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Auteur Sujet :

Ecrire un livre : vos romans amateurs (Màj du 1er post)

n°33084089
yourtlh
Turbulent Indigo
Posté le 24-01-2013 à 19:49:41  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

talbazar a écrit :

yo, je suis vexé, ça serait pas un chouille péjoratif, cette affaire ?  :D


Pas du tout, je suis juste jaloux :o Chez moi, un jour à plus de 1000 motes est une victoire...

mood
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Posté le 24-01-2013 à 19:49:41  profilanswer
 

n°33093711
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 25-01-2013 à 15:46:16  profilanswer
 

ho mais je n'ai pas tant que ça de facilité, je bosse un peu, quand même, quand j'ai le temps !

 

n'empêche que j'ai une grave crise d'intrigue sur Chelsea, ça me fâche sévère. C'est comme une belle bagnole avec pas d'essence dans le réservoir, quoi. :sweat:

 

Chelsea chapitre 3-petite suite (en gros ça va tarder à niquer)

 

Le lendemain soir je l’emmenais au restaurant, elle opta pour un chinois, elle disait qu’elle tenait à me voir dans un cadre exotique. Personnellement je n’étais pas un fan de la soupe au dragon, mais peu m’importait, je m’offrais ainsi l’immense plaisir de voir Chelsea manger en s’aidant maladroitement de ses baguettes. Pour ma part, au risque de la décevoir, je préférais de loin ma bonne vieille fourchette. Chelsea s’était pointée chaussée de bottines blanches en croûte de cuir, dans un jupon de coton vert à dessin cachemire et une belle petite veste violette courte et cintrée, dont j’appréciai l’offrande du très large décolleté. Grâce à lui, le départ de ses deux petits seins nus jouait de leur rondeur, pour les laisser subrepticement  apparaître en partie à chaque mouvement de l’élégant revers du col, qui descendait très bas. J’en étais vivement excité. Cette coquine savait parfaitement ce qu’elle faisait, si sa poitrine n‘était pas forte, elle n‘était pas menue. Elle s’était tressé deux nattes à la va-vite qui lui donnaient un air de princesse comanche. Je n’en pouvais plus de la détailler. J’allais naïvement lui faire remarquer que je pouvais largement être son père, puis je me mordis les lèvres ; ce n’était pas des choses à dire à une orpheline. Je devinais en elle cette triste absence du père, et je me demandais si ce n’était pas cette raison pour laquelle elle disait ressentir du désir pour moi. Je n’allais pas plus loin dans ma tentative de psychanalyse éclair, trop heureux d’observer Chelsea attaquer son assiette épicée avec un appétit d’ogre. Là, assise en face de moi dans ce décor de carton-pâte rouge et or, tout près d’un énorme dragon de stuc dont la queue s’envolait en spirale en direction du plafond, elle seule avait l’air vraiment authentique.

 


Message édité par talbazar le 27-01-2013 à 13:00:44
n°33094544
baclette
Posté le 25-01-2013 à 16:36:29  profilanswer
 

Citation :

talbazar il avoue :
 
[...] un énorme dragon de stuc dont la queue s’envolait en spirale...

 :D  
 
A mon avis, ça va finir par un tour de brouette chinoise cette affaire, ou alors, le Mitch il va s'en mordre les ....doigts d'avoir loupé l'affaire du siècle !  :o  
 
Mais après ??  :ouch:  
 
c'est là qu'il faut qu'une rupture vienne surprendre le cours de la narration ! Cogite !  :jap:  
 
 

n°33094893
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 25-01-2013 à 17:05:34  profilanswer
 

pas question, ça nique d'abord, et après je vois. :non:

n°33108679
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 27-01-2013 à 12:57:33  profilanswer
 

Chelsea - chapitre trois, suite.

Après s’être tamponné la bouche délicatement avec sa serviette en papier, elle me jeta un œil malicieux :

 

– Une femme dans chaque port, comme le dit l’adage, tu as connu beaucoup de femmes, au cours de tes voyages ?

 

– Eh bien je dois reconnaître aux brésiliennes une passion pour l’amour qui n’est pas usurpée. Ce pays est tellement propice à la fête !

 

– Tu es bien certain que ce n’étaient pas des travelos ? Elle pouffa de rire.

 

– Il arrive forcément un moment où il faut s’en rendre compte ! On se tordis cette fois de concert. Elle attrapa son verre et le laissa un instant suspendu au-dessus de son assiette :

 

– Quand j’avais six ou sept ans, j’avais vu un reportage sur le carnaval de Rio, je croyais que toutes les femmes de là-bas s’habillaient ainsi tous les jours.

 

– Tu veux dire avec toute ces grandes plumes dans les fesses ?

 

– Ouais.

 

Notre bonne humeur secoua à nouveau la salle. A côté de nous, un couple d’anciens très sévères nous regarda à la dérobée, lui avait ridiculement placé sa serviette au col de son pull, et me fixa un instant avec un certain mépris. Chelsea reçu un appel, elle répondit brièvement :

 

– Je ne peux pas te parler là, je mange en ville. J’entendis lui répondre en sourdine la voix courroucée d’un jeune homme : « avec lui ? ». Elle écouta patiemment un moment son interlocuteur, puis elle rajouta en utilisant un ton ferme qui déterminait à lui seul une certaine forme de conclusion : tu me fais chier, Nico. Et puis elle éteignit son portable en le jetant sans ménagement sur la table.

 

– Il est vraiment d’une puérilité pathétique, mais c’est un brave mec.

 

– Tu lui as dit quoi ?

 

– Il te hait, mais ça je pense que c’est un peu normal, comment voudrais- tu qu’il comprenne ?

 

On termina de manger et sous l’insistance de Chelsea la conversation surfa sur le récit de quelques-unes de mes aventures. Elle absorba le tout en roulant de grands yeux et se gava littéralement de l’histoire de ma vie. L’énorme cargo qui s’élève furieusement des hautes vagues déchaînées comme un monstre d’acier, les balles qui ricochent en heurtant les containers, sur la mer turquoise à nouveau calmée, le cliquetis de sa propre culasse et le claquement saccadé des tirs. Le poids d’une arme qui n’égalera jamais sa puissance. Le temps de ma folle jeunesse où s’entremêlaient les combines dangereuses aux calculs les plus risqués. La jungle épaisse aussi verte qu‘étouffante, les serpents gigantesques, les araignées géantes et venimeuses, les ravines traîtresses, profondes et boueuses, où se récolte l’or, les hélicoptères de l’armée qui les survolent très bas ; un autre hélico, sous d‘autres cieux, qui s’écrase en fumant dans la campagne Libanaise avec tout ses occupants. Je précisais à Chelsea que le bruit détonnant d’un avion qui tombe, après avoir sifflé sa chute rapide, ne s’oublie jamais. Les atroces snipers, ailleurs encore, ces fumiers justes bons à dégommer les gosses au coin des rues ravagées, sous le soleil brûlant qui s’en fout royalement. Les patrouilles dangereuses, la foule déchaînée, l’essence enflammée et l’odeur épouvantable des chairs grillées. Les lamentables épaves formées par les cadavres humains et les véhicules pareillement calcinées. Les pneus qui éclatent au rythme des coups de feu, créant de toute pièce un concert délirant, une écœurante symphonie acharnée à sonoriser l‘enfer. Les chars ventrus qui se déplacent avec une rapidité extraordinaire, mais devant lesquels il faut à tout prix courir encore plus vite, ce qui n‘est pas possible. Les dégâts époustouflants d’un seul de leurs obus sur les façades délabrées. Les corps qui s’affalent brusquement. La peur irrépressible qui résulte de toutes ces horribles choses. Le battement de son cœur qui s’affole. Le cerveau qui s’alarme. L’action violente, pour résumer, qui sur l’instant semble tout guérir. J’ajoutais pour finir les longues semaines de prison au nord de l‘Afrique, à croupir de crainte, dévoré par les poux au fond des cachots moyenâgeux, je rajoutais sans pudeur les tortures infâmes de mes compagnons d’infortune, au milieu de la cour soigneusement chaulée. L’incrédulité de Chelsea glissait sans intervenir sous le moulin de mes confessions ininterrompues. Toutes cette choses qu’elle devait sans doute savoir, si elle espérait jamais me connaître vraiment. Le serveur arrêta mes élans et vint un moment s’inquiéter des desserts, je lui précisais poliment que j’allais me contenter pour ma part d’un café. Chelsea commanda une part de tarte. Notre serviteur portait sur la figure un sourire impeccable, cette impassible jovialité naturelle des asiatiques :

 

– Mes compliments, monsieur, votre fille est très jolie.

 

– Mademoiselle est très belle, c’est vrai, mais ce n’est pas ma fille. Le chinois fit une expression déconfite et pris un air gêné. Comme par magie, son sourire s’effaça. Il s’éloigna en donnant le sentiment d’avoir commis une faute impardonnable. Après le sérieux affecté lors de mes confidences, Chelsea eut cette fois l’air de beaucoup s’amuser. Curieusement, aucun de nous deux n’exprima la volonté d’épiloguer sur cet inévitable incident. Au café, il y eut un temps de silence, puis elle me regarda le sourire sur les lèvres :

 

– Je porte un ravissant string rose.

 

Les vieux qui nous jouxtaient faillirent s’étrangler. Après cet uppercut lâché non sans traîtrise, on se retrouva dans mon salon. En relevant lentement sa jupe je vérifiai la friponne véracité de son information. Mes doigts hésitaient et mes gestes avides voulaient tout connaître du moindre centimètre-carré de sa peau. Nous étions assaillis d’une fébrilité identique, je la voyais excitée et cela quintuplait mon désir. Je parcourais son corps, le mangeais, faisant glisser ses longs cheveux dénoués entre mes phalanges tremblantes, je ne pouvais croire que Chelsea s’offrait. Elle me désarmait tour à tour en me dévorant d’un regard de gamine démunie, lequel se plissait en une fraction de seconde d’une manière diabolique sous l’appel de son propre plaisir. J’oubliais totalement qui j’étais, dévoré par le besoin d’assouvir mon besoin de caresses, elle répondait elle-même avec une science qui me stupéfia. Son corps nu était d’une splendeur qui me laissa pantois. La petite toison brune de son sexe humidifié prouvait qu’elle en avait confié l’épilation à une professionnelle. J’arpentais en limier le doux velours de sa peau. Ses seins magnifiques pointaient délicieusement et mes mains lâchées comme une meute les trouvèrent d’une chaleur salutaire. J’en dévorais de la bouche les petits tétons durs comme le ferait un bébé affamé. Rassurée peut-être de le voir en franche érection, elle s’empara de mon sexe dressé et en joua d’une sentencieuse expertise. J’enlevais mon tee-shirt et là, subitement, Chelsea s’inquiéta tout à coup en voyant la crevasse et le disgracieux sillon qui labouraient mon épaule. Elle eut une petite moue qui m’alarma un peu. Je ne parvenais pas à percer le silence qui se fit, mais elle avança lentement la main pour la poser sur la cicatrice, dessinant avec l’ongle d’une longue caresse les petits plis de chair :

 

– Putain, ça a dû te faire très mal.

 

– Un peu ouais. J’en ai d’autres, tu sais.

 

 Elle s’employa à les découvrir une à une, non sans montrer une certaine fascination, parce qu’elle s’imaginait en même temps le contexte de leur apparition. L’excitation remonta en flèche et après quelques préliminaires renouvelés, n’en pouvant plus, je lui fis l’amour sans quitter une seule seconde ses yeux d’une noirceur fabuleuse. Mon corps était un peu trop lourd pour sa taille gracile. Elle m’appelait à venir en elle avec beaucoup de vigueur, en me massant le dos. Par moment, sous l’effet de mon agitation, elle me pinçait gentiment. Ses prunelles papillotèrent. J’allais en elle avec voracité. Je vis dans ses iris dévaler le fleuve de son plaisir, s’enfler, déborder sur quelques rives intimes, puis débouler enfin sur un long cri lâché sans retenue qui résonna longtemps au creux de mes oreilles. Chelsea dévoilait dans l’orgasme un masque étrangement douloureux, plissant le front sous le coup de quelque inquiétude, mais ce n’était qu’une trompeuse illusion, une étonnante similitude d’expression. J’étais comme assommé par mon bonheur de l’avoir possédée. Lorsque je me levais plus tard du lit pour nous servir un verre, saturé de bonheur, j’en fut pour longtemps chancelant de quiétude. Rarement j’avais été aussi comblé, Chelsea venait de faire de moi un homme parfaitement heureux. J’écoutais l’averse interminable de sa douche en sirotant tranquillement mon verre, et j’en aurai pour une fois pleuré, moi qui ne pleurais jamais, tant l’émotion joyeuse de l’avoir su à moi me dévorait le ventre.


Message édité par talbazar le 29-01-2013 à 16:29:38
n°33114755
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 28-01-2013 à 06:58:45  profilanswer
 

En forme à 6h 57, chelsea, chapitre 3, la petite fin.

 

Lorsque je la rejoignis dans la salle de bain, elle séchait ses cheveux qu’elle avait jeté par-dessus sa tête, penchée devant le lavabo. Je découvris sur sa nuque un coin inexploré, où poussait quelque départ de fines mèches soyeuses, et cela suffit à m’émouvoir. Elle était toujours nue. J’osais de caresser d’une main ses petites fesses fermes, non sans y mettre beaucoup de tendresse ; elle se retourna en souriant :

 

– Tu m’as fais jouir, Mitch.

 

Par jeu, elle se passa subitement une mèche sous le nez pour s’en faire une moustache, je souris à mon tour franchement de cette plaisante lubie.

 

– Peut-être que cela n’était pas gagné, à vrai dire.

 

– Mais non, je le savais bien. Elle m’enlaça en disant ces mots. Mon guerrier, je t’ai voulu dès que je t’ai vu, tu te rappelles, dans l’ascenseur ?

