Profil supprimé | limonaire a écrit :
Je reprends deux phrases, juste pour montrer qu'il est toujours utile de prendre du recul. 1) L’économie mondialisée a toujours besoin de plus de crédits afin de se développer. Pourquoi mondialisée ? ce n'est pas vrai des économies nationales non soumises au libre-échange ? Bref, mondialisée n'a rien à faire ici : mais c'est soit pour se donner l'air important, soit pour faire peur aux gens. Car pour sa démonstration, l'auteur aurait pu tout aussi bien dire "l'économie a toujours besoin de plus de crédits afin de se développer". Cela n'aurait rien changé. Mais ce n'est pas le plus important. Le plus important est de penser que l'économie n'a pas besoin de crédits : elle a d'abord besoin de fonds propres, çàd d'épargne préalable pour se développer. Une croissance saine est fondée sur des capitaux qui ont été épargnés et qui sont ensuite prêtés aux entrepreneurs (ou aux Etats), pas à la monnaie créée ex nihilo dont on sait depuis Hayek qu'elle crée des bulles artificielles, et les récessions qui s'ensuivent. Bref, dire que "l'économie a toujours besoin de plus de crédits" est une affirmation non démontrée. 2) En redonnant le pouvoir de création monétaire à l’Etat, tous les impôts et taxes, nationales et locales peuvent être supprimées Que pensez d'une telle phrase ? quelle crédibilité a l'auteur qui écrit une telle phrase ? quelle crédibilité a celui qui poste un tel texte contenant une telle phrase ?
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pour le deux je demande a voir, mais cela n'enlève rie la pertinence de l'article. Tu affirmes, poses des arguments comme des vérités, alors qu'ils ne sont que ta vision des choses. Il n'a pas une vérité. J'aimerais que tu m'explique comment fonctionnait l'économie en France avant 73. Et un peu d'histoire ne fera pas mal, et vous démontra qu'il n'y a pas qu'une économie en ce bas monde, la votre surtout qu'actuellement elle montre toutes ses tares et faiblesses. Citation :
LES MECANISMES DE LA CREATION MONETAIRE Avant la création de la Banque de France en l’an VIII, le droit de battre monnaie était régalien. Entendons par là que seule la Maison de France était autorisée à mettre en circulation des pièces frappées de son sceau. Les banques délivraient alors à leur clientèle, contre dépôt de ces pièces, pour des raisons de commodité et de sécurité, des billets, d’abord nominatifs, puis au porteur. Bien vite, elles s’octroyèrent le droit de prêter plus de billets qu’elles n’avaient de pièces en caisse. Ces billets n’avaient donc pas de contreparties, ils étaient émis ex-nihilo. L’idée en revint à Palmstruck, fondateur de la Banque de Suède en 1656. Aussi, en 1803, la Banque de France se dota du monopole de l’émission de ces billets de Banque en Ile de France, mais ce n’est qu’en 1848, que ce monopole fut étendu sur tout le territoire. En fait, c’est la Banque d’Angleterre, la soeur aînée, créée en 1694, qui inspira cette mesure à la France. Deux écoles s’opposaient Outre-Manche : les partisans du Banking principle pour qui l’émission de billets étaient une activité bancaire, donc commerciale, et ceux du Currency principle pour qui l’émission de billets constituait une forme moderne de création monétaire et devait être contrôlée par l’Etat. En 1844, Sir Robert Peel fit entériner ce dernier principe par le « Bank Charter Act ». Nous étions ici sous le règne de l’étalon-or. Les billets, émis avec parcimonie par la Banque d’Angleterre ne se déprécièrent pas ou peu, ils conservèrent longtemps leur couverture or, ce qui fit de la Livre Sterling la monnaie de référence internationale jusqu’à la seconde guerre mondiale. Le monopole d’émission de la Banque d’Angleterre ne lui fut cependant acquis définitivement qu’en 1921.../... http://prosperite-et-partage.org/spip.php?article54
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Citation :
