CoyoteErable Dorée et Colorée |
pascaldeuxzero a écrit :
Par contre, on sent quand même bien que l'EG essaie de faire passer pour majoritaires des revendications qui ne sont pas exactement celles de la majorité des GJ.
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Ok. On recommance depuis le début.
La première enquête sociologique (qui n'est pas forcément un sondage) date du 11 Décembre :
"Gilets jaunes" : ce que la toute première enquête raconte de la révolte
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Questionnaires mais vraies rencontres
Ce premier état des travaux du collectif de chercheurs (qui fédère large autour de Sciences-Po Bordeaux, de l'INRA et du CNRS) s’ancre plus particulièrement sur une l’enquête menée par treize d’entre eux, par questionnaire. Mais “questionnaire” ne signifie pas “réponses écrites” : pour obtenir des réponses “plus riches” et des témoignages “plus longs”, les chercheurs ont déroulé ces questionnaires dans le cadre d’entretiens de vive voix, en face-à-face, allant rencontrer les "gilets jaunes" sur les lieux de leur mobilisation - essentiellement “des ronds-points” et dans la rue, durant les journées de manifestation.
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Pour la moitié d’entre eux (47%), cette mobilisation dans un giron “gilet jaune” est une première : si quatre sur cinq avaient déjà manifesté, seulement 44% avaient déjà fait grève dans leur vie.
Un tiers se disent d’ailleurs “ni de droite, ni de gauche”. Les autres se définissant seulement pour 6% au centre, 12% à droite, 42% à gauche, et 15% à l’extrême-gauche. Les 166 questionnaires recueillis en six coins de France distincts apportent une réponse chiffrée quant à un noyautage du mouvement par le Rassemblement national : les 24 novembre et le 1er décembre, seulement 5% des gens que les chercheurs ont rencontrés s'estiment d'extrême-droite, rejoignant les premières observations que Benoît Coquard avait pu faire sur d'autres ronds-points dans d'autres zones rurales, lors de la toute première journée de mobilisation le 17 novembre. Cela rejoint également les résultats du décryptage par quatre chercheurs du LERASS, à Toulouse, qui avaient passé au peigne fin les posts Facebook de nombreux "gilets jaunes", et montré qu'on y distinguait très peu de propos xénophobes.
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Le premier motif de mobilisation invoqué par les gens interrogés tient au pouvoir d’achat. Les fins de mois calamiteuses et l’idée de ne pas pouvoir “s’offrir le moindre plaisir” ont été largement relayées via les témoignages recensés par les questionnaires.
Le travail de terrain fait écho à la notion d’ “économie morale” chez l'historien E.P. Thomson que le politiste Samuel Hayat a pu récemment mobiliser dans une tribune : un peu partout en France, c’est finalement de justice sociale que les "gilets jaunes" mobilisés ont avant tout parlé aux treize enquêteurs qui leur soumettaient leur questionnaire.
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https://www.franceculture.fr/sociol [...] la-revolte
On a ensuite eu une nouvelle enquête sociologique basé sur les RS où les GJ échangent :
Qui sont vraiment les « gilets jaunes » ? Les résultats d’une étude sociologique
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Qui sont les « gilets jaunes » ? Depuis le lancement du mouvement à l'automne 2018, les commentateurs ont largement souligné son caractère composite. Sur le plan sociologique, les « gilets jaunes » feraient converger les perdants de la mondialisation, sans distinction d'âge, de sexe ou d'origine. Sur le plan politique, ils s'affranchiraient des logiques de mobilisation traditionnelles pour réunir dans une même contestation des élites les citoyens les plus éloignés de la politique, les proches de la gauche et de la droite radicales.
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L'enquête quantitative que nous avons lancée le 22 décembre 2018 cible près de 300 groupes Facebook de tous les départements de France (voir encadré méthodologique) . Elle offre quatre atouts par rapport aux enquêtes existantes. D'abord, la taille importante de notre échantillon - plus de 1 750 réponses à ce jour, dont 1 455 exploitées - permet d'approfondir la compréhension des ressorts sociologiques du mouvement. Ensuite, pour dépasser l'approche par le revenu ou la profession, nous avons mesuré le degré de précarité des répondants à travers le score « Epices » (Evaluation de la précarité et des inégalités de santé dans les centres d'examens de santé , un indicateur utilisé par les organismes de santé publique.
