Salut Baragor
Facile pour toi, qui as l'habitude, mille fois plus difficile pour d'autres. (ô combien nombreux)
Il n'y a aucune condition dans ce que je lis, et je peux lire des textes mille fois plus torturés que ceux de Youna.
Pour te répondre exactement, Baragor : oui, c'est compliqué d'écrire correctement (comme tu le dis si fort
)
Pour plein de raisons : problème de mémoire, problème de dyslexie, naître aveugle... en ce qui concerne les simples problèmes physiques...
Et le pire de tous, car le plus commun : avoir de mauvais profs qui ne te motivent pas, qui n'expliquent pas, qui ne savent pas transmettre leur savoir.
J'en ai eu mon compte de mauvais profs de français, qui se soustrayaient à l'explication par un : mal dit, style lourd, etc.
Et tout ça pourquoi ?
Parce qu'ils étaient incapables d'écrire mieux. De dire, en mieux, ce que j'avais si mal écrit.
Et pourtant, c'était à leur portée, puisque mon style était vraiment pachydermique. Mais pas un seul ne s'est penché sur l'exemple qui m'aurait permis de comprendre "où" ça clochait, et pourquoi ça clochait.
Oui, je fonctionne à l'exemple.
Et c'est ce que je donne à d'autres : des exemples.
Des exemples sans la complexité du vocabulaire (universitaire). Un vocabulaire qui n'a souvent aucun sens, style "subordonné circonstanciel de lieu", pour les élèves de collège qui apprennent la langue. Un vocabulaire totalement inadapté à l'âge des élèves, puisqu'il descend d'un milieu universitaire, et aurait dû y rester.
Je reviens maintenant sur
Citation :
Tant que tu n'auras pas compris ça, tu peux oublier l'écriture (pour le moment, pour te consacrer à la révision des règles basiques du français et, surtout, à la lecture d'autres livres).
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C'est effectivement ce que nous apprend l'école.
Attends de savoir pour pratiquer.
C'est exactement demander à un bébé de ne pas marcher tant qu'il n'aura pas compris comment on marche.
Autrement dit, c'est tout le contraire d'une vraie démarche d'apprentissage.
Apprendre, c'est se casser la gueule. Encore. Et encore. Et encore. Et encore. Jusqu'à pouvoir marcher.
Ecrire, c'est écrire. Réécrire. Encore. Et encore. Et encore.
A force, les fautes, l'équilibre du texte, tout disparaît dans le vent de la course, dans le souffle des mots.
Mais faire croire à quiconque, qu'il est possible d'écrire en usant une grammaire jusqu'au bout de sa corne insipide, c'est le meilleur moyen de dégoûter celui qui veut écrire.
C'est se contenter du superficiel et oublier que l'important n'est pas la grammaire, ni l'orthographe (on trouve toujours des correcteurs pour ces problèmes techniques).
L'important c'est l'envie d'essayer.
L'important c'est d'enfourcher la monture des mots et de se lancer au galop.
Les premières peintures ne sont pas bonnes. Forcément : personne ne naît génie.
Tout le monde doit travailler pour y arriver.
(Que les Français pour se croire des génies en littérature, les américains apprennent à écrire les histoires... et quand on lit la vie des auteurs français, on se rend compte qu'ils apprennent aussi. Derrière chaque grand auteur, il y a une personne qui commente, une personne qui oblige l'auteur à se remettre en question, qui oblige l'auteur à affûter son style.
Soit l'éditeur, la femme, l'ami, d'autres auteurs du groupe, etc.
Toujours quelqu'un. Car on écrit toujours pour quelqu'un.)
Bref, ce qui tue la scolarité de nos jours, c'est que le moule "Education Nationale" nous fait croire qu'il faut tout connaître pour se lancer.
Mais qui connaît tout le Kamasutra avant de faire l'amour ?
(et je ne parle pas que des règles sexuelles, hein !
. Le Kamasutra c'est tout un livre du "comment recevoir un hôte de marque", jusqu'à lui offrir sa propre femme pour passer la nuit, parce qu'il y va de l'honneur de la maison qui invite, et donc de l'honneur de celui qui reçoit.)
La grammaire, c'est le Kamasutra de la langue.
Si on attend de le connaître par coeur, sans jamais pratiquer, on sera trop vieux pour faire l'amour.
Et si on oublie toutes les petites attentions qui entretiennent l'amour pour se concentrer sur le seul sexe, on passera à côté de 80-90 % de ce que représente une vie en couple, de l'amour qui dure... et on se prépare bien du malheur lorsque le sexe vient à faire défaut.
C'est comme l'auteur a succès qui est incapable de se remettre d'un échec (momentané), oubliant toutes les difficultés qu'il a dû franchir pour terminer ses premiers livres.
Alors Youna, tu peux oublier ces conseils que l'on vient de te donner.
Relire la grammaire, le Bescherelle ou tous ses autres confrères, ça ne t'apportera rien pour l'instant.
Lis plutôt d'autres livres, et inspire-toi de ce qui est écrit dans les livres que tu aimes.
Tu y feras une moisson de vocabulaire, et tu t'ouvriras beaucoup de portes.
Du genre : comment l'auteur d'Eragon fait-il pour écrire cette scène ?
Comment moi je l'aurais écrite ?
Dans l'écriture, copier n'est pas tricher.
Copier permet de comprendre comment ça marche.
Copier permet de comprendre en quoi on écrit différemment de l'autre.
Copier permet de comprendre ce qui manque dans sa propre façon de raconter et de compléter sa propre écriture.
Copier, tout le monde le fait : en musique, en peinture, dans tous les arts... sauf en littérature.
Sauf que, en réalité, on le fait tous. De manière indirecte, par nos lectures, par les films que l'on regarde... avant d'écrire nos propres histoires, avec toute cette magie qui nous a tant plu.
Et je connais un auteur qui recommande de recopier quelques lignes d'un bon auteur avant de se lancer dans l'écriture. Pour deux raisons.
D'abord on acquiert une certaine cadence d'écriture, une façon de faire.
Ensuite, parce que ça propulse le texte dans un certain sens de pensée.
Après, à la réécriture, ces phrases du bon auteur disparaîtront.
On retrouvera ses conseils ici (en un peu plus dense, une page à conserver quand on maîtrise un peu mieux son écriture)
http://sf.emse.fr/AUTHORS/JCDUNYACH/jcdecr.html
et ici (pour le formatage des textes)
http://www.galaxies-sf.com/auteurs [...] a931c608c0
On notera qu'il est dit :
"Il est inutile, et même nuisible, de sauter une ligne entre chaque paragraphe. Le saut d'une ligne vide ne sert qu'à indiquer un déplacement dans le temps ou dans l'espace entre deux scènes (on peut aussi employer des symboles graphiques ne souffrant aucune ambiguïté : astérisques, étoiles, dièses, etc.). Par contre, signalez le début de vos paragraphes par un léger alinéa."
C'est vrai avec le papier, c'est faux sur le Web comme le montre la mise en page des deux sites, où on saute une ligne vide après les paragraphes... pour aérer le texte.
Encore bavard, je m'interromps ici pour répondre à Youna.
Bien Amicalement
L'Amibe_R Nard