kfman a écrit :
Pas de bol pour toi, j'indexe les articles de presse depuis 4 ans...
(classé par ordre chronologique, comme ça tu apprécieras la "modernisation"...)
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La pauvreté, qui touchait 3,7 millions de personnes en 2001, à nouveau en hausse
LEMONDE.FR | 08.04.04 | 20h13 La pauvreté des personnes âgées a reculé de 85 % sur les trente dernières années, mais celle des ménages salariés, dans lesquels figurent les chômeurs ayant déjà travaillé, a progressé de 38 % du fait de la crise économique et sociale.
La pauvreté, qui a nettement reculé jusqu'en 2001 en France sous l'effet d'une conjoncture favorable et de politiques publiques de prestations sociales, est probablement repartie à la hausse depuis 2002, selon l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale qui a rendu public, jeudi 8 avril, son troisième rapport annuel. Ce constat intervient alors que Jacques Chirac a demandé au nouveau gouvernement Raffarin de tirer les leçons de la débâcle de la droite parlementaire aux élections régionales en veillant "à la cohésion sociale".
La pauvreté, mesurée comme la part de la population dont le revenu est inférieur à 50 % du revenu médian (600 euros mensuels en 2001), a fortement reculé entre 1970 et 2001, a souligné Bertrand Fragonard, le président de l'Observatoire. "Sur le long terme, on constate une très forte baisse de la pauvreté, qui est passée de 15 % de la population en 1970 à 6,1 % en 2001, soit 3,7 millions de personnes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
"Depuis 2002, il y a une probable inflexion à la hausse de la pauvreté", indique toutefois l'Observatoire, en soulignant l'augmentation du nombre des allocataires du RMI, qui a progressé de 1,4 % en 2002 et de 4,9 % en 2003. Il attribue pour partie cette évolution à la dégradation de la conjoncture.
Le recul de la pauvreté a été "très inégal selon les catégories de ménages", a précisé M. Fragonard. La pauvreté des personnes âgées a ainsi reculé de 85 % sur les trente dernières années, tandis que celle des ménages salariés, dans lesquels figurent les chômeurs ayant déjà travaillé, a progressé de 38 % du fait de la crise économique et sociale.
Bertrand Fragonard a indiqué que les "travailleurs pauvres", c'est-à-dire les personnes actives plus de six mois dans l'année et ayant effectivement occupé un emploi pendant au moins un an, représentaient un million de personnes. Il a aussi rappelé les chiffres du CERC (Conseil supérieur de l'emploi, des revenus et des coûts), qui évalue à un million le nombre d'enfants vivant dans des familles sous le seuil de pauvreté. Il a toutefois indiqué que la diminution du nombre des familles nombreuses avait contribué à la baisse du taux de pauvreté, mais la montée de la monoparentalité a eu l'effet inverse.
Bertrand Fragonard a souligné que le changement de nature de la pauvreté, qui frappe des ménages plus jeunes et plus exposés au risque d'exclusion sociale, s'accompagne aussi d'une "rotation" élevée des ménages pauvres. "Plus de 40 % des ménages pauvres une année ne le sont plus l'année suivante", a-t-il indiqué, en citant une étude européenne.
RÔLE-CLÉ DES PRESTATIONS SOCIALES
Les travaux de l'Observatoire font ressortir à cet égard l'importance stratégique des prestations sociales dans le revenu des ménages pauvres. Le taux de pauvreté mesuré avant leur prise en compte atteint d'ailleurs 13,1 %. Le revenu du dernier décile (les 10 % de la population dont les revenus sont les plus faibles) est ainsi constitué à hauteur de 50 % de transferts sociaux.
L'Observatoire fait valoir que l'indexation des prestations sociales, le plus souvent sur les prix, limite l'amélioration de la situation des familles pauvres. Il cite tout particulièrement l'indexation des aides au logement, la jugeant "contestable" dans la mesure où elle est loin de suivre l'évolution des loyers, ce qui se traduit par une forte augmentation de la part du revenu des ménages pauvres et modestes consacrée au logement. "Au total, la situation des familles pauvres ne s'améliore que lentement", résume le rapport.
Il se penche aussi sur le débat "des trappes à pauvreté", aux termes duquel plus les prestations destinées aux ménages pauvres sont élevées, plus elles peuvent décourager l'acceptation d'un travail, surtout s'il est de courte durée ou si la rémunération est faible. "Il faut relativiser les aspects purement monétaires de ce débat", a fait valoir Bertrand Fragonard, en rappelant que l'incitation au travail dépend de beaucoup d'autres facteurs que le seul écart de revenus.
