d'autant que ce n'est pas de ton argent (ni de l'argent public) qu'il s'agit. Idem, en Hongrie aujourd'hui, lorsqu'on entend que les Juifs auraient pris le contrôle de Budapest, des médias, du commerce, ... Ce phénomène est bien connu et a déjà valu à d'autres catégories de personnes des persécutions directement provoquées par la jalousie (les protestants, par exemple, qui pouvaient prêter de l'argent contre des intérêts, alors que c'était interdit aux catholiques, du coup, les "banquiers" étaient majoritairement protestants ou juifs, ce qui leur a valu nombre de persécutions)
Citation :
Dès le Haut-Moyen Âge, [...] Exiger un paiement pour le commodat est contraire à la charité, et l'argent est un bien qui ne se consume pas. Dès cette époque, on voit le prêt à intérêt condamné par le Concile de Nicée sur le fondement de l'Ancien et du Nouveau Testament, puis par les Capitulaires de Charlemagne.
[...]
Le premier théologien à accepter le prêt à intérêt fut Jean Calvin. La pratique du prêt à intérêt se propagea dès lors rapidement à partir des réseaux de banques dont les sièges étaient établis à l'étranger, soit dans les pays d'obédience calviniste comme Genève, les Pays-Bas et l'Angleterre [...]
Au XVIIIe siècle, on trouve, dans la plupart des grandes villes de commerce [...] des banques de crédit, presque toutes d'origine protestante
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Idem pour les Templiers, massacrés pour suspicion d'hérésie, mais dont les raisons de la chute sont, en fait, tout autres (source):
Citation :
La chute de l'ordre
[...] Elle serait le fait du roi de France Philippe IV le Bel qui aurait agi dans le but unique de s'approprier le trésor des Templiers.
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Trésor qui trouve son origine dans la longue pratique des prêts à intérêts consentis par les Templiers à tous les puissants du moment, en contradiction avec l'interdiction de l'église catholique:
Citation :
Les Templiers prêtaient de l'argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes... Le montant du remboursement était parfois supérieur à la somme initiale lorsqu'il pouvait être camouflé par un acte de changement de monnaie. C'était une façon courante de contourner l'interdit.
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Je trouve donc que des attaques nominales contre une personne sur ses revenus, supposés indécents, et qu'il faudrait contraindre à "rendre au peuple/aux travailleurs" (comme s'il s'agissait d'argent volé) alors que ce n'est pas de l'argent public est très limite et relève d'une idéologie qui a déjà démontré sa dangerosité de manière récurrente dans l'histoire.
Le discours de haine généralisé à l'égard des patrons, des "nantis", des "privilégiés", des dirigeants, ... supposés avoir construit leur fortune sur le dos de l'argent "volé aux ouvriers exploités" me semble relever de ce type de mécanisme basé sur la jalousie, et particulièrement pervers.
Mais là où je suis d'accord, c'est sur le fait de mettre en place les mesures pour s'assurer que les entreprises payent effectivement les impôts dus (et non 0% comme la majorité des plus grandes), que les sportifs ou artistes en vue payent effectivement leurs impôts (par exemple, qu'on considère que les revenus de ventes de livres, disques ou spectacles soient taxés dans chaque État où ils ont été commercialisés et non dans l'État/le pays de domiciliation fiscale fictive de l'artiste, que les entreprises ne puissent échapper à une taxation minimale sur les bénéfices, quel que soient les mécanismes ingénieux mis en place pour éviter l'impôt, que les entreprises actives en Europe soient fiscalement en Europe (bénéfices compris), que les dirigeants de ces entreprises soient fiscalement domiciliés en Europe. Tout ça, ce serait plus productif et plus juste que de s'insurger sur un cas particulier (M. Lévy) et nécessite une coordination au niveau européen.
Mujol a écrit :
Reprendre l'argent aux riches sans reprendre l'image de la révolution Redonner le pouvoir au peuple
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Au XIXème siècle, en Belgique, c'était le vote censitaire (ne votaient que les citoyens qui payaient l'impôt, puis ceux qui payaient plus avaient plus de voix).
On n'en est plus là depuis longtemps: un homme, une voix. Que faut-il de plus ? Un ouvrier devrait avoir plus de poids décisionnel qu'un patron ?
Mujol a écrit :
En quoi cela te fais peur ? Le pouvoir au peuple c'est la démocratie , ce n'est donc pas le régime que tu souhaites ?
