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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°23650475
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 15:48:26  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

Betcour a écrit :


La hausse de quelques points du capital dans la VA ne démontre en rien que les "actionnaires exigent des rendements à deux chiffres". Comme l'explique Camelot, ça tiens logiquement à une meilleure fluidité du capital permise par la financiarisation et la mondialisation. Si le capital est plus fluide il est plus à même de s'investir de façon optimale, de même que les travailleurs mobiles peuvent partir à l'étranger chercher de meilleurs salaires (ce dernier élément expliquerait aussi aisément la progression plus rapide des hauts salaires : ce sont des travailleurs plus mobiles)


Fluidité de quoi ? Cette part a augmenté de 4%. C'est un fait. En quoi revenir par exemple à 2% de moins seraient néfastes à l'économie ? Ces 4% sont indispensables, on ne peut faire sans ? Ca n'est pas les actionnaires qui s'en sont foutus plus dans les poches, mais une nécessité absolue ?

 

Qu'est-ce qui justifie cette hausse de 4% pendant que les salaires, eux, baissent ?

 
Citation :


D'ailleurs tu ne m'as toujours pas dit de quel rendement il s'agit ? Je pense qu'en fait personne ne le sait, car cette histoire est un truc sorti d'un chapeau et qui a force d'être répété a pris valeur de vérité universelle.


Je ne sais pas, c'est un bruit de fond assourdissant qu'on entend depuis des années, mais bon :D

 

Et je t'ai cité hier un article sur un livre d'économistes qui parlait de ça. Mais ça doit être des mauvais économistes. Surement.

 

La dérive financière du capitalisme moderne, le pognon pour le pognon, elle existe et elle est néfaste.

 

Je te remet le passage quand même :

 
Citation :


Dans le même temps, les exemples proposés de modèles qui réussissent (Royaume-Uni, Suède, Espagne) doivent leur succès à des augmentations de salaires qui suivent celles de la productivité, ou à des créations d'emplois. Bref, Patrick Artus et Marie-Paule Virard aimeraient bien que les entreprises s'engagent moins dans une course au rendement financier et nourrissent plutôt la demande en redistribuant à leurs salariés les plus qualifiés une partie de leurs profits et en investissant, au lieu d'amasser des trésors.


Message cité 1 fois
Message édité par Ernestor le 17-08-2010 à 15:53:18
mood
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Posté le 17-08-2010 à 15:48:26  profilanswer
 

n°23650763
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 16:05:54  profilanswer
 

vandepj0 a écrit :


Les gars, je suis sur le cul, c'est intéressant en ce moment!!! :??:  


 

vandepj0 a écrit :


10 travailleurs qui rapportent 200, 1 inactif.
Un travail possible pour l'inactif qui rapporte 8.
La communauté considère qu'il est indécent de vivre avec moins que 10.
2 solutions:
=> Tu mets un salaire minimum à 10 et l'inactif est chômeur, on taxe chacun 1 pour payer 10 un chômeur qui ne rapporte rien. (Le gâteau à partager reste de 200)
=> Tu propose un complément de revenu jusqu'à 13, l'inactif prend le boulot à 8, et chacun paye 0,5 pour compléter le revenu du travailleur à faible valeur ajoutée. (Le gâteau à partager passe à 208)


Je comprend bien ce raisonnement, sauf que tu oublies de prendre un truc en compte : l'état donne déjà 2 pour qu'on paye les gens à 10.
 
En effet, l'état subventionne très largement les salaires au SMIC. Un emploi au SMIC coûte en pourcentage bien moins qu'un salaire plus élevé. D'ailleurs c'est bien tout le problème, c'est pour ça qu'on a un tassement des salaires, les classes moyennes se rapprochant du SMIC.  
 
Maintenant, supposons que tu ne mettes plus de limite basse de salaires. Des entreprises vont payer certains salariés à 8 ou 7. Il faudra que l'état finance en plus 2 ou 3 par salaire en plus, pour atteindre le 10 qui reste le minimum à assurer. Ca va lui couter cher aussi (ce que tu ne prends pas vraiment en compte ici). Sans compter qu'il sera toujours en train de subventionner les emplois à 10, 11 ou 12 via ses allégements de charges.
 
La question générale est donc : les salaires sont donc TOUS trop chers et on ne pourra jamais avoir des salaires décents sans que l'état intervienne ?  
 

vandepj0 a écrit :


Le partage du temps de travail est une piste intéressante mais il faut bien avoir conscience que cela revient à choisir de travailler moins pour gagner moins (i.e. on diminue la productivité annuelle individuelle). C'est un échange de confort contre du temps, et pas une solution miracle.
 
Les effets positifs en plus de l'échange temps => confort sont aussi:
 => Une meilleure productivité horaire (plein de jobs où la mécanisation / informatisation ont généré des amélioration potentielles de la productivité, mais non réalisée car des gens tenaient les jobs et on ne les vire pas) car moins d'embauches à réaliser que la diminution horaire.
 =>  
 => La réduction du temps de travail a pour conséquence négative une consommation plus importante de l'investissement en formation car il faut former individuellement plus de personnes pour faire le même boulot.  


Je ne suis pas d'accord pour la hausse de la productivité horaire. C'est un point néfaste pour la lutte contre le chômage. C'est ce qu'il s'est passé pour les 35h, et c'est ce qui a au final limité la création d'emplois. Donc une diminution du temps de travail doit se faire à productivité horaire égale, pour assurer la meilleure répartition du travail et donc la plus grande création d'emplois.
 

vandepj0 a écrit :


Les gens sont payés en fonction de la valeur ajoutée qu'ils créent et du pouvoir économique qu'ils détiennent, et les rémunérations sont la conséquence de la liberté de la fixation du prix du travail, bref du marché.  
C'est à mon avis le système le plus efficace pour optimiser l'allocation des ressources humaines au travail.  
 
Par contre, les besoins en ressources de chacun pour qu'il mène sa vie et celle de sa famille sont différents du prix du travail des actifs du foyer, alors que c'est la clef de répartition actuellement utilisée pour les ressources.  
 
=> Soit tu essaies d'intervenir sur le marché du travail, et tu construis un modèle proche du communisme.
=> Soit tu tentes de corriger à postériori par des mécanismes redistributifs (impôts positifs et éventuellement négatifs)


On est pas obligé de tomber dans le communisme :D
 
Il y a eu l'exemple des emplois jeunes. Ok, c'était pas génial, mais c'était des emplois, utiles en très grande partie, pour 5 ans, financés par l'état. Ca peut être une piste à re-explorer.
 

vandepj0 a écrit :


Oui quand on parle du monde d'hier et d'aujourd'hui.
A mon avis, l'enjeu de demain est le vieillissement de la population, et la quantité de travail qu'il va être nécessaire de mobiliser pour gérer de façon convenable la fin de vie de nos aînés.  
 
D'abord, ils ne travaillent plus et donc ne contribuent plus à la contribution de richesse, se reposant sur le travail des autres.  
 
De plus, la part de la santé dans le PIB est de 10%, à mon avis cela va exploser dans les années à venir.  
Or la productivité des travailleurs dans le domaine de la santé (et notamment de la dépendance) est difficile à améliorer (tant qu'on aura pas développé les robots à torcher les vieux).
Ce qui veut dire qu'on aura a mobiliser beaucoup de travailleurs pour gérer ces vieux, et qu'il va donc falloir beaucoup améliorer la productivité dans les autres secteurs pour supporter le coût de la fin de vie de nos aînés, par une augmentation du temps de travail ou de la période d'activité par exemple.


Donc ce qu'on peut conclure de ce que tu dis, c'est que le vieillissement de la population va créer des emplois en masse pour assurer le besoin autour des vieux ?
 
Par contre, qui va financer ces emplois ? L'état en grande partie, il y aura pas de miracles. Idem pour la santé.

n°23650894
Betcour
Building better worlds
Posté le 17-08-2010 à 16:11:56  profilanswer
 

Ernestor a écrit :

Fluidité de quoi ? Cette part a augmenté de 4%. C'est un fait. En quoi revenir par exemple à 2% de moins seraient néfastes à l'économie ? Ces 4% sont indispensables, on ne peut faire sans ? Ca n'est pas les actionnaires qui s'en sont foutus plus dans les poches, mais une nécessité absolue ?


Comme expliqué par badcow, le partage de la VA ne se décrète pas : c'est un équilibre qui se créé en fonction de l'organisation économique du pays. On décrète pas qu'on va fixer le partage à tel ou tel niveau, on fait des réformes structurelles qui, éventuellement, aboutiront à changer cet équilibre. Par ex. si on venait à bout du chômage, la part du travail remonterait puisque les salariés seraient en position de force pour négocier des hausses de salaire.
 

