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Auteur Sujet :

Ecrire un livre : vos romans amateurs (Màj du 1er post)

n°35305254
Profil sup​primé
Posté le 15-08-2013 à 14:41:20  answer
 

Reprise du message précédent :
Heureusement qu'il y a le dernier paragraphe.  :sarcastic:

 

Objectivement bien écrit quoique très très banal ; bienvenu est ce retournement inattendu des dernières lignes.

 

En ce qui me concerne (et là c'est subjectif), raconter ses faits et gestes quotidiens dans le détail n'a que peu d'attrait, en cela que c'est du vu et re-re-re-vu. En outre, certains auteurs ont su faire montre de plus d'humour, de piquant. Tout cela laisse une impression de très plat (trop plat).

 

Mais, et c'est là qu'est l'intérêt de ton histoire, ce dernier paragraphe annonce des déboires et péripéties à venir. Donc finalement, on comprend le plat du début. On comprend qu'un type lambda va vivre une "aventure extraordinaire" dans sa morne existence.

 

Résultat : ensemble plutôt encourageant.  :)


Message édité par Profil supprimé le 15-08-2013 à 14:43:12
mood
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Posté le 15-08-2013 à 14:41:20  profilanswer
 

n°35305805
Laurence67
Posté le 15-08-2013 à 16:47:06  profilanswer
 

Personnellement je trouve que c'est un excellent début, et que la "platitude" de ce qui précède ne fait qu'augmenter le choc quand on lit le contenu de la lettre. Les digressions sur le lait de coco et sur le chemin qu'a parcouru la lettre entretiennent un certain suspens, parce qu'on se doute bien que la lettre est l'aspect le plus important, à mon avis c'est donc plutôt un plus. Le libellé de la lettre est bon aussi : on s'attend à ce que le destinataire soit appelé pour témoigner, ou pour une bricole, sûrement pas à de tels chefs d'accusation ! Et la dernière petite phrase est bien choquante aussi.
 
Bref, on a envie de savoir la suite, et c'est tout l'intérêt d'un début de roman !  :jap:


---------------
La Petite Librairie : critiques de romans
n°35306309
Profil sup​primé
Posté le 15-08-2013 à 18:19:53  answer
 

applecherry a écrit :

Merci de ton avis Kentuk, et de tes remarques que je trouve pertinentes.  
 
En effet, je conçois bien que ce ne soit pas très intéressant, et c'est vrai que j'ai du mal à écrire et à mettre des choses sensationnelles à chaque ligne (surtout que j'ai pas une imagination débordante :( ). Il me faut des moments "plus calmes", sinon je trouve que ça rend la lecture vite éprouvante. Bon, après si c'est chiant, c'est effectivement un problème :o  
 
Peut-être qu'il me manque une certaine virtuosité dans le style pour rendre les passages "plats" quand même intéressant à lire... parce que bon, quand même, ça peut pas être de l'action pendant tout le roman... Là ça commence effectivement sur la tranche de vie de quelqu'un d'ordinaire, et je me disais que ça durait pas suffisamment longtemps pour devenir chiant :o Bon mais c'est vrai que rapporté à la longueur de l'extrait, c'est une bonne majorité, donc ton commentaire me paraît justifié.
 
En tout cas un grand merci pour avoir pris le temps de lire et de commenter !  :)


 
Le début de ton texte est très bien et se justifie : la vie ordinaire du protagoniste. Alors il est évident que tu ne peux pas mettre de soucoupes volantes, de requins tigres, de capes et d'épées etc. L’évènement "déclencheur" arrive à point nommé : cette lettre doit faire basculer la vie de ton héros. C'est ce que l'on perçoit en tant que lecteur, et on a envie de connaître la suite, sans doute rocambolesque et abracadabrantesque. Néanmoins, comme tu l'as dit, si tu écris un livre, une nouvelle, tu comprends bien que tu ne pourras pas tenir une centaine de pages en racontant des évènements fades et ordinaires. On doit donc compter sur cette lettre à partir de laquelle sera tirée la trame du roman. Ce que le personnage a fait, pourquoi, comment ; ce qu'il advient de sa vie (va-t-il être condamné ?) etc. sont autant de points intéressants à développer. Le reste (ce matin, je me lève, je petit-déjeune, etc.) doit être, à mon sens, relégué au second plan et intermittent.


Message édité par Profil supprimé le 15-08-2013 à 18:21:02
n°35306969
k_raf
Totally nuts!
Posté le 15-08-2013 à 19:28:19  profilanswer
 

J'aime bien et ça me donne envie de lire la suite. L'apparente banalité de la vie du héros ne me dérange pas, ça donne une ambiance et on sent quelques infos distillées sur les personnages qui pourraient revenir dans le roman.

n°35307170
Merome
Chef des blorks
Posté le 15-08-2013 à 20:01:02  profilanswer
 

Je pense que la platitude des premiers paragraphes est exacerbée par le fait qu'on le lit en ligne. La tentation de jouer de la molette est trop grande. Dans un roman de plus de 300 pages, je m'en accommoderais mieux, je crois.
A lire sur le web, il n'y a que la dernière phrase qui me fait de l'effet.


---------------
Ceci n'est pas une démocratie
n°35307553
k_raf
Totally nuts!
Posté le 15-08-2013 à 21:09:06  profilanswer
 

Ça se dit "Rien qui n'explique..."? J'aurai écrit "Rien qui explique..."

n°35309491
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 16-08-2013 à 09:30:18  profilanswer
 

applecherry a écrit :


 
 Ta prose me fait parfois penser aux nouvelles de W.Allen (grosse référence je sais, mais j'aime bien  [:spamafote] ) et ma seule critique serait que c'est parfois un peu répétitif dans le style (comme Allen d'ailleurs). Chaque phrase étant très riche, je trouve que tes textes demandent beaucoup de concentration, mais manquent peut-être d'un fil directeur plus visible ou aguicheur pour nous donner l'envie de "s'accrocher". Voilà j'aurais au moins critiqué quelque chose.  
 


 
Moui, c'est comme les macarons, aussi chers qu'indigestes  :lol:  En tous cas bon résumé d'un certain suicide littéraire, et bonne vision du côté obscur de la farce. Allen, je l'aime aussi. Je te souhaite bon courage, tiens.
 
 Je comprend ce qui guide ton texte, trop court pour savoir ou tu veux réellement nous emmener. Je suis d'accord avec Laurence sur ce début. Et même, tant qu'à investir le quotidien d'un quidam, j'en rajouterai carrément sur le côté émotionnel. Une nana endormie, des fois c'est un Rubens, ouais. [:skity:4]

n°35311186
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 16-08-2013 à 13:19:31  profilanswer
 

Non, juste une formule idiote, mais c'est pas du tout intéressant. http://img4.hostingpics.net/pics/808465imageseeeeeeeeeeeee.jpg

n°35313127
baclette
Posté le 16-08-2013 à 17:33:53  profilanswer
 

Un détail, tu peux recevoir par courrier une convocation à te rendre au commissariat, mais certainement pas aux assises ! Tu comprends bien que peu de personnes se rendraient à une telle invitation !  


Message édité par baclette le 16-08-2013 à 17:36:09
n°35325676
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 18-08-2013 à 17:26:08  profilanswer
 

non, votre honneur, je pense qu'il faut un socle de vérité. Une fiction l'est avant tout par sa trame, le fameux pitch, mot de merde à la mode, mais  s'approprier un environnement d'une manière trop fantaisiste ne fera que déstabiliser le lecteur. Evidemment tout dépend bien du type de roman. J'ai eu par exemple des retours précieux en Fantazy sur le pas du cheval, galop pas galop, ect, par une lectrice experte, c'est très important, à mon avis, ce genre de détails. A mon humble avis.


