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Espagne: amnistie fiscale à l'étude
AFP
07/06/2010 | Mise à jour : 09:33 Réactions (2)
Le gouvernement socialiste espagnol, confronté à la dégradation des finances publiques, envisage d'offrir une amnistie fiscale pour se financer à moindre coût, a indiqué aujourd'hui le journal El Mundo.
Le quotidien de droite cite des sources non identifiées de la haute fonction publique, l'une d'elles assurant que le projet est "super-secret". El Mundo affirme que l'idée du gouvernement est d'offrir une amnistie fiscale aux détenteurs de fonds cachés à l'étranger ou en Espagne (où l'économie souterraine peut représenter jusqu'à un quart du PIB, selon certaines études).
En échange du pardon fiscal, les détenteurs de fonds devront financer la dette espagnole à un prix inférieur au marché, selon El Mundo. "D'abord, cela diminuerait le coût du financement du déficit et, ensuite, nous parviendrons à mettre à jour cet argent caché qui, ensuite, paierait des impôts, ce qui augmenterait à moyen terme les revenus fiscaux", selon un des promoteurs du projet cité par le journal.
Les déficits publics espagnols ont explosé, à 11,2% du PIB en 2009, provoquant des inquiétudes sur les marchés et entraînant un renchérissement du coût d'émission de la dette publique.
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Espagne : les caisses d'épargne minées par la crise
Mots clés : crise immobilière, créances, promoteurs, ESPAGNE
Par Isabelle Chaperon
07/06/2010 | Mise à jour : 09:14 Réagir
Avec la crise immobilière, les banques ont vu s'évaporer une partie importante de la valeur de leurs créances aux professionnels de l'immobilier.
Lorsque le gouvernement espagnol avait calibré en juin 2009 son fonds de soutien aux banques, personne n'imaginait que les 99 milliards d'euros potentiels pourraient être consommés un jour. Si 2,2 milliards ont été utilisés à ce jour, désormais, les spécialistes se demandent si cette réserve d'oxygène va suffire. Un chiffre, surtout, suscite l'inquiétude. «Les crédits alloués aux promoteurs totalisent 325 milliards d'euros. C'est 31% du produit intérieur brut de l'Espagne», martèle l'analyste financier de Credit Suisse, Santiago Lopez Diaz.
Combien de pertes recèlent ces portefeuilles, dont 50% concernent des terrains? Impossible à prédire. À titre de comparaison, lors de la crise immobilière en France au début des années 1990, les banques avaient vu s'évaporer environ 30% de la valeur de leurs créances aux professionnels de l'immobilier. Ce serait l'équivalent d'une perte de 100 milliards en Espagne. Une partie, bien sûr, a été provisionnée -la moitié?-, mais on reste sans doute très loin du compte. D'autant que s'ajoutent à ces engagements à hauts risques environ 900 milliards d'euros de prêts hypothécaires aux particuliers, dont les encours douteux sont appelés à augmenter. Et puis, ne pas oublier les concours aux PME, plusieurs centaines de milliards d'euros dont plus de 20% sont liés au secteur de la construction. Bref, les banques espagnoles portées aux nues parce qu'elles étaient sorties indemnes de la crise du subprime américain avancent sur un champ de mines.
Puissants intérêts locaux
Les statistiques officielles, elles, avouent seulement un recul de 10% des prix de l'immobilier en Espagne. «Quand un emprunteur fait défaut, les banques mettent ses biens aux enchères et les rachètent à la barre au nominal du prêt. Cela leur évite de constater les pertes», relate un spécialiste, qui précise: «Un fonds alternatif qui avait acquis des actifs au tribunal a réussi à les céder à 30% de leur valeur!» Selon la Banque d'Espagne, les établissements de crédit espagnols ont ainsi acquis pour 60 milliards d'euros d'actifs immobiliers sur les deux dernières années.
Les plus exposées sur la pierre sont les caisses d'épargne, les 45 «caixas» et autres «cajas» qui regroupent la moitié des actifs bancaires espagnols. Mais Sabadell, Popular ou Pastor ne seront pas indemnes. Le 22 mai, en tout cas, la mise sous tutelle par la Banque d'Espagne d'une petite caisse andalouse, CajaSur, a rappelé aux marchés financiers la fragilité de cet écosystème. Cet épisode, qui à lui seul a fait chuter l'euro, illustre la difficulté de restructurer ces établissements de crédit contrôlés par des intérêts locaux puissants. Dans le cas de CajaSur, l'Église catholique a traîné des pieds pour adosser l'institution centenaire de Cordoue à son voisin Unicaja: les prêtres du conseil d'administration n'ont pas voulu endosser la responsabilité morale des licenciements liés la fusion. À 22 heures, vendredi 21 mai, les négociations entre CajaSur et Unicaja achoppaient. Et à 1h30 du matin, samedi, la banque centrale plaçait sous administration la petite caja aux fonds propres ravagés par une perte de 600 millions en 2009.
En agissant brutalement, la Banque d'Espagne montre sa volonté d'accélérer les rapprochements. Lesquels se multiplient. Ainsi samedi, Caja Duero et Caja Espana, basées en Castille-Leon, ont approuvé leur union annoncée en janvier. Mercredi, quatre autres caisses régionales avaient publié leurs bans.