Citation :

Je ne sais pas, c'est un bruit de fond assourdissant qu'on entend depuis des années, mais bon :D


Comme la prime de charbon à la SNCF, la petite cuillère qui empêche le champagne de s'éventer, etc.
 
Je sais bien que ce cliché tourne partout depuis des décennies, mais il est jamais sourcé, jamais expliqué (puisque personne ne sait de quel rendement on parle, donc l'affirmation est très vague) et illogique (les rendements attendus par les investisseurs dépendent de beaucoup de paramètre, il est absurde de parler d'une règle absolue). On pose ça comme si c'était une évidence alors qu'en fait c'est du vent, mais ça fait partie des mots clés à placer obligatoirement dans tout texte critique des actionnaires (sinon tu perds 3 points :o).
 
En fait c'est comme si tu me disais qu'un avion va à 200. 200 quoi ? Tu sais pas, mais il va à 200, tout le monde le dit, donc ça doit être vrai. Comment veut tu prendre au sérieux une affirmation pareille ?
 

Citation :

Je te remet le passage quand même :


Ben oui, y'a des économistes qui prônent la relance par la demande, c'est pas un scoop. Y'en as qui prônent le contraire : nous voilà bien avancé :/


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°23650952
Betcour
Building better worlds
Posté le 17-08-2010 à 16:15:16  profilanswer
 

Ernestor a écrit :

La question générale est donc : les salaires sont donc TOUS trop chers et on ne pourra jamais avoir des salaires décents sans que l'état intervienne ?


Je reprend ce point parce qu'il y a une incompréhension majeure : baisser le SMIC ne veut pas dire baisser le salaire des gens qui sont actuellement au SMIC. S'ils gagnent le SMIC, c'est qu'ils génèrent une VA > SMIC (les employer est rentable).

 

Baisser le SMIC permet de créer de nouveaux emplois, ceux dont la VA est insuffisante pour justifier un salaire au SMIC actuel. Ce n'est donc pas que les salaires sont trop élevés, c'est que le seuil du SMIC est trop haut pour rendre certains emplois viables.

Message cité 3 fois
Message édité par Betcour le 17-08-2010 à 16:16:08

---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°23651370
sidela
Posté le 17-08-2010 à 16:37:54  profilanswer
 

Citation :

L'agence de notation Moody's a expliqué, mardi 17 août, que la France, les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne s'étaient encore rapprochés du moment où ils allaient perdre leur note maximale "AAA" en raison de leurs difficultés budgétaires.  
 
http://www.challenges.fr/actualite [...] oodys.html


 [:max evans]

n°23651385
korrigan73
Membré
Posté le 17-08-2010 à 16:38:46  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Je reprend ce point parce qu'il y a une incompréhension majeure : baisser le SMIC ne veut pas dire baisser le salaire des gens qui sont actuellement au SMIC. S'ils gagnent le SMIC, c'est qu'ils génèrent une VA > SMIC (les employer est rentable).
 
Baisser le SMIC permet de créer de nouveaux emplois, ceux dont la VA est insuffisante pour justifier un salaire au SMIC actuel. Ce n'est donc pas que les salaires sont trop élevés, c'est que le seuil du SMIC est trop haut pour rendre certains emplois viables.


donc tu veut creer des emplois precaires en fait. je note.
ensuite, baisser le smic ca crerai une trappe a bas salaire.
dans une economie minée par le chomage, les gens se battent pour obtenir un emploi. et donc, ca tire encore un peu plus les salaires vers le bas si tu abaisses le seuil minimal...


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El predicator du topic foot
n°23651669
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 17-08-2010 à 16:55:47  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :


donc tu veut creer des emplois precaires en fait. je note.
ensuite, baisser le smic ca crerai une trappe a bas salaire.
dans une economie minée par le chomage, les gens se battent pour obtenir un emploi. et donc, ca tire encore un peu plus les salaires vers le bas si tu abaisses le seuil minimal...


 
ce qui est bien parce que quand les gens flippent à mort on en tire le meilleur


---------------
" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°23651694
Betcour
Building better worlds
Posté le 17-08-2010 à 16:57:51  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

donc tu veut creer des emplois precaires en fait. je note.


Non : tu confonds "emploi précaire" et "emploi à faible valeur ajoutée".
 

Citation :

dans une economie minée par le chomage, les gens se battent pour obtenir un emploi. et donc, ca tire encore un peu plus les salaires vers le bas si tu abaisses le seuil minimal...


Sauf que justement, baisser le SMIC fera baisser le chômage : c'est justement le but. Donc ça ne tirera pas les salaires vers le bas (ça devrait même faire l'inverse)


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"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°23651696
korrigan73
Membré
Posté le 17-08-2010 à 16:57:58  profilanswer
 

Magicpanda a écrit :


 
ce qui est bien parce que quand les gens flippent à mort on en tire le meilleur


"c'est par la concurrence qu'on tire le meilleur d'une personne". maxime liberale.  
ca fait froid dans le dos...  
et pour les mettre en concurrence on crée sciemment du chomage et en plus on rajoute la concurrence avec le chinois en semi esclavage a 14h 6/7jours...


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El predicator du topic foot
n°23651715
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 17-08-2010 à 16:58:47  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :


"c'est par la concurrence qu'on tire le meilleur d'une personne". maxime liberale.  
ca fait froid dans le dos...  
et pour les mettre en concurrence on crée sciemment du chomage et en plus on rajoute la concurrence avec le chinois en semi esclavage a 14h 6/7jours...


 
bien quoi, vous pourriez être en esclavage 7 jours sur 7 alors "c'est mieux que rien"


---------------
" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
mood
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Posté le 17-08-2010 à 16:58:47  profilanswer
 

n°23651803
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 17:05:15  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Je reprend ce point parce qu'il y a une incompréhension majeure : baisser le SMIC ne veut pas dire baisser le salaire des gens qui sont actuellement au SMIC. S'ils gagnent le SMIC, c'est qu'ils génèrent une VA > SMIC (les employer est rentable).

 

Baisser le SMIC permet de créer de nouveaux emplois, ceux dont la VA est insuffisante pour justifier un salaire au SMIC actuel. Ce n'est donc pas que les salaires sont trop élevés, c'est que le seuil du SMIC est trop haut pour rendre certains emplois viables.


Tu as aussi mal compris ce que j'ai dit.

 

Aujourd'hui, on constate un tassement des salaires, par le bas, un alignement vers le SMIC. Et toi et d'autres, vous nous dites que le SMIC est trop haut pour payer certains salaires.

 

D'où ma question : est-on encore capable de payer des salaires, disons plutôt l'énorme majorité des salaires, les plus bas ? Le fonctionnement de l'économie actuelle le permet-il quand on voit que ça passe son temps à baisser et qu'en plus les bas salaires sont subventionnés par l'état (et le seront encore plus pour les salaires sous le SMIC) ?

Message cité 3 fois
Message édité par Ernestor le 17-08-2010 à 17:06:08
n°23651925
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 17:12:44  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Comme expliqué par badcow, le partage de la VA ne se décrète pas : c'est un équilibre qui se créé en fonction de l'organisation économique du pays. On décrète pas qu'on va fixer le partage à tel ou tel niveau, on fait des réformes structurelles qui, éventuellement, aboutiront à changer cet équilibre. Par ex. si on venait à bout du chômage, la part du travail remonterait puisque les salariés seraient en position de force pour négocier des hausses de salaire.


On est bien d'accord. Et je n'ai JAMAIS dit qu'il fallait décider ou décréter la part de la VA. Ca va faire que 10 fois que je m'explique là dessus, mais bon.
 
Il faut en effet des réformes structurelles accompagné d'un changement de mentalité voire même d'idéologie dominante.
 

Citation :


Comme la prime de charbon à la SNCF, la petite cuillère qui empêche le champagne de s'éventer, etc.
 
Je sais bien que ce cliché tourne partout depuis des décennies, mais il est jamais sourcé, jamais expliqué (puisque personne ne sait de quel rendement on parle, donc l'affirmation est très vague) et illogique (les rendements attendus par les investisseurs dépendent de beaucoup de paramètre, il est absurde de parler d'une règle absolue). On pose ça comme si c'était une évidence alors qu'en fait c'est du vent, mais ça fait partie des mots clés à placer obligatoirement dans tout texte critique des actionnaires (sinon tu perds 3 points :o).
 
En fait c'est comme si tu me disais qu'un avion va à 200. 200 quoi ? Tu sais pas, mais il va à 200, tout le monde le dit, donc ça doit être vrai. Comment veut tu prendre au sérieux une affirmation pareille ?
 
