la 3eme est aussi quasiment officielle. Par exemple, après plein de tracts appelant à rejetter le Hezbollah (genre, Nasrallah en cobra en train de bouffer le Liban ou de tuer le Cèdre), il y a eu des tracts disant que si les libanais continuaient à accepter le Hezbollah, l'armée "va frapper durement, et pas seulement les intérêts du Hezbollah". Bien sûr je ne pense pas que les dirigeants israéliens aient ouvertement parlé de terroriser la population libanaise, ce serait mal passé.
Citation :
Tu ne vas pas me dire que les centres de commandement du Hezbollah étaient répartis sur une superficie équivalente à 4 ou 5 arrondissements parisiens.
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En fait, j'en sais rien. Les "têtes" et membres de la fraction civile du Hezbollah sont connus, ils agissent au grand jour puisqu'ils sont bénévoles au service des populations défavorisées chiites notamment. Facile donc pour les renseignements israéliens de savoir qu'ici habite un imam, là un épicier militant, ailleurs un journaleux, un élu local...
Par contre va savoir qui sont les quelques uns qui supervisent les opérations miliciennes... Même les libanais chiites qui bossent pour le Hezbollah civil ne les voient jamais! Et durant les bombardements, ils ne s'attardaient surement jamais dans un lieu donné.
Israel a appliqué la stratégie "tolérance zero" : si on pense que cette cible peut éventuellement peut etre contenir un mec parait-il possiblement lié aux miliciens, BOUM.
Et comme c'est un membre du Hezbollah, lui et les victimes seront comptés comme terroristes complices, ou bouclier humains.
Dans la plupart des cas, ces fameux miliciens de l'ombre ont jamais été là, ou sont partis depuis longtemps, et les "terroristes" tués c'est Hassan Nasrallah, coiffeur à Beyrouth Sud, ou Ali, restaurateur qui distribue du halawa aux orphelins à la mosquée, etc... Ils sont certes membre du Hezbollah civil, et ont surement une arme chez eux "au cas où ils reviennent chez nous", mais c'est surement pas eux avec leur fusil qui ont tiré sur les villes israéliennes.
Citation :
Quant aux caches d'armes, je veux bien, mais dans ce cas là autant vitrifier ou raser tout le Liban, comme ça on est sûr de ne rien rater. Remarque si on leur en avait laissé le temps, c'est ce qu'ils auraient fait, manifestement...
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vitrifier à la bombe H surement pas, mais une grosse invasion jusqu'à Beyrouth avec destructions des villages suspects aux buldozers+bombes, sans doute. Une combinaison de 1982 et des rasages de maisons de Gaza.
Citation :
Je n'emploie volontairement pas de langage "stratégique" dans mon post, car l'offensive israëlienne était bien une histoire de trippes, pas de réflexion ni de stratégie.
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C'est une stratégie quand meme, mal calculée, improvisée en bonne part, mais une stratégie quand même puisque repose sur des principes définis à l'avance :
- minimiser les pertes humaines... israéliennes (privilégier les attaques aériennes et l'épuisement adverse par la destruction avant de lancer l'offensive terrestre)
- garder la population à l'abri (malgré des couacs liés aux manques d'équipements de certains quartiers arabes israéliens)
- montrer un visage uni et triomphateur à la population (participation des medias qui ont accordé à l'état major une tribune de diffusion quasi permanente)
- confiance en l'armée (Olmert, ou Peretz? a dit qu'il avait accordé toutes les demandes de l'armée)
- refus de négocier, volonté de se montrer intransigeant quelque soient les circonstances (couvre-feu, interdiction de circuler et bombardements valables pour tout le monde, croix rouge et casques bleus compris), volonté de montrer au Hezbollah et à tous les opposant arabes qu'israel "ne discute pas avec les terroristes" et qu'ils ne doivent espérer aucune protection ni aucun apitoyement. C'est la fuite en avant de la fermeté : la peur qu'au moindre signe de scrupule l'ennemi interprète de la faiblesse et en tire profit.
Quand tu dis :
Citation :
Olmert et ses potes ont juste voulu montrer qu'ils "en avaient",
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c'est surtout de ce principe qu'il s'agit, et c'est bel et bien une stratégie érigée depuis quelque temps en Israel. Meme si tu vois pas mal de voix israeliennes dénoncer l'aspect "viscéral" de l'opération, c'est le principe du "montrer qu'on se laisse pas faire" qui est jugé comme une attitude irréflechie. C'est les moyens mis en oeuvre pour appliquer cette ligne de conduite qui sont remis en cause. En gros, beaucoup auraient préféré qu'Israel ait mieux prévu et préparé les choses, et qu'il ait frappé beaucoup plus fort au début et envoyé plein de soldats au sol quitte à faire beaucoup plus de morts (y compris parmi les soldats israeliens)
Tout çà pour dire que c'est une méthode qui a été adoptée, qui a été (perdant-perdant)^2 (liban, israel, hezbollah, ONU) (peut etre l'Iran en gagnant, et encore), et qu'il serait interessant d'en creuser l'analyse pour repérer comment des intentions dont certaines sont tout à fait respectables (paix, soldats capturés etc) ont amené là et ce qu'on peut déduire de ces évenements sur les meilleurs choix qui s'offrent maintenant aux différents protagonistes, des libanais aux israeliens en passant par l'autorité palestinnienne, les ONG et l'ONU.