Il a surtout indiqué que depuis la création du RMI, l'écart entre le RMI et le revenu des travailleurs pauvres a plutôt eu tendance à s'accroître. Tout en rappelant que le revenu des allocataires du RMI n'a pas diminué, il a déclaré que celui des "travailleurs pauvres" avait fortement augmenté sous l'effet d'une série de mesures ciblées : hausse du smic, réforme de la taxe d'habitation, institution de la couverture-maladie universelle, réforme de l'allocation-logement et prime pour l'emploi.
Le rapport souligne d'ailleurs la complémentarité des prestations sociales et des politiques de l'emploi dans la lutte contre la pauvreté. L'Observatoire indique que la réforme de l'assurance-chômage devrait a priori renforcer cette année la probable inflexion à la hausse de la pauvreté enregistrée depuis 2002. Bertrand Fragonard a toutefois pris soin de souligner que le texte du rapport avait été arrêté avant l'annonce par Jacques Chirac de la suspension de la réforme visant à réduire la durée de l'allocation spécifique de solidarité, versée aux chômeurs en fin de droits.
Avec Reuters
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Le nombre de bénéficiaires du RMI a considérablement augmenté
LEMONDE.FR | 15.03.05 | 21h12 Les associations d'aide aux exclus ont rappelé, mardi, qu'elles cherchent à alerter les pouvoirs publics "depuis plusieurs mois". Plus d'un million de personnes vivent en France du revenu minimum d'insertion (RMI), soit une hausse de 9 % en 2004 par rapport à 2003. Cette forte augmentation, qui atteste d'une montée de la pauvreté et frappe en particulier les jeunes et les plus de 50 ans, est signalée depuis plusieurs mois par les associations. L'augmentation en 2004 est près de deux fois supérieure à celle de 2003 (+ 5,3 %). 1,061 million de personnes perçoivent 417,88 euros par mois contre 973 000 fin 2003, a révélé, mardi, le quotidien Les Echos. Selon les chiffres de ce journal, confirmés par la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF), en charge du RMI, cette hausse représente 88 000 allocataires de plus en un an et près de 150 000 depuis la remontée entamée au printemps 2002.
A lui seul, le dernier trimestre 2004 a été marqué par une augmentation avec 20 000 bénéficiaires de plus, soit au hausse de 1,9 %, un nouveau coup dur pour le gouvernement quelques semaines après que la courbe du chômage eut atteint le cap des 10 % de la population active.
Bien que la publication officielle de ces chiffres ne soit prévue que dans le courant de la semaine, la CNAF, les syndicats de salariés et les associations de lutte contre la pauvreté et l'exclusion ont souligné de concert qu'ils n'étaient "pas surpris" par cette évolution. "On s'attendait à de tels chiffres, compte tenu de la conjoncture économique et des récentes réformes des modes d'indemnisation du chômage, qui exclut nombre de demandeurs d'emploi", a déclaré la présidente de la CNAF, Nicole Prud'Homme. "Les principales victimes sont sans surprise les deux extrémités de la chaîne professionnelle, soit les jeunes et les plus de 50 ans, ces derniers rencontrant de graves difficultés pour se réinsérer à l'issue de périodes de chômage un peu longues", regrette Mme Prud'Homme.
LES ASSOCIATIONS EN PREMIÈRE LIGNE
Les associations d'aide aux exclus, telles qu'ATD Quart monde, le Secours catholique et le Secours populaire, confrontées en première ligne à la montée de la pauvreté en France, rappellent qu'elles cherchent à alerter les pouvoirs publics "depuis plusieurs mois". "La situation ne fait que s'aggraver, en particulier celle des familles mono-parentales et des familles nombreuses", explique Gilbert Lagouanelle, directeur institutionnel du Secours catholique. "Il faut rapidement trouver des solutions aux parcours professionnels hachés, chaotiques auxquels sont confrontés les gens, avec le développement des contrats à durée déterminée et de l'intérim qui les poussent dans le RMI", poursuit-il.
Le Secours populaire a enregistré "en 2004 une hausse comprise entre 15 et 20 % des demandes d'aide dans ses permanences d'accueil". "Ces demandes n'émanent pas uniquement de RMIstes, des personnes qui ont un emploi sont également dans le besoin, l'emploi ne protège plus aujourd'hui en France de la pauvreté", explique Marc Castille, secrétaire national de l'association.
