bolch a écrit :
Fingon dit que je fais du révisionisme. Ce n'est pas le cas. Je ne fais qu'apporter mes sources. Si je disais que le goulag n'a jamais existé ou que Staline n'a fait aucun mort, là je ferai du révisionisme. Mais ce n'est pas le cas.
Ensuite, vous vous demandiez si l'industrie lourde soviétique aurait pu se développer aussi rapidement avec un développement capitaliste que sous Staline. Personnellement, je ne pense pas. Par exemple, Nicolas Boukharine, qui n'a jamais eu des idées parfaitement marxistes-léninistes, préconisait dans les années 30 un développement plus équilibré entre industrie légère et industrie lourde. Son idée de développement équilibré n'était manifestement pas adaptée au contexte historique qui fesait que l'URSS était encerclée par les puissances capitalistes qui ne revaient que d'une chose : détruire l'URSS. Si la politique de Boukharine avait été suivie, il ne fait pour ma part aucun doute que l'URSS aurait été broyée par l'Allemagne nazi.
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Citation :
répression contre les 5% de classes réactionnaires du pays
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Tu ne peux pas qualifier les gens qui sont morts de la famine de 32-33 (cad près de la moitié de la population ukrainienne à l'époque), les Tchéchènes déportés en Sibérie, les Allemands de la Volga exterminés jusqu'au dernier, l'oppression des Juifs (trop peu souvent soulignée pourtant il y a bel et bien eu une extermination des Juifs soviétiques - notammment en Biélorussie, en Russie occidentale et en Ukraine - sous le stalinise), sans oublier les Tatars de Crimée et les dizaines de milliers de slaves qui ont fui le pays durant les années 20 comme tu le fais par cette expression. Tu n'en as moralement pas le droit, ces gens méritent le respect, non le dénigrement et le mensonge concernant leur nombre et la nature de leur engagement.
D'une part, c'est réducteur de l'opposition réelle au stalinisme - y compris dans les propres rang de l'organe du Parti de l'époque ;
mais surtout c'est faux dans le sens où il ne s'agissait pas de "classes réactionnaires" mais de gens qui aspiraient à vivre, non d'exister. Il ne s'agissait déjà plus d'opposition par principes politiques, d'anti-communisme, mais de volonté d'être libres.
Ces gens avaient depuis longtemps tout perdu, n'avaient plus que leur propre existence et même cela, on les en a privé.
Décrire l'opposition des gens à l'époque au stalinisme, c'est du révisionnisme - je ne te ferais pas de procès d'intention, je ne fais qu'indiquer la vérité des faits ; comprend par là que je ne te stigmatise pas de révisionniste, ce sont tes propos que je combat ici(c'est trop facile d'insulter quelqu'un via le net, de lui coller une étiquette).
Par ailleurs, excuse-moi mais tes sources sont on-ne peut plus orientées (seule la Pravda a pu faire pire que tes sources) ; moi je te parle de choses vécues (par des proches, par certains de mes aïeux, par des connaissances en Ukraine et en Russie) de choses décrites par nombre d'historiens et de spécialistes.
Lorsque tu prononces cette phrase (car c'est surtout cette phrase qui m'a réellement choqué) tu ne fais que reprendr la dialectique stalinienne, une dénommination réductrice totalement contrée par tous les historiens non-communistes (que ce soit en Russie ou ailleurs).
Non on ne pourra jamais réduire les gens morts déportés ou assassinés sous staline comme étant "les 5% de classes réactionnaires du pays" c'est faux et totalement inhumain de balancer une telle anerie.
Ensuite concernant le développement de la Russie de l'époque sur un mode capitaliste, il est clair que ce développement n'aurait pas été basé sur l'industrie lourde (en tout cas par en majorité) mais sur les biens de consommation courante.
Et ce fut d'ailleurs là une des limite à la croissance des pays à économie administrée.
Ils ont effectivement connu une période de croissance ... sauf que dans le même temps nous connaissions en europe occidentale ce que l'on a appelé les "trente Glorieuses", un rythme de croissance que les pays du CAEM n'ont jamais connu.
pire, lorsque l'économie mondiale s'essoufflait pour basculer dans la crise, ces mêmes pays connaissait des pénuries incommensurables (rationnements ...), des choses que la France n'a connu qu'au sortir de la guerre de 39-45 mais plus après (lorsque nous connaissions les affres de l'inflation, en URSS, des pénuries terribles apparaissaient - ce qu'en économie on explique par le fait qu'en économie, l'Offre ne pouvant s'adapter à la Demande par ajustement des prix en économie communiste, cet ajustement se fait par les quantités ...
C'est là un des échecs les plus terribles de la gestion communiste : le fait de se montrer incapable de nourrir les populations malgré des surfaces cultivables colossales et parmmi les plus prolifiques au monde (l'Ukraine dispose de terres particulièrement aptes à la culture du blé par exemple).