 

– Peut-être que ça bouleverse quand même un peu trop un certain ordre naturel des choses. Tu veux savoir ? Sonjoin m’a dit que j’étais trop vieux pour te baiser.

 

– Il a dit ça ce con là ? M’étonne pas de lui, depuis le temps qu’il me mate, il ne se gênerait pas lui. Si tu savais ce que Fanny raconte sur compte, il a des goûts, disons, bizarres. Il a bien de la chance qu’elle soit prête à tout.

 

– Arrête, je ne veux pas le savoir.

 

Elle passa sa culotte, sans l’intention de rajouter autre chose, puis elle m’accompagna au salon pour entamer son verre à son tour. Je savais maintenant pourquoi Chelsea m’avait agrippé l’âme au premier regard, j’y avait lu son désir sincère, quand bien même il ne cesserait jamais de m’étonner. Elle se massa machinalement le sein gauche, tout en lapant l’alcool :

 

– Oui, je préfère forcément les gars de mon age pour ça, mais toi c’est différent. Tu sais que pour les démographes, les trente ans qui nous séparent, ça fait juste une génération ? Mais j’en ai marre d’en parler, ce soir.

 

Je l’embrassais pour clore cette bouche que je ne me lassais pas d’admirer. Elle frissonna en me lissant les tempes que nous savions pertinemment être grises.

 

– Demain, je te présente ma tante Sophia, celle que je considère comme ma mère. Elle vit à présent avec Matteo, un homme d’affaires extrêmement riche, dans une grande maison située à l’écart de Paris. Napolitain, lui aussi. Elle sera ravie de te connaître, j’en suis certaine.

 

– Peut-être vaut-il mieux ne pas tout lui dire ?

 

– Si cela doit te gêner, d’accord. Nous restons des collègues de travail, après tout.

 



Message édité par talbazar le 29-01-2013 à 19:15:16
n°33135034
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 29-01-2013 à 19:06:33  profilanswer
 

Chelsea, chapitre 4-début, j'ai ma petite idée derrière la tête. Si ça gave et qu'il faut que j'arrête de poster, on a le droit de le dire, aussi.

 


CHAPITRE 4

 

En débarquant chez la tante Sophia, ou plus exactement chez son compagnon Matteo, j’entrais dans le temple du luxe. J’avais acheté une berline Allemande de bonne facture, mais en franchissant les hautes et lourdes grilles blanches bardées de caméras, je me donnais l’impression de conduire une vulgaire  brouette. Un jeune cerbère en costume noir nous toisa de l’autre côté en faisant à Chelsea un petit signe de la main. Il tenait un téléphone, parce que Chelsea venait de le prévenir de notre arrivée. Ce type est trop sportif pour n’être qu’un simple domestique, pensais-je en roulant lentement sur la longue allée gravillonnée impeccablement ratissée. Sans que je lui en fasse la demande, Chelsea répondit d’elle-même à mes silencieuses réflexions :

 

– C’est Antonio, mi-garde du corps, mi-gardien des lieux, Matteo est très vigilant sur sa sécurité et la nôtre, il est vraiment très riche, tu sais. En fait ils sont comme ça deux ou trois à se relayer dans le parc et la villa. Matteo les a fait venir d’Italie, il y tient beaucoup. Antonio fait uniquement office de vigile ici, mais Francesco est plutôt une sorte de secrétaire, il aide souvent Matteo dans ses affaires, surtout si celui-ci doit s’absenter, mais il est nettement plus vieux, aussi.

 

– Je suis impressionné, ta tante Sophia a de la chance de vivre dans un environnement aussi raffiné.

 

– Il faut dire que nous avons connu bien pire, toutes les deux. Elle travaillait dur pour pas grand chose, à l’époque où elle m’a recueilli. Il n’était pas prévu qu’elle remplace mes deux parents à elle toute seule. Sa rencontre avec Matteo a complètement bouleversé sa vie, tu penses bien, et la mienne également par la force des choses. D’ailleurs, ce n’est pas franchement mes histoires, mais celles de Sophia. J’en profite, c’est tout. La dolce vita, en gros, pourtant je tiens à travailler, je crois que c’est une question d’équilibre personnel. Nico ne sais rien de cette existence dorée, par exemple, je lui ai soigneusement caché cette partie de ma vie. Nous nous sommes contentés de mon appartement parisien, enfin, bon, s’il n’est pas tape-à-l’œil, ce n’est pas une mansarde non plus. Le pauvre Nico en a fait des yeux ronds, la première fois qu’il est rentré dedans. J’ai prétexté un héritage, il n‘a pas insisté.

 

– O alors je dois être honoré, dis-donc ! Enfin je n’ai pas à me plaindre de tes choix, parce que visiblement, je ne t’aurais probablement jamais connu si tu ne bossais pas à l‘agence. Tu es quelqu’un de très mature, Chelsea, tu ne cesses de m’étonner. Depuis combien de temps Sophia vit-elle avec son richissime ami ?

 

– Huit ans.

 

– Dans quoi travaille t-il ? ce lieu est vraiment extraordinaire, je suis épaté.

 

– L’import-export, il dirige plusieurs sociétés, en fait, mais je ne suis pas trop au courant de ces choses, à vrai dire, même si j’adore me vautrer l’été près de sa grande piscine ! Cette baraque n’est qu’une petite partie de son patrimoine, tu peux me croire, il possède même une île en Polynésie, j’y suis allé deux fois, mais je n’ai pas tant que ça aimé, je m’ennuyais grave, même. Elle pouffa de rire.

 

L’allée interminable se bordait d’une végétation luxuriante soigneusement entretenue. Le gravier crissait sous les roues et je maintenais une allure plutôt lente, histoire de me rassasier de cet  environnement agréable. De temps en temps je jetais un œil à Chelsea pour admirer son profil, et je me disais que tout cet extérieur privilégié lui faisait un cadre à sa suffisance.


Message édité par talbazar le 29-01-2013 à 19:45:04
n°33144861
baclette
Posté le 30-01-2013 à 14:47:23  profilanswer
 

[:raptor2x:2] Non, non, Talb, continue ! Perso, j'attends la suite avec grand intérêt. C'est bien écrit et ça se lit aisément.  :)  
 
(Du coup, j'ai déposé "Chapitre 4" et "Chapitre quatre" car c'est le titre des :
"Aventures décalées de Sauveur Aboudnerzian" qui reprennent doucettement  sur... Chapitre 4 :lol:    )

n°33160399
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 31-01-2013 à 16:48:16  profilanswer
 

ouais, ok, mais quelqu'un d'autre ?
Sinon c'est pas franchement jeu.[:m3e30:3]

n°33189371
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 03-02-2013 à 15:46:49  profilanswer
 

Chelsea-chapitre 4 fin.

 

Une fois longée l’immense piscine, la maison imposante se présenta devant nous. A ses pieds dormaient plusieurs voitures de très haute gamme et un énorme pick-up gris d‘importation US. A sa couleur plus qu’à ses formes, je m’amusais à reconnaître de suite une superbe et récente Ferrari. Je me garais à mon tour sur un signe de Chelsea devant la moderne bâtisse luxueuse d’au moins 300 mètres carrés, sur trois étages, couronnée d’un camaïeu impressionniste d’asters blancs et de dahlias écarlates. Je vis dans le rétroviseur arriver Antonio en scooter, mais, regardant droit devant lui, il continua sa course et nous dépassa rapidement en soulevant un nuage de poussière. Il était sans casque. Notre discussion portait toujours sur la relation qui liait Sophia à Matteo :

 

– Elle a tellement la crainte qu’il ne l’aime plus. Elle éprouve un tel besoin de son affection quelle se laisse souvent dominée par sa peur de l’abandon, mais c’est moins une question d’argent que le fait d’avoir vécu privée de l’amour des hommes autant d’années. Je mesure seulement aujourd’hui tout ce qu’elle m’a tellement donné. Heureusement, ils donnent vraiment l’impression de s’aimer vraiment, tous les deux. Malgré son fric, Matteo n’est pas un homme volage.

 

Juste avant d‘ouvrir la portière, Chelsea m’embrassa la joue sans crier gare et à travers mon pantalon, elle me crocha gentiment le pénis de ses doigts fins :

 

– J’ai hâte qu’on recommence, Mitch. J’en ai même très envie, là, tout de suite.

 

C’était tout Chelsea, ça. Ajouté à sa manière adolescente d’orner quelquefois ses phrases des pires jurons. Elle retira aussitôt sa main pour ne pas risquer de me mettre mal à l’aise, et nous fûmes mis en présence de Sophia, qui vint à notre rencontre dans le grand hall. La quarantaine épanouie, cette femme était prise avec élégance dans une robe légère en organdi rebrodé, d’un couturier célèbre, balançant à chaque mouvement de son long cou de belles boucles d’oreilles serties de rubis et d’émeraudes ; la tante de Chelsea affichait d’emblée une allure remarquable, d’un chic intemporel. Sans quitter mon regard, elle coiffa rapidement avec ses doigts bagués de volumineux cheveux noirs d’une heureuse brillance, puis elle répondit à mon sourire en découvrant des dents très blanches. Une jolie bombe italienne, me dis-je, cachant en permanence des yeux remarquables derrière de larges lunettes qui s’assombrissaient toutes seules au soleil. Chelsea se précipita pour l’embrasser tendrement et je devinais sans peine le lien fort qu‘elles partageaient. Je me sentis aussi jaugé par petites touches, d’une façon poliment discrète, dès que Sophia m’eut courtoisement serré la main :

 

– Ainsi vous êtes ce fameux photographe dont Chelsea ne tarit pas d’éloges ?

 

– Oui, nous avons une mission à faire ensemble. Il est prévu que nous partions pour Cuba très bientôt.

 

– En effet, elle m’a mise au courant. Vous avez l’air d’un homme solide, je ne suis pas mécontente qu’elle parte en votre compagnie, ce n’est encore qu’une enfant, vous savez.

 

– Je ferais tout mon possible pour veiller sur elle, soyez en certaine. Une fois de plus j’allais ajouter que je serai un père pour elle, et je me retint juste à temps.

 

Je me sentis toutefois un peu ébranlé sur le coup par sa remarque, puis je fus soulagé de suivre notre hôtesse vers un séjour lumineux, meublé de grands divans de cuir brun d’allure sobre. Ils donnaient par leur seule présence une agréable impression de confort à cette pièce aux larges baies vitrées. En voyant Sophia donner quelques ordres brefs à une soubrette soudainement apparue, je me fis une idée plus précise de cette femme de caractère, resplendissante, qui donnait l’impression de dévorer l’existence à pleine dents. Je l’estimais faire partie de ces femmes qui ne renoncent jamais à vouloir être parfaite dans la moindre de leur action envers autrui. A la voir aussi soucieuse de me rendre à l’aise pour un simple apéritif, je me disais qu’elle devait forcément mettre une ardeur louable dans chaque tâche qu’elle désirait entreprendre. Je m’enfonçais profondément dans la méridienne, Chelsea à mes côtés. Sur la table basse dépourvue d‘autre objet, gisait un exemplaire du quotidien « La Stampa ». Beaucoup d’éléments de la décoration, ainsi que le choix des couleurs à dominante pastel rappelaient d’ailleurs fortement l’Italie.

 

 En discutant plus avant avec Sophia, je découvris petit à petit son raffinement extrême, allié toutefois étonnement à une certaine désinvolture, une certaine liberté de pensée qui rappelait quelque chose de Chelsea, dont les deux partageaient par ailleurs physiquement de nombreux points communs. Sophia peignait sur son visage régulier un teint radieux, de celui que peut s’offrir une personne d’une grande aisance matérielle. Loin d’être superficielle, elle adoptait pourtant en permanence une démarche perpétuelle de séduction et semblait habitée d’une énergie à déplacer les montagnes. Nous discutâmes de choses et d’autres, d’une conversation allant de mes nombreux voyages à la photographie. Parce que je la frôlais à plusieurs reprises, je mourrai cependant d’envie de caresser la main de Chelsea posée près de la mienne. Je détaillais Sophia pendant qu’elle me parlait. Dans son genre, c’était une femme très désirable, charnelle, que l‘on sentait naturellement bienveillante aux choses de l‘amour. Une femme d’expérience, et bien que sa maturité soit toujours en beauté, elle ne possédait plus depuis longtemps la sympathique fraîcheur de Chelsea. Matteo s’annonça enfin, l’air décidé, et une fois sa bise faite à Chelsea il se pencha vers moi pour me tendre la main, avant de s‘asseoir à son tour.

 

L’homme avait sensiblement mon age, d’un type méditerranéen qu’il ne saurait nier. Une chemise blanche rehaussait subtilement le léger bronzage naturel de sa peau. Il me scruta sans en avoir l’air et je discernais immédiatement en lui une personne à fort caractère. Il collait bien au tempérament de Sophia. Cette dernière nous présenta en quelques mots :

 

– Voyez-vous Mitch, j’ai de la chance d’avoir un fiancé aussi merveilleux que Matteo, j’en suis follement amoureuse.

 

– Et totalement aimée, ma chère Sophia. Nous formons il est vrai un excellent tandem, ma tendre moitié, bien que l‘idée du mariage me répugne. Il l’a désigna du geste, car en bon italien il ponctuait toutes ses paroles en moulinant des mains. Si Sophia parlait un français d’une correction parfaite, Matteo employait cette langue en la martyrisant d’un très fort accent. Je levais les yeux comme si je validais le décor du séjour :

 

– Je suis vraiment impressionné par l’évidence de votre fortune. Je ne suis qu’un modeste photographe, vous savez. J’avais dis ça en prenant j’imagine un air de chien battu. Chelsea ajouta aussitôt :

 

– Un photographe hors-pair, d’ailleurs, ne minimise pas ton talent.