.../...ELEMENTS DE CRITIQUE Depuis le cours forcé du franc en 1914, et plus encore aujourd’hui, la monnaie ne se définit plus par rapport à une encaisse métallique, or ou argent. A cette conception matérialiste de la monnaie des siècles passés, répond maintenant une conception nominaliste où le règlement est garanti par un simple jeu d’écriture : la monnaie ex nihilo. L’économie de marchés financiers, à échelle internationale, présume que les épargnes globales mondiales soient égales ou supérieures aux besoins d’investissement globaux mondiaux. Ici apparaît l’idée d’un équilibre mondial voire d’une globalisation financière régulée par les marchés. En effet, si cet équilibre n’existait pas, on pourrait supposer une création monétaire qui, par un système de péréquation, ne pénaliserait aucun espace économique déterminé. Ceci impliquerait une autorité internationale, fut-elle laissée aux marchés financiers tout d’abord, chargée de réguler cette péréquation de création monétaire dans l’espace afin que la charge inflationniste que cette création pourrait contenir soit diluée dans chaque espace national par des mouvements financiers transnationaux. L’économie d’endettement présume, de son côté, une création monétaire ex nihilo. Si l’on peut excuser le silence de certains auteurs qui, dans leurs travaux, semblent se satisfaire du mode actuel de création monétaire, et ignorer la démarche de Douglas, on ne peut leur pardonner d’oublier les nombreuses critiques qu’émit Jacques Rueff, notamment dans son rapport de 1958, à l’égard de ce mode de création monétaire. Ce dernier ne cessa de dénoncer le caractère inflationniste de la création monétaire ex-nihilo. Ainsi, pensait-il, en créant de la monnaie en contrepartie d’une distribution de crédits, le réseau bancaire transfère un pouvoir d’achat aux bénéficiaires de crédits sans que, simultanément, quelqu’un renonce à un pouvoir d’achat correspondant. Pour Jacques Rueff, cette création de « faux droits » peut donner l’illusion de la prospérité aux bénéficiaires de crédits, mais ce qu’ils reçoivent est nécessairement prélevé sur d’autres. C’est pourquoi l’inflation, la dépréciation monétaire, représente a posteriori une forme d’imposition, c’est-à-dire un transfert forcé de ressources. Le mode de création monétaire actuel par duplication de faux droits, et sa distribution aux plus offrants, entraînent un nouveau partage de la valeur ajoutée dans lequel l’offre de travail est sous haute surveillance. Le travail est sous la garde tutélaire du capital alors qu’il conviendrait, comme le réclamait P.J. Proudhon, que « le premier, qui a toujours obéit, commande, et que le second, qui a toujours commandé, obéisse » (« Le Peuple », nov.1848).../...
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et le meilleur pour la fin
Citation :
DES REVENUS NON GAGNES Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, dans son ouvrage « L’impôt sur le capital et la réforme monétaire » (Hermann 1977), s’est attaché à démontrer les vices actuels de la création monétaire, et continuant la réflexion d’autres économistes, a expliqué la nécessité d’un retour à un intégral taux de couverture à 100 % de tous les dépôts. Il écrivait ainsi : « Alors que pendant des siècles l’Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l’Etat de battre monnaie et le privilège exclusif d’en garder le bénéfice, la République démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts privés. Ce n’est pas là le moindre paradoxe de notre époque ». Ce droit est aujourd’hui laissé à des intermédiaires, les banques, qui créent la monnaie en fonction de la demande de crédit des agents économiques, et est entretenu par le laxisme des pouvoirs publics, les oligopoles syndicaux et les lobbies industriels et financiers. Nous avons vu que cette création monétaire ex -nihilo, de faux droits, est limitée par le système des réserves obligatoires que les banques doivent conserver auprès de la Banque de France afin de garantir leurs liquidités. Ce système de couverture par les réserves obligatoires, s’il réduit momentanément le pouvoir de création monétaire des banques, ne leur retire aucunement ce privilège. Il réduit momentanément l’inflation mais ne l’arrête pas. D’autant que depuis 1914, la monnaie n’a plus d’équivalence matérielle. Maurice Allais ne dit rien d’autre : « Au XIX e siècle, il y avait un seuil pour l’inflation qui ne pouvait pas être dépassé en raison de la convertibilité or des monnaies. Aujourd’hui, les monnaies sont détachées de tout support réel et il n’y a plus de limites à l’inflation ». M. Allais ne prêche pas pour autant un retour à l’étalon or. « La démonétisation de l’or a constitué un grand progrès, mais malheureusement, à l’erreur des régimes d’étalon or du passé, on a substitué une