La gestion soviétique a été économiquement une catastrophe sans commune mesure - un désastre seulement égalé par la Chine Populaire de mao et la Corée du Nord.
Je ne suis pas vraiment nostalgique des Romanov (malgré l'engagement familial d'alors au sein des "blancs" ) mais j'ai vraiment la certitude que le régime tsariste aurait eu au final de meilleurs résultats économiques que les soviétiques car elle n'était tenu par aucune idéologie.
Comme dit précedamment, la Russie des années 1900 avait entre 100 et 50 ans de retard mais ce retard à l'époque n'était en rien irrattrappable.
Certes les soviétiques ont tenté de développer l'économie ... mais sous la marque de l'idéologie marxiste avec les limites qu'elle comporte et ne pouvait qu'engendrer lees catastrophes que l'on a connu : on ne pouvait pas faire pire.
En reprennant ton poste, tu cites l'éducation (j'y ajouterais la place des femmes dans la societé d'ailleurs) ; sur ce point tu as partiellement raison (on ne peut pas vraiment dire le contraire).
Cependant, d'une part l'instruction était tout sauf objective, d'autre part, elle n'était que partielle (spécialisation à outrance de la population : les gens étaient quasi programmés pour leur existence).
Toutefois, il est vrai que le communisme a permit une avancée notable souvent peu citée : celle d'avoir passifié - au niveau religieux mais malheureusement pas au niveau nationaliste - les peuples de l'Asie Centrale.
Ainsi, lors des évènements en Afghanistan, ce ne furent pas les forces millitaires de l'Ouzbékistan, du Turkménistan ou du Tadjikistan (bien trop occupées à s'étriper entre elles) qui ont empêché nombre de miliciens d'Al Quaïda de franchir les frontières de l'Afghanistan par le nord mais les populations civiles de ces régions. Et c'est peut être là la seule et véritable avnacée opérée sous le stalinisme : une certaine modernité religieuse des musulmans de ces régions face au Whabisme de l'Afghanistan (alors sous le joug des talibans) et du Pakistan.
Ensuite la place des femmes : oui soyons clairs, c'est dans les pays communsites qu'elles ont en premier obtenus une certaine égalité vis-à-vis des hommes.
Mais que de maigres avancées pour tant de sang versés, de vies détruites.
Ce n'est pas l'industrie lourde qui a sauvé le régime stalinien face au nazisme mais les nazis eux-mêmes, leur bestialité habituelle avec les populations des régions qu'ils avaient conquises ont poussé bon nombre de gens vers l'Armée Rouge, mais aussi et surtout la présence américaine à l'Ouest.
Sans les USA, il ne fait nul doute que l'URSS aurait été ratatinée sous les coups de boutoirs de von paulus.
Si l'URSS s'est sauvée c'est par le manque d'intelligence des nazis (je n'ose imaginer le résultat si les troupes hitleriennes avaient moins maltraité et déporté les populations ukrainiennes et biélorusses tellement leur haine vis-à-vis de staline était grande).
Bien moins que le combat du capitalisme contre le communisme, c'est les limites propres au communisme qui l'ont floué.
L'Histoire dans son ensemble démontre une chose : tous les régimes dictatoriaux échouent un jour ou l'autre, jamais ils n'arrivent à perdurer trés longtemps, ils sont voués irrémédiablement à l'échec.
La démocratie s'impose toujours à un moment donné parce qu'elle constitue le seul et unique mode de société viable à l'humain.
C'est d'ailleurs là un point qui me semble rendre le marxisme léninisme et plus globalement le marxisme totalement vaincus par avance : aucun individu n'est prêt à sacrifier sa liberté en tant qu'individu pour permettre un futur hypothétique pour ses descendants.
la dictature du prolériat dans des pays où l'éducation est développée ne peut retourner dans le moyen age societal, les gens ne forment plus une communauté d'individus mais avant tout l'agglomération d'individualités.
C'est pour cela que je suis un anti-communiste viscéral.
Non nous n'avons pour seul et unique choix "staline ou hitler" (comme le proposait si trivialement ce pauvre con d'ardisson).
Ce n'est pas parce que l'on est un anti-communiste que l'on est un réactionnaire voire pire, on peut trés bien être pro capitaliste et ne pas vouloir voler ce que possède son voisin et asservir les populations du Tiers-Monde et/ou massacrer ceux qui ne pensent pas comme soi (il n'y a pas de mise à l'écart pour raison idéologique dans l'ensemble théorique capitaliste).
Voila une autre limite du communisme, une limite propre à tous les extrémismes : la simplification à outrance, la catégorisation de masses, le binarisme primaire.
Bon je m'arrête là, ce post est déjà suffisamment long
Je reviendrai sur ce topic qui est loin d'être ininteressant
Message édité par Fingon Felagund le 03-06-2004 à 04:33:02