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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°22582377
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 14-05-2010 à 21:00:15  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
chut zmed chuuuut


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
mood
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Posté le 14-05-2010 à 21:00:15  profilanswer
 

n°22582449
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:03:18  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Ca c'est la théorie. En pratique, c'est pas forcément le cas. C'est bien là tout le problème d'être dans de la théorie pure : on ne crée pas de billets supplémentaire, et tout le monde profitera au final. Si c'était aussi trivialement simple, ça se saurait.


 
Tu vois : tu ne comprends pas des mécanismes économiques de base. Je ne t'en veux pas  : tout le monde n'a fait d'études d'économie, et même parmi ceux qui en ont fait, ces mécanismes sont souvent très mal assimilés. Mais ça rend la conversation délicate, surtout quand on affirme es jugements à l'emporte-pièce.
 
Par exemple, tu confonds richesse (ou niveau de vie) et billets de banque. C'est une grave confusion. On peut imaginer une masse monétaire fixe de 100 billets de 200 euros soit 20.000 euros. Le progrès technique, le stock de capital, la quantité de travail sont tels que cela permet de produire 1000 biens. Chaque bien vaut alors 20 euros. Si maintenant, du fait d'un nouveau procédé, avec les mêmes hommes, on arrive à produire 2000 biens, ces hommes sont bien plus riches. Et pourtant, le nombre de billets est identique. L'ajustement se fera par la baisse des prix, chaque bien valant 10 euros seulement.
 
On voit que c'est la productivité réelle qui mesure la richesse, et non le revenu monétaire. Et quand la productivité double, le niveau de vie double, chacun ayant plus de biens à sa disposition, même si la quantité de monnaie est restée identique. Preuve qu'il n'est pas nécessaire de créer de la monnaie pour qu''il y ait augmentation du niveau de vie : dans mon exemple, c'est bien l'innovation qui a permis d'augmenter le revenu de chacun. Il y a croissance à masse monétaire constante, d'où une baisse des prix, çàd une déflation qui est tout sauf nuisible. C'est le schéma de la croissance au XIXè.

n°22582605
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:11:11  profilanswer
 

The NBoc a écrit :


J'ai rien compris aux rapports de causalités dans le truc en gras, tu peux préciser?


 
Ce qui fait que tu es productif, c'est parce que tu travailles avec un ordi et internet, çàd du capital. Si je supprime ce capital et te donne à la place un crayon et un papier, ta productivité va en prendre un coup. Ta rémunération aussi, en conséquence. C'est ce qui explique que les salaires sont plus faibles en Afrique qu'en France par exemple : c'est en grande partie une différence de stock de capital.
 
Ce capital ne peut s'accumuler que parce que chaque mois, on ne consomme pas tout son revenu. On en épargne une partie, ce qui permet au bout d'un an par exemple d'acheter un PC et donc donc d'abandonner le crayon et de travailler plus vite.
 
Le lien épargne-capital-productivité-revenu et salaire est absolument essentiel. Il est totalement évacué de la pensée économique aujourd'hui à cause du keynésianisme ambiant, où l'on ne pense que relance de la consommation pour doper les salaires. Or, on voit bien que c'est absurde et que ça ne marche pas : d'ailleurs ça ne marche jamais. Ces relances sont toujours des échecs. Ce qui fait que les salaires ont plus élevés aujourd'hui qu'il y 30 ans, ou qu'en Chine, c'est bien la productivité et partant le stocke de capital (physique ou humain). le seul moyen d'augmenter durablement les salaires, c'est donc de relancer l'épargne pour accumuler du capital. Or l'épargne est aujourd'hui trop découragée : d'où le ralentissement de la croissance. La Chine, ou Singapour, connaissent des taux de croissance élevés : ils le doivent à des taux d'épargne de 40% du revenu.  

n°22582618
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:11:32  answer
 

limonaire a écrit :


 
Tu vois : tu ne comprends pas des mécanismes économiques de base. Je ne t'en veux pas  : tout le monde n'a fait d'études d'économie, et même parmi ceux qui en ont fait, ces mécanismes sont souvent très mal assimilés. Mais ça rend la conversation délicate, surtout quand on affirme es jugements à l'emporte-pièce.
 
Par exemple, tu confonds richesse (ou niveau de vie) et billets de banque. C'est une grave confusion. On peut imaginer une masse monétaire fixe de 100 billets de 200 euros soit 20.000 euros. Le progrès technique, le stock de capital, la quantité de travail sont tels que cela permet de produire 1000 biens. Chaque bien vaut alors 20 euros. Si maintenant, du fait d'un nouveau procédé, avec les mêmes hommes, on arrive à produire 2000 biens, ces hommes sont bien plus riches. Et pourtant, le nombre de billets est identique. L'ajustement se fera par la baisse des prix, chaque bien valant 10 euros seulement.
 
On voit que c'est la productivité réelle qui mesure la richesse, et non le revenu monétaire. Et quand la productivité double, le niveau de vie double, chacun ayant plus de biens à sa disposition, même si la quantité de monnaie est restée identique. Preuve qu'il n'est pas nécessaire de créer de la monnaie pour qu''il y ait augmentation du niveau de vie : dans mon exemple, c'est bien l'innovation qui a permis d'augmenter le revenu de chacun. Il y a croissance à masse monétaire constante, d'où une baisse des prix, çàd une déflation qui est tout sauf nuisible. C'est le schéma de la croissance au XIXè.


 
Sauf que cette productivité ne profite pas à ceux qui produisent, elle est là ton erreur. Tu divise le PIB par le nombre d'habitants en  disant vous voyez qu'ils sont plus riches, le PIB à explosé. Sauf que c'est le pays qui est plus riche pas les habitants, la répartition étant de plus en plus inégalitaire.  

n°22582712
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 21:15:14  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Tu vois : tu ne comprends pas des mécanismes économiques de base. Je ne t'en veux pas  : tout le monde n'a fait d'études d'économie, et même parmi ceux qui en ont fait, ces mécanismes sont souvent très mal assimilés. Mais ça rend la conversation délicate, surtout quand on affirme es jugements à l'emporte-pièce.
 
Par exemple, tu confonds richesse (ou niveau de vie) et billets de banque. C'est une grave confusion. On peut imaginer une masse monétaire fixe de 100 billets de 200 euros soit 20.000 euros. Le progrès technique, le stock de capital, la quantité de travail sont tels que cela permet de produire 1000 biens. Chaque bien vaut alors 20 euros. Si maintenant, du fait d'un nouveau procédé, avec les mêmes hommes, on arrive à produire 2000 biens, ces hommes sont bien plus riches. Et pourtant, le nombre de billets est identique. L'ajustement se fera par la baisse des prix, chaque bien valant 10 euros seulement.
 
On voit que c'est la productivité réelle qui mesure la richesse, et non le revenu monétaire. Et quand la productivité double, le niveau de vie double, chacun ayant plus de biens à sa disposition, même si la quantité de monnaie est restée identique. Preuve qu'il n'est pas nécessaire de créer de la monnaie pour qu''il y ait augmentation du niveau de vie : dans mon exemple, c'est bien l'innovation qui a permis d'augmenter le revenu de chacun. Il y a croissance à masse monétaire constante, d'où une baisse des prix, çàd une déflation qui est tout sauf nuisible. C'est le schéma de la croissance au XIXè.


Le probleme c'est que l'echange est inegal en quantité de personnes, en ce sens que plein de monde va profiter des prix bas d'un produit fait par peu de monde, il y'a une concentration des profits en haut, et meme si la richesse totale augmente, l'accessibilité par la masse populaire, elle, baisse. Pour lutter contre cela, il convient par exemple de forcer l'inflation afin de diminuer le pouvoir des profits :o
 
Je suis assez d'accord avec ce que tu dis dans ce post en fait, le truc c'est que tu prends le capitalisme comme une valeur qu'il faut défendre, pas moi.


