fougnac a écrit :
Bon. çà me déchire en quatre mais par honnêteté je dois avouer un truc.
Pour affirmer (comme je le fais depuis une soixantaine de page) que les races n'existent pas, je me fondais sur des études génétiques du professeur Lewontin, et les conclusions suivantes : Les différences génétiques entre un Africain et un Européen choisis au hasard sont du même ordre que les différences génétiques entre deux Européens choisis au hasard. La popularité du concept de race, affirme le professeur Lewontin, est une indication « de la puissance dune idéologie essentiellement économique et sociale»
Tout le monde était daccord, semble-t-il. Dans Nature Genetics, la revue de génétique
la plus prestigieuse dans le monde, on lisait en 2000 et 2001 :
Que la race dans ce contexte nest pas un terme scientifique est admis généralement
par des scientifiques et cest un message quon ne répétera jamais assez. (2000).
Longtemps, les scientifiques ont dit quau niveau génétique il y avait plus de
variation entre deux individus de la même population quentre des populations
différentes, et quil ny a pas de fondement biologique de la race. (2001) |
Je me tenais à çà. Je ne suis pas généticien, je me suis pas tenu au courant et là en fait çà se corse. Je vais ptet aller débaucher quelqu'un du topic ad hoc
Bon çà donne çà :
La communauté scientifique, toujours généreuse,
toujours anti-raciste, a voulu que Lewontin aie raison, et ne sest pas interrogé sur son
raisonnement depuis trente ans.
Lewontin a considéré la fréquence des gènes pris un par un, comme sils étaient
indépendants. Mais les races traditionnelles sont toujours identifiées par un groupe de
caractéristiques liées. Rappelons Le grand Robert : « Groupe ethnique qui se différencie des
autres par un ensemble de caractères héréditaires (couleur de la peau, forme de la tête,
proportion des groupes sanguins, etc.) ». Si lon compare les individus du point de vue dun
réseau de gènes coordonnés (par exemple les gènes qui déterminent la pigmentation de la
peau, des cheveux, la forme du crâne, les lèvres, la forme des yeux) les races traditionnelles
présentent des différences assez nettes du point de vue génétique.
En 2002, des chercheurs californiens ont fait une expérience. Ils ont programmé un
ordinateur pour classer les données génétiques en un petit nombre de groupes. Les
ordinateurs étaient « daltoniens » aveugles à la couleur, indifférents à la forme du crâne,
etc. Leur échantillon consistait en mille individus de 52 régions du monde. Le programme de
lordinateur a produit six classes, dont cinq correspondent très bien aux cinq races
traditionnelles17 les même races que François Bernier, sans les Lapons, mais avec les
habitants des Amériques distingués des Indo-européens. Bref, les races « géographiques ».
Une bonne confirmation, peut-être, du naturalisme modeste de John Stuart Mill. Pourquoi
cette recherche ? Pour rétablir le racisme ? Non, dans une perspective épidémiologique. |
Mais cette vision n'est pas complète, s'il n'est précisé :
En dehors de ces objectifs
épidémiologiques, ce fait concernant le classement est simplement une curiosité sans
signification. Cest peut-être un fait dangereux, parce que certains pourraient en faire un
usage raciste illégitime. Il ne justifie pas les discriminations raciales. Il nimplique pas que les
attributs moraux ou intellectuels diffèreraient entre les races. Cest un fait géographique :
lisolement des populations dans des parties séparées de la terre a produit des différences
superficielles, exactement comme les populations de fringillidés que Darwin a observées dans
larchipel des Galápagos, et dont les caractéristiques ont divergé parce qu'elles étaient isolées
du point de vue reproductif, du fait quelles vivaient sur des îles différentes. Charles Darwin
lui-même attribue les différences entre les races à la sélection sexuelle, qui vaut pour toutes
les espèces animales18. À notre connaissance, la sélection sexuelle repose surtout sur les
attributs visuels du mâle de lespèce. La femelle préfère les plus beaux. Le cas le plus connu
est celui du paon. Ce qui est beau dépend dune histoire à la fois culturelle et physiologique.
Les croisements entre populations de régions différentes atténuent les distinctions
génétiques et les font disparaître à terme. Prenons une étude génétique faite au Brésil19. La
population de ce pays est le produit de croisements raciaux qui se sont poursuivis pendant des
siècles. Il y a un indice génétique qui distingue parfaitement les Portugais (vivant
actuellement à Lisbonne) des Africains (vivant actuellement au Sénégal). Mais pour les
Brésiliens qui se classent comme Blancs, Noirs, ou intermédiaires, cet indice ne peut faire
aucune distinction : Les Blancs des villes sont aussi « intermédiaires », génétiquement, que
les Noirs de la campagne. Le Brésil confirme les inquiétudes les plus graves de Joseph de
Gobineau : oui, les empires mélangent les races. |
Vous aurez noté le "sans signification" : ne pas tirer de cette vérité scientifique des jugements moraux. Comme il est dit : la reproduction se fait par sélection naturelle, non dictée par un choix de conservation de race (comme pour les chiens et les chevaux : argument piteux que de comparer l'homme aux chiens)
Bref, c'est pas si tranché que je l'avouais. Je le reconnais et je demande pardon pour mon inculture. (en même temps c'est pas avec des arguments : les juifs aiment l'argent, les noirs courent vite que vous alliez me faire changer d'avis. D'ailleurs je ne change pas d'avis sur le fond.)
Pseudoman, toutes mes excuses.
edit : source : http://www.college-de-france.fr/me [...] ours_6.pdf
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