Message édité par talbazar le 18-08-2013 à 17:26:45
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Posté le 18-08-2013 à 17:26:08  profilanswer
 

n°35332640
Kalymereau
This is not a method
Posté le 19-08-2013 à 12:25:49  profilanswer
 

[:rougesoie:3]


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n°35334183
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 19-08-2013 à 14:38:49  profilanswer
 

http://img4.hostingpics.net/pics/433398NewsStand130copie.jpg

 

Extrait numéro 12

 

En tant qu’infirmière, Gwendoline soignait de nombreux malades, surtout pour s’occuper. Ce qu’elle fit précisément en réajustant la prothèse de manche de la petite 27. Arrivée depuis huit semaines à la clinique pour un grave problème d‘anorexie, cette patiente devait avoir environs quinze ans, en plus de détenir un répertoire téléphonique complètement saturé. Le docteur Jason se pencha sur elle et lui demanda comment elle se sentait, lui s’en était déjà fait une petite idée, en se tenant le nez. Il en eu bientôt la raison.

 

– J’ai des nausées, docteur.

 

– Normal, tu es enceinte.

 

– De beaucoup ?

 

– Trois mois. Tu veux prévenir le père ?

 

– Je suis enceinte de beaucoup.

 

– Trois mois, crois-moi.

 

– Non, de beaucoup, il y a Léon, Enzo, Charlie, James, Xavier, mais je pense que c’est Mitch, c’était le plus beau coup, lui.

 

– Tu as un beau cou.

 

– Merci beaucoup.

 

Sans doute un peu jalouse, car cette déclaration lui déplut fortement, Gwendoline se retourna vers eux pour interpeller le doc :

 

– Docteur Jason, l’eau bout.

 

– Alors au boulot.

 

– Bon Elsa, prend cette bouillotte et touille cette tambouille, faut boulotter un peu.

 

– Non, ce matin j’ai la tête posée sur le billot, et puis je fait régime, car je suis trop boulotte. En plus j’ai un mauvais goût en bouche, contrairement à l’habitude, je ne peux rien avaler.

 

– Comme c’est ballot. Quand même, tu avoueras, tous ces mecs qui te touchent, c’est louche.

 

Elsa toucha en botte. Jason loucha sur sa motte en mattant sa glotte, puis il pris congé d’elle en accompagnant Gwendo vers la sortie. Ils se déplacèrent sous la pleine lumière blanche des néons, au milieu du couloir, tordant des fesses pour éviter courtoisement patients et collègues. L’infirmière abandonnait peu à peu cette spirale de violence qui l’avait un instant absorbée en écoutant les beaux discours tenus par Jason à cette jeune fille. Elle seule devait être la dépositaire logique de l’amour de Jason. Elle était heureuse parce qu’elle l’aimait. Elle avait une soif inextinguible de l’apprendre et de le découvrir, ne venait-elle pas justement avoir la confirmation que toute épreuve forge les certitudes ? Pourquoi ses rêves devaient-ils toujours tant se nourrir d’énigmes ? A ses côtés, le doc étalait sa splendeur et au tréfonds d’elle-même, Gwen y puisait tout ce qui lui manquait, à commencer par deux jours de vacances. Mue par une pulsion illuminatrice, elle osa lui en faire la demande. Bien qu’elle crut en mourir, elle désirait à présent le mettre à l’épreuve de son absence.

 

– Si vous voulez Gwendoline, nous saurons faire sans vous.

 

– Comme ça vous aurez tout le loisir de draguer la mignonette.

 

– Allons Gwendo, je n’ai jamais aimé les ambiances de cours de récré !

 

En vérité elle regrettait déjà ce défi qu’elle venait de se lancer, puisqu’elle allait ainsi se priver de la proximité de son patron. Le tout à sa propre demande, alors qu’il ne lui avait même pas jeté un regard, même suspicieux. Les portes s’ouvraient et se refermaient, bonjour, merci, au-revoir ; Jason déclinait chaque formule le sourire aux lèvres. Ils croisèrent le 203 qui faisait le pied de grue devant sa chambre, car embrumé par les fausses valeurs de l’amnésie, le pauvre se croyait pompier, obligé de veiller à la sécurité incendie. Gwendoline aurait certes donné cher pour qu’il éteigne les flammes de son cœur, car son âme était embrasée. Guidé par un esthétisme assumé, mais d’une audace inouïe, elle défit quelques boutons de sa blouse qui révélèrent ses cuisses, en continuant de marcher.


Message édité par talbazar le 19-08-2013 à 14:42:54
n°35337235
Profil sup​primé
Posté le 19-08-2013 à 18:33:10  answer
 

:hello: Vous souvenez-vous de mon étudiant qui avait raté son train ? (pour ceux qui l'ont lu) Eh bien, j'ai décidé de changer le ton du narrateur, prenant vos considérations en compte !  :sarcastic: Ne sachant où je vais, je me suis juste occupé des premiers paragraphes... Du coup, j'aimerais vraiment vos opinions en tant que lecteurs concernant cette ébauche. Je m'attends pas spécialement à ce que vous trouviez ça bon, pour tout dire c'est moyen (et un peu du n'importe quoi  :sarcastic: ), mais je voudrais savoir si un tel ton de la part du narrateur est intéressant, si je dois le développer ou autre. Vous en aurez un aperçu  :sarcastic:

 

******

 

06h20. Les cigales stridulaient, les oiseaux faisaient « piou-piou », les chiens aboyaient, les caravanes passaient, les chats à la vessie pleine se soulageaient et les coqs… (saoulaient). Bref, tout ça pour dire que les premières lueurs du jour étaient accompagnées de joyeuses sonorités estivales. Tout allait bien, il allait faire bon, c’était Cool ! Juin, soleil, été, piscine et bientôt VACANCES ! Y vamos a la playa ! Oh Yeah ! Fun ! Délire !

 

Enfin, François-Fabien-Léopold lui, il n’allait pas bien ce matin. Non, il n’était pas Cool ! (Ni Oh Yeah ! Ni Fun ! Ni Délire !). Pourquoi ? Ben… la veille au soir, un type lui avait fait rater son train… Comment ? Ben… le type en question… il s’était jeté sous… SOUS LE TRAIN ! Du coup, suppression de tous les trains pour des milliers d’usagers, parmi lesquels un jeune homme brun et maigrelet répondant au doux prénom de François-Fabien-Léopold ! Il fallait le voir le François-Fabien-Léopold sur le quai nocturne de la gare, il n'en menait pas large à l’annonce du pépin :

 

« Suite à un incident avec personne sur les voies, les trains sont suspendus blablablablablabla… »

 

« Seigneur ! Non d’un rhododendron poilu, ai-je bien entendu ? » se demandait l’adolescent. Et ouais ! Il avait bien entendu le bougre !

 

« Quel effroi ! Quelle infamie !  N’est-il pourtant pas aisé de trouver plus commode endroit où écourter sa vie ? Boucherie de chairs en dislocation, agitation vaine des secours, festival sentimental des riverains… C’est le spectacle affligeant et désespérant d’un grand égoïste ! », voilà ce que ressentait, un peu pompeusement, notre bon François-Fabien-Léopold au sujet du suicidé et des événements de la soirée.

 

Un peu plus tard : « PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! HMMM ! CON ! HMMMM ! BARAQUE A FRITTES ! TENU PAR DES PUTES ! AVEC DES MORCEAUX DE PATATES COINCEES DANS LE VAGIN !», voilà qui était plus direct. Il faut dire que François-Fabien-Léopold n’usait jamais beaucoup des gros mots, non. Comme le lui avait enseigné son père, « l’emploi de tournures populacières ou grossières n’est point digne des bonnes gens de notre rang car, mon fils, as-tu jamais ouï un Roi imiter les oies ?».