Ben oui, y'a des économistes qui prônent la relance par la demande, c'est pas un scoop. Y'en as qui prônent le contraire : nous voilà bien avancé :/


Lis et commente la partie de la phrase que tu préfère, plutôt que celle que j'ai mise en gras ...
 
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je te rappelle que ce bouquin de Patrick Artus, qui n'est pas un gauchiste assoiffé du sang du capital, s'intitule : "le capitalisme est-il en train de s'auto détruire ?". L'idée défendue là, et pas que par lui mais par plein d'autres économistes, est qu'il y a une pression énorme qui s'exerce sur les entreprises pour produire un rendement maximum au point d'en arriver à mettre en danger la viabilité à moyen ou long terme de ces entreprises car ça les oblige à rogner sur leur investissement.
 
Il y a eu une très bonne interview de Patrick Artus à ce sujet il y a quelques années d'ailleurs, parue dans Le Monde ou Libé, mais je n'arrive plus à remettre la main dessus :/
 
Donc maintenant il y a deux options :
- Ces économistes là ne savent pas de quoi ils parlent, ils balancent des affirmations en l'air sans aucune source ni preuves ou ne sont là que pour faire du sensationnalisme et toi tu as raison, rien n'a fondamentalement changé ces dernières décennies.
- Tu es un déni de réalité parce que ça te dérange tout ça et ne colle pas à ton idéologie
 
Tu penses bien que mon choix est assez vite fait :whistle:

n°23652032
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 17:21:05  profilanswer
 

Une analyse d'un forumeur de boursorama, en Janvier 2006, qui cite lui aussi ces économistes qui racontent n'importe quoi :
 
http://www.boursorama.com/forum-ma [...] 42762283-1
 

Citation :


Pour Jean Peyrelevade, « le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. A la base, trois cents millions d'actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d'âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d'enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s'appuient sur les règles du "gouvernement d'entreprise" et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d'entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d'entreprendre. Ainsi le capitalisme n'est pas seulement le modèle unique d'organisation de la vie économique mondiale : il est devenu "total" au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses ». Cette absence de contre-pouvoir confine à la Dictature. Pour l’auteur des taux exponentiels de croissance des profits de 15% annuels ne sont tout bonnement pas tenables, avec un taux de croissance mondial de 3% en moyenne entraînant des déséquilibres financiers à terme destructeur pour le système en lui-même.
 
Dans la même logique, Patrick Artus va encore plus loin à commencer par le titre de son ouvrage « Le capitalisme est-il en train de s'autodétruire ? ». « La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s'aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d'une telle captation de richesses. Cet ouvrage met en avant ce paradoxe : c'est au moment où le capitalisme n'a jamais été aussi prospère qu'il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu'il s'agit d'un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d'utile de ses milliards, qui n'investit pas, qui ne prépare pas l'avenir. Face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c'est l'absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l'investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent de réformer profondément la gestion de l'épargne, d'imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n'évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales.  

n°23652066
Badcow
Posté le 17-08-2010 à 17:23:13  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Tu as aussi mal compris ce que j'ai dit.
 
Aujourd'hui, on constate un tassement des salaires, par le bas, un alignement vers le SMIC. Et toi et d'autres, vous nous dites que le SMIC est trop haut pour payer certains salaires.  
 
D'où ma question : est-on encore capable de payer des salaires, disons plutôt l'énorme majorité des salaires, les plus bas ? Le fonctionnement de l'économie actuelle le permet-il quand on voit que ça passe son temps à baisser et qu'en plus les bas salaires sont subventionnés par l'état (et le seront encore plus pour les salaires sous le SMIC) ?


 
Premier point, le salaire moyen augmente d'année en année (sauf peut être pour 2009 par rapport à 2008), d'où sors-tu cette ritournelle "des salaires qui passent leur temps à baisser" ?
 
Pour le reste, c'est un peu logique, vu que les gains de productivité sont de l'ordre de 1,7% par an, les salaires bruts ne peuvent pas progresser beaucoup plus vite sans effet négatifs.
 
Ces dernières années, le SMIC a augmenté largement plus vite que cela, et les cotisations sociales ont bien augmentées elles aussi, bilan sur le 1,7% annuel la plupart des gens n'en ont vu que 0,6% en moyenne annuelle, c'est comme cela que les salaires moyens se font rattraper petit à petit par le SMIC.
 
Une solution serait d'investir dans de nouveaux moyens de production pour revenir vers une augmentation de la productivité de 4-5% comme ce qui était le cas dans les années 50-60, mais pour cela il faut du capital... premier écueil.
 
Deuxième écueil, on dépense de plus en plus de richesses dans le bien être de nos aînés, ce qui est louable mais comme c'est un domaine où la productivité est par essence très faible et où les gains de productivité à venir semblent inexistants, et bien la situation n'est pas près de s'améliorer...


---------------
"The birds don't fly at the speed of sound" - "There's no replacement for displacement"
n°23652086
vandepj0
Posté le 17-08-2010 à 17:24:29  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


 
 
Je comprend bien ce raisonnement, sauf que tu oublies de prendre un truc en compte : l'état donne déjà 2 pour qu'on paye les gens à 10.
 
En effet, l'état subventionne très largement les salaires au SMIC. Un emploi au SMIC coûte en pourcentage bien moins qu'un salaire plus élevé. D'ailleurs c'est bien tout le problème, c'est pour ça qu'on a un tassement des salaires, les classes moyennes se rapprochant du SMIC.  
 
Maintenant, supposons que tu ne mettes plus de limite basse de salaires. Des entreprises vont payer certains salariés à 8 ou 7. Il faudra que l'état finance en plus 2 ou 3 par salaire en plus, pour atteindre le 10 qui reste le minimum à assurer. Ca va lui couter cher aussi (ce que tu ne prends pas vraiment en compte ici). Sans compter qu'il sera toujours en train de subventionner les emplois à 10, 11 ou 12 via ses allégements de charges.
 
La question générale est donc : les salaires sont donc TOUS trop chers et on ne pourra jamais avoir des salaires décents sans que l'état intervienne ?  


Les baisses de charges pour les salariés au SMIC sont déjà une forme d'impôt négatif permettant à un salarié de toucher le SMIC alors que la valeur ajoutée qu'il produit n'est pas suffisante pour le justifier.
 
Et oui, beaucoup de salaires sont trop chers, et font peser des charges importantes sur les salaires des gens qui eux produisent une valeur ajoutée importante, d'où le sentiment de "tassement vers le SMIC".  
 
Mais c'est finalement une forme d'égalitarisme, les seuls y échappant étant ceux qui sont en dehors du système général (derniers décile, centile, millile et autres...)

Ernestor a écrit :


 
Je ne suis pas d'accord pour la hausse de la productivité horaire. C'est un point néfaste pour la lutte contre le chômage. C'est ce qu'il s'est passé pour les 35h, et c'est ce qui a au final limité la création d'emplois. Donc une diminution du temps de travail doit se faire à productivité horaire égale, pour assurer la meilleure répartition du travail et donc la plus grande création d'emplois.


Ta vocation est elle de vivre pour travailler?  
Moi non, et c'est pour cela que je considère toute augmentation de la productivité horaire comme un progrès qui me permet de travailler moins ou de consommer plus.

Ernestor a écrit :


Donc ce qu'on peut conclure de ce que tu dis, c'est que le vieillissement de la population va créer des emplois en masse pour assurer le besoin autour des vieux ?
 
Par contre, qui va financer ces emplois ? L'état en grande partie, il y aura pas de miracles. Idem pour la santé.


C'est tout le problème, du boulot il y en aura, mais du boulot désagréable et peu qualifié.  
 
Ce qui veut dire qu'on va faire peser des charges encore plus importantes sur les actifs qualifiés pour financer la fin de vie des vieux et les boulots associés. (L'Etat, c'est nous!!!)
 
Bref, le niveau de vie risque de ne pas augmenter pendant quelques décennies, vu la charge que cela représente.

Ernestor a écrit :


Aujourd'hui, on constate un tassement des salaires, par le bas, un alignement vers le SMIC. Et toi et d'autres, vous nous dites que le SMIC est trop haut pour payer certains salaires.  
 
D'où ma question : est-on encore capable de payer des salaires, disons plutôt l'énorme majorité des salaires, les plus bas ? Le fonctionnement de l'économie actuelle le permet-il quand on voit que ça passe son temps à baisser et qu'en plus les bas salaires sont subventionnés par l'état (et le seront encore plus pour les salaires sous le SMIC) ?