Ce mouvement aidera, en particulier, à y voir plus clair sur les comptes, mais il ne résoudra rien à court terme. L'objectif des autorités est de permettre au secteur de lisser ses pertes sur trois à cinq ans. D'ici là, reste le problème crucial de la liquidité…
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Le poids de la dette privée menace l'Espagne Mots clés : Dette privée, ESPAGNE, FITCH
Par Anne Cheyvialle, Mathieu de Taillac
07/06/2010 | Mise à jour : 09:17 Réactions (88)
La dette cumulée des ménages et des entreprises ibériques atteint 220% du PIB. Une bombe à retardement pour l'ensemble de l'économie espagnole minée par un chômage à 20%, qui paie la folie immobilière des années 2000.
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À Madrid
Une fois de plus, c'est une agence de notation qui tire la sonnette d'alarme. Fitch a récemment abaissé d'un cran la note de l'Espagne, s'inquiétant du poids de la dette privée pour les perspectives de croissance. Si la pression des marchés ces dernières semaines s'est focalisée sur l'envolée des dettes publiques, la bombe à retardement en Espagne pourrait venir de la dette privée.
En 2008, la dette cumulée des ménages et des entreprises atteignait 220% du PIB, selon Eurostat, contre 159% en France, 138% en Italie et 130% en Grèce, cancre européen de la dette publique. Seul le Portugal bat les records de son voisin hispanique avec 255%! Le problème se résumant en un mot: la pierre. Encore aujourd'hui, les créances immobilières représentent plus de 70% de la dette des ménages.
Les Espagnols paient les folles années de boom immobilier, de spéculation à tout-va, où les promoteurs ont bâti des millions de m² dans des projets pharaoniques, où les banques ont ouvert tout grand les vannes du crédit, porté par des taux d'intérêt attractifs. Comme plus de 80% des Espagnols, José Maria Molina a investi son salaire dans la pierre. «J'ai décidé d'acheter un appartement parce que le remboursement du crédit ne me coûtait pas plus qu'un loyer», explique-t-il. Tout l'y encourageait: les avantages fiscaux, l'offre abondante et la fameuse «cultura de la propriedad», culture de la propriété. En Espagne, un loyer était considéré comme une dépense et l'achat d'une propriété comme un investissement rentable… enfin jusqu'à la crise. José Maria en a fait la cruelle expérience. Employé d'une compagnie d'alarmes de sécurité, il a toujours honoré sa dette consciencieusement, payant chaque mois «entre 400 et 500 euros». Une somme fluctuante, puisqu'en Espagne l'immense majorité des crédits immobiliers sont négociés à taux variable. Ils sont indexés sur l'Euribor, le taux de prêt interbancaire de la zone euro… la montagne russe assurée. En 2008, José Maria a perdu son emploi. «Quand j'ai été licencié, j'ai eu droit à huit mois de prestations chômage. Ensuite, je n'ai plus reçu aucune aide.» Il a cessé de payer la banque pendant neuf mois, puis son logement a été saisi. Aujourd'hui, José Maria est revenu vivre chez sa mère. À 42 ans. Même scénario pour José Coy, qui avait créé une petite entreprise dans le textile dans la région de Murcie. Sa propriété, achetée à crédit, servait de garantie à d'autres prêts qui finançaient son activité. Mais en avril 2009, il a dû fermer boutique, victime de la mondialisation. D'un coup, il s'est retrouvé sans entreprise, sans emploi et bientôt sans contrôle de son appartement. José, qui remboursait chaque mois 720 euros, a tenté de renégocier ses crédits. Mais prise dans la tourmente financière, la banque qui lui avait accordé ses prêts si facilement ne veut désormais plus rien entendre. Dans un an, sa propriété sera mise aux enchères, sur le marché, morose, de l'immobilier espagnol. En attendant, José Coy a décidé de se battre: il a pris la tête de la Plateforme des victimes du crédit de Murcie et revendique de pouvoir céder son bien en dation à la banque en échange de l'effacement de sa dette.
Bombe à retardement
Ces tranches de vie illustrent bien la quadrature du cercle de la crise espagnole. Victimes de la récession qui a entraîné les faillites par dizaines et fait grimper le chômage à 20%, les ménages et les entreprises n'arrivent plus à honorer leurs échéances. Leur pouvoir d'achat risque encore de se dégrader sous l'effet des mesures de rigueur, des hausses d'impôts et de la baisse des dépenses sociales. «La demande privée va encore chuter car les agents privés cherchent surtout à se désendetter et ce n'est pas la demande publique, bridée par les plans d'austérité, qui pourra prendre le relais comme en 2008 et 2009», résume Philippe Sabuco de BNP Paribas. Au sein même de la majorité, l'inquiétude monte: «Nous avons un endettement du secteur privé qui triple celui du public. Le défi est de garantir que le coût de financement n'étouffe pas l'économie», a déclaré cette semaine au Parlement le chef des députés socialistes, José Antonio Alonso. L'Espagne ne pourra pas injecter des milliards comme l'ont fait les États-Unis pour juguler la crise des subprime. Sachant aussi qu'une grande partie de la dette - 71% en 2008 selon le McKinsey Institute - se trouve aux mains de créanciers étrangers, des prêteurs potentiellement échaudés par les craintes des marchés, d'autant plus s'ils sont en dehors de la zone euro. Ceci est sans compter l'autre bombe à retardement que constitue un possible krach du secteur bancaire. Comment les entreprises et les banques se refinanceront? À quel taux? Quelles incidences pour l'économie sur le long terme? Le FMI l'a bien souligné: le lourd endettement du secteur privé est un défi pour l'Espagne qui lutte pour renouer avec la croissance.
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L'humanité est surévaluée|De la joie et de la bonne humeur, par un cancéreux.|.
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