 

Matteo s’empara de son verre avec autorité. Quelque chose dans l’insistance de son regard me troublait, mais, trop pris par l’échange des civilités, je ne m’attardais pas à disséquer cette fugace et désagréable impression. Inconsciemment, toutefois, la solidité aussi apparente qu’intransigeante de Matteo me ramenait aux lointaines heures de danger. J’établissais avec cet homme une connivence secrète, sans vouloir me l’avouer vraiment. Je le savais en position d’affronter l’adversité sans crainte de prendre sa propre part de risque, et même de l‘avoir souvent fait. C’était pour le moins un grand patron, un chef, il en étalait à l’évidence toute les qualités. Lorsqu’il ouvrit la bouche, il fit reluire quelques couronnes en or en m’adressant la parole  :

 

– Mon père était un pauvre maçon, moi j’ai la chance de faire un boulot rémunérateur, je dirais même que les affaires prospèrent. Même étant enfant, je négociais tout au meilleur prix pour moi. J’ai très tôt compris que si les choses s’achètent, il est nettement plus profitable d’avoir à les vendre, pour peu que l’on sache s’octroyer la marge la plus juteuse, à condition de rester crédible.

 

Je subodorais que cet homme ne connaissait sans doute qu’une seule peur, celle de montrer ses failles aux autres. Il avait du se blinder émotionnellement dès son plus jeune age. Même si pour l’heure sa jovialité apparente le cachait bien, je pouvais l’imaginer devenir instantanément froid et lointain, et peu soucieux de l’inconfort des autres. J’avais illégalement creusé l’or Guyanais avec des types exactement dans son genre. Il se passa la main sur la nuque, je vis qu’il avait compensé la perte de ses cheveux par des implants coûteux. Cette coquetterie ne m’étonna pas, elle soulignait seulement la nécessité pour Matteo de soigner l’apparence de sa personne jusqu‘au moindre détail. Son téléphone sonna, il s’en empara en y jetant un coup d’œil rapide, mais il ne répondit pas. Il sembla un instant perdu dans ses pensées, puis il s’illumina d’un franc sourire qu’il dédia à Chelsea :

 

– Alors comme ça vous partez à Cuba ? J’ai moi-même de nombreux contacts professionnels en Amérique du Sud, vous savez, et je m‘y rend souvent. Enfin Cuba, non, je ne connais pas. Les communistes me fatiguent. J’espère que les moustiques ne vous feront pas trop de misère, ils vous perforent la couenne de part en part, là-bas, vous savez. Son rire puissant et communicatif résonna dans la pièce.

 

– J’ai déjà eu les honneurs de ces maudits bestiaux, c’est absolument vrai, et les traces qu’ils laissent de leurs piqûres sont grosses comme des poires. Ils m’ont eu à la lèvre, une fois, je n’ai pas pu parler correctement de la journée !

 

Je fis une mimique qui fit rire l’assemblée.

 

– Chelsea nous a dit que vous aviez beaucoup bourlingué, intervint Matteo. Tant mieux, je n’aimerai pas la savoir se balader toute seule dans ces coins là.

 

– C’est exactement ce que j’ai dis à Mitch, ajouta Sophia, en reposant son verre vide sur la table.

 

J’étais tout à coup sur des charbons ardents, j’espérais juste que Chelsea n’avait pas été trop bavarde. Celle-ci se leva pour accompagner Sophia dans une pièce attenante. Je restais seul avec Matteo, à parler de mes voyages, jouant les touristes sans être trop explicite, mais il était difficile de contrer l’intuition d’un homme tel que lui. Je vis passer devant les vitres un gros chien de race danoise qui s’éloigna rapidement en direction de la piscine, sur l‘invite d‘un homme que je n‘avais pas encore rencontré. Suivant mon regard, Matteo me toisa un moment en silence, puis il précisa :
– Francesco, mon secrétaire, qui vit avec nous. Le chien s’appelle Odin, il n’est méchant qu’avec les méchants ! Son rire tomba cette fois sans que je renchérisse. La richesse est un piège, vous savez, parce qu’elle vous isole tellement du monde que vous devez en permanence vous défendre de lui, au lieu d’en profiter en toute insouciance. Vous connaissez ce peintre ? Il désigna un des tableaux qui ornaient les murs, c’était un Renoir, et je le savais bien entendu authentique. Un petit Picasso, Dali, je faisais en silence l’inventaire de ce petit musée qu’étalait le séjour.

 

– Les choix de Sophia, je n’ai pas pour ma part le goût des œuvres d’art, mais celui des voitures, comme vous avez pu sans doute vous en rendre compte en arrivant. J’ai horreur de les coincer dans un garage, je me plais à les regarder par les fenêtres. Seule ma Mercedes de 1928 à le droit d’être enfermée, eut égard à son age.

 

– J’ai aperçu de belles mécaniques, effectivement. Le Pick-Up est assez impressionnant à lui seul.

 

– Je les achète, je les revend, j’en change souvent, j’aime la nouveauté.

 

– A chacun ses plaisirs, puisque vous pouvez vous le permettre.

 

Une espèce de tension diffuse était en train de s’installer entre nous, je perdais pied au milieu des non-dits, Matteo sembla s’en rendre compte, il m’invita avec enthousiasme à visiter d’autres pièces de sa grande maison. Nous retrouvâmes Sophia et Chelsea dans l’une des chambres, et Matteo précisa qu’elle serait la mienne pour la nuit. La petite bonne aperçue tout à l’heure en entrant finissait d’arranger le vaste lit. Chelsea me regardait avec une franche bonne humeur, j’en fût un poil gêné. On me laissa seul pour m’installer. Je n’osais faire un tour dans le parc, de peur de tomber nez à nez avec Odin, bien que je le supposai parfaitement dressé. Chelsea ne tarda pas à me rejoindre, elle était diablement désirable et enjouée. Contrairement à son habitude, mon petit bonbon coloré s’était vêtue de noir intégral, d’un sexy bustier ajouré de dentelles qui rehaussait la courbure de ses seins, et d’un pantalon dont la matière brillait comme du cuir, mais qui n’en était pas. Elle avait étudié sa coiffure pour qu’elle la fasse ressembler à une héroïne de Manga japonais et ses yeux brillaient sous un maquillage parfaitement exécuté. Je la trouvais marrante. Elle plongea sur moi avec fougue pour m’embrasser, mais je la tempérais doucement, je ne voulais pas lui faire l’amour en ces lieux. Elle bouda un peu, en frottant doucement son bassin sur le mien, mais elle n’insista pas, sans doute également consciente que notre étrange intimité devait se protéger pour l’instant de Sophia et Matteo. Je lui caressais quand même les seins longuement, ce qui me fis bander à mort, et puis je la laissais s’écraser seule sur le lit. Il serait difficile pour moi de la savoir dormir cette nuit là dans une autre chambre.

 

– Merde, s’énerva gentiment Chelsea, même pas une pipe, alors ?

 

– Arrête, ce n’est pas drôle. Matteo n’a pas l’air d’un plaisantin, je ne pense pas qu’il apprécierait que je saute sa belle fille, ce que tu es pour lui depuis huit ans, que tu le veuilles ou non.

 

– Oui, ben je fais ce que je veux de mon cul, quand même.

 

– Ne sois pas si vulgaire.

 

– Ne fais pas ton vieux con, j’ai envie d’être à toi.

 

– Pas ici, je te l’ai dit.

 

– Ca va, j’ai compris, n’en parlons plus. Elle roula sur le lit, en se calant un bras avec un oreiller. Alors comment tu trouves la baraque, c’est sympa, ici, non ?

 

– Il faudrait vraiment être difficile.

 

– J’ai hâte que l’on soit à Cuba.

 

– Moi aussi, Chelsea.

 

La domestique frappa à la porte pour nous inviter à descendre dîner. En apercevant Chelsea toujours vautrée sur le lit, elle fit une moue indéfinissable vite réprimée, et me laissa refermer la porte sur un certain malaise. Le bustier négligemment remonté par la position langoureuse de Chelsea lui avait mis sans pudeur le nombril à l’air. Bien que les propos échangés au cours du repas soient d’une banalité ordinaire, je ne pouvais m’empêcher de penser que je subissais en permanence de la part de Matteo une sorte de silencieuse inspection. Sophia pimentait ses propos de son heureuse présence et d’un esprit tout à fait brillant. Si Matteo ne cessait de m’intriguer en m‘obligeant à une certaine distance, cette femme me plaisait en revanche beaucoup, et j’éprouvais même vis à vis d’elle une sincère reconnaissance pour avoir élevé Chelsea. Le lendemain, sans que je l’avoue à Chelsea, je fût comme soulagé de quitter le faste de cet endroit pour regagner Paris. Odin couru comme un fou dans l’allée en longeant ma voiture, et Chelsea l’agaça longtemps de la voix par sa vitre baissée. Toujours engoncé dans son costume sombre, Antonio était déjà aux grilles pour les refermer manuellement aussitôt après nous, bien que tout soit normalement automatisé ; comme s’il tenait à s’assurer par lui-même qu’elles soient correctement verrouillées.


Message édité par talbazar le 03-02-2013 à 18:19:38
mood
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Posté le 03-02-2013 à 15:46:49  profilanswer
 

n°33241786
baclette
Posté le 07-02-2013 à 21:06:52  profilanswer
 

[:serumm:2]  [:chut]  [:smiley0041]
 

Spoiler :

Moi, je dis rien, sinon le Talb, il va demander s'il n'y a personne d'autre...  :sweat:   :lol:  

n°33248791
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 08-02-2013 à 15:29:47  profilanswer
 

Quand même, Antonio qui ouvre le chapitre, et qui le referme, la classe bordel ! [:mike hoksbiger:1]

n°33264662
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 10-02-2013 à 15:49:02  profilanswer
 

CHAPITRE 5 (début)

 

De toute la puissance de ses tuyères, le Boeing s’arracha dans les cieux pour voler vers Cuba. A son bord, Chelsea regarda Paris s’éloigner rapidement au-travers du hublot contre lequel elle était assise. Malgré l’heure extrêmement matinale, elle était excitée comme une puce et souriait aux anges. « Vamos a Cuba », m’avait-elle susurré au moment du décollage. Lorsque l’avion eut terminé son ascension, prêt pour ses dix heures de vol, elle se cala bientôt contre mon épaule et je dois dire qu’ainsi posés l’un contre l’autre je partageais totalement son euphorie. Cette gamine m’avait ensorcelé l’âme, le cœur et le corps. Nous avions refait plusieurs fois l’amour en attendant le jour du départ, et je subissais pour ma part toujours le même envoûtement. Seule l’intrusion de Nico dans l’appartement de Chelsea, alors que nous y étions, était venu assombrir ce tableau idyllique. Ivre de colère, il avait débarqué quasiment sans frapper, alors que j’aidais Chelsea à boucler sa valise :

 

– Comment as-tu pu me faire ça, avec ce vieux salaud, en plus ?

 

– Ecoute Nico, je t’aime beaucoup, mais je ne t’ai jamais rien promis.

 

– Petite pute.

 

– Ca va, Nicolas, tu t’en vas maintenant. Ce n’est pas la peine de te mettre dans un état pareil, je fais ce que je veux de ma vie. Restons amis.

 

– C’est dégueulasse.

 

Il s’était approché d’un pas énervé pour crocher sans ménagement le bras de Chelsea. Elle essaya de se dégager :

 

– Arrête, ça suffit, tu me fais mal.
 
 Je restais jusque-là en retrait de la dispute, en maintenant toutefois une silencieuse vigilance. Je comprenais pourtant parfaitement Nico et l’attachement à Chelsea qu’il pouvait ressentir. Sa légitime jalousie et sa colère de se voir évincé aussi brutalement, qui plus est par un type de cinquante balais. J’aurais certainement été plus virulent que lui à sa place et lorsque je décidai enfin de les séparer, en attrapant à mon tour le jeune homme par sa manche, je ne fus pas surpris qu’il essaya de me frapper. Poing fermé, son bras se tendit vers moi en même temps qu’il me lâchait à la face ses pauvres mots désespérés :

 

– Saloperie de pervers, je vais t’exploser ta sale gueule et te bouffer les couilles !

 

– Calme toi Nico, ça ne sert à rien. Chelsea avait soudainement pris un ton apeuré.

 

Lui n’écoutait pas, mais, tout en le tenant à présent fermement par le col, j’arrêtai violemment son geste, en plongeant dans ses yeux malheureux l’ultimatum d’un regard qui indiquait avec force que j’étais prêt à lui rendre sur le champ le prix de sa menace. Avec un réel danger pour lui-même. Il sut que je ne plaisantais pas, devant la résolution du geste que j’employai, il le devina, le sentit avec clarté dans ses tripes ; lentement, la violence qui l’avait fait se jeter sur moi diminua d’un coup, sous l’influence d’une crainte enfin acceptée. Baissant le bras, il faisait bien sûr toujours le bravache, mais je le maintenais toujours avec fermeté, puis je le repoussais durement, lorsque je fus tout à fait certain de ne plus voir son poing s‘envoler. Chelsea était hors d’elle, elle s’élança brusquement vers lui et le gifla durement, sans que personne ne puisse l’arrêter :

 

– Fous le camp maintenant, tu l’auras voulu, je ne veux plus te revoir, jamais.

 

Fort heureusement, Nico ne répliqua pas physiquement à la baffe. Il recula simplement en nous jetant un regard mauvais, les yeux injectés de haine difficilement contenue, mais aussi, je le savais pertinemment, violenté par un chagrin véritable, la colère le défigurait totalement :

 

– Bande de tarés. T’es qu’une sale petite putain, voilà ce que tu es. Bon débarras.