Heureusement qu'il reste des emplois très productifs pour financer le système. Mais au global, oui, on s'endette et on redistribue pour garantir un niveau de vie minimal au plus grand nombre.
 
Ce niveau de vie devra peut-être bientôt diminuer pour être en phase avec ce que collectivement nous produisons réellement.

n°23652133
Profil sup​primé
Posté le 17-08-2010 à 17:27:33  answer
 

Citation :

Joseph Stiglitz, pourfendeur des plans de sortie de la crise
 
L’auteur s’est fait connaître à la fois comme prix Nobel d’économie 2001 et également comme critique radical des pratiques du FMI, qu’il a dénoncées dans son livre « La grande désillusion ». Il vient de publier « Le triomphe de la cupidité », que je vous recommande vivement.
 
Une analyse de la crise
 
Joseph Stiglitz propose une bonne synthèse, centrée sur les Etats-Unis. Pour lui, la cause est financière : « il y avait une bulle, et elle a éclaté, en apportant la dévastation dans son sillage. Cette bulle était alimentée par des prêts douteux des banques, qui acceptaient pour nantissement des actifs dont la valeur était gonflée par la bulle. Des innovations récentes ont permis aux banques de cacher une bonne partie de leurs prêts pourris, de les retirer de leur bilan, et d’accroître ainsi leur effet de levier, ce qui a rendu la bulle encore plus grosse et le chaos quand elle a éclaté encore plus grave ».
 
« La crise n’est pas un cataclysme qui serait ‘arrivé’ aux marchés financiers ; elle est de fabrication humaine : Wall Street se l’est lui-même infligée, à lui et au reste de la société. » Il dénonce le rôle d’Alan Greenspan, mis en place par Ronald Reagan pour favoriser une déréglementation à laquelle Paul Volcker était moins favorable. Il dénonce la course trimestrielle aux profits et la titrisation, qui permet surtout aux banques d’empocher de juteuses commissions et qui a relâché l’évaluation des prêts du fait qu’ils sont ensuite sortis des comptes.
 
Joseph Stiglitz décrit un monde financier mal conçu où les différentes incitations poussent tous les acteurs à adopter un mauvais comportement. Les prêts hypothécaires étaient conçus de manière à maximiser les gains des banques et la titrisation leur permettait de ne pas vraiment faire attention au risque de remboursement. Enfin, les modèles étaient mal étudiés pour prévoir les risques de risque puisque selon ceux couramment utilisés, « le type de krach boursier qui s’est produit le 19 octobre 1987 ne pouvait survenir qu’une fois toutes les 20 milliards d’années »…
 
L’auteur en profite pour dénoncer les excès d’un système inégalitaire puisque le revenu réel médian des ménages a baissé de près de 4% de 2000 à 2008 (alors que le prix de l’immobilier s’envolait et que le PIB par habitant a cru de 10%), preuve que seule une petite minorité en profitait. La croissance était alimentée par le crédit, les extractions hypothécaires des ménages pouvant représenter jusqu’à 7% du PIB en une année. Et cette inégalité se retrouve dans les aides aux banques alors que les ménages surendettés voient leur maison saisie : « les spéculateurs sont mieux traités que les travailleurs ».
 
Une critique féroce des administrations Bush et Obama
 
Joseph Stiglitz a la dent dure avec le précédent président, dont il rappelle toutes les déclarations infirmées par la réalité. Son analyse détaillée du TAARP (le plan de sauvetage des banques) fait froid dans le dos : 150 milliards de dollars pour acheter les votes du Congrès, les 180 milliards pour AIG. Il affirme même que les contribuables ont été « volés ». Il dénonce le fonds de rachat d’actifs toxiques, financé à 92% par l’Etat, qui en supporte les pertes mais ne recevra que 50% des profits (le reste allant au secteur privé, qui, en plus, peut se délester de ses actifs les plus pourris).
 
Mais il n’est guère moins dur avec Barack Obama, dont il qualifie la stratégie de « navigation à vue ». Pour lui, « il est frappant que le président Obama, qui avait fait campagne en promettant le changement auquel on peut croire, n’ait que légèrement redisposé les fauteuils sur le pont du Titanic ». Il dénonce le deux poids deux mesures d’une administration pour laquelle « les contrats des cadres supérieurs d’AIG étaient sacro-saints, mais les accords salariaux des ouvriers des entreprises automobiles qui recevaient de l’aide devaient être renégociés ».
 
Il souligne aussi les avantages que Goldman Sachs a tirés du sauvetage d’AIG (13 milliards de dollars) ou les milliards de bonus distribuées par des entreprises qui n’avaient pourtant dû leur survie qu’à l’aide de l’Etat. En un sens, il dénonce le gouvernement des banques, qui tirent profit de leur taille pour imposer la collectivisation de leur perte alors qu’elles conservent bien les profits. Il dénonce également les cadeaux de la Fed à l’ensemble du système bancaire. Il souligne enfin que cela correspond à la logique des plans de sauvetage du FMI, qui protègent toujours les créanciers occidentaux…
 
Joseph Stiglitz jette toute son autorité dans une analyse impitoyable qui montre la responsabilité des banques, qui ont engrangé d’immenses profits avant d’être sauvées par l’Etat alors que les citoyens ont triplement perdu : leur maison, la facture du TAARP et parfois leur emploi.
 
Source : Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », LLL, Les Liens qui Libèrent
 
Demain, Joseph Stiglitz, théoricien d’un autre système économi


n°23652164
Betcour
Building better worlds
Posté le 17-08-2010 à 17:29:46  profilanswer
 

Ernestor a écrit :

D'où ma question : est-on encore capable de payer des salaires, disons plutôt l'énorme majorité des salaires, les plus bas ? Le fonctionnement de l'économie actuelle le permet-il quand on voit que ça passe son temps à baisser et qu'en plus les bas salaires sont subventionnés par l'état (et le seront encore plus pour les salaires sous le SMIC) ?


La question est "quels salaires" ? Certains se suffisent à eux même sans l'intervention de l'état.
 
Il faut a mon avis prendre le problème de façon globale :
1) il y a des emplois pour tout le monde (y'a toujours une activité qui a besoin d'être faite), donc virtuellement le moyen d'avoir 0 chômage
2) chaque emploi ne peut exister que si la rémunération de celui qui l'occupe est inférieure à la VA qu'il produit. Un portier d'hôtel dégage peut de VA, donc pour que son emploi existe il faut que son salaire soit bas, ce qui nécessite un SMIC inférieur ou inexistant.
3) dans une économie sans chômage (et sans SMIC) les salaires vont s'aligner sur un % de la VA qu'ils dégagent. Ce qui veut dire des gens mal payés (le portier en question) et d'autres très bien payé (le joueur de foot)
4) là dessus rien n'interdit de redistribuer par la fiscalité de l'argent de ceux qui sont bien payés aux autres pour que tout le monde est un minimum décent
 
Fondamentalement on fait déjà un peu tout ça (RSA, allocs, exonérations & co), là il s'agit de remettre à plat et de régler le problème du chômage. C'est une approche qui s'apparente aux concepts de flexi-sécurité : on laisse le marché faire, et on intervient en aval (directement au niveau de l'individu) pour corriger d'éventuels problème via une politique redistributive.


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"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°23652218
zad38
Posté le 17-08-2010 à 17:32:58  profilanswer
 

Ernestor a écrit :

T'as toujours pas compris :D

 

Je suis pas en train de parler d'un truc "bon, cette année, on va filer X à machin et Y à bidule". Je parle d'une tendance, d'une évolution globale, sur plusieurs années et même décennies. Pas d'un truc ultra strict et précis.

 

Comme je l'ai dit juste avant, en 30 ans, la part des revenus du capital a pris 4%. Ca a pas été décidé, ça c'est pas fait avec un +0,2% par an prévu à l'avance. Mais ça c'est fait, cette part a augmenté, à cause du contexte. L'idée, c'est d'inverser cette tendance et par exemple de finir, dans 10 ou 20 ans, à avoir fait passer ces 4% de plus aux salariés et à ce que la rémunération du capital reviennent à ce qu'il était il y a 30 ans.


Nan mais là en fait c'est moi qui pensait que t'avais mal compris ce que je disais vu que t'étais parti sur les maitres du monde, donc c'est bon touvabien  [:theorie des lavabos]

Ernestor a écrit :

Ce qui n'est pas rigolo, c'est que tu persistes à refuser de me lire sans déformer mes propos. Ce que tu dis là, je l'ai écrit noir sur blanc, et pas qu'une fois. Exemples :


J'admets, c'est pas très sérieux de ma part. J'ai du trop me focuser sur la phrase "Et c'est sans prendre en compte le fait que ça va booster l'économie, 1 million de travailleurs, ça consomme bien plus qu'1 million de chômeurs"  :o

Ernestor a écrit :

Ces emplois créés en plus, par principe, ce sont ce que tu appelles des emplois viables.