---------------
it is difficult to get a man to understand something when his salary depends on his not understanding it   -   La lecture est un stratagème qui dispense de réfléchir   -   Et les Shadocks pompaient, pompaient...
n°22582753
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:17:15  answer
 

limonaire a écrit :


 
Tu vois : tu ne comprends pas des mécanismes économiques de base. Je ne t'en veux pas  : tout le monde n'a fait d'études d'économie, et même parmi ceux qui en ont fait, ces mécanismes sont souvent très mal assimilés. Mais ça rend la conversation délicate, surtout quand on affirme es jugements à l'emporte-pièce.
 
Par exemple, tu confonds richesse (ou niveau de vie) et billets de banque. C'est une grave confusion. On peut imaginer une masse monétaire fixe de 100 billets de 200 euros soit 20.000 euros. Le progrès technique, le stock de capital, la quantité de travail sont tels que cela permet de produire 1000 biens. Chaque bien vaut alors 20 euros. Si maintenant, du fait d'un nouveau procédé, avec les mêmes hommes, on arrive à produire 2000 biens, ces hommes sont bien plus riches. Et pourtant, le nombre de billets est identique. L'ajustement se fera par la baisse des prix, chaque bien valant 10 euros seulement.
 
On voit que c'est la productivité réelle qui mesure la richesse, et non le revenu monétaire. Et quand la productivité double, le niveau de vie double, chacun ayant plus de biens à sa disposition, même si la quantité de monnaie est restée identique. Preuve qu'il n'est pas nécessaire de créer de la monnaie pour qu''il y ait augmentation du niveau de vie : dans mon exemple, c'est bien l'innovation qui a permis d'augmenter le revenu de chacun. Il y a croissance à masse monétaire constante, d'où une baisse des prix, çàd une déflation qui est tout sauf nuisible. C'est le schéma de la croissance au XIXè.


 
 
euh ernestor a dit le contraire de ce que tu as mis ?  :heink:

n°22582840
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:21:23  profilanswer
 


 
Tous les impôts sont un impôt sur l'épargne (certains plus que d'autres bien sûr). Voir pour la démonstration Pascal Salin : L'arbitraire fiscal On peut être favorable à une fiscalité sur le capital pour des raisons sociales ou autres, mais il est certain que cela entrainera moins de croissance.
 
Il faut par ailleurs être aveugle pour ne pas voir que l'épargne s'est raréfiée dans les pays développés : voir les niveaux de fonds propres, largement insuffisants (d'où la fragilité des entreprises, la baisse du nombre d'emplois en CDI...). L'épragen n'est abondante en apparence que par le biais de la création monétaire.
 
Enfin, tu as le défaut de l'empirisme : or, l'économie ne peut totalement se prouver par les stats, car on raisonne ceteris paribus, ce qui ne se vérifie que rarement. En plus, on sait les difficultés de mesure des agrégats. Bref, l'économie est en fait une science logique (la fameuse praxéologie) de l'agir humain. C'est une science essentiellement déductive : je sais qu'en écrivant cela, je donne des verges pour le faire battre, mais tant pis...

n°22582865
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 21:22:31  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Ce qui fait que tu es productif, c'est parce que tu travailles avec un ordi et internet, çàd du capital. Si je supprime ce capital et te donne à la place un crayon et un papier, ta productivité va en prendre un coup. Ta rémunération aussi, en conséquence. C'est ce qui explique que les salaires sont plus faibles en Afrique qu'en France par exemple : c'est en grande partie une différence de stock de capital.
 
Ce capital ne peut s'accumuler que parce que chaque mois, on ne consomme pas tout son revenu. On en épargne une partie, ce qui permet au bout d'un an par exemple d'acheter un PC et donc donc d'abandonner le crayon et de travailler plus vite.
 
Le lien épargne-capital-productivité-revenu et salaire est absolument essentiel. Il est totalement évacué de la pensée économique aujourd'hui à cause du keynésianisme ambiant, où l'on ne pense que relance de la consommation pour doper les salaires. Or, on voit bien que c'est absurde et que ça ne marche pas : d'ailleurs ça ne marche jamais. Ces relances sont toujours des échecs. Ce qui fait que les salaires ont plus élevés aujourd'hui qu'il y 30 ans, ou qu'en Chine, c'est bien la productivité et partant le stocke de capital (physique ou humain). le seul moyen d'augmenter durablement les salaires, c'est donc de relancer l'épargne pour accumuler du capital. Or l'épargne est aujourd'hui trop découragée : d'où le ralentissement de la croissance. La Chine, ou Singapour, connaissent des taux de croissance élevés : ils le doivent à des taux d'épargne de 40% du revenu.  


Je ne comprends définitivement rien à ta définition des choses, pour toi, quand on consomme moins, on epargne plus, et si on epargne plus, on achete plus d'ordis, donc on consomme plus partant de là. CAD que plus on epargne, plus on consomme. Non, définitivement, je ne comprends rien.


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n°22582891
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 14-05-2010 à 21:23:54  profilanswer
 

en fait ce qui est pénible dans l'argumentaire de Limo c'est qu'il ne change jamais en fonction des conditions économiques et sociales, c'est un peu comme le marxisme léninisme hérigée en catholicisme, la grille de lecture vient en premier, elle est infaillible et intrinsèquement vrai, tout ce que font les chercheurs qui ne rentrent pas dedans est immédiatement faux, et si la réalité ne colle pas, c'est la réalité qui est mal comprise puisque le modèle est vrai.

 

En gros "la terre est plate, la preuve je fais du vélo"

 

Alors c'est sympa ca fait son effet, c'est un exercice de style sympathique, une position hétérodoxe, mais une fois que ca tourne en vase clos c'est quand meme assez peu intéressant puisque ca ne tolère aucune complexification

Message cité 2 fois
Message édité par Magicpanda le 14-05-2010 à 21:26:45

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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°22582927
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 14-05-2010 à 21:25:28  profilanswer
 

The NBoc a écrit :


Je ne comprends définitivement rien à ta définition des choses, pour toi, quand on consomme moins, on epargne plus, et si on epargne plus, on achete plus d'ordis, donc on consomme plus partant de là. CAD que plus on epargne, plus on consomme. Non, définitivement, je ne comprends rien.


 
non mais évidemment que la relance par la consommation profite à l'activité économique globale, mais la relance française ne profite pas nécessairement à l'activité économique française.


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
mood
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Posté le 14-05-2010 à 21:25:28  profilanswer
 

n°22582931
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:25:35  profilanswer
 

Gueux76 a écrit :


 
 
J'ai pourtant fais pas mal de posts assez argumentés à ce sujet. Le marché OTC, les CDO, les CDS, la titrisation, la volonté de non régulation maintes fois mise en avant, la gestion des risques d'un grand n'importe nawak par le marché etc...  :sweat:
La bulle des subprimes n'explique pas la crise financière.


 
Oui, je veux bien et j'ai bien lu.
 
Mais quid de l'alea moral et du rôle de prêteur en dernier ressort ? pourquoi une banque prendrait-elle des risques énormes (associés bien sûr à des espoirs de gains également énormes) si cela accroît son risque de faillite ? aurait-elle pris autant de risques sans ces garanties implicites et explicites ?  
 

n°22582976
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:26:42  answer
 

limonaire a écrit :

 

Tous les impôts sont un impôt sur l'épargne (certains plus que d'autres bien sûr). Voir pour la démonstration Pascal Salin : L'arbitraire fiscal On peut être favorable à une fiscalité sur le capital pour des raisons sociales ou autres, mais il est certain que cela entrainera moins de croissance.

 

Il faut par ailleurs être aveugle pour ne pas voir que l'épargne s'est raréfiée dans les pays développés : voir les niveaux de fonds propres, largement insuffisants (d'où la fragilité des entreprises, la baisse du nombre d'emplois en CDI...). L'épragen n'est abondante en apparence que par le biais de la création monétaire.

