caterpixie | Bonjour, je me tourne vers vous pour une histoire de litige avec mon patron en vue d'une procédure prud'hommale après une prise d'acte de rupture de contrat à ses torts (envoyée la semaine dernière). Voilà le bouzin (attention, pavé César):
J'ai commencé à taffer au Subway fin 2011 en 35h avec un employeur qui magouillait mais qui, si on lui fournissait les preuves par A+B qu'il nous devait telle somme, payait (même s'il traînait). C'était un tout petit truc, on devait être 5 dans l'équipe, manager inclu. Je suis maman d'un enfant en bas âge (qui n'avait pas 10 mois quand tout ça à commencé) et du coup, je bénéficiais d'horaires pas trop trop contraignants, genre je faisais 9h-17h. En mars 2015 je rappelle à mon patron que j'ai posé une semaine de congés payés du 17 au 24 avril inclu (congés que je devais prendre avant mai, je sais pas vraiment pourquoi, je me suis jamais vraiment intéressée au pourquoi du comment...=/), jusque là pas de soucis, il est OK, tout va bien.
Il était cependant prévu que le restaurant change de propriétaire fin mars/début avril, le nouvel acheteur ayant été averti que je prenais une semaine de congés fin avril. Je l'avais rencontré, il était lui-même venu me dire «On m'a prévenu que tu prenais des vacances du 17 au 24 niania, y a pas de souci, blabla.» Ok, tant mieux. Ayant toujours eu de bonnes relations avec une équipe et des patrons de confiance, l'idée de me «couvrir» ne m'a même pas effleuré l'esprit.
Fin mars je fais une grosse crise d’asthme, aggravée par un état de fatigue général car je n'avais pas pris de repos depuis mon retour de congé maternité, en septembre 2014 (mon fils est né en juillet).
Mon médecin, me voyant KO et sachant qu'à la maison j'ai encore le petiot à gérer, me met en arrêt jusqu'au 17 avril, histoire que je profite d'un bon repos, enchaînant après avec ma semaine de CP.
Le restaurant venait tout juste de changer de proprio donc, j'adresse mon arrêt au nouveau patron. Il ne fera jamais les démarches nécessaires à mon indemnisation par la sécu. Je reprends le travail à la date prévue donc, après ma semaine de congés, le 25 avril. Il s'étonne de me voir, il me demande même ce que je fais là. Après il me fait tout un speech comme quoi je l'ai trahi, je veux lui couler sa boîte mais il me laissera pas faire, que je veux lui planter un couteau dans le dos etc. Déjà, j'hallucine. Ensuite il me montre mes nouveaux plannings, coupure toute la semaine. 10 à 14 puis 20 jusqu'à 23 (alors que je ne faisais plus de fermetures depuis la naissance de mon enfant, enfant dont il connaissait l'existence bien qu'il le nie farouchement.) Je trouve ça dur mais bon, en teigne, j'endure. Avec le temps, je me suis rapprochée de son «bras-droit», un pigeon qui travaillait avec lui depuis 6 ans en tant que niveau 1 échelon 1 et qui effectuait pour lui des tâches de management et de trésorerie sans être payé en conséquence, travaillant même de nuit jusqu'à 5h sans voir la couleur de l'argent non plus. Il était payé moins qu'un 35h, et encore, la moitié au black. Bref, il m'a appris que le patron s'était ouvertement vanté devant l'équipe (pendant mon absence) de m'avoir fait des horaires infernaux pour que selon lui, il ait ma «démission sur le bureau dans 3 mois maximum».
Il avait même prévu de me planifier pour effectuer les livraisons, décharger le camion et me taper l'escalier en colimaçon avec des cartons de 20kg dans les mains, juste pour que je craque. C'est son «bras-droit» qui l'en a dissuadé en se proposant à ma place, trouvant ça «injuste.»
Je travaille une semaine et lorsqu'il me tend mon chèque, wouhou, 191e. Je lui demande comment ça se fait, qu'il me manque ma semaine de congés payés et réponse: «Quelle semaine de CP? Je suis pas au courant.» et sur la fiche de paie, la mention «Congé sans solde». Donc, 191e pour tenir un mois avec le loyer, les couches etc..c'est à partir de là que j'ai commencé à m'enfoncer, à taper dans mon découvert.