 

Ensuite ce qu'il faut ensuite prendre en compte, et je rejoins là Serpico, c'est qu'il faut maximiser l'intérêt pour les êtres humains. Et donc en soi, répartir le travail comme tu l'as détaillé au dessus, d'un point de vue gestion économique, c'est peut-être sans intérêt (avoir un mec qui bouche des trous c'est pas utile), mais ça permet à tout le monde d'avoir un boulot. C'est là l'essentiel. Et ensuite, on est pas obligé de le faire avec une baisse de salaire pour les autres salariés, puisque le but est aussi de prendre l'argent nécessaire ailleurs (les 4% du capital dont je parle au dessus).


Bah si, l'argent du capital ce sont de futurs revenus pour d'autres personnes [:spamafote]

Ernestor a écrit :

Là tu tombes dans la caricature :D Le riche, même quand tu lui prends plus d'argent, il reste toujours riche. Donc ton bijoutier vendra toujours, moins au riches, mais aussi des bijoux moins chers à l'ancien chômeur qui ne l'est plus.


Tu peux retourner la chose dans tous les sens, les 1000 que tu prends au capital pour donner au chômeur ce sera forcément 1000 de moins dans les revenus globaux du reste de la population. Ensuite oui selon la répartition cela peut se faire de manière plus ou moins indolore et la situation sociale sera meilleure. Mais c'est de la répartition, cela ne booste pas l'économie sauf si le chômeur se met à produire des richesses utiles.

 

Et sinon que penses-tu de ce passage :

Citation :

Car les emplois que tu comptes créer, soit ils sont viables et dans ce cas on se demande bien pourquoi ils n'existent pas déjà, soit ils ne le sont pas et dans ce cas ça se résume bien à de la redistribution (le comble c'est que s'ils ne sont que presque viables par exemple, ta politique reviendrait plus ou moins à une suppression du smic + impôt négatif, soit ce qui est prôné par certains libéraux).


Car ton idée reviendrait plus ou moins à taxer le capital pour subventionner les emplois pas assez rentables (sinon on peut penser qu'ils existeraient déjà naturellement).

Message cité 1 fois
Message édité par zad38 le 17-08-2010 à 17:37:19
n°23652316
Betcour
Building better worlds
Posté le 17-08-2010 à 17:40:04  profilanswer
 

Ernestor a écrit :

Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je te rappelle que ce bouquin de Patrick Artus, qui n'est pas un gauchiste assoiffé du sang du capital, s'intitule : "le capitalisme est-il en train de s'auto détruire ?".


Artus est un peu à gauche quand même. Il a le doit d'avoir une opinion, il ne détient pas pour autant la vérité absolue. Je peux te citer d'autres économistes bien sous tout rapports qui diront exactement l'inverse. Donc citer Artus ne démontre rien en soit, pas plus que citer Marx ne prouve que le capitalisme ne marche pas ou que citer Jésus démontre que le catholicisme est la seule vrai religion.
 

Citation :

L'idée défendue là, et pas que par lui mais par plein d'autres économistes, est qu'il y a une pression énorme qui s'exerce sur les entreprises pour produire un rendement maximum au point d'en arriver à mettre en danger la viabilité à moyen ou long terme de ces entreprises car ça les oblige à rogner sur leur investissement.


L'idée est intéressante mais elle est étayée par quels arguments factuels et quelle logique ? Où est l'hécatombe d'entreprises ruinées par cette course au rendement ? Comment on faisait avant ? Des entreprises qui cherchent le profit maximal, c'est un peu leur raison d'être.


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"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°23652332
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 17-08-2010 à 17:41:40  profilanswer
 

non mais le capitalisme tiendra sans doutes plus longtemps que l'espèce humaine :D


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°23652333
zad38
Posté le 17-08-2010 à 17:41:41  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

donc tu veut creer des emplois precaires en fait. je note.
ensuite, baisser le smic ca crerai une trappe a bas salaire.
dans une economie minée par le chomage, les gens se battent pour obtenir un emploi. et donc, ca tire encore un peu plus les salaires vers le bas si tu abaisses le seuil minimal...


Tu raisonnes comme si le réservoir de chômeurs était infini. Convertir les chômeurs en travailleurs plus ou moins précaires ça permettrait au contraire de rééquilibrer l'offre-demande en faveur des salariés. L'employeur ne pourra plus dire "y'a 10% de chômage donc t'acceptes ou tu te casses, je prendrai le suivant".

Magicpanda a écrit :

ce qui est bien parce que quand les gens flippent à mort on en tire le meilleur


Magicpanda a écrit :

bien quoi, vous pourriez être en esclavage 7 jours sur 7 alors "c'est mieux que rien"


Ca va, tranquille le pourrissage de conversation ? :/

Message cité 1 fois
Message édité par zad38 le 17-08-2010 à 17:42:55
n°23652372
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 17-08-2010 à 17:44:21  profilanswer
 

zad38 a écrit :


Tu raisonnes comme si le réservoir de chômeurs était infini. Convertir les chômeurs en travailleurs plus ou moins précaires ça permettrait au contraire de rééquilibrer l'offre-demande en faveur des salariés. L'employeur ne pourra plus dire "y'a 10% de chômage donc t'acceptes ou tu te casses".


 
 
 

zad38 a écrit :


Ca va, tranquille le pourrissage de conversation ? :/


 
on pourrai penser que c'est du pourissage mais en l'occurence ce sont les principes qui orientent aujourd'hui le fonctionnement de l'économie mondiale.
 
Lawrence Summer, l'ancien président d'harvard aujourd'hui principal conseiller économique d'Obama disait qu'il fallait se résigner à ce que les jeunes filles du tiers monde soient payées quelques centimes pour coudre des basket nike parce que sinon c'était la prostitution


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°23652777
Camelot2
Posté le 17-08-2010 à 18:19:46  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Je repose alors ma question de hier qui n'a pas eu de réponse :
 
Sur le graphique posté hier par Camelot2, on voit nettement que la part redistribuée en dividendes au capital a augmenté de manière linéaire et continue pour atteindre 4% de plus (du PIB je crois, mais qu'on me corrige)  au milieu des années 2000 par rapport à 1977.
 
Donc les choses sont claires : il y a une augmentation constante depuis 30 ans de la part du PIB qui va aux actionnaires.  
 
Après tu peux me toujours me raconter que c'est un mythe, mais il va falloir contester ces chiffres alors.


 
Je sais que l'interprétation des chiffres est une science soumise à l'idéologie mais il ne faudrait pas pousser bobonne.
Prendre 1977 qui est l'année la plus basse au niveau des distributions de dividendes (2.81%) pour ensuite dire: depuis, ça a augmenté linéairement...sous-entendu: "c'est la faute des dividendes!" est un signe certain de manipulation. Tout comme prendre 1982 comme année de référence.
 
Or, si l'on exclut la période 2000-2010 qui est marqué par une augmentation anormale des dividendes (car se faisant au détriment de l'épargne, retenez ce critère, c'est important), on obtient une moyenne depuis 1950 de 4.51%. (+/- 1% de std). On peut donc raisonnablement construire un "couloir" d'allocations "normales" de dividendes [3.5,5.5].
 
On constate que, ce qui sort de ce couloir c'est: la période de récession à partir de 75 jusqu'en 1982-84 (à la baisse), et la période 95-07 (à la hausse).
 
Le déséquilibre "depuis 30 ans" qu'Ernestor veut donc nous faire gober n'en est pas un...Et l'objectif est assez évident: "si ça va mal depuis 30 ans, c'est en grande partie à cause des dividendes/actionnaires". Bien entendu, Ernestor évite soigneusement de parler de l'augmentation des cotisations qui, elles, connaissent une augmentation quasi-constante de 1950 à 1997. Lorsqu'on passe d'un côté de 18 à 28% et de l'autre de 5% à 8%, il y a tout de même un ordre de grandeur à appliquer. Comme disait BadCow, les dividendes ont bouffé les miettes qui restaient.
 
N'est-ce pas curieux, par ailleurs, que les cotisations se stabilisent presque au même moment que les dividendes sortent de leur couloir? Si on raisonne en terme d'accumulation du patrimoine, pas vraiment. Mais c'est une autre histoire...
 