Enfin, tu as le défaut de l'empirisme : or, l'économie ne peut totalement se prouver par les stats, car on raisonne ceteris paribus, ce qui ne se vérifie que rarement. En plus, on sait les difficultés de mesure des agrégats. Bref, l'économie est en fait une science logique (la fameuse praxéologie) de l'agir humain. C'est une science essentiellement déductive : je sais qu'en écrivant cela, je donne des verges pour le faire battre, mais tant pis...

 


tu as lu au moins le lien que j'ai mis ?
il montre justement que la fiscalité sur les hauts revenus encourage l'investissement :o

 

gras : faudrait savoir, un coup la création monétaire c'est responsable de la faiblesse de l'épargne ( via le crédit) et maintenant ca augmente l'epargne  :heink:

 

quant au fait que cela entrainera moins de croissance, ca reste largement a démontrer vu qu'on trouve peu de corrélations aussi bien au niveau national dans l'histoire d'un pays qu'au niveau des comparaisons internationales

 


alors oui faut raisonner ceteris paribus, mais si les impots étaient si déterminants que ça, on peut quand meme penser qu'il y aurait une corrélation
des corrélations on en trouve en économie et là... pas terrible :/

 


et pour finir t'as pas répondu au "ce sont les riches qui donnent la majorité des PO" ni au modèle de croissance :p

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 14-05-2010 à 21:27:39
n°22583001
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:27:34  profilanswer
 


 
Il y aurai des cartels ou réseaux de banques privées émettant la même monnaie, convertible au sein de ce réseau. Comme aujourd'hui, sauf que ces cartels sont publics, nationaux et monopolistiques.  

n°22583016
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 21:27:58  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Tous les impôts sont un impôt sur l'épargne (certains plus que d'autres bien sûr). Voir pour la démonstration Pascal Salin : L'arbitraire fiscal On peut être favorable à une fiscalité sur le capital pour des raisons sociales ou autres, mais il est certain que cela entrainera moins de croissance.
 


Et? :??:
 
Tu n'as toujours pas démontré que cette croissance bénéficiait quelque soit le contexte à tout le monde, cad que de la croissance pour de la croissance, on ne voit pas bien à quoi ça peut servir.


---------------
it is difficult to get a man to understand something when his salary depends on his not understanding it   -   La lecture est un stratagème qui dispense de réfléchir   -   Et les Shadocks pompaient, pompaient...
n°22583082
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:30:21  profilanswer
 

peaceful a écrit :

chut zmed chuuuut


 
Qui va lui apprendre à lire ?  :sweat:  

n°22583108
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:31:42  answer
 

limonaire a écrit :


 
Oui, je veux bien et j'ai bien lu.
 
Mais quid de l'alea moral et du rôle de prêteur en dernier ressort ? pourquoi une banque prendrait-elle des risques énormes (associés bien sûr à des espoirs de gains également énormes) si cela accroît son risque de faillite ? aurait-elle pris autant de risques sans ces garanties implicites et explicites ?
 


 
 
en 29, on a pas sauvé les banques et le bordel a bel et bien été là
 
ce sont des mécanismes d'euphorie du marché bien décrit par minsky qui font que les banques prennent des risques excessifs
 
voir aussi cet article de krugman -> http://www.nytimes.com/2010/04/16/ [...] ugman.html

n°22583130
Gueux76
Posté le 14-05-2010 à 21:33:04  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Oui, je veux bien et j'ai bien lu.
 
Mais quid de l'alea moral et du rôle de prêteur en dernier ressort ? pourquoi une banque prendrait-elle des risques énormes (associés bien sûr à des espoirs de gains également énormes) si cela accroît son risque de faillite ? aurait-elle pris autant de risques sans ces garanties implicites et explicites ?  
 


 
Et si t'estimes mal ton risque de faillite ? Tu crois que c'est évident et facile à connaitre ???  
 
Encore plus con, et si ton risque de faillite c'est que tes clients ils aillent voir les autres banques parce qu'elles proposent plus de rentabilité que toi ? (c'est comme ça qu'on se retrouve avec des subprimes dans des fonds monétaires "dynamiques" )

n°22583210
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:36:55  profilanswer
 

The NBoc a écrit :


Le probleme c'est que l'echange est inegal en quantité de personnes, en ce sens que plein de monde va profiter des prix bas d'un produit fait par peu de monde, il y'a une concentration des profits en haut, et meme si la richesse totale augmente, l'accessibilité par la masse populaire, elle, baisse. Pour lutter contre cela, il convient par exemple de forcer l'inflation afin de diminuer le pouvoir des profits :o
 
Je suis assez d'accord avec ce que tu dis dans ce post en fait, le truc c'est que tu prends le capitalisme comme une valeur qu'il faut défendre, pas moi.


 
La concentration, c'est comme les inégalités : ça va, ça vient. Il n'est pas vrai que, naturellement, le capitalisme aboutit à toujours plus de concentration et d'inégalités. Ça peut être vrai sur 10 ou 20ans, mais pas sur un siècle.  
 
Quant au capitalisme, ce n'est pas un gros mot pour moi puisque c'est le seul système qui a permis à l'humanité de sortir de la situation de pénurie pour accéder récemment (moins de trois siècles et pour certains moins de 50 ans) à une société d'abondance.
 
A partir de cadre, on peut amender : faire en sorte que tous accède à une éducation de qualité, que la culture soit promue plutôt que les industries culturelles, que la mobilité sociale soit possible, que chacun réalise son potentiel, etc... Mais qu'on fasse attention à ne pas casser le moteur de la création de richesses.  

n°22583233
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:38:27  profilanswer
 


 
Je n'en étais pas sûr : j'ai relu plusieurs fois son post et franchement, c'était pas clair.
 
Pardon si j'ai mal interprété. Mais ça aura peut-être permis de clarifier les choses pour d'autres ? un mal pour un bien...

n°22583239
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:38:52  answer
 

limonaire a écrit :


 
Qui va lui apprendre à lire ?  :sweat:  


 
a lire tes conneries sur les salaires   [:debeman]  

n°22583271
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:40:21  answer
 


 
 
euh honnêtement limonaire est resté poli dans ce débat, merci de faire de meme :/

n°22583386
Camelot2
Posté le 14-05-2010 à 21:44:26  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Oui, je veux bien et j'ai bien lu.
 
Mais quid de l'alea moral et du rôle de prêteur en dernier ressort ? pourquoi une banque prendrait-elle des risques énormes (associés bien sûr à des espoirs de gains également énormes) si cela accroît son risque de faillite ? aurait-elle pris autant de risques sans ces garanties implicites et explicites ?  
 


 
Oui, elle aurait pris autant de risque.
 
Parce que contrairement à la croyance limonaire populaire le risque n'est pas une quantité que l'on peut mesure avec un thermomètre. Autrement dit, il faut distinguer l'estimation du risque (a priori) et l'occurrence du risque.
 
Les banques n'ont pas su/pu/voulu (au choix)estimé le risque pris.
 