autre erreur, tout aussi nocive, celle de la multiplication des moyens de paiement, créés par simples jeux d’écritures, dont la conséquence est l’inflation avec toutes ses séquelles : l’inefficacité de l’économie, le gaspillage du capital, la multiplication des injustices et le désordre social ». L’Etat est, de sorte, moins porté à adopter une politique contraignante. Il lui est facile alors de rembourser ses prêteurs en monnaie dévalorisée, et il ne se gêne pas ! Par exemple, « l’Etat a imposé l’acquisition d’obligations aux organismes de prévoyance (Caisse de retraite), ainsi l’ensemble des épargnants ne peut échapper à la spoliation de l’épargne mobilière en obligations. (...) Comment peut-on qualifier sérieusement une telle société de libérale ? Comment ne pas voir combien elle est potentiellement très proche de l’Etat totalitaire et qu’elle ne fait que le préparer ? ». D’autant que l’inflation aboutit, à terme, à la dévaluation. Dévaluations qui ont jalonné l’histoire du franc depuis 1914. Il ne faudrait pas perdre de vue, en effet, la signification profonde d’une dévaluation. Au delà de l’apparence immédiate qui permet à nos produits de mieux s’exporter et de reconquérir le marché intérieur, la dévaluation consacre la dépréciation du signe monétaire, c’est-à-dire la perte de pouvoir d’achat que procure la monnaie, ou plus concrètement encore, elle oblige à plus de productivité pour atteindre le précédent pouvoir d’achat. Chaque dévaluation diminue la valeur de l’effort effectué. Enchaînement logique, une productivité toujours plus élevée est nécessaire pour maintenir, malgré les progrès de la science et de la technique, la décence du niveau de vie. C’est ainsi que nous arrivons à une société productiviste, improprement qualifiée de consommation. La création de faux droits, de pouvoir d’achat ex-nihilo est généralement niée par beaucoup, ou pour le moins amoindrie. Si vous posez la question à votre banquier, il vous répondra sans doute « qu’à l’augmentation de la masse monétaire qui résulte à un instant donné d’un compte courant créditeur à un opérateur succède une diminution lorsqu’à un instant ultérieur l’opérateur rembourse à la banque le montant de son prêt ». Il en est, en effet, bien ainsi, mais la banque prête de nouveau les fonds qui lui sont remboursés, et renouvelle constamment cette opération, ce qui aboutit à un accroissement permanent de la masse monétaire. De plus, « la création de monnaie ne se limite pas à la partie non couverte des dépôts à vue et elle s’étend pour une grande part aux dépôts à terme. Si les délais sont relativement courts la substitution dans les encaisses des dépôts à terme aux dépôts à vue est presque totale, et la création de monnaie tout à fait comparable à celle correspondant aux dépôts à vue ». Dans le même ordre d’idées, « le financement d’investissements longs avec des liquidités à court terme entraîne une distorsion des taux d’intérêt défavorable à la réalisation d’une situation d’efficacité maximale pour l’économie ». En effet, dans un contexte inflationniste, les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire déduction faite du taux d’inflation, à long terme, tendent à être artificiellement bas puisque l’épargne parait abondante tandis que les taux réels à court terme en subissent le préjudice en se gonflant, ce qui bien évidemment pénalise la relance. « Ce qui est essentiel », continue Allais, « c’est que toute monnaie créée par ce processus (ex-nihilo) donne lieu à un pouvoir d’achat qui en général s’exerce immédiatement sur le marché. Il est certes à tout moment compensé dans les écritures bancaires par l’inscription d’une promesse à payer à l’actif de la banque, mais comme à cette contrepartie ne correspond aucune abstention ailleurs quant à l’exercice d’un pouvoir d’achat, il en résulte bien une augmentation nette du pouvoir d’achat qui se présente sur le marché ». Il en est, par ailleurs, de même sur le marché des actions et obligations où les banques prêtent autant qu’elles le peuvent. « La seule différence est qu’il n’existe ici aucune disposition réglementaire relativement aux réserves », ce qui aboutit sur le plan international à une gigantesque escroquerie qui se révèle périodiquement par la désintégration de bulles financières..../...
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