Quand cet homme a repris le restaurant, il a repris deux contrats avec, donc, deux employés. Une collègue et moi-même. Tous les autres ont été licenciés. Ma collègue a préféré partir car elle n'avait aucune envie de travailler pour ce mec, elle a eu du nez dès le début. Bref, je me suis retrouvée seule dans une nouvelle équipe. La vie a suivi son cours même si je constatais des irrégularités fréquentes sur mes fiches de paie. On m'a expliqué que des différences pouvaient s'appliquer quand la fin du mois tombait un week-end ou je ne sais quoi. Certes, mais je m'étonnais que la différence en question ne soit pas «rajoutée» sur la paie du mois d'après. De même que les jours fériés pendant lesquels j'étais planifiée ne m'étaient pas payées double (alors que dans la restauration rapide, tous les jours fériés le sont au bout d'un an d'ancienneté.) Comme il n'envoyait pas les plannings et que je n'avais pas besoin de les photographier pour m'en souvenir, je ne peux pas prouver que j'étais de service tel jour férié ou tel jour férié.
Avec le temps donc, je me suis rapprochée du «bras-droit», au point qu'on entame une relation. J'ai réussi à lui ouvrir les yeux sur le fait qu'il se faisait littéralement exploité, lui apprenant des choses que son patron aurait du faire/aurait du lui payer. Le patron a alors commencé à péter un câble en m'accusant de lui avoir lavé le cerveau, de vouloir la ruine de son établissement etc. Lors d'une discussion à l'extérieur avec son «bras-droit», il aurait même évoqué notre relation en disant «ne me pousse pas à vous monter l'un contre l'autre», ou encore des trucs très limites du genre «ouais c'est une manipulatrice, elle veut me frapper à travers toi, pour l'instant tu lui mets ta b*te où tu veux mais tu verras quand elle aura eu ce qu'elle veut, elle te laissera et tu reviendras vers moi, et je te pardonnerais parce que t'as été aveuglé blablabla.»
Hallucinant. Durant ce temps il multipliait les remarques désobligeantes à mon encontre au travail, c'était devenu vraiment pesant au point tel que j'avais mal à l'estomac le matin quand je savais que je devais y aller. Durant août 2015, le patron et un employé ont pris un mois de congé. Nous n'étions alors que deux (niveaux 1 échelons 1 tous les deux) pour tenir entièrement le restaurant, du matin au soir, et effectuer tout ce qui était trésorerie etc. Et pour couronner le tout, la clim est tombée en panne fin juillet. On a donc du passer l'été sous une chaleur qui grimpait jusqu'à 42-43 à cause des fours et de la foule des clients compactée dans un si petit établissement dans lequel il n'y avait que 3 places assises. J'ai failli plusieurs fois faire des malaises. Parfois j'étais tellement éreintée que le «bras-droit» allait ouvrir le restaurant à ma place. Donc j'arrivais plus tard, certes, mais j'en repartais d'autant plus tard pour ne pas perdre d'heures. Le patron revient et nous passe un savon comme quoi c'est du n'importe quoi tatati tatata. On lui répond qu'il n'a pas à laisser la gérance d'un restaurant à deux niveaux 1 échelons 1 et que nous aurions très bien pu exercer un droit de retrait, notre santé étant en jeu sous une chaleur pareille, sachant que nous n'étions que deux pour assurer un flux de clientèle que normalement, on gère à 4. Il n'a rien voulu entendre et je me suis retrouvée avec une magnifique paie d'environ 650e au lieu de mon SMIC habituel. Payée encore moins qu'un 20h pour en avoir (excusez moi!) c*ié tout un mois.
C'est à partir de là que j'ai craqué. Mon médecin m'a placée en arrêt maladie pour «anxiété réactionnelle et dépression» pendant plus d'un mois. L'arrêt a démarré le 27 août et je n'ai eu l'attestation nécessaire à mon indemnité par la sécu que le 5 octobre. Et encore, elle était erronée et j'ai du me débrouiller par mes propres moyens pour me faire dédommager car le patron a refusé tout net d'en refaire une. N'en pouvant plus, j'ai décidé d'aller voir un conseiller juridique à la bourse du travail, il m'a conseillé de me rapprocher du médecin du travail, de lui expliquer clairement la situation et qu'à 95% il me déclarerait inapte, ce qui entraînerait mon licenciement immédiat. La priorité, selon lui, était de me «sortir de là». Je lui ai parlé d'une prise d'acte de rupture de contrat et il me l'a vivement déconseillé.
Quelques jours avant la date de reprise, j'ai donc été voir mon patron pour qu'il me fournisse les coordonnées du médecin du travail car bien sûr, elles n'étaient affichées nulle part dans le restaurant (de même que celles de l'Inspection du travail) et qu'il n'avait fait passer aucune visite médicale, même d'embauche, à ses employés. De mon côté non plus, mon ancien patron ne nous avait jamais envoyé faire de visite médicale. Bref, il refuse tout net. Je me retrouve coincée. Je me renseigne par mail auprès d'une inspectrice du travail, lui demandant comment je pourrais obtenir les coordonnées du médecin du travail dont nous dépendons, sachant que mon patron refuse de me les communiquer. Elle me répond que seul le patron peut les fournir et qu'il est en infraction qu'il me le refuse ou si, tout simplement, cela n'est pas affiché. Elle m'invite à mettre le patron en demeure de me fournir ces coordonnées et de lui adresser une copie de la lettre pour qu'elle en soit officiellement informée, ce que je fais.