Je commence à en avoir sérieusement marre que tu rabâches encore et encore cet élément de l'aléa moral et du prêteur en dernier ressort alors que ce facteur n'a joué qu'à la marge ou pas joué du tout. Tiens, voici deux exemples que te donnent TORT et qui montrent que même dans le monde merveilleux de limonaire où les banques/assureurs font ce qu'elles veulent...elles peuvent se planter! SE PLANTER! Et gravement!
En raison d'un problème de modélisation ou en raison de problèmes relationnels...poussés par un management incompétent. Le cas d'UBS (les passages en gras sont des extraits du livre "UBS les dessous d'un scandale" )
 

Citation :

Dans "UBS, les dessous d'un scandale", Myret Zaki narre l'épopée d'une des plus importantes banques suisses au pays des crédits à risques US (subprimes). On y apprend que, s'éloignant de son métier initial de gestion de fortunes (banques de dépôts), UBS s'est lancé sur le marché des produits titrisés américains en rachetant certaines banques affaires durant les années 2000. Ainsi, en 2007 et 2008, UBS a perdu environ quarante-cinq milliards de dollars en raison de la crise. Il paraît intéressant de retracer rapidement le déroulement des événements qui menèrent UBS au bord de la faillite.
A la lecture du livre, on apprend que la banque d'affaires d'UBS pris son essor aux Etats-Unis sous l'impulsion du management et sur base des résultats mirobolants observés...Une véritable équipe de traders professionels était au coeur du système:
 
Que s'était-il passé? Le public découvrait seulement le désastre qui, en réalité, était en germe dès 2004. C'est à cette époque que le président Marc Ospel et le directeur général Peter Wuffli, impressionnés par les résultats stellaires que généraient les traders réunis sous la direction de John Costas aux Etats-Unis, ont caressé l'idée de créer pour lui une unité d'élite séparée.(...)Costas crée en 2005 un fonds spéculatif interne à la banque, qui doit hisser le groupe parmi les premiers sur le marché des titres obligataires. En particulier, il exploitera les stratégies les plus sophistiquées sur le marché du crédit immobilier.En 2005, Costas prend les commandes de cette nouvelle entité: Dillon Read Capital Management (DRCM)
 
Cette équipe fut formée à partir des traders de la banque d'affaire d'UBS (UBS Investment Bank) qui, sen sentant reléguée en arrière-plan, décida à son tour de se lancer sur le marché des crédits immobiliers:
 
Jenkins [responsable d'UBS Investment Bank], qui veut concurrencer DRCM, lance alors à grande échelle plusieurs activités sur le marché le plus spéculatif du moment. Elles vont de l'arrangement de dérivés de crédits subprimes vendus aux investisseurs \textbf{au négoce de ces titres pour le compte propre de la banque, en passant par le stockage de ces titres au bilan afin d'en tirer un gain facile.}(...)UBS est donc doublement exposée à un marcché immobilier en passe de s'effondrer.
 
On constate qu'au seuil de la crise, UBS est exposé sur deux fronts en raison de la concurrence entre deux unités de la banque...et qu'elles possèdent une quantité importante de crédits structurés dans son propre bilan. La suite de l'histoire est encore plus déroutante. Début 2007, les traders de DRCM alertent la banque d'affaire sur la possibilité d'un retournement de l'immobilier, la décision d'UBS tombe: les positions de DRCM sont liquidées et les traders sont remerciés:

Nous sommes en mai 2007, deux mois avant la crise. Le plus grand secret de l'UBS, révélé par notre enquête dans les pages qui suivent est celui-ci: la banque n'a pas dissous DRMC pour réduire les risques mais pour en prendre davantage!

 
Ces décisions furent prises au plus haut sommet du management d'UBS. Et les écrits de l'auteur sonnent comme une justification éclatante du GSA:
 
En réalité, il n'y a pas une mais deux UBS. Celle de Zurich qui règne sur des activités stables et séculaires, constitutives de la finance traditionnelle: gestion de fortune, banque de détail et banque commerciale. Ces activités sont comprises et contrôlées jusqu'au plus haut niveau de cette banque, ainsi que par la régulation helvétique. Et puis il y a l'autre UBS, celle de Park Avenue, qui s'est rêvée banque d'affaires de pointe en spéculant sur des dérivés de crédit maîtrisés seulement par une élite anglo-saxonne.
 
Nous ne nous attarderons pas sur les détails techniques mais releveront tout de même un élément important symptomatique de la gestion du risque présente dans la banque d'affaire d'UBS:

En réalité, les équipes de Jenkins se sont focalisés sur une maximisation du revenu, l'aspect du risque devenant leur "angle mort".(...) Mais le plus grand point faible est l'absence totale d'une culture du risque. La banque d'affaires ne s'est jamais dotée d'un senior risk manager, alors que c'était prévu depuis 2006.

 
Nous verrons par la suite que la faillite du Risk Management dans les institutions financières est le dénominateur commun des différentes difficultés qu'elles ont rencontré au-delà de leur statut (séparation ou non entre les différentes activités).


 
Le cas d'AIG (les passages en gras sont des extraits de l'article de P. Embrecht (The devil...))
 

Citation :

Au contraire d'UBS, AIG base l'entièreté de ses activités sur des activités d'assurances ou relatifs à l'assurance. On peut d'ores et déjà considérer que le rétablissement du GSA dans son cas ne l'aurait pas empêché de passer proche de la faillite. Sur base de "The devil is in the tails: actuarial mathematics and the subprime mortgage crisis", nous allons retracer rapidement l'historique de la chute d'AIG et tenterons d'en identifier les causes. Plantons tout d'abord le décors:
 
AIG is a holding company which, through its subsidiaries, is engaged in a broad range of insurance and insurance-related activities in more than 130 countries. Half of its revenues come from its US operations. As at December 31 2007, AIG had assets of US\$1,000 billion dollars. This is just under half the Gross Domestic Product of France.
Despite the insurance business being a heavily regulated business, in September 2008 AIG was on the verge of bankruptcy due to cash flow problems. These cash flow problems came not from its insurance business, but from its CDS portfolio. AIG operated its CDS business through subsidiaries called AIG Financial Products Corp and AIG Trading Group, Inc and their respective subsidiaries.

 
Il est peut-être ici nécessaire de rappeller que les CDS n'étaient pas concernés par le GSA et que l'absence de régulation qui les a frappé ne fait pas suite à l'abrogation du GSA même si la loi en question fut promulguée au même moment. Même sous un régime de distinction nette entre banque de dépôt, banque d'investissement et compagnie d'assurances, AIG aurait pu investir dans ce type de portefeuille.  
On constate rapidement des points communs avec UBS, notamment dans la motivation qui a poussé AIG à se lancer sur ce marché "insurance-related":   les CDS ne sont certes pas des produits d'assurance au sens stricte mais possèdent des propriétés identiques dans les mécanismes gérant les payements. En cas de défaut ("sinistre" ), AIG se devait de payer à la contrepartie une somme déterminée. Celle-ci s'acquittant d'une prime durant la durée du contrat. La principale différence avec un produit d'assurance réside dans la manière de tarifer ce type de produits. Pour en revenir aux motivations d'AIG, on peut notamment lire:
 
AIGFP believed that the money it earned from the CDSs were a free lunch because their risk models indicated that the underlying securities would never go into default. AIG (2006) states that the "likelihood of any payment obligation by AIGFP under each transaction is remote, even in severe recessionary market scenarios". The New York Times quotes the head of AIGFP as saying in August 2007 that "it is hard for us, without being  
ippant, to even see a scenario within any kind of realm of reason that would see us losing one dollar in any of those transactions."

 
Ainsi, selon leurs modèles de risque, la rentabilité de tels produits était garantie. Un "gain facile"...auss facile que celui recherché par UBS. Malheureusement, AIG a largement sous-estimé les risques pris et notamment les options "implicites". En assurance, une option est considérée comme implicite lorsqu'elle ne peut pas être expressément tarifé lors de la conclusion du contrat. Les plus connues d'entre elles sont la participation aux bénéfices et le rachat d'un contrat par le client.
Dans le cas des CDS, l'option implicite consistait en la constitution de "collateral":
 
The buyer of a CDS is exposed to the credit risk of the seller. If the reference asset defaults then there is no guarantee that the seller can make the agreed payoff Similarly, the seller is exposed to the credit risk of the buyer: the buyer may fail to make the regular premium payments. To reduce this risk, the counterparties to the CDS contract may be required to post collateral. (...) Collateral payments may be required due to changes in the market value of the reference asset or changes in the credit rating of the counterparties.
 
