Mujol a écrit :
Il ne faut pas y voir un cas personnel comme le tien ou celui de bphenix ou même le mien qui préfère rester en France.
Je parle à l'échelle d'une population.
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Il y a deux types d'habitants en Europe.
Ceux qui ont compris qu'ils habitent en Europe, que leur horizon est européen, que leur marché est européen, que leur avenir est européen, que leur prochain employeur est européen et ceux qui vivent dans le passé.
Les premiers apprennent des langues, saisissent les opportunités (travailler et vivre à Londres, étudier à Barcelone, s'associer avec un entrepreneur slovaque, prendre des vacances en Croatie, recourir au dynamisme bancaire luxembourgeois, ...) et gagnent.
Les autres se heurtent perpétuellement aux réalités et râlent: ils râlent lorsqu'une entreprise polonaise leur fait de la concurrence, ils râlent parce que des Espagnols polyglottes viennent prendre les places, ils râlent parce que des transporteurs tchèques assurent un service à moindre coût, ils râlent parce que des opérateurs alternatifs apparaissent sur les monopoles traditionnels (courrier, téléphonie, transports en commun), ils râlent parce que la "NF" n'a plus aucune valeur et que seule comptent les normes européennes, ils râlent parce qu'on ne compte plus en francs, ils râlent parce qu'on trouve, sur des sites français, des gens qui ne pensent pas hexagonal, ils râlent parce qu'il n'y a plus de douaniers aux anciennes frontières, ils râlent parce qu'on rencontre dans la rue, en France, parfois des gens qui ne parlent pas français, ils râlent parce que leur voisin de palier n'est par français mais gagne plus qu'eux, roule dans une voiture allemande et dispose du droit de vote. Ils râlent et perdent, car ils s'obstinent à jouer le jeu de la vie avec les règles qui ont été abandonnées depuis plus de 40 ans (marché commun).
L'erreur est humaine, mais l'entêtement est diabolique... Après plus de 40 ans de construction européenne, on pourrait s'attendre à ce que les jeunes (ceux qui ont moins de 40 ans) aient intégré (sinon accepté) le fait européen. Mais non, il y en a encore quelques-uns qui résistent... Un peu comme les 0,5% qui continuent à soutenir Poutou aux présidentielles...
Mujol a écrit :
Avec ce dogmatisme européiste on veut faire comme si les gens étaient des marchandises que l'on peut faire migrer, ou comme si les peuples étaient des variables permettant de corriger la compétitivité de l'UE...
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Pas "dogmatisme européiste" mais réalisme. L'Europe est une réalité. Le marché unique est une réalité. L'Euro est une réalité. Le marché de l'emploi est européen et c'est une réalité.
Plus haut, d'aucuns disaient que l'Euro ne peut fonctionner par manque de mobilité des travailleurs... Il faut savoir ce qu'on veut...
Mujol a écrit :
On fait du dumping social dans les pays de l'est, on ferme les boites à l'ouest et comme ça les gens migreront s'ils veulent bosser ; c'est ça la finalité de cette zone marchande.
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Ce ne sont pas des pays mais des États-membres. Cette mise en concurrence est destinée à aplanir les différences, exactement comme le commerce avec la Chine finira par aplanir les différences. Sauf que la Chine n'est pas une démocratie et ne partage pas nos idéaux sociaux, raison pour laquelle elle ne doit pas faire partie du marché commun et que nous devrions modérer nos échanges avec elle. Mais en ce qui concerne les quelques "pays de l'Est" que nous avons intégré un peu vite pour des raisons d'opportunité politique (on pouvait craindre que la fenêtre d'opportunité qui suivant la disparition de l'URSS ne durerait pas éternellement) sont à la fois des débouchés pour nos industries (il y a beaucoup à construire là bas) et une source de main d'œuvre temporairement bon marché, encore pour quelques années.
Tu vois, là où tu ne vois qu'agression contre la France, dumping social et concurrence déloyale, moi, je vois des opportunités, des débouchés, une chance pour l'Europe...
Mujol a écrit :
Les gens ont des racines, une histoire, et dans leur grande majorité ne souhaitent pas devenir des colons et s'expatrier.
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Je constate juste la quantité d'étudiants qui saisissent l'opportunité de faire une partie de leurs études dans un autre État (Erasmus), la quantité de Français qui travaillent en Angleterre et y sont heureux, la quantité des "frontaliers" qui viennent chaque jour travailler au Luxembourg, etc...
Mujol a écrit :
Que l'on puisse avoir le choix de le faire, tant mieux.