Sinon, je plussoie le plussoyage de Betcour concernant l'inégalité de mobilité entre le travail et le capital qui s'est accru avec la mondialisation. Du coup, lutter contre ce partage de la VA semble être du ressort de Don Quichotte. Par contre, adopter des mécanismes annexes pour ponctionner ceux qui profitent de cette mobilité des capitaux (suivez mon regard  :o ) semblent inévitables. Car cette diminution de 2-3 point en faveur de l'EBE n'est pas propre à la France et à son chômage de masse, même si les trajectoire des autres pays sont parfois disparates.
 

n°23653340
python
Posté le 17-08-2010 à 19:12:06  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Je repose alors ma question de hier qui n'a pas eu de réponse :
 
Sur le graphique posté hier par Camelot2, on voit nettement que la part redistribuée en dividendes au capital a augmenté de manière linéaire et continue pour atteindre 4% de plus (du PIB je crois, mais qu'on me corrige)  au milieu des années 2000 par rapport à 1977.
 
Donc les choses sont claires : il y a une augmentation constante depuis 30 ans de la part du PIB qui va aux actionnaires.  
 
Après tu peux me toujours me raconter que c'est un mythe, mais il va falloir contester ces chiffres alors.


 
 
C'est simple
 
Modigliani et Miller (1963) ont démontré que le paiement de dividendes n'influence en rien la valeur de l'entreprise.  Il s'agit simplement d'une reclassification des bénéfices non répartis car le prix de l'action diminue proportionnellement du dividende payé.  L'effet est nul donc les actionnaires ont compris que pour générer une plus-value il faut compter beaucoup sur le gain en capital.  C'est pourquoi les actionnaires principaux se votent leur propres rémunérations et ont adopté d'autres politiques de capital moins restrictives que la politique de dividende résiduelle.  Donc la durée de détention des actions a diminué, les produits dérivés sont rendus plus populaires pour tenter de combler les lacunes des autres politiques de capital.
 
En fait on devrait plutôt dire que les petits actionnaires ont perdu par rapport aux gros actionnaires qui ont plus de possibilités de décisions d'investissements que les petits actionnaires.


Message édité par python le 17-08-2010 à 19:27:20
n°23653473
python
Posté le 17-08-2010 à 19:29:18  profilanswer
 

Magicpanda a écrit :

non mais le capitalisme tiendra sans doutes plus longtemps que l'espèce humaine :D


 
Il ne profite qu'au personnes les plus riches.  Quand à ceux qui sont pauvres il ont déjà des barreaux dans les roues avant même la naissance.  
 

n°23653512
otobox
Maison fondée en 2005
Posté le 17-08-2010 à 19:34:09  profilanswer
 


 
C'est vrai que lorsqu'on achète une maison, si on la revend dans les 5 ans, on paye un impôt plus cher. C'est quelque chose mis en place pour limiter la spéculation immobilière.
On pourrait étendre cette taxe à l'ensemble du marché boursier. Il n'y aurait que des avantages.
 
Pour le smic, l'exonération des taxes c'est peut être le constat d'un salaire minimum trop élevé, c'est aussi le constat d'un taux de profit plus important pour le patron. Faut pas l'oublier non plus ;)


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OtObOxBlOg - - - Etre seul à avoir tort  c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que d'avoir raison avec une bande de cons
n°23653544
otobox
Maison fondée en 2005
Posté le 17-08-2010 à 19:39:21  profilanswer
 

Volkhen a écrit :


Mais je suis tout à fait d'accord pour que des gens fassent ce genre de choses. Mais pas qu'on oblige tout le monde à faire ce choix. Les mecs qui font ça dans le Midi, je respecte. Le gars qui vient dire en gros "ça serait bien que les immigrés viennent en France vivre comme des paysans du début du siècle comme ça je pourrais payer du bio à moins cher", je respecte un poil moins.


Je n'ai pas parlé d'obligation, j'ai parlé de volontariat. Obliger les gens n'a jamais fonctionné, il faut qu'ils soient un minimum motivés.
 
Ensuite, j'ai aussi parlé de profiter des progrès techniques, en évitant les erreurs du passé. Ca ne veut pas dire retour à la terre battue, cuisine dans la cheminée, éclairage à la bougie et aller chercher de l'eau au puits !
 
Je suis bien conscient que les débuts seraient assez difficiles, un mode de vie assez spartiate, mais comparé au mode de vie que certains rencontrent dans les grands ensembles, ça me semble mieux (mais j'ai peut être tort, ne connaissant pas la vie dans les banlieues, seulement un peu à la campagne).


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OtObOxBlOg - - - Etre seul à avoir tort  c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que d'avoir raison avec une bande de cons
n°23653599
yoyo173
Posté le 17-08-2010 à 19:46:11  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Je repose alors ma question de hier qui n'a pas eu de réponse :
 
Sur le graphique posté hier par Camelot2, on voit nettement que la part redistribuée en dividendes au capital a augmenté de manière linéaire et continue pour atteindre 4% de plus (du PIB je crois, mais qu'on me corrige)  au milieu des années 2000 par rapport à 1977.
 
Donc les choses sont claires : il y a une augmentation constante depuis 30 ans de la part du PIB qui va aux actionnaires.  
 
Après tu peux me toujours me raconter que c'est un mythe, mais il va falloir contester ces chiffres alors.


 
Ben tu as raison, y a pas à tortiller.
"Entre 1970 et 2007, la part des revenus distribués aux actionnaires dans le partage des profits a plus que doublé ! Les dividendes expliquent la majeure partie de cette évolution, passant de 7% de l'EBE en 1973 à 16% en 2007 !"
En plus, c'est pas 1977 qui est choisi, pour contenter tout le monde :).
http://www.financieredechamplain.f [...] fiees.html
 
Mais bon, il est vrai qu'il serait absurde de vouloir prétendre le contraire.  
 
 

n°23653608
otobox
Maison fondée en 2005
Posté le 17-08-2010 à 19:47:13  profilanswer
 

Serpico7 a écrit :


 
Et je suis pas sur que tout le monde soit d'accord en Ardeche en plus :D
 


La campagne, ce n'est pas qu'en Ardèche, hein ;) Mais c'est un des problèmes, en effet : faire accepter l'arrivée de citadins, des étrangers même pas de France de surcroît, ne doit pas être forcément facile. Mais en expliquant les effets bénéfiques de ces arrivées, par exemple la ré-ouverture des commerces et services, savoir qu'il y a de nouveaux voisins sur qui on peut compter en cas de coup dur etc. on devrait parvenir à faire faire cohabiter les anciens et les nouveaux.
Un peu de bonne volonté de part et d'autre, avec une politique de l'état qui va bien, je me dit que c'est pas déconnant comme idée.
 
La différence avec la communauté citée plus haut, est qu'une telle communauté est "privée". Je verrais un peu la même chose, mais en impliquant un peut plus l'état pour lancer et développer le truc.


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OtObOxBlOg - - - Etre seul à avoir tort  c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que d'avoir raison avec une bande de cons
n°23653640
otobox
Maison fondée en 2005
Posté le 17-08-2010 à 19:50:48  profilanswer
 

Badcow a écrit :


 
Ce n'est pas l'objectif, mais c'est bien ce vers quoi tendra la proposition d'OtObOx...
 
"Les gars fuient la misère chez eux car leur productivité n'est pas suffisante pour gagner décemment leur vie, proposons-leur de travailler chez nous avec la même productivité de m*rde qui leur assurera le même salaire de misère, mais avec les frais de chez nous" !


Non non ! si c'est pour faire ça, ce n'est pas la peine. Il faut à tout prix que ça ne tombe pas vers un système d'esclavage... J'ai bien dit, recommencer à zéro, en évitant les erreurs du passé.
Après tout, une entreprise qui se monte, les premières années sont difficiles à passer. Ici, je ne vois pas pourquoi ça serait différent.


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OtObOxBlOg - - - Etre seul à avoir tort  c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que d'avoir raison avec une bande de cons
n°23653662
yoyo173
Posté le 17-08-2010 à 19:53:30  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Je reprend ce point parce qu'il y a une incompréhension majeure : baisser le SMIC ne veut pas dire baisser le salaire des gens qui sont actuellement au SMIC. S'ils gagnent le SMIC, c'est qu'ils génèrent une VA > SMIC (les employer est rentable).
 
Baisser le SMIC permet de créer de nouveaux emplois, ceux dont la VA est insuffisante pour justifier un salaire au SMIC actuel. Ce n'est donc pas que les salaires sont trop élevés, c'est que le seuil du SMIC est trop haut pour rendre certains emplois viables.