Il s'agit donc, grossièrement, de rassurer la contrepartie du contrat sur la capacité de l'autre contrepartie de s'acquitter de ses obligations lorsque le risque d'un défaut de la part d'une d'entre elles ou du défaut du sous-jacent s'accroît. Lors de la crise, les valeurs des sous-jacents (CDO) s'effondrement, obligeant AIG à constituer des collatéraux importants:
 
As the values of the CDOs on which AIGPF had sold CDSs declined, AIGFP was required to post more and more collateral. Between July 1 2008 and August 31 2008, AIGFP either posted or agreed to post US\$6 billion in collateral. This represented 34\% of the US\$17.6 billion that AIG had in cash and cash equivalents available on July 1 2008.
 
Un autre effet a encore joué et qui concernait la partie purement "assureur" d'AIG:

Adding to AIG's cash woes was its Securities Lending Program, which was a centrally managed program facilitated by AIG Investments. Through this program, certain of AIG's insurance companies lent securities to other financial institutions, primarily banks and brokerage firms. In exchange, AIG received partially cash collateral equal to 102\% of the fair value of the loaned securities from the borrowers. In 2008, as the borrowers learned of AIG's cash flow problems, they asked for their collateral back in exchange for the return of the securities. From September
12 2008 to September 30 2008, borrowers demanded the return of around US\$24 billion in cash.
A typical securities lending program reinvests the collateral in short duration instruments such as treasuries and commercial paper. AIG's Securities Lending Program did not do this. Instead, they invested most of the collateral in longer duration, AAA-rated residential mortgagebacked
securities; see AIG (2008, page 108) and Dinallo (2009). As the effects of the defaults of subprime mortgage holders continued to ripple through the financial markets, these mortgagebacked securities declined substantially in value and became illiquid. As a result, the Securities Lending Program had insufficient funds to pay back the collateral it had taken in exchange for lending AIG's securities. AIG was forced to transfer billions in cash to the Securities Lending Program to pay back the collateral.
By early September 2008, AIG's cash situation was dire. It was unable to raise additional capital due to the seizing up of liquidity in the markets. As a result of all these events, AIG was downgraded. The downgrade triggered additional collateral postings in excess of US \$20 billion on the CDSs sold by AIGFP.

 
Autrement dit, suite aux problèmes vécus sur le portefeuille des CDS, certains investisseurs réclamèrent des montants en cash en échange de produits financiers qu'AIG leur avait fourni et qu'elle avait investi dans des produits peu liquides ce qui aggrava la situation de départ. Finalement, la crise de liquidité d'AIG entraîna un abaissement de sa note et donc, selon les termes des contrats CDS, un besoin supplémentaire en collatéraux.
Un tel enchaînement n'aurait pu être évité par le GSA. Il s'agit d'une faillite du Risk Management d'AIG:

The risk management failings at AIG were seen at other global firms. For many firms, the shortcomings of the risk management practices were translated into huge financial losses. In AIG's case, they almost bankrupted the firm.(...)Until 2007, it did not model the liquidity risk that it was exposed to from writing CDSs with collateral posting provisions


 
 
Alors franchement, avant de t'emballer sur tes considérations sur l'aléa moral, j'aimerais que tu m'expliques en quoi cet aléa moral a pu jouer à un quelconque moment dans le cas d'UBS ou d'AIG.

Message cité 2 fois
Message édité par Camelot2 le 14-05-2010 à 21:45:10
n°22583427
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 21:46:11  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
La concentration, c'est comme les inégalités : ça va, ça vient. Il n'est pas vrai que, naturellement, le capitalisme aboutit à toujours plus de concentration et d'inégalités.  


En vertu de quoi tu peux affirmer cela?
 

limonaire a écrit :


Ça peut être vrai sur 10 ou 20ans, mais pas sur un siècle.  


C'est déjà bien trop. A la limite, ces oscillations sont encore pires au niveau instabilité sociale.
 

limonaire a écrit :


Quant au capitalisme, ce n'est pas un gros mot pour moi puisque c'est le seul système qui a permis à l'humanité de sortir de la situation de pénurie pour accéder récemment (moins de trois siècles et pour certains moins de 50 ans) à une société d'abondance.


Ce n'est pas que le capitalisme qui permet une société de la connaissance qui permet aux sociétés de se former et s'éduquer tres vite. Du moins pas directement.
De plus, je ne nie pas certains aspects positifs du libre echange, faut juste pas ériger ça en religion et analyser quels types de contextes peuvent le rendre inopérant.

limonaire a écrit :


A partir de cadre, on peut amender : faire en sorte que tous accède à une éducation de qualité, que la culture soit promue plutôt que les industries culturelles, que la mobilité sociale soit possible, que chacun réalise son potentiel, etc... Mais qu'on fasse attention à ne pas casser le moteur de la création de richesses.  


Il ne s'agit pas de le casser, il s'agit de le brider (redistribution du capital). La vrai difficulté de le brider, c'est que ça ne marche pas si sur le terrain de jeu d'autres ne le font pas le bridage, et c'est tout le probleme actuel du libre echange.


---------------
it is difficult to get a man to understand something when his salary depends on his not understanding it   -   La lecture est un stratagème qui dispense de réfléchir   -   Et les Shadocks pompaient, pompaient...
n°22583494
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 21:49:09  profilanswer
 

En fait Limonaire, tu dis que le capitalisme tel qu'on le connait même si sur la tendance longue ne produit pas d'inégalités, sur plus court terme c'est possible. Quel vq être donc le mécanisme qui va faire que dans notre futur à court ou moyen terme il va diminuer? C'est important comme question.


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n°22583536
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:51:44  profilanswer
 

Magicpanda a écrit :

en fait ce qui est pénible dans l'argumentaire de Limo c'est qu'il ne change jamais en fonction des conditions économiques et sociales, c'est un peu comme le marxisme léninisme hérigée en catholicisme, la grille de lecture vient en premier, elle est infaillible et intrinsèquement vrai, tout ce que font les chercheurs qui ne rentrent pas dedans est immédiatement faux, et si la réalité ne colle pas, c'est la réalité qui est mal comprise puisque le modèle est vrai.
 
En gros "la terre est plate, la preuve je fais du vélo"
 
Alors c'est sympa ca fait son effet, c'est un exercice de style sympathique, une position hétérodoxe, mais une fois que ca tourne en vase clos c'est quand meme assez peu intéressant puisque ca ne tolère aucune complexification


 
Peut-être, mais ça a le mérite d'avoir un certain pouvoir explicatif. Les hommes sont tous des homo sapiens, avec le même cerveau, le même codage génétique, etc : le but d'une science humaine comme l'économie est alors de découvrir le fondement ultime de l'agir humain chez tous les homo sapiens, au-delà des faits historiques, sociaux ou culturels. Découvrir des lois humaines universels, en tout temps, en tout lieu. Je pense en effet que l'argument culturel ou social sert souvent de cache-sexe à des théories ad hoc montées de toutes pièces mais qui ne marchent que dans un contexte, un époque, ou une culture particulière. D'où une scientificité douteuse, notamment au ragard du critère de Popper. Par exemple, pour expliquer pourquoi les femmes se mettent à travailler, on peut trouver plein d'explications sociales ou culturelles, certes intéressantes : le féminisme, le déclin de l'Eglise, que sais-je encore. Mais le fait que le taux de salaire horaire augmente suffit à expliquer le phénomène : c'est un outil puissant qui marche aussi bien chez les Romains que chez la Française de 1970 ou l'Africaine de 2010.  
 
Inversement, les économistes ont souvent tendance aujourd'hui à dire tout et son contraire  : le taux de change monte ? c'est mal. Il diminue ? c'est la catastrophe. Augmenter les dépenses publiques ? ça soutient la demande. Les baisser ? c'est bien aussi, il faut être rigoureux. Etc. D'où le sentiment dans l'opinion que ces économistes sont des charlatans et que l'économie n'est pas une science. Le relativisme règne, tout se vaut, on le voit bien sur ce forum.
 