Troisième atout, nous avons intégré des questions qui existent déjà dans les enquêtes d'opinion pour analyser en quoi les interrogés diffèrent de la population française dans leur rapport au politique et dans leurs valeurs. Enfin, grâce à des questions ouvertes dont les répondants se sont largement saisis pour s'exprimer, nous avons identifié les grandes classes de discours utilisées et par quels profils ces discours sont portés (voir encadré sur l'analyse lexicale) . Nous complétons ainsi l'étude lexicale menée fin novembre 2018 par une équipe de chercheurs toulousains.
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Prendre aux riches pour donner aux pauvres
En termes d'emploi et de profession, les interrogés se distinguent très peu de la population française. Ceux qui exercent une activité professionnelle sont nettement majoritaires (67 %, 4 points de moins que la moyenne nationale), les chômeurs étant 13 % (un peu plus que la moyenne) et les retraités 12 % (deux fois moins que la moyenne). Parmi les actifs occupés, à l'exception des cadres, nettement sous-représentés (10 % de l'échantillon, soit 8 points de moins que dans la population active en emploi), et des artisans et commerçants, surreprésentés (deux fois plus nombreux, avec 14 %), les autres catégories sont à l'image des Français : 29 % occupent des professions intermédiaires, 28 % sont employés, 19 % ouvriers et 1 % agriculteurs.
S'il y a un trait distinctif des « gilets jaunes », c'est plutôt leur situation de forte précarité. Plus de 68 % vivent dans un ménage dont le revenu disponible net est inférieur à 2 480 euros - soit le revenu médian en France. Et 17 % vivent dans un ménage avec moins de 1 136 euros - tranche dans laquelle on trouve les 10 % des Français les plus pauvres. Ce constat est étayé par le score Epices, qui offre une lecture plus fine que la pauvreté monétaire ou la profession. Notre échantillon compte ainsi 74 % de personnes précaires, près du double de la moyenne nationale ! La précarité touche plus largement les femmes (78 %) que les hommes (68 %).
La précarité explique pourquoi les inégalités (26 %), le pouvoir d'achat (25 %) et la pauvreté (14 %) arrivent en tête des quatorze enjeux importants pour la France proposés dans le questionnaire, suivis par les impôts et les taxes (11 %). Elle explique aussi le fort sentiment de colère vis-à-vis des « différences entre les riches et les pauvres » , mesuré par une note moyenne de 7,7 sur une échelle de 0 à 10. On ne sera pas davantage surpris par l'adhésion massive à l'idée que « pour établir la justice sociale, il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres » (87 %, environ 20 points de plus que les Français). L'expérience d'une même situation de travailleur précaire, combinée avec un rejet des inégalités et une demande de redistribution très consensuels, tisse la cohésion du mouvement.