 

Une fois de retour chez lui, toujours aussi agacé, François-Fabien-Léopold dressait le bilan à son valet :

 

« Mon cher, voyez-vous, cet égocentrique à présent en morceaux, méritait finalement largement sa peine. Il me semble juste que, toute personne entravant délibérément la liberté d’autrui de manière aussi imprévue que détestable connaisse pareille fin, ce ne serait pas de trop et à la juste mesure, selon moi, des dégâts causés. Jamais je ne pardonnerai ni ne m’expliquerai que l’on puisse sciemment se rendre dans un lieu public pour accomplir tel dessein. Surtout, ce qui me dérange le plus c’est que j’ai raté mon train et que le pèlerin, s’étant pathétiquement donné en pâture, aurait très bien pu avaler un sachet plastique ou une dose de lessive pour espérer semblable conséquence, à la différence qu’il n’obligeait personne à être le témoin de son extravagant dérangement. Manifestement, la propension criminelle des réseaux ferrés n’est plus à démontrer. Vraiment, se jeter sous un train à son approche en gare dénote, au fond, un grand manque d’originalité… »

 

Il fallait le comprendre le jeune homme… Il avait dû se coucher très tard. Vers minuit quoi. Et là, il devait se réveiller très tôt, pour enfin prendre « son train ».
« Fichtre ! Bien que le jour se lève sous des augures hospitalières à l’insouciance et à la joie de vivre enfantées par cette chaude et néanmoins agréable période estivale, je suis on ne peut plus excédé par les éprouvantes dernières heures que ce court sommeil n’aura hélas pas suffi à me faire oublier », pensait l’adolescent alors qu’il enfilait ses chaussons de soie. En gros, François-Fabien-Léopold avait la rage. Il en avait plein le cul. Ces chiffres rouges, qui l’avaient violemment réveillé, affichant sans pitié 6:20… Et puis, qui aimerait se lever si tôt de son propre chef, hein ? QUI ? (à part les Koalas du Mont Eccles).

 


****

 

:sweat:  Je ne sais pas si c'est insultant pour le lecteur... Peut-être vais-je trop loin avec ce narrateur  :??: ? Est-ce (si) indigeste ?

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 19-08-2013 à 20:35:22
n°35339275
Merome
Chef des blorks
Posté le 19-08-2013 à 21:37:57  profilanswer
 

Une joyeuse nouvelle que je viens de poster chez Oniris pour voir si j'arrive à tirer une larme et forcer l'indulgence du comité de lecture :
 

Citation :


Quand mon père dégrafait son ceinturon
 
Quand mon père dégrafait son ceinturon, en rentrant du chantier, la soirée s'annonçait mal. Il susurrait quelques mots à ma mère et elle prenait un air contrit, celui qu'ont les gens qui se demandent ce qu'ils ont fait au bon Dieu pour mériter ça. Elle gardait le silence en préparant le souper, s'appliquant à découper chaque légume en morceaux minuscules.
 
Nul ne pouvait s'imaginer ce qui se passait. Lorsqu'il m'amenait à l'école, rarement, papa ne laissait rien paraître. Souriant et poli, il conversait avec les autres parents d'élèves en s'efforçant de donner le change. Parfois même, il donnait la pièce à un vagabond surgi de nulle part, croyant déceler dans les yeux du pauvre hère une misère urgente. La flamme qui s'allumait alors, dans ses yeux à lui, était sincère et réchauffait le cœur de tout celui qui pouvait capter son regard, et j'en étais.
 
Mais les soirs où mon père dégrafait son ceinturon, aucune étincelle ne brillait plus dans ses pupilles et c'est la froideur abrupte du silence qui envahissait la maison. Par naïveté, sans doute, et parce que j'étais un enfant, je tentais de rassembler tout ce que le jour avait pu apporter comme nouvelles heureuses. Les bonnes notes ou les billes récoltées de l'école, l'éclosion surprise du rosier de la voisine ou la résurrection miraculeuse de mon vélo, rafistolé à coup de morceaux de chewing-gum et de ruban adhésif. Vaines tentatives auxquelles mon père ne répondait que par un demi-sourire, en m'invitant à quitter la pièce pour qu'il puisse rester seul avec maman.
 
Les lendemains, mes yeux rougis par le chagrin ont dû souvent engendrer les théories les plus folles sur le compte de notre famille. Le maître lui-même m'interrogeait savamment, avec son air de ne pas en avoir l'air. Je crois qu'il en discutait avec certains parents et même le maire. J'évitais de rapporter ces observations à mon père car elles n'auraient fait qu'empirer son sentiment de culpabilité.
Des fautes, pourtant, il en commettait peu. Mais la situation était telle que toute son énergie n'y suffisait plus.
 
Quand mon père dégrafait son ceinturon, nous savions qu'une fois de plus il ne mangerait pas pour que nous puissions le faire, il ne reviendrait qu'après le repas, la ceinture percée d'un trou supplémentaire et serrée autour de sa taille pour maintenir son vieux pantalon devenu trop grand et tromper la faim qui lui tenaillait le corps.

Message cité 3 fois
Message édité par Merome le 21-08-2013 à 08:30:24

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Ceci n'est pas une démocratie
n°35342804
k_raf
Totally nuts!
Posté le 20-08-2013 à 10:14:06  profilanswer
 

Merome a écrit :

Une joyeuse nouvelle que je viens de poster chez Oniris pour voir si j'arrive à tirer une larme et forcer l'indulgence du comité de lecture :
 


 
[:implosion du tibia]  
J'attendais bien un twist final, mais je ne voyais pas lequel. Bien amené.

n°35342899
k_raf
Totally nuts!
Posté le 20-08-2013 à 10:21:15  profilanswer
 


 
Je trouve ça compliqué à lire : les accumulations, les nombreuses marques de ponctuation, et notamment les points d'exclamation qui hachent les milieux de phrases et les points de suspension trop nombreux. Et je ne vois pas l'intérêt des passages en italiques (hors dialogues, s'entend), ni des mots en majuscules. Et plus curieux encore, le verbe "saoulaient" entre parenthèses.
Bref, je suis peut-être feignant mais ça me demande trop d'effort. Il faut chercher plus de fluidité, et donc de simplicité.

n°35344695
Profil sup​primé
Posté le 20-08-2013 à 12:23:47  answer
 

k_raf a écrit :


 
Je trouve ça compliqué à lire : les accumulations, les nombreuses marques de ponctuation, et notamment les points d'exclamation qui hachent les milieux de phrases et les points de suspension trop nombreux. Et je ne vois pas l'intérêt des passages en italiques (hors dialogues, s'entend), ni des mots en majuscules. Et plus curieux encore, le verbe "saoulaient" entre parenthèses.
Bref, je suis peut-être feignant mais ça me demande trop d'effort. Il faut chercher plus de fluidité, et donc de simplicité.


 :( Mais sur le principe, du narrateur "beauf" et peu "lumineux". Je vais donc atténuer la part de ce dernier. A la base, je voulais faire un récit du style "jacques le fataliste et son maître", où le narrateur apostrophe le lecteur. Bref, merci pour la lecture, aussi laborieuse soit-elle :sol:

n°35349326
Kalymereau
This is not a method
Posté le 20-08-2013 à 17:34:49  profilanswer
 

J'aime beaucoup Merome, bien écrit et chute inattendue [:implosion du tibia].
 