Mon propos est de montrer qu'à partir de propositions très générales, de concepts simples mais bien définis, on peut non seulement comprendre le monde, indépendamment de l'époque et de la culture, mais aussi éventuellement prévoir les conséquences de telles décisions. Cela n'enlève rien à l'intérêt des autres sciences sociales et humaines, mais permet d'éviter un relativisme dont les Français sont friands, si on en croit Boudon.

n°22583598
Camelot2
Posté le 14-05-2010 à 21:54:44  profilanswer
 

Citation :

Découvrir des lois humaines universels, en tout temps, en tout lieu.


 
Cela suppose une hypothèse de continuité des lois régissant le comportement humain à travers le temps et à travers l'espace.
 
C'est tout simplement...faux.

n°22583605
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:55:00  profilanswer
 


 
Tu réponds en au moins 5 points. Chacun mériterait 10 ou 20 lignes : c'est pas raisonnable !
 
Choisis en un et on en reparlera (quant au lien, je n'avais pas vu qu'il y en avait un)

n°22583630
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 21:55:57  profilanswer
 

The NBoc a écrit :


Et? :??:
 
Tu n'as toujours pas démontré que cette croissance bénéficiait quelque soit le contexte à tout le monde, cad que de la croissance pour de la croissance, on ne voit pas bien à quoi ça peut servir.


 
A tout le monde : une femme de ménage vit mieux aujourd'hui qu'en 1970.

n°22583641
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:56:17  answer
 

 

ben voilà que je l'insulte maintenant, alors que lui a le droit de me traiter d'ignare, elle est belle l'équité.

 
Citation :

Le paradoxe de la part salariale

 

Il faut avoir la bonne mine de Jean Peyrelevade pour soutenir face caméra sourire aux lèvres que la part salariale n’a pas varié « depuis cinquante ans » [1]. Il est vrai que Jean Peyrelevade est le seul à dire aussi ouvertement que la part des salaires dans la valeur ajoutée est bien trop élevée et qu’il s’agirait qu’elle rende au plus vite 3 ou 4 points au profit [2]. Admettons qu’il y a là un certain courage dans la joyeuse provocation, à moins qu’il ne s’agisse plus classiquement d’une combinaison
de persévérance dans l’erreur caparaçonnée et de certitude de soi. Il est aussi le seul à ne pas avoir vu que, de 1970 à aujourd’hui, la part salariale a connu un formidable coup d’accordéon, avec une croissance très forte de 1970 jusqu’au point haut de 1982, suivie d’une décrue encore plus forte dont l’essentiel est acquis dès la fin des années 80.

 

C’est à ce moment qu’il faudrait commencer à parler chiffres. La chose est passablement délicate car ces calculs de partage de la valeur ajoutée n’ont rien d’évident : comme toutes les statistiques macroéconomiques, le poids des conventions qui président à leur construction est grand, et les variations sur ces conventions susceptibles d’avoir en bout de ligne des effets sensibles [3]. L’évolution décrite à l’instant en termes délibérément vagues – ça monte de 1970 à 1982, ça baisse jusqu’à la fin des années 80 pour finir plus bas que le point de départ de 1970 –, correspond au constat faisant incontestablement accord. Les divergences apparaissent alors. Pour certains la baisse ne s’arrête pas en si bon chemin et se poursuit quoique à un rythme sans commune mesure avec l’ajustement précédent [4]. Pour les autres, l’INSEE en particulier, la part salariale, à quelques oscillations près, se stabilise à partir du milieu des années 90 et ne bouge quasiment plus de son plateau à 69 %, soit tout de même deux points au dessous de sa valeur de 1970. Quelle que soit la thèse retenue, il est impossible en tout cas de soutenir que la part salariale connaisse depuis 1990 une compression aussi dramatique que ce qui lui a été infligée pendant les années 80.

 

Aussitôt deux questions. La première est simplement, logiquement, revendicative : « on nous en a pris », dit le salariat, « et même beaucoup, maintenant il faut nous en rendre ». Question subsidiaire : combien ? Tout ou partie ? Et si « partie », laquelle ?

 



http://gesd.free.fr/parvafl.pdf


Message édité par Profil supprimé le 14-05-2010 à 22:04:52
n°22583686
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:58:12  answer
 

limonaire a écrit :


 
Tu réponds en au moins 5 points. Chacun mériterait 10 ou 20 lignes : c'est pas raisonnable !
 
Choisis en un et on en reparlera (quant au lien, je n'avais pas vu qu'il y en avait un)


 
 
bon bah répond au lien alors
 
http://www.telos-eu.com/fr/article [...] nsequences

n°22583712
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 21:59:18  answer
 

limonaire a écrit :

 

A tout le monde : une femme de ménage vit mieux aujourd'hui qu'en 1970.

 

Pourquoi tu remontes à 1870 la comparaison ne sera que plus flagrante...  :o


Message édité par Profil supprimé le 14-05-2010 à 22:01:01
n°22583754
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 22:00:48  profilanswer
 

Gueux76 a écrit :


 
Et si t'estimes mal ton risque de faillite ? Tu crois que c'est évident et facile à connaitre ???  
 
Encore plus con, et si ton risque de faillite c'est que tes clients ils aillent voir les autres banques parce qu'elles proposent plus de rentabilité que toi ? (c'est comme ça qu'on se retrouve avec des subprimes dans des fonds monétaires "dynamiques" )


 
Mais si toi tu sais que ça peut arriver, la banque aussi, non ? elle augmentera alors ses FP pour l'éviter.
 
Tu me diras : non, si elle est la seule à le faire, car elle diminue sa rentabilité. Sans doute. Mais la responsabilité, ça s'apprend en plusieurs fois, pas une seule. Au bout de plusieurs récessions menant à la faillite de banques trop risk takers, les banques développeront des règles empiriques de fonds propres et de prises de risques. Une sorte d'effet d'expérience, d'apprentissage progressif par tâtonnement. C'est un ordre spontané, en fait : Ok, ça prend du temps, avec peut-être du bordel. C'est toujours le même problème de la transition de système irresponsables vers des systèmes responsables...

n°22583788
The NBoc
Quo Modo Deum
Posté le 14-05-2010 à 22:01:35  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
A tout le monde : une femme de ménage vit mieux aujourd'hui qu'en 1970.


Et par rapport à il y'a 10 ans, avec l'explosion des couts de l'immobilier?
Et un ingénieur?


---------------
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n°22583808
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 22:02:03  answer
 

limonaire a écrit :


 
Il y aurai des cartels ou réseaux de banques privées émettant la même monnaie, convertible au sein de ce réseau. Comme aujourd'hui, sauf que ces cartels sont publics, nationaux et monopolistiques.  


Merci pour cette explication franche et limpide  :o

n°22583845
Profil sup​primé
Posté le 14-05-2010 à 22:03:01  answer
 

limonaire a écrit :

 

Mais si toi tu sais que ça peut arriver, la banque aussi, non ? elle augmentera alors ses FP pour l'éviter.

 

Tu me diras : non, si elle est la seule à le faire, car elle diminue sa rentabilité. Sans doute. Mais la responsabilité, ça s'apprend en plusieurs fois, pas une seule. Au bout de plusieurs récessions menant à la faillite de banques trop risk takers, les banques développeront des règles empiriques de fonds propres et de prises de risques. Une sorte d'effet d'expérience, d'apprentissage progressif par tâtonnement. C'est un ordre spontané, en fait : Ok, ça prend du temps, avec peut-être du bordel. C'est toujours le même problème de la transition de système irresponsables vers des systèmes responsables...

 

zinquiétez pas
wai alors au bout de 6 ou 7 grande depression suivies de 3 ou 4 guerres mondiales c bon ca devrait marcher  [:gidoin]

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 14-05-2010 à 22:03:07
n°22583852
moonboots
Posté le 14-05-2010 à 22:03:15  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
A tout le monde : une femme de ménage vit mieux aujourd'hui qu'en 1970.


grâce aux mesures sociales    :jap:   merci la gauche

n°22583876
Camelot2
Posté le 14-05-2010 à 22:03:52  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Mais si toi tu sais que ça peut arriver, la banque aussi, non ? elle augmentera alors ses FP pour l'éviter.
 