 

Il s’éloigna sans se retourner et claqua violemment la porte derrière lui. Chelsea pleurait abondamment, je la pris tendrement dans mes bras dans lesquels elle s’abandonna totalement, et cette étreinte dura très longtemps. Nous savions tous deux que cette crise se devait d’arriver, et peut-être étions nous conjointement satisfaits qu’elle soit en quelque sorte réglée. Malgré tout, cette agression avait aussi ébranlé pour un temps notre bonne humeur, que l’on chassa finalement dans les préparatifs du voyage. Par une coïncidence que la vie présente quelquefois, j’étais allé encore en consultation chez le docteur Albru pour apprendre de lui qu’il partait incessamment dans sa forêt Guyanaise, et qu’il passerait avant quelques jours à Cuba, en même temps que nous. L’idée que l’on puisse se retrouver là-bas ne sembla pas lui déplaire, et je m’informais du nom de son hôtel à la Havane, dans lequel Chelsea et moi pourrions également séjourner. J’aimais bien cet homme et le savait enclin à apprécier également ma compagnie. Hémisphère ayant approuvé ce choix, car visiblement le client de Gallois nous dressait tapis rouge, Il fut donc conclu de se rejoindre au Sevilla, un vieux palace construit en 1880 dans le style andalou. A un moment donné du vol, alors que je somnolais d’inaction, une hôtesse blonde entre deux âges s’approcha pour nous proposer des boissons. Elle s’enjolivait d’un sourire courtois, mais son œillade à mon encontre n’eut pas l’air d’être assez commerciale pour Chelsea. Sans que je ne m’y attende, celle-ci s’alluma d’un irréfléchi pic de jalousie :

 

– Vous savez, je ne suis pas la fille de monsieur, je couche avec, je le suce et j’avale.

 

Le passager qui me faisait face se retourna tout à coup avec une expression de surprise. D’autres autour de nous nous toisèrent avec hostilité. Pour sa part, l’hôtesse ne fut troublée qu’une seconde et nous dépassa sans répondre, jouant l’indifférente, mais je voyais bien à sa mine irritée qu’elle aurait bien voulu tancer comme il faut cette branleuse insolente. J’étais trop apaisé pour faire la morale à Chelsea. Je me collais juste à elle pour lui susurrer à l’oreille :

 

– Tu as oublié la sodomie. On se mit à rire ensemble d‘une même insouciance.

 

– C’est vrai, tu as deviné que j’aimais ça sans que je te le dise. Nico n’a jamais osé, lui.

 

– Fais attention, Chelsea, cette pauvre hôtesse ne t‘avais rien demandé, que je sache.

 

– Je n’ai pas aimé comment elle te regardait, voilà tout.

 

–  Moi j’aimerai toujours ta façon de me regarder, espèce de petite canaille.

 

L’incident était depuis longtemps oublié, lorsque l’avion en approche nous révéla une longue bande de terre allongée posée sur la mer caraïbe.

 

– Tu sais pourquoi on l’appelle l’île crocodile ?

 

– Je ne savais même pas qu’on l’appelait comme ça.

 

– A cause de sa forme.

 

– Hola, c’est bon pour mon papier, ça, il faut que je le note, merci mon cœur.

 

– Tu n’es pas obligée.

 

– De quoi, de le noter ?

 

– Non, mon cœur.

 

– D’accord, mon cœur.

 

Elle me décocha son fameux sourire et je n’insistais pas. Le Boeing termina sa descente et se posa tranquillement. L’hôtesse blonde avait ouvert la porte, mais elle se garda de soutenir le regard de Chelsea. Elle ajouta juste, avec un air pincé, lorsque nous passâmes devant elle :

 

– J’espère que ton vioque te mettra enceinte jusqu’aux yeux, petite grue, ça devrait moins te faire marrer.

 

Poussée par les autres passagers, Chelsea fut obligée de descendre sans pouvoir répondre. Une brise tiède accompagna notre descente de la passerelle, et je suivis docilement Chelsea sous le soleil radieux. J’immortalisais son air à nouveau ravi de plusieurs photos décochées à la hâte, avec un petit appareil de poche qui n‘était pas celui que j‘allais employer pour le travail qui m‘attendait dans cette île.  

Message cité 1 fois
Message édité par talbazar le 11-02-2013 à 10:12:22
n°33268989
baclette
Posté le 10-02-2013 à 23:09:17  profilanswer
 

 

talbazar a écrit :


 
[...] – Vous savez, je ne suis pas la fille de monsieur, je couche avec, je le suce et j’avale.  


 
 :sweat: Et moi qui pensais que Chelsea était la fille de Jésus Méyavalpa !  
 
Sérieux, sur la forme c'est impec, mais bon... se passe pas grand-chose dans cette affaire... L'incipit me laissait penser qu'on allait vers la contrainte de l'atelier d'écriture (une tuyère pour le café et deux tucres, t'il vous plait. )  
Talb, tu devrais intervenir à l'atelier !  :love:

n°33271077
Merome
Chef des blorks
Posté le 11-02-2013 à 10:02:42  profilanswer
 

200 personnes pour applaudir ma pièce au Théâtre de Gray (70) [:shay]  
 
6 bouquins dédicacés vendus à l'entracte  [:shay]  
 
La gonzesse de l'hôtel qui me reconnait au petit déjeuner  [:hish]


Message édité par Merome le 11-02-2013 à 10:03:31

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Ceci n'est pas une démocratie
n°33272729
baclette
Posté le 11-02-2013 à 12:06:08  profilanswer
 

Merome ! [:the_warrior]
 
C'est la gloire ! M'est avis que tu devrais commencer à penser à un discours d'intronisation, une place pourrait se libérer...  :D  
 
[:anefail:2]
 
Sans dec' bravo ! ça doit vraiment faire plaisir !  :love:

n°33285897
Merome
Chef des blorks
Posté le 12-02-2013 à 12:07:53  profilanswer
 

baclette a écrit :

Merome ! [:the_warrior]
 
C'est la gloire ! M'est avis que tu devrais commencer à penser à un discours d'intronisation, une place pourrait se libérer...  :D  
 
[:anefail:2]
 
Sans dec' bravo ! ça doit vraiment faire plaisir !  :love:


 
Bon, heureusement que tous mes textes sont en Creative Commons et librement téléchargeables, sinon j'en vendrais pas un, hein :)


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Ceci n'est pas une démocratie
n°33323308
TrakT
Do nothing.
Posté le 15-02-2013 à 12:08:48  profilanswer
 

Hop, hop. Ca m'est venu comme ça hier.
 
Ca pourrait être le premier chapitre d'une nouvelle :o
 
 
 

Citation :


Nonchalamment accoudé au balcon de l’immeuble, John fumait sa cigarette. Il regardait d’en haut les allées et venues des Collaborateurs, fourmillement incessant d’hommes et de femmes vaquant à leurs occupations professionnelles, remplissant consciencieusement leurs tâches, servant vaillamment la Société.  
 
John aimait ce spectacle, ce qui lui valait d’être considéré comme un peu bizarre. Qui aurait du temps à perdre ainsi, à regarder les gens passer en fumant des cigarettes ? Qui aurait l’audace, l’inconscience même, de laisser passer une opportunité importante, capitale peut être ?
 
Qu’importe, se disait John. Il appréciait ces moments privilégiés où, seul au-dessus de la foule, il avait l’impression que, pour lui, le temps s’arrêtait ; il aimait se sentir immobile au milieu du mouvement, il aimait contempler la fumée de sa cigarette qui paresseusement s’élevait en volutes nacrées au-dessus de sa main droite, bref, il aimait ça.
Le son strident de son badge le sortit de sa bienheureuse torpeur. Il secoua la tête, tira une dernière bouffée de sa cigarette, jeta machinalement le mégot dans le cendrier et se dirigea rapidement vers le sas.
 
Une fois la double-porte vitrée passée, John se retrouvait dans un autre monde, son monde quotidien, le monde quotidien, le monde de la Société. Il esquiva un stagiaire courant à bâtons rompus entre les boxes de l’open space, puis un comptable trop absorbé par ses rapports pour faire attention à son chemin, non sans les avoir salués au vol et gratifiés d’un large sourire. L’atmosphère était cordiale dans la Société, et il était important de montrer au monde que l’on était quelqu’un d’avenant, avec qui l’on prenait plaisir à travailler. Pas de place pour les grincheux.
 
John remontait rapidement l’allée pour retrouver son poste de travail. Il passa devant le bureau du Chef-Manager, ce qui lui rappela qu’il avait un rapport important à lui remettre et ce, dans l’heure, sans quoi le Projet perdrait de l’argent. Et, comme le répétait le Chef-Manager, si le Projet perdait de l’argent, il lui faudrait l’expliquer devant  son Chef-Manager à lui, qui irait en référer au Consistoire, lequel le rapporterait aux Grands Décideurs. Ce processus prendrait du temps et mobiliserait des énergies, car pendant que tout ce monde s’expliquerait, il ne serait pas occupé au Projet, et le Projet perdrait encore plus d’argent. Et à terme, la Société perdrait de l’argent. Et cela, personne ne le souhaitait. Cela n’était jamais arrivé, et les conséquences seraient, à coup sûr, terribles pour tous, Décideurs, Consistoire, Chef-Managers et surtout pour le grain de sable à l’origine du grippage de cet engrenage si bien huilé, John lui-même.
 
John souhaitait bien évidemment éviter à tout prix ce scénario désagréable, aussi lorsqu’il parvint à son Ecran de travail, il s’attela aussitôt à sa tâche. Pestant contre son incurie qui le poussait à fumer alors que tant de choses requéraient sa totale et immédiate attention, il lança son tableur.
 
Les lignes d’opération apparurent alors, et John put se lancer. Son travail consistait en une série de tâches très précises dont la finalité lui échappait quelque peu, mais peu importe, elle n’échappait pas à son Manager-Chef pour qui son travail à lui, John, était absolument fondamental, comme il aimait lui répéter. John était fasciné par la manière dont tout s’imbriquait dans la Société. En effet, lui, comme tous ses autres collaborateurs peinaient quelque peu à identifier le but de leurs tâches. Mais pour le Manager-Chef, tout était cohérent et tout allait dans un sens que lui comprenait. Il leur expliquait régulièrement que leurs tâches devaient être accomplies pour permettre à la Société de croître et de gagner de l’argent. Et si la Société gagnait de l’argent, alors elle l’investirait dans de meilleurs outils de production, pour faciliter le travail, pour permettre à John de travailler mieux, plus vite, plus efficacement. Et si John travaillait plus vite et plus efficacement, alors la Société gagnerait encore plus d’argent. Et ainsi de suite.
Un jour, Conrad, son ancien voisin de bureau, avait demandé au Manager-Chef quel était le but de tout cela, et si il n’y avait pas une limite au-delà de laquelle les Collaborateurs ne pourraient plus travailler aussi efficacement. Le Manager-Chef s’était arrêté dans son discours, l’avait dévisagé quelques instants puis, d’un ton bienveillant, l’avait convoqué dans son bureau. Le lendemain, Conrad changeait de service. Il avait expliqué à John que d’après le Manager-Chef, son « acuité exceptionnelle » lui avait valu une « requalification au poste de responsable de la projection prospective ».
 
John n’y croyait pas trop. Conrad avait fait quelque chose que peu se permettaient, à moins d’être inconscients ou très courageux : il avait émis un doute.
Or personne n’émet de doutes dans la Société, jamais. Les éléments qui remettaient en cause la formidable avancée de la Société n’étaient pas les bienvenus. Tous devaient participer à l’effort commun pour porter la Société au sommet.
 
John regarda la pendule, qui indiquait que l’heure de quitter son poste était déjà passée depuis longtemps. Au diable, se dit-il. Il s’était assigné une mission, celle de terminer son travail. De toute façon, le Manager-Chef était encore à son poste. John redoubla d’efforts pour finir dans les temps.
 
Ce à quoi il parvint.
 
Heureux d’avoir mené à bien cette tâche difficile, John alla porter son rapport sur le bureau du Manager-Chef. Ce dernier était en conférence virtuelle. Il se contenta de le saluer d’un signe de tête et d’indiquer son bureau  avant de reprendre son discours téléphonique.
John posa délicatement le précieux travail au milieu des piles que ses Collaborateurs avaient déposé avant lui, referma prudemment la porte, mit son manteau et se dirigea vers la sortie.
Le sas passé, il s’arrêta quelques instants, fouilla sa poche, en sortit une cigarette qu’il porta à ses lèvres. Il l’alluma avec son briquet, tira goulûment sa première bouffée, s’adossa au mur et, soufflant la fumée nacrée, bascula la tête en arrière.
 
Jamais il ne s’était senti aussi vide.

Message cité 1 fois
Message édité par TrakT le 15-02-2013 à 12:09:15

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The world is fucked, and you cannot unfuck it - Freddie Mercury said : "Nothing really matters". So do nothing.
n°33331411
baclette
Posté le 16-02-2013 à 00:20:19  profilanswer
 

TrakT a écrit :

Hop, hop. Ca m'est venu comme ça hier.
 
Ca pourrait être le premier chapitre d'une nouvelle :o
 
 
 

Citation :


Nonchalamment accoudé au balcon de l’immeuble [...] Jamais il ne s’était senti aussi vide.



 
Oui Trakt, cette description d'une entreprise soumise au "Principe de Peter" et le portrait d'un employé qui s'interroge pourrait très bien être la base d'un récit.  
Une première lecture, (il est tard ! :sleep: ! ) et quelques remarques.
D'entrée, John est présenté comme un gars "un peu bizarre" il est étonnant que son comportement soit supporté par sa hiérarchie décrite comme impitoyable par la suite.  
Un peu trop d'adverbes peut-être et des détails qui n'apportent rien comme : (il aimait contempler la fumée de sa cigarette qui paresseusement s’élevait en volutes nacrées au-dessus de sa main droite )
"un stagiaire courant à bâtons rompus" la métaphore s'applique à une discussion, pas à un déplacement.  
 Je pense que le mot "incurie" pourrait être remplacé par un terme plus adéquat.  
C'est très certainement Conrad qui a été arrêté dans son discours et non le Manager-Chef comme il est dit.
Le (trop ?) long passage qui explique la philosophie de l'entreprise gagnerait à être condensé, la lecture serait plus agréable.    
Si John  regarde la pendule, qui indique que l’heure de quitter son poste est déjà passée depuis longtemps, il ne pourra comme il est dit juste en-dessous  "finir dans les temps. Ce à quoi il parvint."  
 