J'ai eu un doute sur la possibilité de "dégrafer son ceinturon", mais apparemment c'est une expression utilisée par Giraudoux... http://fr.wikisource.org/wiki/Page [...] o.djvu/246

Message cité 1 fois
Message édité par Kalymereau le 20-08-2013 à 17:34:59

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n°35349403
Kalymereau
This is not a method
Posté le 20-08-2013 à 17:41:35  profilanswer
 

Je m'y colle aussi, pour le fun et sans prétention. Un début de polar:
 

Citation :


   Bâtiment 180. La caresse de la main chaude sur sa fourrure soyeuse lui arrachait de petits gémissements de plaisir. Le chat ronronnait à en couvrir le bruit sourd de la ventilation de l'immense salle de laboratoire. Dans l'ombre, les formes compliquées d'appareils aux fonctions obscures, en phase d'essai ou de maintenance, semblaient surveiller l'animal lové sur les genoux de l'homme.
 
   L'odeur du saucisson fermier et de la tomme au lait cru le fit bondir. L'homme avait sorti un trésor de son sac. Quatre autres félins arrivèrent en courant. Le chat des genoux troqua son ronronnement contre un feulement féroce, et s'apprêta à défendre chèrement sa position stratégique.
 
   La diversité des pelages montrait la bonne santé génétique des chats peuplant ce gigantesque complexe de recherche. Du gris tigré en passant par le noir et le blanc purs, le chat des genoux avait lui une toison échappant aux adjectifs de couleur: sa teinte brune nuancée de beige variait selon la lumière. Le chat de Léonard de Vinci sans doute.
 
   Lorsque l'homme sortit son couteau et commença à trancher le saucisson, le chat s'approcha tellement qu'il en eut ses moustaches coupées par la lame parfaitement affûtée. Cela ne le dissuada pas de reprendre son ronronnement, en quémandant une rondelle de l'appétissante charcuterie.
 
   Ce fut une cacophonie de miaulements plaintifs. Habitués à se nourrir de déchets, qui se faisaient de plus en plus difficiles d'accès depuis que le tri sélectif s'était généralisé à l'ensemble du site, les chats peu nourris devenaient fous. Ils se grimpaient les uns sur les autres, essayant de déloger Léonard de son poste.
 
   L'éclairage froid des lampes de sécurité donnait un aspect lunaire au champ de bataille. Dans un coin par terre, à côté d'une pièce en matériau composite dont la silhouette lui ressemblait curieusement, un gros rat observait prudemment la scène. Peut-être lui aussi pourrait en tirer quelque butin.
 
   Quand l'acier décapita net Léonard, les ventilateurs reprirent leurs droits sonores. Le chat des genoux passa en silence de vie à trépas. Les autres (un cinquième matou les avait rejoints) n'eurent pas la témérité de vérifier s'ils avaient bien compris ce qu'il venait de se passer: ils détalèrent instantanément sous une énorme armoire métallique.
 
   L'homme poussa un soupir ; il lui faudrait encore plusieurs jours pour compléter son offrande. L'adrénaline qui suintait de sa peau confirmèrent ses intentions aux petits réfugiés de l'armoire.
 
   Même le rat fut obligé d'en convenir : cet homme-là était un monstre.


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n°35350443
BoraBora
Dilettante
Posté le 20-08-2013 à 19:35:19  profilanswer
 

applecherry a écrit :

Ça pose la question de la réalité et de la vraisemblance dans le roman.  
 
Je me demande fréquemment si tout doit-être plausible dans un bon roman.


A moins de donner dans l'ironie post-moderne, oui, tout doit être crédible. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout doit être réaliste. Le boulot de l'auteur de fiction, comme les prestidigitateurs ou les arnaqueurs, c'est justement de rendre crédible ce qui est irréaliste.
 
Tu peux jouer sur une multitude de détails réalistes pour faire avaler les parties extravagantes. C'est généralement ce que font les (bons) auteurs de polar : une solide documentation qui rend crédibles les éléments peu réalistes. Tu peux jouer aussi sur les codes. En polar, l'amateur qui vient aider la police est un élément totalement irréaliste. Néanmoins, c'est un élément codifié depuis Conan Doyle, donc ça ne choque (presque) personne. Evidemment, le problème avec les codes est que l'on peut facilement basculer dans le poncif. Et plus le genre est codifié, plus le risque est grand (cf la fantasy).
 
Dans le cas de ton texte, le problème de ta chute est qu'elle est totalement irréaliste, mais aussi totalement incroyable.  :o  Le type est accusé d'être l'un des plus dangereux serial killers de l'Histoire (53 meurtres, pas mal  :D ) et on lui envoie un courrier ?  :ouch: On verrait plutôt le GIGN, avec hélicos et tireurs d'élite. :whistle: Donc là, forcément, on décroche complètement et on se dit en gros "c'est quoi ce délire ?". Ca peut être l'effet recherché, note bien. Tout dépend de ce qui vient après. mais s'il n'y a pas d'explication rationnelle à un truc aussi énorme, ben... trop gros, passera pas.  :sweat:


---------------
Qui peut le moins peut le moins.
n°35351406
Merome
Chef des blorks
Posté le 20-08-2013 à 21:35:29  profilanswer
 

Kalymereau a écrit :

J'aime beaucoup Merome, bien écrit et chute inattendue [:implosion du tibia].


 
 :jap:  
 
Je suis en train de lire le premier bouquin d'une ex-collègue, qui comme moi se prend pour un écrivain. Bon, déjà la faute de frappe énorme sur la toute première page, ça m'a épaté ("Cpendant" ), et pour le reste, j'en suis à la moitié et c'est un peu chiant. Style inégal et platounet. Je crois bien que je suis objectivement meilleur qu'elle. C'est dire.
Par contre, elle a trouvé un éditeur local qui veut bien vendre son bouquin (le citron bleu). Je me demande si c'est un meilleur choix que le mien (lulu.com).  [:chriscool007]  


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Ceci n'est pas une démocratie
n°35351494
Merome
Chef des blorks
Posté le 20-08-2013 à 21:46:32  profilanswer
 

Je graisse ce qui me sonne étrangement aux oreilles :
 

Kalymereau a écrit :

Je m'y colle aussi, pour le fun et sans prétention. Un début de polar:
 
 

Citation :


   Bâtiment 180. La caresse de la main chaude sur sa fourrure soyeuse lui arrachait de petits gémissements de plaisir. Le chat ronronnait à en couvrir le bruit sourd de la ventilation de l'immense salle de laboratoire. Dans l'ombre, les formes compliquées d'appareils aux fonctions obscures, en phase d'essai ou de maintenance, semblaient surveiller l'animal lové sur les genoux de l'homme.
 
   L'odeur du saucisson fermier et de la tomme au lait cru le fit bondir. L'homme avait sorti un trésor de son sac. Quatre autres félins arrivèrent en courant. Le chat des genoux troqua son ronronnement contre un feulement féroce, et s'apprêta(it ?) à défendre chèrement sa position stratégique.
 
   La diversité des pelages montrait la bonne santé génétique (ah bon ?) des chats peuplant ce gigantesque complexe de recherche. Du gris tigré en passant par le noir et le blanc purs, le chat des genoux avait lui une toison échappant aux adjectifs de couleur: sa teinte brune nuancée de beige variait selon la lumière. Le chat de Léonard de Vinci sans doute.
 
   Lorsque l'homme sortit son couteau et commença à trancher le saucisson, le chat s'approcha tellement qu'il en eut ses moustaches coupées par la lame parfaitement affûtée. Cela ne le dissuada pas de reprendre son ronronnement, en quémandant une rondelle de l'appétissante charcuterie.
 