Tu me diras : non, si elle est la seule à le faire, car elle diminue sa rentabilité. Sans doute. Mais la responsabilité, ça s'apprend en plusieurs fois, pas une seule. Au bout de plusieurs récessions menant à la faillite de banques trop risk takers, les banques développeront des règles empiriques de fonds propres et de prises de risques. Une sorte d'effet d'expérience, d'apprentissage progressif par tâtonnement. C'est un ordre spontané, en fait : Ok, ça prend du temps, avec peut-être du bordel. C'est toujours le même problème de la transition de système irresponsables vers des systèmes responsables...


 
Non non et non.
C'est effrayant de lire cela. Tu confonds a-priori et a-posteriori. Tu confonds best-estimate et approche prudentielle.
 
Une gestion de risque auto-réalisatrice, ça n'existe pas. Parce que l'humain est un con. Qu'un manager est encore pire qu'un humain normal. Et que plusieurs managers forment un cocktail de conneries qui amènent Fortis au bord de la faillite.
 
L'ordre spontané, c'est de la fumisterie.
 
EDIT: Et tu n'as visiblement aucune idée dont fonctionne la gestion du risque et quel est le rapport de force entre l'ALM et le reste des départements chez les banquiers. C'est vraiment effrayant, je pèse mes mots, de prôner que la main invisible du marché va obliger les banques à correctement fonctionner sur le long terme.

Message cité 4 fois
Message édité par Camelot2 le 14-05-2010 à 22:05:34
n°22583983
moonboots
Posté le 14-05-2010 à 22:08:16  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :

Parce que l'humain est un con.


 :ouch:   faut pas lui laisser de liberté alors

n°22583990
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 14-05-2010 à 22:08:44  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :


 
EDIT: Et tu n'as visiblement aucune idée dont fonctionne la gestion du risque et quel est le rapport de force entre l'ALM et le reste des départements chez les banquiers. C'est vraiment effrayant, je pèse mes mots, de prôner que la main invisible du marché va obliger les banques à correctement fonctionner sur le long terme.


 
C'est quoi, ça se mange? :o
 
T'as déjà mis les pieds dans une banque ou bien tu te bases sur des on dit et des romans dépeignant la faillite fictive d'une banque suisse?  
 
Je pose la question sans animosité :o
 


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°22584039
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-05-2010 à 22:10:34  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :


 
Oui, elle aurait pris autant de risque.
 
Parce que contrairement à la croyance limonaire populaire le risque n'est pas une quantité que l'on peut mesure avec un thermomètre. Autrement dit, il faut distinguer l'estimation du risque (a priori) et l'occurrence du risque.
 
Les banques n'ont pas su/pu/voulu (au choix)estimé le risque pris.
 
Je commence à en avoir sérieusement marre que tu rabâches encore et encore cet élément de l'aléa moral et du prêteur en dernier ressort alors que ce facteur n'a joué qu'à la marge ou pas joué du tout. Tiens, voici deux exemples que te donnent TORT et qui montrent que même dans le monde merveilleux de limonaire où les banques/assureurs font ce qu'elles veulent...elles peuvent se planter! SE PLANTER! Et gravement!
En raison d'un problème de modélisation ou en raison de problèmes relationnels...poussés par un management incompétent. Le cas d'UBS (les passages en gras sont des extraits du livre "UBS les dessous d'un scandale" )
 

Citation :

Dans "UBS, les dessous d'un scandale", Myret Zaki narre l'épopée d'une des plus importantes banques suisses au pays des crédits à risques US (subprimes). On y apprend que, s'éloignant de son métier initial de gestion de fortunes (banques de dépôts), UBS s'est lancé sur le marché des produits titrisés américains en rachetant certaines banques affaires durant les années 2000. Ainsi, en 2007 et 2008, UBS a perdu environ quarante-cinq milliards de dollars en raison de la crise. Il paraît intéressant de retracer rapidement le déroulement des événements qui menèrent UBS au bord de la faillite.
A la lecture du livre, on apprend que la banque d'affaires d'UBS pris son essor aux Etats-Unis sous l'impulsion du management et sur base des résultats mirobolants observés...Une véritable équipe de traders professionels était au coeur du système:
 
Que s'était-il passé? Le public découvrait seulement le désastre qui, en réalité, était en germe dès 2004. C'est à cette époque que le président Marc Ospel et le directeur général Peter Wuffli, impressionnés par les résultats stellaires que généraient les traders réunis sous la direction de John Costas aux Etats-Unis, ont caressé l'idée de créer pour lui une unité d'élite séparée.(...)Costas crée en 2005 un fonds spéculatif interne à la banque, qui doit hisser le groupe parmi les premiers sur le marché des titres obligataires. En particulier, il exploitera les stratégies les plus sophistiquées sur le marché du crédit immobilier.En 2005, Costas prend les commandes de cette nouvelle entité: Dillon Read Capital Management (DRCM)
 
Cette équipe fut formée à partir des traders de la banque d'affaire d'UBS (UBS Investment Bank) qui, sen sentant reléguée en arrière-plan, décida à son tour de se lancer sur le marché des crédits immobiliers:
 
Jenkins [responsable d'UBS Investment Bank], qui veut concurrencer DRCM, lance alors à grande échelle plusieurs activités sur le marché le plus spéculatif du moment. Elles vont de l'arrangement de dérivés de crédits subprimes vendus aux investisseurs \textbf{au négoce de ces titres pour le compte propre de la banque, en passant par le stockage de ces titres au bilan afin d'en tirer un gain facile.}(...)UBS est donc doublement exposée à un marcché immobilier en passe de s'effondrer.
 
On constate qu'au seuil de la crise, UBS est exposé sur deux fronts en raison de la concurrence entre deux unités de la banque...et qu'elles possèdent une quantité importante de crédits structurés dans son propre bilan. La suite de l'histoire est encore plus déroutante. Début 2007, les traders de DRCM alertent la banque d'affaire sur la possibilité d'un retournement de l'immobilier, la décision d'UBS tombe: les positions de DRCM sont liquidées et les traders sont remerciés:

Nous sommes en mai 2007, deux mois avant la crise. Le plus grand secret de l'UBS, révélé par notre enquête dans les pages qui suivent est celui-ci: la banque n'a pas dissous DRMC pour réduire les risques mais pour en prendre davantage!

 
Ces décisions furent prises au plus haut sommet du management d'UBS. Et les écrits de l'auteur sonnent comme une justification éclatante du GSA:
 
En réalité, il n'y a pas une mais deux UBS. Celle de Zurich qui règne sur des activités stables et séculaires, constitutives de la finance traditionnelle: gestion de fortune, banque de détail et banque commerciale. Ces activités sont comprises et contrôlées jusqu'au plus haut niveau de cette banque, ainsi que par la régulation helvétique. Et puis il y a l'autre UBS, celle de Park Avenue, qui s'est rêvée banque d'affaires de pointe en spéculant sur des dérivés de crédit maîtrisés seulement par une élite anglo-saxonne.
 
Nous ne nous attarderons pas sur les détails techniques mais releveront tout de même un élément important symptomatique de la gestion du risque présente dans la banque d'affaire d'UBS:

En réalité, les équipes de Jenkins se sont focalisés sur une maximisation du revenu, l'aspect du risque devenant leur "angle mort".(...) Mais le plus grand point faible est l'absence totale d'une culture du risque. La banque d'affaires ne s'est jamais dotée d'un senior risk manager, alors que c'était prévu depuis 2006.

 
Nous verrons par la suite que la faillite du Risk Management dans les institutions financières est le dénominateur commun des différentes difficultés qu'elles ont rencontré au-delà de leur statut (séparation ou non entre les différentes activités).