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Quel est le rapport à la politique des « gilets jaunes » ? Un premier point commun est leur distance avec Emmanuel Macron. Seulement 4 % d'entre eux ont voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle. Mais l'élément le plus frappant est leur rejet des catégories politiques traditionnelles. Ainsi, 60 % des interrogés ne se situent pas sur l'échelle gauche-droite ! Précisément, 8 % se déclarent « ni à gauche ni à droite » , et 52 % indiquent qu'ils « ne se retrouvent pas dans ces catégories » . C'est nettement plus que dans les enquêtes sur la population générale. « La part de primo-manifestants - 55 % de l'échantillon - invalide l'idée d'une mobilisation qui serait téléguidée par les extrêmes politiques » Mais les interrogés ne sont pas pour autant apolitiques, comme l'ont parfois conclu certains analystes : 23 % se disent « beaucoup » intéressés par la politique et 33 % « assez » intéressés. Ce chiffre est peut-être surévalué en contexte de mobilisation, mais il est plus élevé que l'ensemble des Français (généralement 10 et 30 % sur des items semblables). Notre enquête comprend plusieurs questions sur la préférence pour la souveraineté populaire et l'antiélitisme, deux attitudes souvent associées au populisme. Elles sont très prononcées parmi les « gilets jaunes ». Typiquement, 93 % sont d'accord avec l'opinion selon laquelle « le peuple, et pas les responsables politiques, devrait prendre les décisions les plus importantes » . C'est seulement le cas de 50 à 60 % des Français dans les enquêtes récentes. Il en va de même pour le rejet des élites politiques : 95 % sont d'accord avec l'opinion selon laquelle « les responsables politiques parlent beaucoup et agissent trop peu » . Ces positions, à leur niveau maximal chez ceux qui ont participé à un grand nombre de manifestations, contredisent l'idée que la défiance politique conduirait forcément à l'apathie. Le fait que les deux attitudes soient par ailleurs majoritaires dans la population française explique probablement le socle de soutien dont bénéficie le mouvement dans l'opinion.
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Citation :
Ceux qui souhaitent le plus tirer au sort des citoyens se trouvent parmi les plus précaires et les moins diplômés. Ils sont aussi les plus actifs dans le mouvement et les plus défiants envers les élites politiques. Ils se déclarent peu ou pas intéressés par la politique, ne se retrouvent pas dans les catégories gauche-droite et ont davantage tendance à s'abstenir. Inversement, les « gilets jaunes » qui soutiennent un régime plus parlementaire constituent une fraction moins défavorisée et plus diplômée. Ils sont plus intéressés par la politique, avec un tropisme de gauche. Enfin, l'option d'un gouvernement des experts est portée par des « gilets jaunes » moins défavorisés mais néanmoins peu intéressés par la politique et moins investis dans le mouvement. Beaucoup ont voté pour un parti de gouvernement en 2017, et présentent un léger tropisme de droite.
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https://www.lemonde.fr/idees/articl [...] _3232.html
Ensuite, j'ai lu l'enquête d'OBSOCO.
Bonne manipulation de LCI et de Gottorp. Sur les revendications, ce n'est pas l'approbation par mesure, mais celles qui tiennent le plus à cœur. Alors bien évidemment que les gens répondent : L’augmentation du pouvoir d’achat ; La baisse de la rémunération des élus et des haut fonctionnaires d’Etat ; La réduction des taxes sur les carburants . La première et la dernière touchent directement à la situation personnelle.
La baisse de la rémunération ou encore la réduction du nombre d'élus est également l'une des conséquences les plus visibles de la défiance vis-à-vis des institutions représentées par ces derniers. Mais j'ai l'impression qu'on traire simplement de "cause à effet" plus que de mesure. C'est aussi sujet à des biais médiatiques notamment. Les élus sont vus comme corrompus, on se tape whatmille articles de Mediapart, du Monde, des plaintes d'anticor... donc la réaction la plus simple est qu'il faut en diminuer le nombre et mieux les contrôler.
C'est comme pour la baisse de la dépense publique (qui n'est pas mentionnée ici): les gens veulent plus de services publics, une meilleure redistribution (et donc moins d'impôts pour les classes pop et moyennes mais + pour les riches) mais moins de dépense publique. Pourquoi cette incohérence ? Parce qu'autant les taxes et les services publics représentent du concret car ils vivent avec au quotidien et donc ils savent ce qu'il en est et en découle... autant la dépense publique est plus présente dans les médias et ne se ressent pas à proprement parler, car elle est abstraite et technique. Elle est liée à des éléments négatifs (comme la dette, déficit) dans le discours dominant dû à la surreprésentation d'économistes orthodoxes sur les plateaux, mais rarement directement aux services publiques et à la redistribution. Si on parlait d'austérité à la place de réduction des dépenses publiques, je pense que la réponse serait différente.