   Ce fut une cacophonie de miaulements plaintifs. Habitués à se nourrir de déchets, qui se faisaient de plus en plus difficiles d'accès depuis que le tri sélectif s'était généralisé à l'ensemble du site, les chats peu nourris devenaient fous. Ils se grimpaient les uns sur les autres, essayant de déloger Léonard de son poste.
 
   L'éclairage froid des lampes de sécurité donnait un aspect lunaire au champ de bataille. Dans un coin par terre, à côté d'une pièce en matériau composite dont la silhouette lui ressemblait curieusement, un gros rat observait prudemment la scène. Peut-être lui aussi pourrait en tirer quelque butin.
 
   Quand l'acier décapita net Léonard, les ventilateurs reprirent leurs droits sonores. Le chat des genoux passa en silence de vie à trépas. Les autres (un cinquième matou les avait rejoints) n'eurent pas la témérité de vérifier s'ils avaient bien compris ce qu'il venait de se passer: ils détalèrent instantanément sous une énorme armoire métallique.
 
   L'homme poussa un soupir ; il lui faudrait encore plusieurs jours pour compléter son offrande. L'adrénaline qui suintait de sa peau confirmèrent ses intentions aux petits réfugiés de l'armoire.
 
   Même le rat fut obligé d'en convenir : cet homme-là était un monstre.



 
Beaucoup de détails qui semblent inutiles (enfin, on n'a pas la suite). Tu vas te servir plus tard de la diversité génétique des chats ?
"Le chat des genoux", c'est Léonard, et c'est lui qui se fait zigouiller ? Parce que c'est pas clair en première lecture.


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Ceci n'est pas une démocratie
n°35352835
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 21-08-2013 à 00:03:12  profilanswer
 

Merome a écrit :

Une joyeuse nouvelle que je viens de poster chez Oniris pour voir si j'arrive à tirer une larme et forcer l'indulgence du comité de lecture :
 

Citation :


Quand mon père dégrafait son ceinturon



 
Alors, pour ma part je ne suis pas très fan, parce que :
 
1. C'est pas super crédible. Pourquoi est-ce que le père dégrafe son ceinturon le soir à la maison, en rentrant du chantier ? Et pas n'importe quand, seul ? Et puis un ceinturon ce n'est pas super long non plus. Même en supposant que le père avait de l'embonpoint au départ, il va percer quoi, 4, 5 trous au maximum. On ne perce pas deux trous à 1 cm l'un de l'autre, ça ne sert à rien. Et il ne va pas perdre un tour de taille d'une semaine à l'autre. Donc les fameux lendemains avec les yeux rougis, il y en a quoi, 4, 5 sur plusieurs mois. Suffisant pour alarmer le maître d'école ? Enfin, écrit comme ça, on n'a l'impression que sauter un repas = perdre une taille de pantalon, ce qui sonne bizarrement (en vrai ce serait plus graduel).
 
Je sais que j'ai l'air de chipoter, mais pour moi l'histoire du ceinturon est à moitié invraisemblable, et du coup le twist final perd beaucoup de sa force.
 
2. Quelques tournures dont je ne suis pas super fan, un peu lourdaudes, mais c'est personnel et puis c'est pas affreux non plus (la subordonnée avec le bon Dieu, l'air de ne pas en avoir l'air, et la phrase avec la flamme qui s'allume qui est à moitié incompréhensible, je ne sais pas si c'est parce que je suis fatigué ou parce qu'il manque des mots).


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J'aurais voulu être un businessman
n°35353102
BoraBora
Dilettante
Posté le 21-08-2013 à 01:13:59  profilanswer
 

Merome a écrit :

Par contre, elle a trouvé un éditeur local qui veut bien vendre son bouquin (le citron bleu). Je me demande si c'est un meilleur choix que le mien (lulu.com).  [:chriscool007]


D'après leur site, ils ont publié en 4 ans 9 auteurs pour un total de 16 livres. Donc c'est probablement de l'édition à compte d'éditeur (les éditeurs à compte d'auteur ont toujours un catalogue énorme puisque plus ils publient plus ils gagnent d'argent, sur le dos des auteurs). Et donc c'est a priori un meilleur choix que lulu qui n'est pas un éditeur mais un simple prestataire à destination des auteurs qui désirent s'auto-éditer. Après, font-ils bien leur boulot, je n'en ai aucune idée (d'où le prudent "a priori" ). Il vaut parfois mieux s'auto-éditer qu'être mal édité.
 
Chou Andy a raison : cette phrase est incompréhensible et sent les copier/coller malencontreux :

Citation :

La flamme qui s'allumait alors, dans ses yeux à lui, était sincère et réchauffait le cœur tout celui qui pouvait capter son regard, et j'en étais.

Message cité 1 fois
Message édité par BoraBora le 21-08-2013 à 01:22:08

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Qui peut le moins peut le moins.
n°35353502
Merome
Chef des blorks
Posté le 21-08-2013 à 08:29:58  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :


 
Alors, pour ma part je ne suis pas très fan, parce que :
 
1. C'est pas super crédible. Pourquoi est-ce que le père dégrafe son ceinturon le soir à la maison, en rentrant du chantier ? Et pas n'importe quand, seul ? Et puis un ceinturon ce n'est pas super long non plus. Même en supposant que le père avait de l'embonpoint au départ, il va percer quoi, 4, 5 trous au maximum. On ne perce pas deux trous à 1 cm l'un de l'autre, ça ne sert à rien. Et il ne va pas perdre un tour de taille d'une semaine à l'autre. Donc les fameux lendemains avec les yeux rougis, il y en a quoi, 4, 5 sur plusieurs mois. Suffisant pour alarmer le maître d'école ? Enfin, écrit comme ça, on n'a l'impression que sauter un repas = perdre une taille de pantalon, ce qui sonne bizarrement (en vrai ce serait plus graduel).
 
Je sais que j'ai l'air de chipoter, mais pour moi l'histoire du ceinturon est à moitié invraisemblable, et du coup le twist final perd beaucoup de sa force.


 
Il s'agit d'un acte symbolique qui n'a pu se produire qu'une ou deux fois mais que le gosse a retenu. Mais tu as raison : sauter un repas ne lui fait pas perdre une taille !
 

Chou Andy a écrit :


2. Quelques tournures dont je ne suis pas super fan, un peu lourdaudes, mais c'est personnel et puis c'est pas affreux non plus (la subordonnée avec le bon Dieu, l'air de ne pas en avoir l'air, et la phrase avec la flamme qui s'allume qui est à moitié incompréhensible, je ne sais pas si c'est parce que je suis fatigué ou parce qu'il manque des mots).


 
Ah oui, il manque un mot, merde :  
"La flamme qui s'allumait alors, dans ses yeux à lui, était sincère et réchauffait le cœur de tout celui qui pouvait capter son regard, et j'en étais."  
 
Bon, c'est peut-être guère mieux avec le mot en plus :)
 

BoraBora a écrit :


D'après leur site, ils ont publié en 4 ans 9 auteurs pour un total de 16 livres. Donc c'est probablement de l'édition à compte d'éditeur (les éditeurs à compte d'auteur ont toujours un catalogue énorme puisque plus ils publient plus ils gagnent d'argent, sur le dos des auteurs). Et donc c'est a priori un meilleur choix que lulu qui n'est pas un éditeur mais un simple prestataire à destination des auteurs qui désirent s'auto-éditer. Après, font-ils bien leur boulot, je n'en ai aucune idée (d'où le prudent "a priori" ). Il vaut parfois mieux s'auto-éditer qu'être mal édité.


 
Si j'ai bien vu, ils éditent particulièrement des romans qui se passent dans la région (Franche Comté), donc pas de regret, les miens ne sont pas régionaux.
 