 
Le cas d'AIG (les passages en gras sont des extraits de l'article de P. Embrecht (The devil...))
 

Citation :

Au contraire d'UBS, AIG base l'entièreté de ses activités sur des activités d'assurances ou relatifs à l'assurance. On peut d'ores et déjà considérer que le rétablissement du GSA dans son cas ne l'aurait pas empêché de passer proche de la faillite. Sur base de "The devil is in the tails: actuarial mathematics and the subprime mortgage crisis", nous allons retracer rapidement l'historique de la chute d'AIG et tenterons d'en identifier les causes. Plantons tout d'abord le décors:
 
AIG is a holding company which, through its subsidiaries, is engaged in a broad range of insurance and insurance-related activities in more than 130 countries. Half of its revenues come from its US operations. As at December 31 2007, AIG had assets of US\$1,000 billion dollars. This is just under half the Gross Domestic Product of France.
Despite the insurance business being a heavily regulated business, in September 2008 AIG was on the verge of bankruptcy due to cash flow problems. These cash flow problems came not from its insurance business, but from its CDS portfolio. AIG operated its CDS business through subsidiaries called AIG Financial Products Corp and AIG Trading Group, Inc and their respective subsidiaries.

 
Il est peut-être ici nécessaire de rappeller que les CDS n'étaient pas concernés par le GSA et que l'absence de régulation qui les a frappé ne fait pas suite à l'abrogation du GSA même si la loi en question fut promulguée au même moment. Même sous un régime de distinction nette entre banque de dépôt, banque d'investissement et compagnie d'assurances, AIG aurait pu investir dans ce type de portefeuille.  
On constate rapidement des points communs avec UBS, notamment dans la motivation qui a poussé AIG à se lancer sur ce marché "insurance-related":   les CDS ne sont certes pas des produits d'assurance au sens stricte mais possèdent des propriétés identiques dans les mécanismes gérant les payements. En cas de défaut ("sinistre" ), AIG se devait de payer à la contrepartie une somme déterminée. Celle-ci s'acquittant d'une prime durant la durée du contrat. La principale différence avec un produit d'assurance réside dans la manière de tarifer ce type de produits. Pour en revenir aux motivations d'AIG, on peut notamment lire:
 
AIGFP believed that the money it earned from the CDSs were a free lunch because their risk models indicated that the underlying securities would never go into default. AIG (2006) states that the "likelihood of any payment obligation by AIGFP under each transaction is remote, even in severe recessionary market scenarios". The New York Times quotes the head of AIGFP as saying in August 2007 that "it is hard for us, without being  
ippant, to even see a scenario within any kind of realm of reason that would see us losing one dollar in any of those transactions."

 
Ainsi, selon leurs modèles de risque, la rentabilité de tels produits était garantie. Un "gain facile"...auss facile que celui recherché par UBS. Malheureusement, AIG a largement sous-estimé les risques pris et notamment les options "implicites". En assurance, une option est considérée comme implicite lorsqu'elle ne peut pas être expressément tarifé lors de la conclusion du contrat. Les plus connues d'entre elles sont la participation aux bénéfices et le rachat d'un contrat par le client.
Dans le cas des CDS, l'option implicite consistait en la constitution de "collateral":
 
The buyer of a CDS is exposed to the credit risk of the seller. If the reference asset defaults then there is no guarantee that the seller can make the agreed payoff Similarly, the seller is exposed to the credit risk of the buyer: the buyer may fail to make the regular premium payments. To reduce this risk, the counterparties to the CDS contract may be required to post collateral. (...) Collateral payments may be required due to changes in the market value of the reference asset or changes in the credit rating of the counterparties.
 
Il s'agit donc, grossièrement, de rassurer la contrepartie du contrat sur la capacité de l'autre contrepartie de s'acquitter de ses obligations lorsque le risque d'un défaut de la part d'une d'entre elles ou du défaut du sous-jacent s'accroît. Lors de la crise, les valeurs des sous-jacents (CDO) s'effondrement, obligeant AIG à constituer des collatéraux importants:
 
As the values of the CDOs on which AIGPF had sold CDSs declined, AIGFP was required to post more and more collateral. Between July 1 2008 and August 31 2008, AIGFP either posted or agreed to post US\$6 billion in collateral. This represented 34\% of the US\$17.6 billion that AIG had in cash and cash equivalents available on July 1 2008.
 
Un autre effet a encore joué et qui concernait la partie purement "assureur" d'AIG:

Adding to AIG's cash woes was its Securities Lending Program, which was a centrally managed program facilitated by AIG Investments. Through this program, certain of AIG's insurance companies lent securities to other financial institutions, primarily banks and brokerage firms. In exchange, AIG received partially cash collateral equal to 102\% of the fair value of the loaned securities from the borrowers. In 2008, as the borrowers learned of AIG's cash flow problems, they asked for their collateral back in exchange for the return of the securities. From September
12 2008 to September 30 2008, borrowers demanded the return of around US\$24 billion in cash.
A typical securities lending program reinvests the collateral in short duration instruments such as treasuries and commercial paper. AIG's Securities Lending Program did not do this. Instead, they invested most of the collateral in longer duration, AAA-rated residential mortgagebacked
securities; see AIG (2008, page 108) and Dinallo (2009). As the effects of the defaults of subprime mortgage holders continued to ripple through the financial markets, these mortgagebacked securities declined substantially in value and became illiquid. As a result, the Securities Lending Program had insufficient funds to pay back the collateral it had taken in exchange for lending AIG's securities. AIG was forced to transfer billions in cash to the Securities Lending Program to pay back the collateral.
By early September 2008, AIG's cash situation was dire. It was unable to raise additional capital due to the seizing up of liquidity in the markets. As a result of all these events, AIG was downgraded. The downgrade triggered additional collateral postings in excess of US \$20 billion on the CDSs sold by AIGFP.

 
Autrement dit, suite aux problèmes vécus sur le portefeuille des CDS, certains investisseurs réclamèrent des montants en cash en échange de produits financiers qu'AIG leur avait fourni et qu'elle avait investi dans des produits peu liquides ce qui aggrava la situation de départ. Finalement, la crise de liquidité d'AIG entraîna un abaissement de sa note et donc, selon les termes des contrats CDS, un besoin supplémentaire en collatéraux.
Un tel enchaînement n'aurait pu être évité par le GSA. Il s'agit d'une faillite du Risk Management d'AIG:

The risk management failings at AIG were seen at other global firms. For many firms, the shortcomings of the risk management practices were translated into huge financial losses. In AIG's case, they almost bankrupted the firm.(...)Until 2007, it did not model the liquidity risk that it was exposed to from writing CDSs with collateral posting provisions


 
 
Alors franchement, avant de t'emballer sur tes considérations sur l'aléa moral, j'aimerais que tu m'expliques en quoi cet aléa moral a pu jouer à un quelconque moment dans le cas d'UBS ou d'AIG.


 
T'énerve pas, mon lapin  :D  
 
Dans un système sans aléa moral, il y aussi de mauvaises estimations du risques, des erreurs, d'où des faillites. Mais elles sont moins nombreuses (c'est pas à un assureur que je vais apprendre l'impact du moral hazard sur les comportements)
 
Dans l'automobile par exemple, il n'y a pas de prêteur en dernier ressort : ça n'empêche pas des erreurs stratégiques, des pertes et des faillites. Seulement, il y en aurait plus si chaque constructeur savait que l'Etat le renflouerait quoi qu'il arrive (ou le refinancerait).

n°22584071
docmaboul
Posté le 14-05-2010 à 22:12:25  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :

Citation :

Découvrir des lois humaines universels, en tout temps, en tout lieu.


 
Cela suppose une hypothèse de continuité des lois régissant le comportement humain à travers le temps et à travers l'espace.
 
C'est tout simplement...faux.


 
Non [:tim_coucou]

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