Jean-Claude Quentin, secrétaire confédéral de Force ouvrière, insiste sur "la persistance de la hausse du nombre de RMIstes". "La hausse est continue depuis 2000, à cause de la précarisation de l'emploi qui interdit à un nombre élevé de personnes de générer des droits importants à l'assurance chômage", a déploré M. Quentin.
Les associations de défense des chômeurs et précaires, AC! et l'Apeis ont dénoncé, mardi, dans deux communiqués la politique du gouvernement et de l'Unedic après cette annonce. "Le choix de favoriser la politique des grands patrons et des actionnaires a un coût social et humain terrible qui fait survivre des millions d'entre nous avec des revenus d'un autre âge", dénonce l'Association pour l'emploi, l'information et la solidarité des chômeurs et précaires (APEIS).
La forte hausse du nombre d'allocataires du RMI, "parallèle à la précarisation massive de l'emploi, est en grande partie le résultat des choix faits par les gestionnaires de l'Unedic de réduire massivement la protection sociale", estime, de son côté, Agir contre le chômage (AC!).
Avec AFP
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France des pauvres
LE MONDE | 24.02.06 | 14h09 Mis à jour le 24.02.06 | 14h09
L'Observatoire national de la pauvreté vient de rendre public son quatrième rapport. Même s'il fait preuve de prudence et reconnaît l'existence d'une marge d'incertitude "non négligeable", le tableau qu'il dresse de la société française est inquiétant : loin de régresser ou seulement de se stabiliser, "la tendance à la baisse de la pauvreté monétaire semble s'être inversée en 2003, vraisemblablement sous l'effet de la dégradation de la conjoncture économique" à partir de la mi-2001.
En 2003, 3 694 000 personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté - 50 % du revenu médian, soit 645 ¤ par mois pour une personne seule -, soit 260 000 personnes de plus qu'en 2002. Si l'on prend le seuil retenu dans l'Union européenne - 60 % du revenu médian, soit 774 ¤ par mois - le chiffre est encore plus accablant avec 7 015 000 pauvres ! Le taux de pauvreté, qui était, en 2002, de 5,9 % de la population française, est remonté à 6,3 % en 2003.
L'analyse des évolutions sur la longue période pourrait, à première vue, relativiser le constat. En 1970, au terme de la période dite des "trente glorieuses", caractérisée par une forte expansion de la richesse nationale, le taux de pauvreté était encore de 12 %. Et entre 1970 et 1990 (6,6 %), on a assisté, selon l'Observatoire, à une "diminution significative" de la pauvreté.
Ce reflux réel a été suivi, pendant près de quinze ans, d'une "quasi-stagnation". A partir de 1996, au lendemain de la première élection de Jacques Chirac - dont nul n'oublie qu'il avait fait campagne sur une "fracture sociale" qui, disait-il alors, plaçait la société "à la merci d'une explosion sociale qui peut intervenir sans délai" -, on a même observé une diminution quasi-constante de la pauvreté jusqu'en 2002. S'il avait été loin d'engager une action à la hauteur pour prétendre résorber la pauvreté, le gouvernement de Lionel Jospin ne l'avait pas aggravée.
Le signal alarmant envoyé par l'Observatoire est que le mouvement est reparti à la hausse. Les indicateurs complémentaires disponibles - nombre de bénéficiaires des minima sociaux ou envolée, en 2005, des RMIste - renforcent ce constat. L'Observatoire s'inquiète ainsi de la "grande précarité d'une large partie de la population, pour qui le moindre incident peut signifier un basculement dans une situation de pauvreté". Il peut suffire d'un simple décrochage des revenus de remplacement ou de transfert par rapport aux salaires, pour que le basculement s'opère.
A quatorze mois de l'élection présidentielle, dans une société d'autant plus abîmée socialement qu'elle a tendance à minimiser, voire à occulter, la pauvreté, il serait temps que les responsables politiques prennent la mesure du fléau. En 2007, mieux qu'en 1995, ils devront dire aux Français comment ils entendent s'attaquer à la réduction de la "fracture sociale".
Article paru dans l'édition du 25.02.06
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Tu vas nous sortir comme argument vaseux maintenant ? La décorellation de la cause et de l'effet ?
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