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Ceci n'est pas une démocratie
n°35353648
BoraBora
Dilettante
Posté le 21-08-2013 à 09:00:42  profilanswer
 

Merome a écrit :


 
Ah oui, il manque un mot, merde :  
"La flamme qui s'allumait alors, dans ses yeux à lui, était sincère et réchauffait le cœur de tout celui qui pouvait capter son regard, et j'en étais."  
 
Bon, c'est peut-être guère mieux avec le mot en plus :)


Non, effectivement.  :D "tout celui" devrait être remplacé par "tous ceux".


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Qui peut le moins peut le moins.
n°35353904
Kalymereau
This is not a method
Posté le 21-08-2013 à 09:30:58  profilanswer
 

Merome a écrit :

Je graisse ce qui me sonne étrangement aux oreilles :
 


 :jap:  

Merome a écrit :


 
Beaucoup de détails qui semblent inutiles (enfin, on n'a pas la suite).


Pas faux, ouais :D
 

Merome a écrit :


 Tu vas te servir plus tard de la diversité génétique des chats ?


non, pas vraiment
 

Merome a écrit :


"Le chat des genoux", c'est Léonard, et c'est lui qui se fait zigouiller ? Parce que c'est pas clair en première lecture.


Oui. OK, faut revoir tout ça !


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n°35357059
Merome
Chef des blorks
Posté le 21-08-2013 à 13:41:03  profilanswer
 

BoraBora a écrit :


Non, effectivement.  :D "tout celui" devrait être remplacé par "tous ceux".


 
J'avais dans l'idée que "tout celui" était un synonyme de "quiconque"  :??:
 
Après recherche, ça n'est utilisé selon Google que dans la bible ou des proverbes à la con. C'est peut-être pas trop adapté ici...
 
Tout celui qui dit quelque chose au nom de celui qui l’a dit amène la délivrance au monde. Shénéemar
(...) une force de Dieu pour le salut de tout celui qui croit Saint Paul


Message édité par Merome le 21-08-2013 à 13:52:12

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Ceci n'est pas une démocratie
n°35359004
Kalymereau
This is not a method
Posté le 21-08-2013 à 15:45:52  profilanswer
 

Une autre version :)
 

Citation :


LOBA, bâtiment 180.  
 
Caresses. Fourrure. Gémissements de plaisir.
 
Ronronnements.  
 
Le chat ronronnait. Il ronronnait à en couvrir le bruit sourd de la ventilation de l'immense salle d'expérimentation. Dans l'ombre, les formes compliquées des pièces d'appareillage, en phase d'essai ou de maintenance, semblaient surveiller l'animal lové sur les genoux de l'homme.
 
Le chat faisait onduler fièrement sa toison, qui échappait aux adjectifs de couleur. Un chat peint par Léonard de Vinci, à la robe indéfinie, oscillant entre de multiples teintes brunes selon l'orientation de la lumière.
 
Saucisson fermier et tomme au lait cru. L'homme avait sorti un trésor de son sac. Léonard en avait des spasmes.
 
Quatre autres félins, du genre gouttière, arrivèrent en courant. Léonard troqua son ronronnement contre un feulement féroce, et s'apprêta à défendre sa position stratégique.
 
La quiétude nocturne du plus grand laboratoire de biologie moléculaire au monde.
 
L'homme sortit son couteau. Trancha le saucisson. Léonard s'approcha tellement qu'il en eut ses moustaches coupées par la lame affûtée. Cela ne l'empêcha pas de reprendre son ronronnement, et de quémander une rondelle de l'odorante charcuterie.
 
Miaulements plaintifs. Une cacophonie à la limite aiguë du supportable.  
 
Habitués à se nourrir de déchets, qui se faisaient de plus en plus difficiles d'accès depuis que le tri sélectif s'était généralisé à l'ensemble du site de recherche, les chats peu nourris devenaient fous. Se grimpaient les uns sur les autres. Essayaient de déloger Léonard de son poste.
 
L'éclairage froid des lampes de sécurité donnait un aspect lunaire au champ de bataille. Dans un coin par terre, à côté d'un objet en matériau composite dont la silhouette lui ressemblait curieusement, un gros rat observait prudemment la scène. Peut-être lui aussi pourrait en tirer quelque butin.
 
L'acier au carbone n'eut aucune difficulté à décapiter Léonard.  Le chat  mourut en silence. Les autres, qu'un cinquième matou avait rejoints, n'eurent pas la témérité de vérifier qu'ils avaient compris ce qu'il venait de se passer: ils détalèrent sous une massive armoire métallique. Immédiatement et sans un bruit. On n'entendait plus que les énormes ventilateurs.
 
Soupir. Il faudrait encore à l'homme plusieurs jours pour compléter son offrande. L'adrénaline qui suintait de sa peau confirmèrent ses intentions meurtrières aux petits réfugiés de l'armoire.
 
Même le rat fut obligé d'en convenir : cet homme-là était un prédateur.


 
 
(je tiens au coup de l'adrénaline: les animaux sentent les hormones :o )


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n°35359179
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 21-08-2013 à 15:56:52  profilanswer
 

écrit à la mi-Août ?

n°35359232
Kalymereau
This is not a method
Posté le 21-08-2013 à 16:01:05  profilanswer
 

applecherry a écrit :


 
Je préfère de loin cette version. Un petit souci pour moi néanmoins dans la répétition des deux premiers paragraphe : "le chat ronronnait" -> "le chat faisait"


 :jap:  
 

applecherry a écrit :


Par ailleurs, un acier est toujours au carbone, par définition (acier = alliage fer/carbone)  [:neriki]


 [:cerveau klem]  
 
Techniquement tu as raison (je viens de vérifier :o). Mais dans le monde des couteaux de poche, on distingue les lames en acier au carbone (qui rouillent mais coupent très bien) et les lames en acier inox (qui ne rouillent pas/peu, et qui coupent un peu moins bien selon certains puristes). Exemple chez Opinel.
 
/topic couteaux :o


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n°35359240
Profil sup​primé
Posté le 21-08-2013 à 16:02:11  answer
 

applecherry a écrit :

 

Je préfère de loin cette version. Un petit souci pour moi néanmoins dans la répétition des deux premiers paragraphe : "le chat ronronnait" -> "le chat faisait"

 

Par ailleurs, un acier est toujours au carbone, par définition (acier = alliage fer/carbone)  [:neriki]

 

on parle parfois d'acier au carbone (ou plus communément d'acier noir, ou même d'acier à ferrer les ânes quand on veut etre dédaigneux :o ) par opposition à l'acier inox, mais il est vrai ça reste un terme issu du domaine technique.

 

edit : ha ben grillé, mais c'est vrai aussi en chaudronnerie cela dit.


Message édité par Profil supprimé le 21-08-2013 à 16:03:35
n°35359287
Kalymereau
This is not a method
Posté le 21-08-2013 à 16:07:10  profilanswer
 

il faut que je trouve une utilité au chaudron  [:cerveau klem]


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rm -rf internet/
n°35360515
BoraBora
Dilettante
Posté le 21-08-2013 à 17:36:13  profilanswer
 

applecherry a écrit :

Du coup je vais peut-être laisser comme ça, mais faire s'étonner le personnage lui même de ce mode de contact. Rajouter par exemple en fin de paragraphe : "et depuis quand les tueurs en série sont contactés par courrier ?". On découvrira ensuite que ce n'était pas une lettre officielle... j'ai bon ?