Que l'on soit réduit à le faire , cela me dérange beaucoup plus.
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Un jeune auvergnat qui rêve d'une carrière d'humoriste ou d'acteur et qui doit partir à Paris pour tenter sa chance, c'est très bien (il n'est pas déraciné, car tous les Français doivent aimer Paris, plus belle ville du monde, bien sûr). Un jeune allemand qui veut travailler dans le domaine de l'espace et qui doit, pour ce faire, partir à Kourou, lui, est une victime de l'Europe qui est condamné à s'expatrier ? Un jeune chercheur espagnol qui doit se rendre au CERN pour faire sa thèse, c'est un colon condamné par l'Europe à l'exil ?
Mujol a écrit :
Pourquoi prends tu l'exemple de personnes xénophobes? Tu me parles de personnes qui n'aiment pas les Français et je ne vois pas le rapport.
Se revendiquer patriote n'a strictement rien à voir avec un quelconque nationalisme. Tu prends le cas de l'Allemand.
Je ne pense pas avoir plus de liens avec lui qu'avec un Tunisien par exemple.
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Ce qui démontre encore une fois que tu n'as pas compris, que tu refuses la réalité:
L'Allemand est ton concitoyen. Il partage le même parlement, les mêmes valeurs (démocratie, acquit communautaire, législation européenne, ...), la même monnaie, le même marché, ...
L'Allemand n'a ni besoin de papiers ni d'autorisation pour venir s'installer et travailler en France.
Le Tunisien est un étranger. Il lui faut présenter des papiers à la frontière pour entrer dans notre pays (l'Union). Il n'y a pas de permis de travail ni de permis de séjour au-delà d'une période limitée (trois mois pour un visa touristique) et doit répondre à des conditions de ressources (ce sont ces conditions qui n'ont pas été respectées par l'Italie lors des vagues d'immigrations tunisiennes lors de la révolution, provoquant avec raison la colère de divers États-membres, dont la France et le Danemark)
Mujol a écrit :
A ce compte on peut élargir et parler de citoyenneté mondiale ? Nous sommes tous citoyens du monde, c'est la prochaine étape ?
Avec quel projet commun ?
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C'est évidemment souhaitable: l'ONU est déjà un embryon d'"État mondial" avec son parlement (l'assemblée générale), son tribunal (le Conseil de Sécurité), capable de condamner à l'occasion un État-voyous en autorisant les autre pays à recourir à la force contre le délinquant, etc...
Ce n'est qu'une étape, mais ça montre le chemin que poursuit l'humanité: trouver des moyens autres que les guerres pour régler les conflits, administrer le monde, ...
Ce sera ça ou l'apocalypse nucléaire, de toutes façons.
Projet commun ? Paix et prospérité pour tous. Ça me semble déjà pas mal...
Mujol a écrit :
Je dis juste que si l'on continue avec cette Europe que vous défendez l'égalité se fera avec un nivellement par le bas.
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Ce n'est pas l'Europe "qu'on défend", c'est l'Europe telle qu'elle est !
L'égalité se fait progressivement. Il n'y a qu'à voir l'évolution de la Roumanie, de la Pologne, de la Slovaquie pour se rendre compte que le nivellement ne se fait pas par le bas.
Mais si on rêve de croissance à la mode des "trente glorieuses", on rêve, et ça n'a rien à voir avec l'Europe. Les conditions ne sont plus les mêmes:
- Fin du pétrole
- On n'est plus au sortir d'une guerre. Il y a bien moins à reconstruire aujourd'hui qu'en 1960...
- On n'a plus de colonies
- Certains pays qui faisaient partie du tiers-monde sont maintenant de vrais concurrents (pays asiatiques, Brésil, Chine, Inde, ...)
- Beaucoup de pays qui étaient fermés (pays de l'Est, dictatures, ...) ne le sont plus et sont nos concurrents aujourd'hui
- Enfin, et c'est sans doute le pire, nos gouvernants n'ont pas soutenu notre nécessaire suprématie technologique, bien au contraire
Mujol a écrit :
Soit on se tait dans cette économie de marché et on accepte l'idéologie de marché qui pousse les gens au chômage et déstructure nos sociétés soit on s'enferme dans un carcan nationaliste et on se fait la guerre ??
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La France fait partie de cette structure depuis le traité de Rome, 1957... Doit-on en déduire que la France ne connaissait pas une économie de marché avant 1957 ? C'était quoi, alors ? Une économie dirigée, planifiée ?
Le chômage, en France, remonte à 1957 ?
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"Economisons notre mépris eu égard au nombre de nécessiteux" (Chateaubriand)