 
 "des piles que ses Collaborateurs avaient déposées avant lui,".
 
En nommant ton personnage uniquement par son prénom, tu te retrouves condamné à le répéter. Préciser son nom et sa fonction t'aurait permis de varier.  
C'est personnel, mais j'aime bien ta phrase courte qui termine le chapitre...  
 "Jamais il ne s’était senti aussi vide. "  :jap:  
 
Le problème que tu risques de rencontrer sera justement comment combler ce vide ressenti.  
Mais ça, c'est sans doute la suite qui nous l'apprendra !  :)  
 
 :hello:  
 
 


Message édité par baclette le 16-02-2013 à 00:42:01
n°33412986
baclette
Posté le 23-02-2013 à 17:48:25  profilanswer
 

Où est passé Talb ?  :ouch:  
 
Forte récompense à toute personne qui fournira des renseignements suceptibles de le retrouver !  
 
Talb ! tu nous manques ! reviens !!!

n°33418795
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 24-02-2013 à 14:23:42  profilanswer
 

j'ai un problème d'ordi, windows me fâche.
Et j'ai du boulot, aussi !

n°33420554
baclette
Posté le 24-02-2013 à 18:02:33  profilanswer
 

Citation :

Talb il dit que:
j'ai un problème d'ordi, windows me fâche.  
Et j'ai du boulot, aussi !


 
 C'est le moment de changer d'ordi, Talb ! Il y a vraiment moyen de dégotter du super matos pour pas cher.  
 
Te file pas un ulcère avec le taf, quand même !  :)  
 

n°33502536
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 04-03-2013 à 14:16:54  profilanswer
 

Pour les gens qui ont déjà mené à bien un (ou plusieurs) romans, j'ai une question sûrement loin d'être nouvelle.  
 
Ecrivez-vous dans un ordre et une direction définis ?
 
C'est-à-dire :
 
 - Est-ce que vous avez complètement planifié votre histoire quand vous commencez à écrire, ou en tout cas assez rapidement après avoir commencé, et que vous la suivez  en avançant dans le roman ?  
 - Est-ce que vous planifiez complètement votre histoire, mais vous écrivez dans le désordre ?
 - Est-ce que vous partez sans savoir précisément où vous allez, mais vous avancez chapitre après chapitre ?  
 - Est-ce que vous faites tout dans le désordre ?  
 
Je pense que la première solution est la plus raisonnable, mais ultra ennuyeuse (tellement que ça m'est déjà arrivé d'abandonner un projet comme ça). A l'opposé, j'ai testé la quatrième (écrire les passages dans le désordre et avec une trame pas fixée) et j'ai galéré comme pas permis pour recoller les bouts.  
 
Je voudrais commencer à écrire un truc là, et du coup je temporise et je fais rien  [:zest:1]  
 
En bref, quel est l'état de finition de votre trame quand vous vous lancez ([:john_tgv:3]) et la suivez-vous linéairement ?


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Expos et muséesÉgyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°33511240
Merome
Chef des blorks
Posté le 05-03-2013 à 08:48:27  profilanswer
 

biezdomny a écrit :

Pour les gens qui ont déjà mené à bien un (ou plusieurs) romans, j'ai une question sûrement loin d'être nouvelle.  
 
Ecrivez-vous dans un ordre et une direction définis ?
 
C'est-à-dire :
 
 - Est-ce que vous avez complètement planifié votre histoire quand vous commencez à écrire, ou en tout cas assez rapidement après avoir commencé, et que vous la suivez  en avançant dans le roman ?  
 - Est-ce que vous planifiez complètement votre histoire, mais vous écrivez dans le désordre ?
 - Est-ce que vous partez sans savoir précisément où vous allez, mais vous avancez chapitre après chapitre ?  
 - Est-ce que vous faites tout dans le désordre ?  
 
Je pense que la première solution est la plus raisonnable, mais ultra ennuyeuse (tellement que ça m'est déjà arrivé d'abandonner un projet comme ça). A l'opposé, j'ai testé la quatrième (écrire les passages dans le désordre et avec une trame pas fixée) et j'ai galéré comme pas permis pour recoller les bouts.  
 
Je voudrais commencer à écrire un truc là, et du coup je temporise et je fais rien  [:zest:1]  
 
En bref, quel est l'état de finition de votre trame quand vous vous lancez ([:john_tgv:3]) et la suivez-vous linéairement ?


 
Réponse n°3 : "vous partez sans savoir précisément où vous allez, mais vous avancez chapitre après chapitre ?"
Avantages :  
- Ce sont les personnages qui construisent eux-mêmes le scénario, donc ils gagnent en cohérence et le roman avec. Si tout avait été planifié au départ, mais que la psychologie d'un personnage finalement ne colle plus avec l'intrigue principale, c'est moche.
- C'est plaisant de se laisser porter par les personnages eux-mêmes. Ils s'auto-construisent, c'est un peu comme s'ils se présentaient à l'auteur eux-mêmes. Enfin, c'est comme ça que j'ai ressenti le truc parfois. Et du coup, la fin de l'histoire t'échappe complètement ce qui est une façon de garder du plaisir à l'écrire. A la limite, tu as du suspense même à l'écriture :)
Inconvénients : ça peut partir dans tous les sens, et surtout dans un sens qui ne permet pas de faire un ensemble qui se tient, qui permet d'arriver à une conclusion correcte. Il peut arriver qu'on ne trouve pas de fin du tout et qu'on doive s'en sortir par une pirouette (ce que j'ai fait pour mon 2ème roman, un peu sabordé sur la fin parce que je voyais plus comment en sortir).
 
Bon, ce n'est que mon avis d'auteur amateur sans prétention. Pas un évangile.
 


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Ceci n'est pas une démocratie
n°33652936
Grenouille​ Bleue
Batracien Azuré
Posté le 17-03-2013 à 12:10:28  profilanswer
 


 
Si ça peut te consoler, je suis vendredi et dimanche au salon du livre de Paris :o
 
Mais je suis impressionné par la gentillesse des belges, c'est vraiment chou, comme quoi ce n'est pas une légende :D


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Ma chaîne YouTube d'écrivain qui déchire son père en pointillés - Ma page d'écrivain qui déchire sa mère en diagonale
n°33653991
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 17-03-2013 à 14:27:13  profilanswer
 

bon, c'est pas tout ça, mais le lecteur attend.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/445570doc20.jpg

 

Marlou les doigts d'or

 

Extrait numéro 24

Résumé du résumé :

 

L’ignoble guru Alphonse-Jean-Justin de Saint Exupéry, président non élu et gourou des évangiles secrètes de Saint Jean l’Apostiche de la Jésuralem Céleste, voie des bonnets verts du Saint Temple de l’amicale non laïque de l’école de la petite Jéricho, a kidnappé odieusement la jeune Ewij Nikasek, pour en faire un méprisable chantage et négocier avec le pape sa précieuse rondelle sacrée. Dès lors, la princesse accuse une perte de poids non intentionnelle et tombe amoureuse de son ravisseur. L’inspecteur Marlou est sur les traces de l‘infâme et le retrouve en bretagne, où il se rend dans une ambiance de fête en compagnie de Kiki Yorkshire. Plongée dans une atmosphère sauvage et mystérieuse, la commune où s’est réfugié le guru soutient financièrement l’école primaire par le biais d’une subvention de fonctionnement.

 

Comme chaque matin, Alphonse Jean monta sur son compost pour le saupoudrer de son caca écologique, prenant de la hauteur pour mieux observer l’horizon. Fidèle à ses convictions, il finalisa son projet de fertilisation en poussant un peu plus dur. Puis il lança une opération escargot afin de protéger ses salades des prédateurs. Mobilisée à son tour, Ewij organisa dans le potager un pique-nique de protestation, avec dégustation de produits locaux, crêpes et galettes. De façon simple et vivante, le guru la bascula tendrement pour en finir au milieu des maïs, afin de lutter plus efficacement contre la désertification des campagnes. Le couple fier de son action réagissait activement, sans se douter que les forces réactionnaires de l’inspecteur Marlou et Kiki Yorkshire les observaient à la jumelle, derrière un tas de foin et de suppositions. Une vingtaine de lièvres et de chevreuils passèrent à côté d’eux rapidement, alors que les fesses de la princesses prenaient peu à peu la forme d’un étonnant espace muséal en milieu rural. Ils aperçurent également des renards. Kiki avait du mal à s’habituer aux méthodes de travail de l’inspecteur, qui préférait l’ombre à la lumière.

 

– On y va, on le bazooque et c’est marre.

 

– Patience, Kiki, si on le bute maintenant, la notion de compétition s’évincerait totalement au profit du plaisir immédiat, ce n’est pas mon enjeu.

 

– Arrête de faire des phrases, il est déjà plongé dans son bassin-versant pour une pêche inventaire afin d’intervenir sur sa flore.

 

– La petite est profonde, avec des zones humides riveraines, c’est un gage certain de réduction de ses crues hivernales et  d’étiage sévère.

 

– Quand même, Alphonse ne se doute pas qu’on est là, il y aurait l’effet de surprise.

 

– Et prendre le risque de blesser la princesse ? Non, Kiki, ce n'est pas raisonnable.

 

Devant eux, le couple leur offrait un projet de proximité et un véritable choc d’émotions, avec musiques sacrées et chants monastique, car la petite princesse se trouvait durement astiquée. Oubliés les loisirs créatifs et l’artisanat d’art que l’on rapporte ensuite chez soi et dans son cœur. Ils pratiquaient un coït authentique, à l’huile d’olive, abandonnant leurs espadrilles dans une romantique attitude, faisant saliver leurs observateurs dans une révolution personnelle de confort, avec apparition de cloques tellement ils se frottaient le bazar. Le pénis de Marlou devint rouge, envoyant un signal d’alarme, et de son côté Kiki Yorkshire savait déjà qu’il aurait besoin de Biafine pour soigner ses brûlures, afin d‘hydrater la peau de son zob en profondeur. Il laissa échapper quelques microgouttes.  Alphonse-Jean-Justin de Saint Exupéry étalait sur Ewij du beurre de karité, des pétales de roses, puis il utilisa un concombre pendant une vingtaine de minutes, jouissant au passage de sa bouche pour profiter de tous ses bienfaits. Il la mâchait doucement, évitant le contour des yeux, massant ses petits seins de mineure avec de la chair d’avocat, stimulant les fibres mammaires pour renforcer le tonus de sa poitrine naissante. Il remplaça le vinaigre par du jus de citron et patienta un quart d’heure. Ewij vira au rouge carotte, avec de jolis reflets dorés, puis elle mis sa bouche en sourdine, car elle avalait pleinement le braquemard d’Alphonse, lequel lui faisait à présent un accessoire luxueux, glamour et volumateur. Visiblement, Alphonse-Jean était gêné par la présence de résidus de produits coiffant, mais il assumait ses besoins morphologiques et veillait à la bonne santé de son dos en restant debout. Il exploitait toutes les ressources de sa proie pour réussir l’osmose orgasmique, à laquelle il parvint finalement, tout au fond du jardin. La journée s’annonçait orageuse, favorisant certainement le mildiou, ce qui mettrait les plants de tomates en danger, mais, du coin de l’œil, il s’alarmait plutôt de la présence furtive des deux silhouettes qu’il venait d’apercevoir, pourtant soigneusement dissimulées derrière les bidons d’engrais biologiques au purin d‘ortie.

 

 Ewij remettait en sifflotant son pantalon de travail, sans se douter de rien. La brise la frôla en provoquant chez elle de gracieux mouvements, sa masse souple trônait au milieu du gazon et de ce bon vieux fumier, en amoureuse comblée de son ravisseur. Sa chevelure ondula au vent, avec un effet brouillon. Son propre désir ne pourrait se nourrir du manque et de l’absence, car à force de toujours vivre près d’Alphonse, elle finissait par l’accepter au naturel et ressentait le besoin de le chouchouter. Elle rêvait de lui offrir de petits cadeaux, de l’appeler au téléphone cinquante fois par jour, de lui mijoter de bons petits plats, de le faire rire avec des grimaces naïves. En bref, elle rêvait de danser avec lui les jours de pleine lune pour être zen à l’unisson. Elle avait fait de cette masure de campagne un cocon confortable, pleine d’un rituel rassurant susceptible de bercer son nouveau partenaire d’illusions et renforcer plus fortement les liens de son couple. Elle savait désormais ce qu’elle ferait se sa vie futur, et pourquoi pas transformer cet endroit isolé en boutique Tupperware. Alphonse lui fit signe d’arrêter de penser, histoire de la sortir de son emploi du temps solidement ficelé, puis il l’invita à quitter promptement le jardin, dans le but de se barricader à l’intérieur de la grange toute proche. La vue du foin étalé ranima un instant l’imagination débordante de la princesse, mais le guru lui balança son humeur au travers de la gueule et l’invita à se taire, occultant au passage la part de rêve de la jeune fille. Les appréciations d’Alphonse-Jean étaient toujours redoutables de justesse, et il voyait venir de loin le danger. Comprenant la sécurité du couple sérieusement compromise par la présence des intrus, le terroriste dégagea une grande bâche qui recouvrait une énorme mitrailleuse Allemande de la dernière guerre, impeccablement entretenue, avant de la pointer vers l’unique fenêtre du bâtiment. Dans un instant, l’inspecteur Marlou et Kiki Yorkshire seraient broyés, carbonisés, déchiquetés, devenus inutilisables pour eux-mêmes et la société. Prise de panique, Ewij transpirait beaucoup, offrant à la macération la possibilité de faire apparaître sous ses aisselles de vilains champignons tel l‘intertrigo. S’aidant d’un spray, elle pulvérisa par prudence un antifongique aux endroits où Alphonse aimait s’installer. Sur le buste, elle se débarrassa ainsi du pityriasis versicolore, et sous les ongles de l’onychomycose.  De son côté, Alphonse-Jean pratiquait une activité physique débordante, et clouait sur la porte un épais madrier. Ses poumons respirait donc un air plus pur, et toute cette agitation réduisait son taux de cholestérol. Il éternua brièvement, car un peu de pollen allergène s’échappant du foin se mélangea à son mucus nasal, mais il se montra prêt au feu d’artifice, et se plaça derrière son arme impressionnante, le doigt posé sur la gâchette, ce qui lui fit brûler environs 34 calories. Tout près d’eux, une souris femelle baguée par une association de défense des souris était en train de mettre bas, sans eau, ni électricité.