Toutafé.  :jap:


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Qui peut le moins peut le moins.
n°35390024
Ensis
Posté le 24-08-2013 à 13:33:42  profilanswer
 

tiens je lis un blog d'écrivain depuis quelques temps, le dernier article pourrait intéresser quelques personnes ici ^^  
 
http://bureaudestyle.fr/pourquoi-devient-on-ecrivain/  
 
tout est dans le titre ^^

n°35433874
Kassad
Don't talk, shoot, shoot !
Posté le 28-08-2013 à 17:03:53  profilanswer
 

Ensis a écrit :

tiens je lis un blog d'écrivain depuis quelques temps, le dernier article pourrait intéresser quelques personnes ici ^^  
 
http://bureaudestyle.fr/pourquoi-devient-on-ecrivain/  
 
tout est dans le titre ^^


 
Pas mal l'article, à prendre avec des pincettes cependant. Il doit y avoir presque autant de réponses différentes que d’écrivain.
Je suis loin d'en être un, mais perso, j'aurais répondu naïvement : le plaisir de raconter une histoire.
quand j'écris, je tâche de me mettre à la place du lecteur, pour le surprendre, ou j'imagine ses réactions.

n°35520599
Merome
Chef des blorks
Posté le 05-09-2013 à 16:22:55  profilanswer
 

Merome a écrit :

Une joyeuse nouvelle que je viens de poster chez Oniris pour voir si j'arrive à tirer une larme et forcer l'indulgence du comité de lecture :
 

Citation :


Quand mon père dégrafait son ceinturon
 
Quand mon père dégrafait son ceinturon, en rentrant du chantier, la soirée s'annonçait mal. Il susurrait quelques mots à ma mère et elle prenait un air contrit, celui qu'ont les gens qui se demandent ce qu'ils ont fait au bon Dieu pour mériter ça. Elle gardait le silence en préparant le souper, s'appliquant à découper chaque légume en morceaux minuscules.
 
Nul ne pouvait s'imaginer ce qui se passait. Lorsqu'il m'amenait à l'école, rarement, papa ne laissait rien paraître. Souriant et poli, il conversait avec les autres parents d'élèves en s'efforçant de donner le change. Parfois même, il donnait la pièce à un vagabond surgi de nulle part, croyant déceler dans les yeux du pauvre hère une misère urgente. La flamme qui s'allumait alors, dans ses yeux à lui, était sincère et réchauffait le cœur de tout celui qui pouvait capter son regard, et j'en étais.
 
Mais les soirs où mon père dégrafait son ceinturon, aucune étincelle ne brillait plus dans ses pupilles et c'est la froideur abrupte du silence qui envahissait la maison. Par naïveté, sans doute, et parce que j'étais un enfant, je tentais de rassembler tout ce que le jour avait pu apporter comme nouvelles heureuses. Les bonnes notes ou les billes récoltées de l'école, l'éclosion surprise du rosier de la voisine ou la résurrection miraculeuse de mon vélo, rafistolé à coup de morceaux de chewing-gum et de ruban adhésif. Vaines tentatives auxquelles mon père ne répondait que par un demi-sourire, en m'invitant à quitter la pièce pour qu'il puisse rester seul avec maman.
 
Les lendemains, mes yeux rougis par le chagrin ont dû souvent engendrer les théories les plus folles sur le compte de notre famille. Le maître lui-même m'interrogeait savamment, avec son air de ne pas en avoir l'air. Je crois qu'il en discutait avec certains parents et même le maire. J'évitais de rapporter ces observations à mon père car elles n'auraient fait qu'empirer son sentiment de culpabilité.
Des fautes, pourtant, il en commettait peu. Mais la situation était telle que toute son énergie n'y suffisait plus.
 
Quand mon père dégrafait son ceinturon, nous savions qu'une fois de plus il ne mangerait pas pour que nous puissions le faire, il ne reviendrait qu'après le repas, la ceinture percée d'un trou supplémentaire et serrée autour de sa taille pour maintenir son vieux pantalon devenu trop grand et tromper la faim qui lui tenaillait le corps.



 
Je me réponds à moi-même : Oniris a accepté la nouvelle pour publication sur leur site  [:shay]  
Ils ont cependant fait la même remarque pour "tout celui", et je leur ai permis de corriger par "tous ceux".
 
C'est curieux, cette expression j'ai l'impression de l'avoir toujours utilisé (et d'avoir toujours eu tort de le faire). Je me demande où je suis allé la chercher.


Message édité par Merome le 05-09-2013 à 16:23:21

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Ceci n'est pas une démocratie
n°35529950
Grenouille​ Bleue
Batracien Azuré
Posté le 06-09-2013 à 13:36:50  profilanswer
 
n°35538498
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 07-09-2013 à 10:34:19  profilanswer
 

Pour le fun, piochées dans des chapitres différents de mon dernier parchemin, compilation de descriptions d'une cité lacustre, Aureum, dominée par une grande forteresse :
 
Aureum
 

  • La chaloupe ne fut pas longue à accoster la gigantesque capitale d’Ildarwan, sillonnée par un vaste réseau de canaux, tortueuses artères liquides grouillantes de vie. Aureum ne nécessitait aucun rempart, car pour le marin qui ne connaissait pas ces lieux, les eaux encombrées de récifs qui la bordaient constituaient un piège mortel, de nombreuses épaves gisaient dans ses parages pour en porter le témoignage douloureux. La cité lacustre formait une vision dantesque, enclave volée à la mer d’Anyg, entourée d’une haute ceinture de collines, capharnaüm de venelles inondées et de marchés flottants, sur lesquels une multitude de barques en tout genre convergeaient. Plusieurs millions de chênes, de châtaigniers et de genévriers avaient été abattus dans la forêt d’Obyn pour enfoncer dans les sédiments les pilotis qui soutenaient cette folie de bois et de pierre mêlés. Le lacis des ruelles aux ondulations anarchiques s’entrecoupait de ponts audacieux en équilibre fragile. Dans le dos de la cité aquatique, l’hautaine Terra Primera surgissait, retranchée derrière ses murailles et ses douves profondes qui cernaient le piton rocheux sur lequel le repaire de SOLEIL SECRET s’élevait. Un grand viaduc aux arches monumentales reliait Aureum à ce château lugubre, dont l’unique porte, toujours close, avait plus de dix mètres de haut. Au sommet du donjon, flottait le plus grand drapeau du Saint Office que Keneil avait jamais vu. Il sauta prestement sur les quais afin de débarquer.


  • Il lui fallut longer les môles tentaculaires où dormaient des drakkars, des galères, de lourds chalands mais aussi, plus nombreuses, de petites barques au mat unique comme celle qu’il venait d’emprunter. Un grand bateau portant le pavillon d’Ukbar, une feuille de chêne, transbordait sur les quais sa riche cargaison du vin réputé de cette province, mais aussi de lourds tonneaux de sel et d’alun. Sur un marché proche dans lequel Keneil s’enfonça, une cohue affairée discutait les prix en échangeant les victuailles. Les ruelles d’Aureum se trouvaient garnies, en longues files ininterrompues, par une foule aussi colorée que oisive, singulièrement inactive. Ces badauds désœuvrés au murmure incessant profitaient sans vergogne des impôts ponctionnés dans le reste de l’empire. La ville lacustre paraissait consciente de jouxter la toute puissante Terra-Primera, cette forteresse sacrée qui abritait dans ses murs le mystérieux SOLEIL SECRET. Les richesses affluaient sans discontinuer, sans que cette ville ait besoin de produire pour satisfaire ses appétits. Elle consommait beaucoup, étourdie par un luxe paresseux, évitant à la plupart de ses habitants de se mettre à l’ouvrage. Il existait bien sûr de nombreuses échoppes aux naïves enseignes peintes, mais l’on sentait qu’Aureum s’approvisionnait ailleurs. Les gros bateaux de charge circulant le long de la presqu’île ou mouillant dans le port l’attestaient avec ostentation. Les rues se bondaient de gens venus de toutes les provinces, mêlant dans leurs jacasseries le vieil Oberoy d’Anamaying au parlé moderne des autres cités, voir dans un dialecte populaire qu‘on appelait l‘Obey, spécifique d‘Ildarwan. Le Nayogue employé par les serviteurs, tous fils et filles de tribus originaires de l’Est d’Obyn, rugissait avec des sonorités encore plus fortes et noueuses que l’accent employé dans les provinces du Nord et de l’Ouest. Cette très vieille langue porterait à jamais dans la mémoire de Keneil, il le savait, le sceau brûlant d’Uriyeka. Aureum était le maillon-clé qui unifiait l’Obyrukbar sous l’étendard du Saint Office, car les Armoudiers y menaient une veille incessante, particulièrement active, puisque le grand inquisiteur Alkanor Sidris en était l‘unique monarque. La corruption régnait partout et les espions à la solde des inquisiteurs ne se comptaient plus, même si leur regard fuyant les trahissait presque toujours. Dans tous les nombreux et bruyants estaminets occupés jour et nuit, les oreilles d’Alkanor restaient grandes ouvertes, alors que les gibets d’Aureum se trouvaient être les plus tristement fournis d’Obyrukbar.