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La démocratie à l'état pur, c'est la dictature du peuple (dont font partie les patrons), avec toutes ses dérives totalitaires. On en trouve de nombreux exemples dans la démocratie directe de la Grèce antique:
- Les "citoyens" sont très minoritaires par rapport à la population générale. Ne sont pas citoyens les métèques (principalement des esclaves affranchis ou des enfants illégitimes), les esclaves (considérés légalement comme des objets), les femmes et les enfants.
- L'ecclésia [= la réunion de l'assemblée] commence toujours par un sacrifice. [...] En théorie, tous les citoyens, soit environ 40 000, doivent s'y rendre. En réalité il n'y en a que 5 000.
- Le soir est effectué un vote à main levée.
- Périclès instaure l'indemnité journalière, le mistos [...] Cependant cela posera certains problèmes : en effet certains citoyens ne se sentent pas concernés et y vont dans l'unique but de recevoir cet argent.
- Le principal problème de cette institution est qu'elle repose sur les citoyens, qui ne sont pas forcément aptes car ils ne sont pas formés.
Etc...
Donc, voilà la démocratie idéale à l'œuvre: non séparation du religieux et du politique, femmes exclues des débats (et de toute forme de droit politique), majorité de la population ayant un sous-statut (voir le statut de meuble), décisions prises à main levée (bonjour la liberté d'opinion), en un seul vote par journée de travail (quelle granularité décisionnelle !), les textes étant écrits et publiés à postériori (bonjour la légitimité du texte !), sans parler du désintérêt général (5 000 présents sur 40 000 citoyens appelés à voter, et qui sont là pour recevoir de l'argent, sans rien comprendre généralement aux problèmes discutés)
Bref, tous les travers de la démocratie directe telle qu'on la connaît encore aujourd'hui. Et je ne parle pas des nombreuses personnalités grecques qui ont été condamnée à mort par ce genre d'assemblées "démocratiques" parce qu'un jour, elles n'ont pas eu l'honneur de plaire à une majorité de personnes présentes...
Nos démocraties ne sont pas directes et sont corsetées dans des règles supérieures à la décision simplement majoritaire du peuple, comme les principes de laïcité, d'égalité des droits, de liberté d'opinion, de secret du vote, de séparation des pouvoirs, de suppression de la peine de mort, de droit à un procès équitable, d'interdiction de l'esclavage, de respect de la vie privée, de la propriété privée, etc... On voit d'ailleurs ce qui se passe lorsque ces limites sont dépassées (Hongrie notamment). Je suis désolé pour ton idéal de démocratie directe, mais il est clair à toute personne qui s'informe un peu que si on a les formes de démocraties qu'on a en Europe notamment, ce n'est pas un hasard mais une évolution vers un progrès des institutions démocratiques.
Du coup, non, le peuple ne peut plus décapiter "démocratiquement" ses élites pour la seule raison que leur tête ne leur revient pas ou qu'ils seraient "trop riches".
Mujol a écrit :
Redistribution des richesses cela ne veut pas dire révolution rouge ("t"as des lunettes donc t'es un bourgeois don on te tue" )
ni expropriation genre Zimbabwe ("allez le blanc, tu faisais bosser beaucoup de monde sur tes terres maintenant tu dégages on te prend tout" )
Si tu n'es pas pour la démocratie si tu penses que le peuple ne doit pas avoir le pouvoir, alors qui doit l’avoir ?
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C'est bien le peuple qui a le pouvoir en France, même si le système électoral majoritaire laisse fort à désirer.
C'est ce peuple qui vote à 0,5% pour Poutou et qui laisse Mélanchon loin du second tour.
C'est ce peuple qui envoie au parlement européen une majorité de droite (à l'échelle de l'Union) et qui met en place des majorités de droite ou de centre-droit quasiment partout en Europe...
N'est-ce pas le peuple qui a le droit de vote ? N'est-ce pas un homme/une voix en France ?
Désolé si le peuple ne vote pas dans le sens qui te plait.
Je pense de toutes façons qu'avec 51% de votes NPA et le massacre de la classe "dirigeante", la confiscation des fortunes des bourgeois et autres, on n'arriverait pas mieux en France que là où ce genre de politiques ont eu lieu. On a besoin de patrons, de visionnaires, d'entrepreneurs, de capitaux, de décideurs, d'investisseurs pour faire fonctionner l'économie au service des gens. Même la Chine, la Russie et Cuba s'en sont maintenant rendu compte...
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"Economisons notre mépris eu égard au nombre de nécessiteux" (Chateaubriand)