 

Marlou et Kiki glissaient à plat ventre dans la roseraie. Il y eut un envol d’aigrette suivis de furtifs bruissements dans les joncs, car tout un monde secret palpitait autour d’eux. Camouflé par les buissons, l’œil de Marlou auscultait en silence le terrain qui bordait la grange, le jugeant au passage idéal pour faire du camping sauvage. Kiki laissait son compagnon mener son enquête, juste vigilant à sonder avec passion les infinis méandres de cette âme humaine, lui qui n’était qu’un simple chien de compagnie. Un vent de fierté souffla sur sa frange éternelle. Infatigable, quand Marlou mettait les bouchées doubles, on pouvait les considérer triples. L’inspecteur avait son flingue à la main. Il y avait de l’agitation dans l’air et Kiki, la peau saine et le poil brillant trépignait d’impatience, plein de désirs impulsifs. Pour mieux se détendre, il produisit des selles petites, bien formées et peu odorantes, transmettant son excitation à Marlou, qui gardait toujours le doigt sur la détente. Clairement, l’inspecteur ne perdrait pas son temps à passer une semaine en négociations laborieuses,  car il voyait dans l’arrestation rapide du guru l’occasion d’un tournant dans sa carrière et une nécessaire augmentation de ses tarifs, avec beaucoup de bonheur à l’horizon. S’il fonçait maintenant, ses efforts seraient à coup sûr récompensés.
 

 



Message édité par talbazar le 17-03-2013 à 19:19:29
n°33700551
Profil sup​primé
Posté le 21-03-2013 à 10:00:10  answer
 

Je peaufine mon premier roman, écrit suite à un nanowrimo. Je ne suis pas satisfait à 100% du résultat, ça n'est probablement pas la meilleure chose que j'ai écrite, mais je trouve ça "acceptable".  
 
Et pour la peine, j'ai envie de tenter ma chance : c'est facile de publier un roman sur Google Books ? D'autres endroits où je pourrais faire ça ? (iTunes ?) ?

n°33702494
Merome
Chef des blorks
Posté le 21-03-2013 à 12:05:36  profilanswer
 


 
lulu.com
 
Mais c'est toi qui te démerde pour le vendre, parce que la probabilité pour qu'un mec aille chercher ton bouquin sur lulu sans te connaître, elle est... plutôt faible.


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Ceci n'est pas une démocratie
n°33705028
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 21-03-2013 à 15:28:30  profilanswer
 

80% de notre belle jeunesse qui passe ici veut d'ailleurs vendre avant d'être lue, c'est pas comme ma voisine, qui ne me fait pas cadeau, la vilaine.

n°33705716
Merome
Chef des blorks
Posté le 21-03-2013 à 16:15:52  profilanswer
 

talbazar a écrit :

80% de notre belle jeunesse qui passe ici veut d'ailleurs vendre avant d'être lue, c'est pas comme ma voisine, qui ne me fait pas cadeau, la vilaine.


 
Ils savent qu'après, ce ne sera plus possible  :o


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Ceci n'est pas une démocratie
n°33706789
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 21-03-2013 à 17:18:15  profilanswer
 

Yo ! [:pepe le moco]

Extrait numéro 25

 

http://img15.hostingpics.net/pics/887518COUV25.jpg

 

Dow, dow, dow ! Ça canardait sévère du côté de chez Alphonse. Au milieu de la fumée, il avait calé ses pieds sur sa vieille Maschinengewehr, la fameuse MG42 à 1800 coups/minutes, tout en hurlant à tue-tête un joli chant de la Wehrmacht :

 

Eine Kugel kam geflogen :
Gilt sie mir oder gilt sie dir ?
Ihn hat es weggerissen,
Und auch berühre ich
 Den Schwanz des general Romel

 
 Dow, dow, dow ! Manque de bol, tout ce qu’il flingua fut ses deux chèvres, Aline et Pauline,  lesquelles venaient d’avoir eu la malencontreuse idée d’approcher trop près de la grange. D’habitude, lorsque Alphij entonnait précisément cette chanson, c’est qu’il se préparait à leur faire un petit câlin crapuleux, et l’erreur d’appréciation leur fut hélas fatale ce jour-là. Mais, emporté par sa fougue, lui continua de tirer au hasard, pour le plaisir, sans atteindre ni l’inspecteur Marlou ni Kiki Yorkshire, car ceux-là contournèrent la grange en se pliant les côtes, pour se boucher les oreilles et ne plus entendre l’affligeant accent teuton d’Alphonse, lequel dominait en décibels le bruit de la mitrailleuse. Ewij y alla de son petit numéro larmoyant, et faisait plus d’eau qu’une pute en rut, car elle réalisait pouvoir perdre dans cette grange ses rêves d‘amour-toujours, à défaut de son pucelage. Elle comprenait d’un coup que son histoire sensuelle commencée en queue de billard risquait de se terminer ici-même en queue de poisson. Elle ne demandait pourtant qu’à vivre à l’ombre de son idole, et ses pleurs coulaient sur ses joues comme, disons, de la poix enflammée. Dans la lande infinie aux splendides bruyères éparses et rousses, des oiseaux rapides et multicolores butinaient des abeilles ; alors que près du marigot, des crapauds affairés ravitaillaient les postes isolés pour affronter les viets. A des milliers de kilomètres de là, des bateaux manœuvraient sur les eaux furieuses pour éviter les récifs coralliens et gagner le large. Le fond de l’air devint plus frais, surtout celui de sa chanson, aussi Alphonse la boucla enfin. A cours de munitions, il lui fallut rapidement cogiter un nouveau plan. La voix grinçante de Marlou résonna dans l’amplificateur de son mégaphone :

 

– Colonel, dites à vos hommes de cesser le feu et d’évacuer la grange, ou le monde entier paiera cette folie! Nos Bombardiers nucléaires pourraient vous anéantir, mais nous n’osons pas encore les utiliser, de peur de blesser l’otage.

 

– Naturellement, inspecteur, vous avez raison… pardonnez mon emportement ! Que devons-nous faire à présent ?

 

– Pour commencer, je vous propose d’évacuer la grange. Cette action est risquée, mon commandant, nous pouvons tous mourir, mais c’est la seule solution. Je vous rappelle qu’il y a à nos côtés une unité de transmission télévisée dans un fourgon blindé, et des hommes qui savent la faire fonctionner ! Je vous donne un ordre et je veux qu’il soit exécuté. Gardez bien à l’esprit que je peux aussi me transformer en suicide bomber résolu.

 

Kiki Yorkshire ne donnait pas un centime sur le bluff de Marlou. Par protection, il se laissa rouler sur le dos devant le cadavre d‘Aline. Sur le sable, son doux visage lui souriait. Puis il a plu sur cette plage, dans cet orage, elle a disparu. Et il cria, cria, Aline, pour qu'elle revienne. Et il pleura, pleura, oh ! Il avait trop de peine. Il s’est assis près de son âme, mais la belle dame s'était enfuie. Il l'a chercha sans plus y croire, et sans un espoir, pour le guider. Il n’a gardé que ce doux visage, comme une épave sur le sable mouillé. Et il cria, cria, Aline, pour qu'elle revienne. Et il pleura, pleura, oh ! Il avait trop de peine. Effectivement, une grenade offensive lancée par la fenêtre explosa à deux pas de Marlou, trouant son chapeau. Ce n’était pas gagné. Dans la grange, Alphonse se proposait d’enseigner à Ewij le savoir-être et les valeurs collectives incarnées par les armées, qui font la guerre sans haine. Abandonnant les minauderies affligeantes de la petite princesse, il ouvrit une trappe qui obturait une cave obscure et s’engouffra prestement dans l’escalier pour y descendre.

 

– Tu fais quoi, mon chéri d’amour ?

 

– Je vais chercher des clopes et ramener des cartouches, attend-moi là.

 

Alphij ne revint jamais. Un sous marin de poche l’attendait, flottant sur un lac artificiel creusé sous la grange.  Il déclencha les procédures d’urgence et se prépara à plonger. Le bâtiment était pourvu de panneaux photovoltaïques assurant les besoins énergétiques. Trois bidons PVC garantissaient l’autonomie en mazout, gazole, carburéacteur et l’engin possédait sur son fichier un grand nombre d’empreintes acoustiques. Le guru l’avait racheté à prix d’or aux narco-trafiquants colombiens. Un système de brouillage devait permettre d’effacer sa trace aux radars mobiles des flics du Gurukislapet, lesquels devaient toujours activement surveiller en parallèle de Marlou la précieuse rondelle sacrée de leur jeune princesse. Celle-ci allait s’ouvrir les veines avec un morceau de miroir, lorsque Marlou et Kiki défoncèrent la porte en risquant le tout pour le tout.

 

– Encore vous ? Bande de cons, vous n’avez pas fini de me coller au train ? je ne vous ai rien demandé, moi !

 

Marlou lui balança une mandale relativement sexiste, cherchant le guru des yeux :

 

– Où il est planqué ton jules ?

 

– Oh ! Il reste en général très discret sur sa vie privée.

 

Par une communication plus précise, elle lui fit un doigt, son maquillage coulait tranquillement sur son menton.  Soudain tétanisé par le risque d’insolvabilité de son client, l’inspecteur Marlou appela N° 2, afin d’améliorer le système de garantie des dépôts bancaires en cours de négociation. L’autre voulait bloquer les sommes jusqu’à son départ en retraite, mais Marlou voulait plutôt consommer en tant que salarié bénéficiaire. Le Gurukislapet restait redevable devant son sous-traitant, et le comité consultatif du royaume pouvait aller se faire mettre pour récupérer la rondelle sacrée, s’il n’obtenait pas satisfaction. Indifférente aux tractations en cours, la princesse alla faire pipi dans un coin de la grange, sous la surveillance vigilante de Kiki Yorkshire, qui renifla qu’elle sentait fortement l’asperge. La sienne grimpa d’un degré :

 

– Ben ma vieille, t’es en train de décupler le budget le budget des forces spéciales de ton bled, dans une opacité totale, ça va sans dire.

 

– Et depuis quand un privé et un sale cabot seraient d’ailleurs habilités pour travailler à des tâches de renseignement et de contre-terrorisme, en plus sans l’accord d’un juge ? Dit-elle en se rhabillant.

 

Marlou avait raccroché, après avoir obtenu satisfaction :

 

– Pas tes oignons. Essaie pas de te barrer.

 

Un satellite du Guruskilapet chargé de la surveillance téléphonique et informatique passa à l’aplomb du toit de la baraque, donnant ainsi à Free la chance exceptionnelle d’honorer les forfaits de ses clients. Kiki venait de découvrir la cave par laquelle Alphonse s‘était échappé, une grande tache d’huile flottant sur les eaux signait sa fuite, que signala aussitôt Marlou aux unités ultra secrètes. Tout ce lac ne laverait cependant pas l’humiliation ressentie par l’inspecteur, qui tenait par-dessus tout à afficher un profil Facebook décent. Probablement pour les emmerder, Ewij se lança quant à elle dans une parodie de danse du ventre au milieu des bottes de paille éparpillées.