  • Si la pierre s’imposait sans partage sur les places, les rues, les ponts importants et les maisons les plus nobles, le bois dominait en maître absolu dans les autres constructions. Celles-là avaient été construites sans plan, sur un invraisemblable fouillis de pilotis, uniquement soucieuses d’échapper aux eaux omniprésentes. Une longue ruelle grimpait vers une haute tour circulaire, laquelle pointait vers le ciel quatre hautes fenêtres aux voûtes arrondies. Dans le réduit formé par son sommet, deux guetteurs ne sommeillaient jamais. Les nuées de mouettes perpétuellement juchées sur le toit de cet édifice incontournable menaient à longueur de jours une veille encore plus vigilante. Aucune arme n’était visible aux hanches des hommes et la paix du Saint Office exigeait, comme dans le reste de l’Obyrukbar, l’arbitrage de sa volonté unique ainsi que de ses lois. Keneil se mit en quête d’une auberge pour y passer la nuit, tout entier porté par la résolution de libérer Amélia. Il n’avait que peu d’espoir d‘y parvenir, pourtant ce projet fou mobilisait toutes ses pensées. Pour un natif d’Anamaying, l’Obey n’était pas difficile à comprendre. C’est dans ce patois local qu’un jeune homme lui indiqua le chemin d’une taverne proche, dont l’hôtelier lui louerait certainement une chambre pour un prix raisonnable. Il emprunta encore des escaliers dérobés menant à de secrets jardins, près du quartier des temples aux dômes dorés, dans lesquels brûlait en permanence un feu sacré. Il ne put s’empêcher d’admirer le luxe feutré des riches demeures aux frontons sculptés, et les quelques moulins à vent qui s’élevaient au-dessus des maisons aux tuiles chaulées. A genoux sur les terrasses en bois, des femmes lavaient leur linge dans les voies d‘eau, protégées du soleil par de larges ombrelles. Il parvint ainsi à l’auberge du Krakaten, dont l’enseigne colorée représentait le monstre maritime légendaire. A l’intérieur, la présence de deux Armoudiers attablés l’alarma, mais les moines avinés ne lui prêtèrent qu’une brève attention. La chambre était propre et le lit confortable. Il s’y allongea avec délice, une fois posé ses bagages sur la table bancale. Par la fenêtre sans rideaux, le soir flamboyant tombait sur la mer d’Anyg, effaçant le soleil rougeâtre au son des cloches du temple d’Armoud voisin, dont il apercevait une partie de la haute tour spiralée. Les frères invitaient fortement les jeunes nobles à venir écouter leurs sermons, car ils recrutaient en masse, afin de compenser les pertes massives subies dans les eaux d’Aoz.


  • Avant d’aller dormir, il décida de flâner dans la ville, histoire de mieux repérer les lieux. Il savait déjà que le grand aqueduc représentait le seul lien reliant Aureum à Terra Primera, comme le cordon ombilical du nouveau-né le fait à sa mère. Sa journée du lendemain serait consacrée à l’observation minutieuse de ce monument, qui fournissait la ville en eau douce, descendue par ce moyen d’une colline environnante. La nuit, la cité tournée vers la mer s’illuminait d’une myriade de lanternes, posées sur les balcons-cages en fonte et autres rambardes en fer forgé. Certains noctambules, ivres du vin d’Ukbar,  envahissaient les courettes à ciel ouvert, d’autres dormaient à même les quais près des pieux d’amarrage, entourés de gros rats surmulots effrontés. Des prostituées aguichaient les derniers passants, postées près des palissades où séchaient en nombre les écharpes des lourds filets de pêche. Le soir, il fallait se méfier des places trop tranquilles, où les voleurs en bandes résolues pouvaient surgir, défiant l’ordre des Armoudiers. Après l’avoir dépouillé de ses biens, ils se débarrassaient de leur victime étranglée d’un simple geste du pied, en poussant son cadavre au fond des eaux boueuses. Des moines-soldats passaient rapidement dans l’atmosphère crapuleuse des venelles, crochant à leur bras quelques intrigantes poudrées. Certaines riches façades mal éclairées perdaient la nuit de leur superbe, l’obscurité éteignant les fresques au souffle lyrique qui les recouvraient, affichant avec ostentation la fortune de leur propriétaire.


  • Puis il attrapa ses maigres bagages en les attachant noués dans son dos, sauta par la fenêtre et s’enfuit dans la ville, marchant rapidement en direction de l’aqueduc. Sans se donner la peine de réfléchir d’avantage, il pressait le pas, mais évitait de courir, pour ne pas se faire inutilement remarquer. Cependant, l’heure très tardive lui fit une heureuse alliée, et il ne croisa pas grand monde, avant d’arriver au pied du pont majestueux à double étage. A cet endroit précis, l’ouvrage plongeait dans la ville, et son ascension peu élevée était chose possible. Avisant une échelle posée contre le mur d’une cabane proche, il la plaça contre l’un des piliers, eut à grimper encore une corniche périlleuse, puis il enjamba un dernier remblai, avant de parcourir le dallage de l’aqueduc où l’eau coulait dans une large rigole creusée en son milieu, en résonnant ses gargouillis sous les voûtes cintrées.


  • A mesure qu’il montait ces arches remarquables, la vision nocturne d’Aureum qui s’offrit à Keneil était saisissante. Sous un vide impressionnant et grandiose, la masse sombre de la mer, éclairée chichement par la lune, encerclait la cité blottie à ses pieds, où brillaient encore quelques torches tardives. Posée à fleur d’eau, la ville n’était plus qu’une ombre inquiétante, tache sombre et silencieuse, d’où seule émergeait la haute tour de guet, plus élevée que les minarets des temples d‘Armoud. La flamme perpétuellement entretenue à son sommet servait d’ailleurs de phare, très utile aux marins.


 :hello:  
 
 
 
 

n°35544342
Penis_de_C​astor
Réincarnation du Christ
Posté le 08-09-2013 à 03:51:44  profilanswer
 

J'ai une petite question : Faut il beaucoup lire pour pouvoir bien écrire ?

n°35546233
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 08-09-2013 à 14:03:41  profilanswer
 

Ce n'est pas une petite question, et la réponse est oui. J'ajouterais en plus qu'il ne faut pas seulement se cantonner aux romans, parce qu'il existe plusieurs formes d'écriture.

Message cité 1 fois
Message édité par talbazar le 08-09-2013 à 14:04:06
mood
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Posté le   profilanswer
 

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