 
Des emplois viables avec moins d'un SMIC. Parce que, avec un smic, il reste plein de sous à la fin du mois.
Viables pour qui ?
 

n°23653665
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 17-08-2010 à 19:53:42  profilanswer
 

otobox a écrit :


La campagne, ce n'est pas qu'en Ardèche, hein ;) Mais c'est un des problèmes, en effet : faire accepter l'arrivée de citadins, des étrangers même pas de France de surcroît, ne doit pas être forcément facile. Mais en expliquant les effets bénéfiques de ces arrivées, par exemple la ré-ouverture des commerces et services, savoir qu'il y a de nouveaux voisins sur qui on peut compter en cas de coup dur etc. on devrait parvenir à faire faire cohabiter les anciens et les nouveaux.
Un peu de bonne volonté de part et d'autre, avec une politique de l'état qui va bien, je me dit que c'est pas déconnant comme idée.
 
La différence avec la communauté citée plus haut, est qu'une telle communauté est "privée". Je verrais un peu la même chose, mais en impliquant un peut plus l'état pour lancer et développer le truc.


 
ça se pratique de plus en plus en tout cas en Europe, mais de façon volontaire, trouver des aides en tout cas serait intéressant, mais vu la nature autonomiste des structures, pas sur que prendre des aides soit intéressant au niveau de l'indépendance des "exploitations"...
 

n°23653719
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 20:03:59  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :

 

Je sais que l'interprétation des chiffres est une science soumise à l'idéologie mais il ne faudrait pas pousser bobonne.
Prendre 1977 qui est l'année la plus basse au niveau des distributions de dividendes (2.81%) pour ensuite dire: depuis, ça a augmenté linéairement...sous-entendu: "c'est la faute des dividendes!" est un signe certain de manipulation. Tout comme prendre 1982 comme année de référence.

 

Or, si l'on exclut la période 2000-2010 qui est marqué par une augmentation anormale des dividendes (car se faisant au détriment de l'épargne, retenez ce critère, c'est important), on obtient une moyenne depuis 1950 de 4.51%. (+/- 1% de std). On peut donc raisonnablement construire un "couloir" d'allocations "normales" de dividendes [3.5,5.5].

 

On constate que, ce qui sort de ce couloir c'est: la période de récession à partir de 75 jusqu'en 1982-84 (à la baisse), et la période 95-07 (à la hausse).

Le déséquilibre "depuis 30 ans" qu'Ernestor veut donc nous faire gober n'en est pas un...Et l'objectif est assez évident: "si ça va mal depuis 30 ans, c'est en grande partie à cause des dividendes/actionnaires". Bien entendu, Ernestor évite soigneusement de parler de l'augmentation des cotisations qui, elles, connaissent une augmentation quasi-constante de 1950 à 1997. Lorsqu'on passe d'un côté de 18 à 28% et de l'autre de 5% à 8%, il y a tout de même un ordre de grandeur à appliquer. Comme disait BadCow, les dividendes ont bouffé les miettes qui restaient.

 

N'est-ce pas curieux, par ailleurs, que les cotisations se stabilisent presque au même moment que les dividendes sortent de leur couloir? Si on raisonne en terme d'accumulation du patrimoine, pas vraiment. Mais c'est une autre histoire...

 

Sinon, je plussoie le plussoyage de Betcour concernant l'inégalité de mobilité entre le travail et le capital qui s'est accru avec la mondialisation. Du coup, lutter contre ce partage de la VA semble être du ressort de Don Quichotte. Par contre, adopter des mécanismes annexes pour ponctionner ceux qui profitent de cette mobilité des capitaux (suivez mon regard  :o ) semblent inévitables. Car cette diminution de 2-3 point en faveur de l'EBE n'est pas propre à la France et à son chômage de masse, même si les trajectoire des autres pays sont parfois disparates.

 



Je te remets tes courbes :

 

http://hfr-rehost.net/self/pic/d99a5474af157d2a755caea6d5bb2e7d1f59953a.jpeg

 

Nous parlons donc de la courbe en bleu, celle du bas. Par rapport à ce que j'ai mis en gras, si t'arrives à voir une baisse pour la période allant des années 75 à 82/84, c'est que t'as un sacré problème de vue et qu'il faut que t'ailles d'urgence voir un ophtalmo :D

 

Donc je veux qu'on me dise que j'interprète les choses avec une certaine orientation idéologique, pas de souci, c'est ce que tout le monde fait de toute manière, mais me traiter de menteur alors que visiblement c'est toi qui raconte pour le coup n'importe quoi (ou alors qu'on m'explique où je me gourre, merci), ça passe moins bien ;)

 

A part ça, merci bien de confirmer ce que je dis, à savoir que cette mauvaise répartition existe et qu'elle nécessite une régulation pour rééquilibrer les choses.

Message cité 2 fois
Message édité par Ernestor le 17-08-2010 à 20:06:03
n°23653727
moonboots
Posté le 17-08-2010 à 20:05:08  profilanswer
 

en fait ça semble de plus en plus évident que la part des salaires dans la valeur ajoutée a beaucoup baissé depuis le début des années 80, la crise de 73 a été le prétexte d'une modération salariale, avec en plus l'affaiblissement des syndicats... d'autre part les très hauts revenus (le 1% des plus riches) se sont envolés, ce que ne laissent pas voir facilement les chiffres de l'insee
 

Citation :

ce que mesure la part salariale, c’est ce que doit verser une entreprise au titre des salaires, et elle est correctement mesurée par le ratio que calcule régulièrement l’Insee. Cette part salariale est aujourd’hui à un niveau inférieur de près de cinq points par rapport aux années 60, et de neuf points par rapport à son pic de 1982. Ce différentiel permet de prendre la mesure de la financiarisation de l’économie. La baisse de la part salariale n’a pas en effet conduit à un surcroît d’investissement : sa principale contrepartie a été l’augmentation des dividendes
...
Au niveau international, la mesure la plus fiable est celle qu’utilisent les institutions internationales et qui conduisent au constat rappelé en introduction. Il n’est pas sans intérêt de rapporter ici ce que disait Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed,dans une interview au Financial Times (Guha 2007).
Lui aussi part de cette « caractéristique très étrange » [one very odd feature] du capitalisme contemporain : « la part des salaires dans le revenu national aux Etats-Unis et dans d’autres pays développés atteint un niveau exceptionnellement bas selon les normes historiques » [the share of worker compensation in national income in the US and some other developed countries is unusually low by historical standards]. Or, à long terme, « le salaire réel tend à évoluer parallèlement à la productivité réelle » [real compensation tends to parallel real productivity]. C’est ce qu’on a pu observer « durant des générations, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui » [we have seen that for generations, but not now].


http://www.france.attac.org/spip.php?article8455
 
http://j.imagehost.org/0110/Image_2.png
http://j.imagehost.org/0974/Image_3.png
http://hussonet.free.fr/parvabis.pdf


Message édité par moonboots le 17-08-2010 à 20:19:19
n°23653803
Profil sup​primé
Posté le 17-08-2010 à 20:16:30  answer
 

Ernestor a écrit :


Je te remets tes courbes :

 

http://hfr-rehost.net/http://self/ [...] 9953a.jpeg

 

Nous parlons donc de la courbe en bleu, celle du bas. Par rapport à ce que j'ai mis en gras, si t'arrives à voir une baisse pour la période allant des années 75 à 82/84, c'est que t'as un sacré problème de vue et qu'il faut que t'ailles d'urgence voir un ophtalmo.

 

Donc je veux qu'on me dise que j'interprète les choses avec une certaine orientation idéologique, pas de souci, c'est ce que tout le monde fait de toute manière, mais me traiter de menteur alors que visiblement c'est toi qui raconte pour le coup n'importe quoi (ou alors qu'on m'explique où je me gourre, merci), ça passe moins bien ;)

 


Citation :

POURQUOI LES DIVIDENDES VERSÉS AUX ACTIONNAIRES NE FONT NI L’INVESTISSEMENT NI L’EMPLOI ?

 


Les sociétés du CAC40 ont versé en 2005 plus de 35 milliards d’euros à leurs actionnaires, encroissance de 40% par rapport à 2004, soit 36% de leurs bénéfices. D’après la théorie économique libérale, les profits sont censés financer les investissements, la croissance et l’emploi. Cette thèse sert notamment à  refuser aux salariés  les légitimes augmentations  de salaires.  
 

Cette théorie est invoquée par le Medef quand les salariés demandent  la reconnaissance des qualifications, ou quand ils proposent une remise en cause des exonérations de cotisations sociales : écorner les bénéfices et les dividendes pénaliserait l’investissement, c’est un des leitmotivs  du Medef, avec la menace d’expatriation des capitaux.  
 