 



Message édité par talbazar le 24-03-2013 à 18:04:46
n°33736806
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 24-03-2013 à 17:46:24  profilanswer
 

Extrait numéro 26.

http://img11.hostingpics.net/pics/368809BAGHERAPANTHERENOIRE22.jpg

 

Alphij émergea au beau milieu du lac de Guérlédan. Il avait tout prévu, sauf de se retrouver coincé au milieu d’un lac fermé, incapable par conséquent de rejoindre la mer avec son submersible. Loin de céder au découragement, il privilégia la joie, pagayant hardiment dans son canoë gonflable au sein de la belle nature nourricière, un joli chant de la Hitlerjungend au bord des lèvres. Il maudissait l’ingratitude acharnée à sa perte, lui qui ne cherchait qu’à réconcilier la grande famille humaine dans une sainte entreprise innovante, à briser les barrières rigides de la misère et de l’arbitraire que les hommes érigent entre eux, mais surtout entre leur compte en banque et lui-même. Lui, Alphonse-Jean-Justin de Saint Exupéry, aussi bon père que Dieu, entendait conduire l’humanité vers l’accomplissement du beau, et retrouver les idéaux des lumières délaissées d’une manière si sottement  imbécile dans les cœurs égarés de ses esclaves. Il était le chef de la secte, maitre du phalanstère sacré créé par nul autre que lui, le seul et unique interlocuteur valable pour les histoires de fric ; toutefois il avait perdu la rondelle sacrée, si essentielle à son prometteur « package deal », et le pape ne le tiendrait plus à présent que pour un simple fantoche, tandis que le Gurukislapet verrait d’abord en lui l’homme à abattre. Autrement dit, ça chauffait sévèrement pour sa gueule. Il consulta internet sur son téléphone, pour se rendre compte que ses avoirs aux Bahamas étaient déjà gelés, par ordre implicite du Vatican. La réaction aveugle et terrible du père d’Ewij ne se faisait pas attendre. Pendant qu’il souquait ferme dans son bateau d‘importation chinoise, deux Migs du Gurukislapet qui avaient obtenus l’autorisation de survoler la Bretagne passèrent en vrombissant au-dessus du lac, chargés de missiles. Comme les pilotes Gurukislapetants étaient bourrés, vu que l’un d’eux fêtait son anniversaire, ils passèrent sans l‘apercevoir. Une bouteille de vodka vide lancée d’un des cockpits plongea non loin de lui, alors que les avions de chasse lâchèrent des ballons rouges et bleus dans le ciel dégagé, façon fumigènes de la patrouille de France en meeting aérien. Il y eut également une pluie de vomi qui tambourina brièvement sur les boudins du canöé, puis les Migs s’écrasèrent dans les bois, émettant une fumée noire et de nombreux débris. L’accident fit 3200 civils tués et 256 blessés graves, dont cent touristes anglais,  hélas enterrés sur place en raison de la chaleur suffocante de l’été breton. L’arrêt de ce raid éclair permit à Alphonse de gagner la rive sans plus de problème. Sur la base des rapports qu’il avait eu avec la jeune princesse, il aurait plutôt opté face à ses adversaires pour une prudente désescalade. Mais il allait certainement devoir affronter la dure réalité de la guerre, avec son douloureux cortège de terreur.

 

Pendant ce temps-là, L’inspecteur Marlou avait enveloppé Ewij Nikasek dans un vieux drap pour faire croire qu’elle était électrosensible et lui garantir un incognito prudent. Kiki Yorkshire resta un instant pensif sur les petits mamelons dessinés par les plis de l’ingénieux déguisement, se disant qu’on a parfois besoin de toucher pour mieux voir. Ils auraient pu emprunter les trois bicyclettes qu’ils avaient aperçus dans la cour de la ferme, mais Marlou leur préféra le 4 X 4 d’Alphonse, au risque de lâcher du carbone dans l’atmosphère, comme la princesse lui en fit la perfide remarque. C’est clair, se disait-elle, une fois débarrassée de ces deux connards, elle s’offrirait une soirée déjantée dans un night-club londonien, pour mieux les oublier. Comme ce lac était un lac de barrage, d’ailleurs propriété d’EDF, ils furent contrôlés par trois motards de la gendarmerie qui les pourchassèrent, rendus très soupçonneux par la vision qu’offrait Ewij, engoncée jusqu’à ras-bord comme une musulmane dans sa housse de couette. Marlou ne tenait pas à ce qu’il viennent foirer son plan, et perdre ainsi le bénéfice qu’il escomptait grâce à la libération de la princesse. Manquerait plus qu’une instance internationale vienne décider que l’argent promis à Marlou soit attribué à un autre que lui ! C’est pourquoi, par une solidarité bien comprise, Kiki plongea résolument son museau sur le cou de la belle, prêt à lui déchirer l’aorte avec ses crocs si elle mouftait. L’un des fonctionnaire motorisé interpella Marlou :

 

– Alors ouais, bon, moi je suis comme ma femme, j’y crois pas aux électrosensibles. Les micro-ondes répandues par l’époque sont une bénédiction, sans elles, pas de portables, pas de Wi-Fi, la zone, quoi, et le retour à la police de papa. Des clous. Comme pour ponctuer ses dires, sa radio grésilla sur le tube de l’été, une espèce de fusion pop-rock-tango.

 

– Ok dac, mais si j’enlève le voile qui recouvre la petite, elle aura des nausées, des migraines, des troubles de la concentration, des vertiges, des palpitations, des fourmillements. D’ailleurs faut qu’on se tire, il doit y avoir des antennes-relais pas loin, je la sens qui va mal. Et vous serez rendus personnellement responsables au pénal de sa mort affreuse.

 

– Elle fumerait pas plutôt de la beuh, ta collègue ? Faut qu’on fouille le véhicule.

 

– Hé mais les mecs, vous n’êtes pas de la douane ! Marlou avait discrètement sorti son gun de la boite à gant, alors que le motard tournait la tête pour interpeller l’un de ses copains. Hélas trop tard, le policier avait  néanmoins aperçu  son geste. Il branla du casque et sa lèvre supérieure s’agita :

 

– Est-ce que ce ne serait pas un flingue, que tu tiens dans la main ? Lui demanda-t-il une fois revenu près du véhicule immobilisé selon les ordres.

 

– Non, c’est un appareil de mesure, pour contrôler le taux de radiations électromagnétiques. La division cellulaire, la mitose, c’est le premier pas du cancer, monsieur l’agent. Comme Ewij commençait sérieusement à s’agiter à l’arrière, Marlou appuya sans plus attendre sur la détente à trois reprises, et cartonna les flics en produisant un sans faute. Ceux-là laisseraient des signes cliniques relativement clairs aux experts scientifiques qui participeraient ultérieurement à l‘enquête. Les preuves de la nocivité des balles de colt étaient somme toute plus évidentes que celle des ondes de portable. L’inspecteur bourrina ensuite vivement l’accélérateur pour mettre la gomme et rejoindre la ville de Pontivy, où Number Two lui avait donné rendez-vous dans un bar. Il restait en contact permanent avec lui grâce à sa discrète oreillette intra-auriculaire. Toujours lové autour du cou d’Ewij, Kiki aurait voulu étendre le champ de sa répression à d’autres zones intimes, mais aux cris effrayés de la princesse, Marlou l’attrapa par le collier pour le coller fermement sur le siège avant. Maussade, Kiki donna à son mépris une force étonnante qui stupéfia Marlou. Renfrognée, Ewij quand à elle laissa errer son regard sur les gondoles qui parsemaient le lac, sans plus rajouter une parole. Dans la campagne, les vaches joliment rebondies par l’excès de soja broutaient une herbe aux racines bourrées de pesticides. De ci de là, de hautes éoliennes aux brassages mous venaient rajouter au tableau idyllique quelques notes d’humour. Marlou fit passer à chacun sa part d’une vieille pizza sortie d’une boîte trouvée dans la caisse, avec écrit dessus « cocina traditionnel con estética actual », ce qui n’était pas de l’italien, mais Marlou garda son secret inavoué.  Kiki mangeait goulument :

 

– Ptèt qu’avec Babe on ouvrira un sex-shop en ligne, plutôt qu’une blanchisserie à Montréal. L’essentiel c’est de trouver une terre de liberté, un endroit où être enfin soi-même.

 

– Ouais, ironisa Ewij à son encontre, et je te commanderai un vibro qui se branche sur i-Pod, c’est cool. Ce qu’elle ne disait pas, c’est qu’assise à l’arrière du 4 X 4, elle trouvait les cheveux couvrant la nuque de Marlou un peu trop riches en gel. La calvitie n’y serait pas une menace, mais plutôt une chance. Racé et baveux, jappant comme un molosse, Kiki piétina un long moment le tapis de la bagnole avant de s’endormir, roulé en boule. Le rêve restera pour toujours un sport solitaire. Autour d’eux défilèrent à n’en plus finir de solides maisons de granit gris et des bungalows de chantier, la voiture faisait de temps à autre de violentes embardées sous les assauts du vent. Ils dépassèrent deux sœurs et leur cousine qui partaient en stop rejoindre un fest-noz pour aller danser.

 

– Y’a aussi une boîte de raviolis.

 

– Non, merci.

 

Marlou gardait au volant un œil brillant derrière ses lunettes de soleil, tout à la joie de régler prochainement son affaire et fier de l’avoir si bien signée. Des chiffres mirobolants s’affichaient sur le pare-brise de son esprit, et une bonne dizaine de moustiques vint percuter celui de la voiture. Son compteur afficha le spectre de la pénurie d’essence, comme il s’en rendit compte. Il était temps qu’il arrive, car aimanté par les vertus touristiques, il s’était rallongé de cent kilomètres, sympathisant au bord de la route avec des marchandes de légumes qui raflaient d’immenses butins et s’enrichissaient sans vergogne au mépris de la grande distribution. Chaque quart d’heure, il rendait compte à N° 2 de sa situation lorsqu’il l’informa enfin de son arrivée imminente, l’autre répondit qu’il l’attendait de pied ferme, sa valise bien entendu bourrée de billets. Marlou aurait sans doute préféré discuté le pied droit posé sur le cadavre d’Alphonse-Jean-Justin. Béatement bercé par le roulis de la voiture, Kiki laissa échapper quelques manifestations de plaisir canin, avec cependant une épouvantable odeur de gros carnassier.


Message édité par talbazar le 25-03-2013 à 07:49:12
n°33741865
Profil sup​primé
Posté le 25-03-2013 à 09:01:21  answer
 

talbazar a écrit :

80% de notre belle jeunesse qui passe ici veut d'ailleurs vendre avant d'être lue, c'est pas comme ma voisine, qui ne me fait pas cadeau, la vilaine.

 

Pour commencer, revois tes double négations ; ta phrase frôle l'incompréhensible.

 

Ensuite, je ne suis plus de "belle jeunesse" et je te prie de garder ton ton condescendant pour toi.

 

Et pour terminer, j'imagine que tu conchies tout les auteurs qui vendent leurs bouquins ?


Message édité par Profil supprimé le 25-03-2013 à 09:02:04
n°33742390
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 25-03-2013 à 09:57:35  profilanswer
 

Exact, cette phrase n'a pas de sens.  
Le ton de ta deuxième phrase est condescendant.
Je me fous complètement des auteurs qui font des fautes à doubles négations.
Je te souhaite bon courage, le net est ton ami.

n°33763430
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 26-03-2013 à 19:52:26  profilanswer
 

http://img11.hostingpics.net/pics/186207tumblrm84k1sF1cT1qz78azo11280.jpg

 


Extrait n° 5

 

Le docteur Jason détestait cette manie de Jeanne de se ronger la joue en permanence. Elle qui était plutôt laide, cet hideux tic nerveux lui tirait le portrait pour la faire ressembler malgré elle à un tableau de Francis Bacon. Elle se mâchouillait les lèvres par intermittence, pour une raison obscure uniquement connue de son hippocampe, gonflée d’une seule pommette, et le menton toujours aimanté par son oreille droite. S’ensuivait un rictus aussi fulgurant que détestable, qui tapait à chaque fois sur le système de Jason. Cela durait trente secondes à peine. Ensuite, elle reprenait un visage impassible sans autre façon, jusqu’à la prochaine grimace qui ne tardait guère. L’opération surprenait le vis-à-vis, au début, puis il s’habituait à cet outrancier rituel, parce qu’il signait la personnalité de jeanne plus surement que l’avenance de son sac à main, et obligeait ses interlocuteurs à la plus grande des indulgences devant cette énervante disgrâce.

 

– Ma chère Jeanne, on a voulu tuer le 112, vous n’auriez pas, par hasard, une piste sur laquelle je pourrais faire travailler les flics ?

 

– Et pourquoi moi, docteur ? Elle croisa les jambes.

 

– Parce que vous êtes la dernière à l’avoir quitté, et la première arrivée sur les lieux.

 

Elle décroisa les jambes. Ses genoux ressemblaient à des trucks de skate-board. Jason y porta discrètement un regard amical, mais sans complaisance. S’efforçant malgré tout de vivre, Jeanne soupira en recroisant les cuisses. Puis elle les décroisa à nouveau en soupirant au milieu de la mise en abîme dans laquelle la plongeait Jason, parce que devant l’indifférence du docteur, elle pensait toujours pouvoir l’apprivoiser malgré la sempiternelle errance où la plongeait sa dépréssion chronique. Elle n’osait pourtant pas lever complètement le voile sur toutes les questions qu’elle se posait sur lui, mais elle aurait juré que Gwendoline le suçait. Bien sur, il feignait de ne pas voir le manège de ses jambes qu‘elle froissait avec crûdité, mais elle était touchée par sa propension louable à mystifier ce détail. Fallait-il qu’elle transforme l’impudeur en véritable spectacle, surtout qu’elle n’avait pas de culotte ? Elle remua les reins sur sa chaise, oubliant sur le champ son père alcoolique et sa mère psychotique, pour ouvrir à Jason son âme tourmentée. Aveuglée par les néons, elle fut victime d’un accès lacrymal, rompue à la stimulation, au paraître, à la simulation, ce qui rendit aussitôt Jason froid et distant devant ce symbole d’innocence frappé d’injustice :

 

– C’est vous, salope ?

 

– Ah docteur, mais comment pouvez-vous me croire coupable d’une atrocité pareille ? J’en suis incapable. Elle croisa les chevilles en se frottant sur la chaise.

 

– Si c’est le cas je vous mettrais au secret dans un asile d’aliéné, avec les jeunes néo-nazis au crâne rasé. Je sais comment pensent les hommes, mais hélas pas les femmes. Vous êtes tellement cruelle avec Gwendoline, qui est si admirable. A cause d’elle je m’interroge de plus en plus sur ma quête vis à vis du pouvoir, des médias, de l’argent et du contenu de mon armoire à pharmacie.

 

En regardant s’agiter la gourmette en or de Jason, Jeanne apercevait son innocence bafouée et sa fierté brisée, mais comment rendre compte de sa réalité ? Elle s’efforça d’occulter toute interprétation simpliste ou manichéenne, en essayant d’aller tout au bout du chemin qu’elle traçait sur sa chaise, en évitant de glisser dans un sombre pathos. Par le plus grand des hasards, elle tomba sur son clitoris en recroisant les jambes, et s’ensuivit une grande aventure qui lui procura une jubilation à laquelle elle ne prêta cependant guère attention, compte tenu de sa position de présumée coupable. Devant la vision de sa petite chatte, entre les genoux flageolants de Jeanne, Jason laissait s’intercaler ses questions et ses réflexions confuses, prêt à la faire réagir pour qu’elle ne s’oublie pas elle-même. Son envie de savoir était la plus forte, et le poussait à avancer. Un noyau de mystère, tout à coup, l’animait, un glissement du réel, un basculement vers un autre possible. Sous son bureau, se jouait une métamorphose dérangeante et violente, mais par un étrange virage, il ne la pensait plus coupable.