Mais cette enquête présente des biais, qu'elle expose directement via dès la première page (notamment sur le rapport qu'entretiennent les sondés avec les nouvelles technologies) :
Citation :

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Aussi, on ne sait pas si elle a été faites directement sur les lieux virtuels où se concentrent les GJ et qui servent d'agora et de coordination (groupes FB "La France En colère" ; "Gilet jaune" ; ect...) ou par une campagne par email.
Autant je la trouve assez précise et intéressante sur la consommation, autant sur les questions politiques, elle est beaucoup moins claire que d'autres enquêtes et sondages faits jusqu'à maintenant (et après).
Genre sur LCI quelques jours avant on avait ça :
SONDAGE LCI - 73% des Français favorables au référendum d'initiative citoyenne
Citation :

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https://www.lci.fr/politique/sondag [...] 10687.html
Donc...
Citation :
La méfiance et le dégoût qui caractérisent le rapport à la politique et le rejet frontal de responsables politiques discrédités se nourrissent mutuellement. Néanmoins, l'attachement à la démocratie est resté clair et solide pendant cette décennie écoulée. Le vote est considéré comme le moyen le plus efficace d'expression pour les citoyens. Des dysfonctionnements de la démocratie nait la défiance politique qui définit la décennie passée.
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http://www.sciencespo.fr/cevipof/s [...] L_2019.pdf
Citation :
En conclusion, les données du Baromètre des Territoires révèlent que les opinions des « gilets jaunes » ne sont ni « atypiques », ni spécifiques par rapport au regard qu’une majorité de Français porte aujourd’hui sur notre société, ses injustices et son incapacité à garantir la promesse républicaine d’égalité et d’ascenseur social.
Ils font cependant partie des Français qui vivent le plus violemment la crise du pouvoir d’achat et expriment avec le plus d’intensité le sentiment d’injustice. Ce double phénomène percute de plein fouet leur vie quotidienne et dégrade ce bonheur personnel qui résiste à la crise chez une majorité de nos concitoyens.
Si la France est en morceaux, ces quatre segments (Affranchis, Enracinés, Assignés, et Sur le fil) ne sont pas des vases hermétiquement clos. Le Baromètre des territoires permet de confirmer que les « gilets jaunes » ne sont que la partie la plus visible d’une souffrance sociale qui traverse désormais de larges pans de notre société et mine à la fois la confiance dans l’avenir et dans l’efficacité du système politique.
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[/quote]
https://elabe.fr/wp-content/uploads [...] _20-03.pdf
[b]
Toutes les enquêtes démontrent qu'une des causes de la défiance envers les institutions est le manque d'implication citoyenne. Ces enquêtes disent aussi que les GJ partagent bon nombre de préoccupations et de solutions avec les français. Du coup, dur de trouver ce sondage intéressant sur cette question, vu qu'il ne traite pas des causes et aborde cette partie assez rapidement au final, plus dans une optique d'obtenir une réaction, tout en produisant des réponses qui sont parfois incompatible avec les autres instituts (en dehors du taux de confiance accordé aux entreprises qui rejoint l'analyse des précédentes enquêtes). Ils auraient peut être dû séparer la question sociale de la question démocratique au lieu de les mélanger, car l'une des raisons qui a poussé les GJ à aller dans la rue est le fait que les institutions sont fermées et qu'ils ne pouvaient pas débattre et trouver un moyen d'avoir des réponses à leurs demandes. Forcément du coup que les questions sociales se trouvent en haut, vu que la démocratie doit leur permettre d'exécuter leurs demandes (d'où aussi ma remarque à Ernestor que les crises institutionnelles sont particulièrement marquées lors des périodes de crises sociales). C'est logique.
C'est peut être à cause de la volonté de hiérarchiser des choses différentes qui amène à des biais lors de l'exposé qui peut en être fait. LCI qui commet une erreur d’interprétation dans le cas présent (entre les graphiques et camemberts bidons et les questions reformulées, quel plaisir ces chaînes d'infos pas ne sont capables de payer des graphistes compétents). ---------------
Bloqué par Végétarien Garçon
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