Or, que constate-t-on depuis une vingtaine d’années ? Les pratiques patronales, la pression sur les salaires, la précarisation des emplois d’une part, et d’autre part la libéralisation, la politique monétaire et fiscale, es privatisations ont eu pour conséquence une forte augmentation de la part des profits dans la valeur ajoutée, et surtout des dividendes versés aux actionnaires. Dans le même temps, la part des salaires dans la valeur ajoutée reste à un bas niveau, le chômage et la précarité se développent et l’emploi n’augmente pas.

 

Il y a une dérive de plus en plus financière, spéculative, au détriment des activités productives. Dans le même temps où les profits financiers explosaient, l’effort d’investissement des entreprises a baissé ainsi que l’emploi industriel. L’actualité économique l’indique. Les chiffres de la comptabilité nationale le confirment.  

 

Ainsi les théories libérales ont été largement démenties par la réalité : les profits d’avant-hier ont généré la spéculation d’hier, puis la distribution de dividendes aux actionnaires, la faiblesse de l’activité économique et le chômage d’aujourd’hui. La contrepartie en est : moins d’investissement dans l’industrie, dans la recherche et la formation professionnelle.  
 
Il faut mettre fin à cette situation et accroître la part des salaires dans la valeur ajoutée. La solution se trouve dans la promotion du travail. Cela passe notamment par la création d’emplois et par l’amélioration des niveaux de qualification et des salaires.
 
L’économie a produit des richesses à un rythme ralenti
 
La France a connu une période de forte croissance au lendemain de la deuxième guerre mondiale : ce que Jean Fourastié a appelé les « Trente glorieuses ». Il ne faut pas idéaliser ce passé. Mais, à cette époque, la production, l’emploi et l’investissement progressaient ensemble et rapidement.  
 
La France était même en tête des pays européens pendant les années soixante, pour l’investissement et pour la croissance, loin devant les Etats-Unis. En particulier, la hausse du SMIG et la création du SMIC ont contribué au dynamisme de l’économie française à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.
 
Une première rupture est intervenue, dès avant la hausse des prix du pétrole en 1973. Le système monétaire international et l’organisation taylorienne du travail sont entrés en crise.
 
En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, la croissance de la valeur ajoutée a nettement fléchi au cours des décennies 1970 et 1980. L’investissement a enregistré un premier coup de frein.../....  

 

Et les graphiques qui vont bien-PDF-


Message édité par Profil supprimé le 17-08-2010 à 20:28:29
n°23653831
moonboots
Posté le 17-08-2010 à 20:20:21  profilanswer
 

ouais mais tu vois si les actionnaires ne peuvent plus faire de profits ils vont partir sur Mars    [:moonzoid:5]

n°23653869
otobox
Maison fondée en 2005
Posté le 17-08-2010 à 20:25:01  profilanswer
 

Serpico7 a écrit :


 
ça se pratique de plus en plus en tout cas en Europe, mais de façon volontaire, trouver des aides en tout cas serait intéressant, mais vu la nature autonomiste des structures, pas sur que prendre des aides soit intéressant au niveau de l'indépendance des "exploitations"...
 


Pourquoi parler d'autonomisme ? Ne peut-on imaginer un système qui soit plus cadré ?
J'ai souvenir d'un reportage fait en Italie, où un village dans le sud qui mourrait s'est vu redynamisé suite à des immigrés venus d'Albanie ou Yougoslavie. Tout le monde y trouvait son compte, les italiens qui les ont aidé à s'installer car ils savaient que sans eux, s'en était fini de leur village, et les immigrés qui ont trouvé des maisons vides à habiter et des champs à cultiver.
Par contre, je ne sais pas si l'état italien les a aidé.


---------------
OtObOxBlOg - - - Etre seul à avoir tort  c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que d'avoir raison avec une bande de cons
n°23653934
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 17-08-2010 à 20:31:58  profilanswer
 

otobox a écrit :


Pourquoi parler d'autonomisme ? Ne peut-on imaginer un système qui soit plus cadré ?
J'ai souvenir d'un reportage fait en Italie, où un village dans le sud qui mourrait s'est vu redynamisé suite à des immigrés venus d'Albanie ou Yougoslavie. Tout le monde y trouvait son compte, les italiens qui les ont aidé à s'installer car ils savaient que sans eux, s'en était fini de leur village, et les immigrés qui ont trouvé des maisons vides à habiter et des champs à cultiver.
Par contre, je ne sais pas si l'état italien les a aidé.


 
 :jap:  
On m'a raconté plein de trucs passionnant sur le talon de la botte italienne  :love: J'y vais l'année prochaine après avoir travaillé l'italien :o
 
 

n°23653980
Profil sup​primé
Posté le 17-08-2010 à 20:37:54  answer
 

http://www.notrecinema.com/images/cache/cleveland-contre-wall-street-affiche_306400_31257.jpg
 
 

Citation :

On sait depuis Douze Hommes en colère, de Sidney Lumet (1957), ce que la justice américaine peut avoir de spectaculaire à l'écran. Cleveland contre Wall Street tente de renouveler le vieux filon du «film judiciaire américain», en reconstituant le «procès qui n'a pas eu lieu», celui que des habitants de la ville de Cleveland (Ohio) souhaitent intenter à vingt et une banques, accusées d'avoir participé à la crise des subprime et chassé de chez eux des milliers d'Américains. Pas tout à fait un documentaire donc, puisque le procès a été «joué» pour les besoins du film. Pas tout à fait un docu-fiction non plus, puisque ce jugement met en scène les vrais protagonistes de l'affaire.
 
      Le réalisateur (suisse) Jean-Stéphane Bron (Le Génie helvétique, Mon frère se marie) voulait «filmer le capitalisme en action». «J'ai fait des recherches pendant trois ans, effectué de nombreux voyages, pour trouver un espace où puissent s'incarner ces puissances abstraites, si volatiles, et si peu cinématographiques», raconte-t-il. Il tombe, en janvier 2008, sur un entrefilet mentionnant la plainte portée par la ville de Cleveland contre la crème de la finance new-yorkaise. Bron part alors à la rencontre des avocats de la mairie. Mais les banques parviendront à empêcher l'ouverture d'une procédure. Dans un geste de confiance absolue dans le cinéma, Jean-Stéphane Bron décide alors d'organiser et de filmer ce procès auquel elles ont échappé – jusqu'à présent.../...
http://www.mediapart.fr/journal/ec [...] es-fiction

n°23654012
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 17-08-2010 à 20:41:46  profilanswer
 

Dans la série on va peut etre aussi pouvoir suivre Aubry/Lille contre Dexia bientot...ou pas...

n°23654033
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 17-08-2010 à 20:44:02  profilanswer
 

Badcow a écrit :


Premier point, le salaire moyen augmente d'année en année (sauf peut être pour 2009 par rapport à 2008), d'où sors-tu cette ritournelle "des salaires qui passent leur temps à baisser" ?
 
Pour le reste, c'est un peu logique, vu que les gains de productivité sont de l'ordre de 1,7% par an, les salaires bruts ne peuvent pas progresser beaucoup plus vite sans effet négatifs.
 
Ces dernières années, le SMIC a augmenté largement plus vite que cela, et les cotisations sociales ont bien augmentées elles aussi, bilan sur le 1,7% annuel la plupart des gens n'en ont vu que 0,6% en moyenne annuelle, c'est comme cela que les salaires moyens se font rattraper petit à petit par le SMIC.
 
Une solution serait d'investir dans de nouveaux moyens de production pour revenir vers une augmentation de la productivité de 4-5% comme ce qui était le cas dans les années 50-60, mais pour cela il faut du capital... premier écueil.
 
Deuxième écueil, on dépense de plus en plus de richesses dans le bien être de nos aînés, ce qui est louable mais comme c'est un domaine où la productivité est par essence très faible et où les gains de productivité à venir semblent inexistants, et bien la situation n'est pas près de s'améliorer...


 
J'ai parlé de tassement, pas de baisse. Et oui, ça augmente, mais comme tu le dis toi aussi, le SMIC augmente plus vite que le reste d'où ce tassement, pas le bas parce que c'est le SMIC qui rattrape les autres salaires (à part les très hauts qui eux explosent bien sur).
 
Et puis vu l'explosion justement des hauts salaires et le tassement de la classe moyenne sur la classe pauvre, une mesure plus pertinente à mon sens est plutôt le salaire médian que le salaire moyen.
 
Après, l'augmentation du SMIC est globalement indexé sur l'inflation, avec un petit coup de pouce de temps en temps. Donc ce que tu dis là, revient à dire que la création de richesse ne suit pas l'inflation ? Donc finalement qu'on perd de l'argent à euros constant ? Ou alors, c'est qu'en euros constants, les salaires de la classe moyenne diminuent.

mood
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