Message édité par talbazar le 27-03-2013 à 19:04:56
n°33782420
lazarock
And a pizza with pepperoni !
Posté le 28-03-2013 à 11:51:10  profilanswer
 

Salut les choubidous !
 
Une petite question..
M'est il possible de publier ici quelques textes sans que ce ne soient des éléments d'un livre en cours d'écriture ? :o
J'aimerai bien avoir quelques avis sur ceux ci afin d'afiner et améliorer mes futurs écrits.
En fait ce sont des exercices de style que je m'impose, en vue de continuer un ouvrage commencé il y a de ça un an, et que j'ai arrêté parce que je tournais en rond dans mes descriptions.
J'essaie de faire lire ce que j'écris à un grand nombre, de niveaux différents (lecteurs, auteurs débutants, auteurs aguerris, non lecteurs...), afin d'avoir un panel d'avis assez large et faire quelque chose qui suive les conseils prodigués, tout en restant dans ce que j'aime à écrire.


---------------
Expert es-COGIP2000, RH patenté
n°33782458
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 28-03-2013 à 11:54:00  profilanswer
 

lazarock a écrit :

Salut les choubidous !
 
Une petite question..
M'est il possible de publier ici quelques textes sans que ce ne soient des éléments d'un livre en cours d'écriture ? :o
J'aimerai bien avoir quelques avis sur ceux ci afin d'afiner et améliorer mes futurs écrits.
En fait ce sont des exercices de style que je m'impose, en vue de continuer un ouvrage commencé il y a de ça un an, et que j'ai arrêté parce que je tournais en rond dans mes descriptions.
J'essaie de faire lire ce que j'écris à un grand nombre, de niveaux différents (lecteurs, auteurs débutants, auteurs aguerris, non lecteurs...), afin d'avoir un panel d'avis assez large et faire quelque chose qui suive les conseils prodigués, tout en restant dans ce que j'aime à écrire.


 
Je ne pense pas qu'il y ait de problèmes ! En ce qui me concerne moi-je, comme je l'ai dit sur le topic atelier, j'aime bien en général relire et commenter les textes des autres parce que ça conduit souvent à un exercice intellectuel intéressant.


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Expos et muséesÉgyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°33782668
lazarock
And a pizza with pepperoni !
Posté le 28-03-2013 à 12:08:28  profilanswer
 

biezdomny a écrit :


 
Je ne pense pas qu'il y ait de problèmes ! En ce qui me concerne moi-je, comme je l'ai dit sur le topic atelier, j'aime bien en général relire et commenter les textes des autres parce que ça conduit souvent à un exercice intellectuel intéressant.


 :jap:  
 
Bon, il faut imaginer "Grand Archives - Sleepdriving" en fond sonore.
 
Note avant la lecture : Ce sont des scènes fictives.
 
 
Lettre ouverte à une somptueuse créature.
 
"Et si...
 
Et si pour une fois, j’étais l'observateur ?
 
Et si pour une fois j’étais mon propre protagoniste ?
 
Je suis assis dans le fond de la salle, branché tel un automate sur la seule prise fonctionnelle d’un local chaleureux, une pièce où l’on aime à venir apprendre de nouvelles choses.
 
Lundi matin, les trois quarts de matinée fraichement entamés, nous sommes une centaine d’étudiants, éparpillés dans un amphithéâtre confortable où il fait froid.
 
Un cours d’oncologie, dispensé par une Grecque, où personne ne semble réellement passionné par ce qu’elle nous dispense, objectivement intéressant,  subjectivement barbant.
 
Lumière vive sur les ailes, tamisées sur le centre, l’envie de dormir ne manque pas, et pourtant, je n’arrive pas à fermer les yeux, à les éloigner longtemps de toi.
 
Ah, je reconnais bien là la malveillance de mon cœur, attiré par des femmes au physique de rêve, à la bonté démesurée.
 
Tu es là, si proche et si loin à la fois, à la limite entre l’ombre et la lumière, une symbolique que je ne manque pas de remarquer et qui résonne en moi comme un orgue au sein d’une église, tu te tiens droite, fière et sublime, attelée à quelques tâches qui me sont inconnues.
 
A seulement trois mètres sur ma droite, je t’observe et te contemple, discret et gêné, sans que tu ne puisses le voir.
 
Un ruban noir autour du cou, une veste bistre sur les épaules, de jolis cheveux sombres dissimulant ta nuque, tes oreilles, un œil. J’aperçois par intermittence tes formes modelées par un haut violet, embrassant ta chair ; m’embrasant, pauvre hère.
 
Un regard lancé à ta voisine, quelques paroles échangées, et je peux voir ton visage dans son intégralité. Ton front dégagé, m’inspirant la pureté d’un agneau, d’une fleur de lotus, conclusion d’une symphonie en cinq actes.
 
Alors que l’ambiance devient tonitruante à cause d’une praticienne venue déranger le déroulement du cours, ton regard croise le mien, à plusieurs reprises. Peut-être suis-je en train de rire trop fort, peut-être n’est ce que mon imagination.
 
 
 
Recommence la symphonie.
 
 
 
Introduction somptueuse, orchestrée par ton menton, arrondi et rentré, un tapis de vents mettant en avant les premiers solistes, tes lèvres symétriques.
 
Souvent closes et resplendissantes d’un rose pâle, un rose discret en accord avec le reste de ton corps, toutes tes paroles sonnent et chacun de tes mots retentit comme une assemblée de flûtes jouant à l’unisson. Tes lèvres sont les becs de ces instruments, de fines lames que j’aimerais sentir trancher ma peau, remonter le long de mon cou pour s’appliquer tout contre mes lèvres, fines et longues.
 
Alors que le solo s’estompe et que la mélodie reprend de sa superbe, j’entends se réveiller les basses et les cuivres.
 
Ton nez, pic arrondi et relevé protégeant tes douces lèvres, claironne comme les euphoniums, présent, imposant, mais pourtant invisible. Créé pour rester discret, créé pour rester décoratif, ce nez n’est pas sans me rappeler tes oreilles, qui apparaissent alors que tu passes des doigts agiles le long de tes cheveux soyeux. Petites et arrondies, je m’amuse à constater que tout ton corps est à cette image, évitant les angles douloureux, sans pour autant être circulaire. Un corps comme façonné pour ne jamais blesser, pour toujours combler.
 
Tes yeux sombres et intrigants, pourtant vif et joyeux, me renvoient en plein visage une vague d’énergie revigorante, tels les cuivres déchainés rentrant en transe, puissants et imposants, sans jamais être dérangeants. Des yeux agréables à regarder, calmes et reposants malgré l’improbable brouhaha qu’ils génèrent en moi.
 
 
 
Le reste de ton corps est à cette image.
 
 
 
Te voyant t’éloigner alors que vient la pause, je peux contempler avec admiration tes jambes fastueuses, simplement et doucement supportées par des pieds de ballerine. Je devine sous ta veste une taille de rêve, peut-être pas celle des magazines de modes mais en tous cas la mienne. Une taille qui me comble d’envies, celle de t’enlacer, de te caresser, embrasser chaque parcelle de cette femme charnelle qui une fois encore regarde dans ma direction, me sourit.
 
Alors que je viens à penser à regarder ton buste, ton haut violet m’interpelle, me rappelle les limites à ne pas dépasser, et je laisse à ma curiosité la rage de ne pas tenter de deviner ce qui se cache sous ce vêtement améthyste.
 
Mon regard se pose encore une fois sur ton visage, et j’aime ce visage.  Je l’observe avec douceur, profite de chacun de ses mouvements, de chacune de ses formes comme si c’était la dernière fois que j’y avais droit.
 
Est-ce malvenu que d’admirer une belle personne sans jamais le lui dire ? Peut-être. En tous les cas, cela me permet de contenter ses yeux quelques temps encore.
 
Ces regards et ces sourires m’étaient destinés, je le sais.
 
C’est agréable de recevoir tant d’attention.
 
Peu m’importe que ton cœur, que ton corps, ou que ton esprit ne soient tout dévoués à un autre, tout ce que j’aimerai, c’est te connaître un peu plus, savoir qui se cache sous ce physique enjôleur, ne serait ce qu'y apposer un prénom, car tu le sais, je ne suis pas doué pour m'en souvenir.
 
Je suis un hère bien tête en l'air.
 
 
 
 Peut-être te reconnaitras tu, et laisseras tu un nom, un mot comme on signe une lettre."
 
 
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
Petit papillon de nuit
 
"Lumière rotative, portative, balayant la rue et ses maisons prenant vie, immobiles et silencieuses, seulement dérangées par le cri strident mais intermittent d'un engin de vie, un engin de mort, un engin d'espoir et de désespoir. Importe ce qu'il transporte.
 
Nuit noire sur les champs et les rangées de vignes, il faudra encore attendre pour que le soleil sorte de sa torpeur quotidienne, enivrante et nécessaire, et nous darde de ses rayons ardents, Ô combien précieux en ces temps austères.
 
On peut apercevoir un arrêt avec indiqué quelques horaires, vétuste souvenir d’une époque révolue.
 
Dans cette cacophonie générale, seulement  entrecoupée par un changement de ton précédant le retour au ton précédent, reste un heureux homme qui profite de cette nuit interminable, tranquillement allongé, résistant aux agressions dont ses sens pourraient être les victimes. Résistant au chant des sirènes, solidement attaché à son mat le dirigeant vers des songes meilleurs, résistant aux illuminations d'illuminés, de pauvres fous égarés ne cherchant qu'à le sortir de son lit robuste, ne cherchant qu'à l'éveiller, le réveiller. Posé tout contre lui, comme une broche accrochée sur son col, un papillon sortant de sa chrysalide, hésitant encore à prendre son envol.
 
Quelques voitures l'encerclent, les ombres se pressent et s'affairent, resserrant leur étreinte, tout en expulsant quelques badots trop curieux. Que se passe-t-il ? Incendie ? Incident ?
 
Non. Rien de tout cela.
 
Mais qu'est-ce donc que ce vacarme assourdissant autour de ce lit si confortable ?
 
Quelle raison peut bien pousser ces visages sans figures, ces doigts sans empreintes, à tripoter, à fouiller et à déshabiller ce pauvre hère sans défenses ?
 
A bien s’y attarder, le voici habillé d’une jolie chemise rouge et boutonnée quoi que déchirée à de multiples endroits, dérobée à des gens heureux sans doutes, un agréable pantalon en velours noir taché ci et là de terre et liquides incongrus, et de somptueuses, enfin ce qu’il en reste, chaussures en cuir. Avec un papillon, un compagnon fier et fidèle, posé sur son épaule découverte.
 
Non loin de lui une veste sombre gisante, raide et impassible, veillant sur le jeune homme comme l’on veille sur un enfant malade.
 
« Que font toutes ces voitures autour de moi ? Laissez-moi dormir ! pense-t-il »
 
 Torse nu et chemise déchirée, pour un instant, pour un instant seulement le voici admiré par l’assistance.
 
Cette assemblée assoiffée de sang, avide de tragédie, ne pouvant subsister sans avaler les immondices régurgitées par les médias corrompus, ces nouveaux prophètes fumant, fumeux se retrouvait servie d’un plat délicieux, quoi qu’un peu froid.
 
Il fait froid, que quelqu’un ferme cette porte !
 
Le vent se met peu à peu à balayer les cheveux de l’aréopage, contemplant le torse bondir sous la puissance des anodes et des cathodes disposées ci et là sur ce buste inanimé.
 
La pluie commence à filtrer, à s’écouler pour au final n’être qu’un fin filet destiné à humecter les lèvres roses, perlées de rouge, de cet indolent vermisseau. Une rivière nettoyant ses vêtements crasseux, ses plaies béantes et son sang sur le goudron.
 
Toujours endormi, malgré ces spasmes imposés, malgré ces hurlements sinistres retentissants dans tout le voisinage, malgré ces flashs effrayants balayant son corps à la recherche de quelques traces, de quelques fluides, rien ne semble pouvoir l’éveiller à son statut d’Homme. Le papillon reste impassible, endormi tout contre l’épaule solide du bel homme.
 
Au loin, on entend les murmures, les sanglots d’un homme d’âge moyen s’expliquant avec des hommes habillé d’un beau costume bleu malgré l’heure précoce de cette journée de février.
 
« Pourquoi pleure-t-il ? se demande le jeune homme Pourquoi m’interdire de m’endormir, loin de cette folie, loin de ces ridicules successions d’évènements sans intérêt ? Il fait tellement froid, il fait tellement sombre..»
 
Puis, alors que son esprit tentait vainement de trouver des réponses à ces interrogations, il commença petit à petit à disparaitre dans les ténèbres, à épouser et n’être que ce qu’il est né. Un animal des ténèbres, une sombre personne vivant dans la nuit noire, fascinée par la lumière, fascinée par ces ampoules arrivant à vive allure, désireux de les attraper. Un débile ayant toujours envié les enfants nés dans la lumière, quand lui n’arrivait pas à sortir de ses ténèbres mentales.
 
 
 
 
 
Le papillon a une fois de trop été attiré par la lumière."
 
 
--------------------------------------------------------------------------------
 
J'en ai d'autres sous le coude, de styles bien différents, plus proches de ce que je faisais avant, d'autres plus personnels, moins dans l'expérimentation.


---------------
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