J'ai été indemnisée par la sécu pour mon arrêt du 27 août au 15 octobre il y a quelques jours seulement donc, début janvier 2016. De fin août à début janvier, aucune ressource. De plus, je suis actuellement à deux mois de grossesse. Je n'ai pas repris le travail, mon patron m'a envoyé une lettre pour me demander de justifier ces absences mais pas encore d'avertissements ou quoi que ce soit. Il manquerait plus qu'il me licencie et que je touche les assedics! Il s'abstient donc. Cet homme est véritablement parti en «croisade», disant à qui voulait l'entendre que j'étais le diable. Le «bras-droit» avec qui je vis donc depuis quasiment le début de notre relation, a démissionné pour aller travailler...sur le trottoir d'en face ^^. Récemment, ce type est passé voir ses supérieurs pour leur dire de se méfier, qu'il était pas loyal etc. Ce à quoi lesdits supérieurs lui ont dit de ficher le camp avant qu'ils ne le dégomment, et de pas revenir. Comme quoi, il va nous tenir la jambe jusqu'au bout.
Bref, me sentant on ne peut plus coincée, stressée, anxieuse par cette situation, j'ai été contre l'avis du conseiller juridique et j'ai envoyé en A/R une lettre de prise d'acte de rupture de contrat à ses torts exclusifs, en faisant un listing de tout ce que je lui repproche. Je l'ai envoyée le 30 décembre, le priant de me remettre tous les papiers ainsi que mon solde de tout compte (comme j'avais encore plus d'un mois à prendre niveau CP, je sais à peu près le minimum qui devra figurer sur le chèque, et il est bien capable de me faire des difficultés là-dessus aussi)...ainsi que lui précisant que sur l'attestation Pôle emploi devait figurer «prise d'acte» et non «démission.»
Le même jour, ayant reçu une A/R, bah je suis allée la retirer hein. C'était lui qui répondait à ma lettre de mise en demeure concernant la médecine du travail, donc plus d'un mois après l'avoir reçue. J'imagine que c'est le temps qu'il lui a fallu pour se mettre en ordre dans ses deux restaurants. D'ailleurs, il tient ses employés actuels par chantage car ils n'ont pas de papiers. Génial. Bref, dans cette lettre il argue que mes accusations en ce qui concerne son refuse de me fournir les coordonnées du médecin sont totalement fausses, précisant qu'il n'a jamais reçu de demande écrite à ce sujet, ce qui est vrai vu que toutes les demandes ont été faites oralement. Encore une fois, j'aurais du me couvrir. Je ne savais alors pas que les choses pouvaient tourner aussi mal avec un patron (et encore, je m'estime chanceuse au vu des récits que j'ai pu lire ici ou là).
Bref, aujourd'hui je suis dans la mouise financièrement, je vais voir si je peux me faire indemniser les deux semaines d'arrêt qu'il n'a pas jugé bon de traiter en avril, par mes propres moyens. J'espère juste qu'il ne va pas essayer de me faire de nouvelles crasses avec mon solde tout compte ainsi que les papiers. Ma question, car il y en a une, si si, c'est concernant la requalification de ma prise d'acte en licenciement sans cause réelle. Pour les prud'hommes, est-ce que la situation que j'ai décrit est une cause favorable à une telle requalification, sachant qu'il me manque des preuves matérielles pour certaines accusations? J'ai, cependant, pas mal de témoignages. Voici les preuves dont je dispose actuellement, dans l'ordre:
- Un mail de ma part à mon manager concernant ma semaine de congés payés, dans lequel je lui rappelle les dates. Le transfert dudit mail, de la part de mon manager, au grand patron. Mais ici, je n'ai pas de preuve que le patron l'ait ensuite transmis au nouveau proprio. Cependant, n'oublions pas que ce dernier m'en a parlé de vive voix, il était donc informé. Moi, en tant qu'employée, j'ai posé mes vacances. Ce qui se passe «au-dessus» me regarde-t-il quand même?
- La fiche de paie du mois associé sur laquelle figure «congé sans solde» ainsi que mes relevés de compte qui indiquent que je n'ai reçu en tout et pour tout que 191e.
- Mon arrêt maladie début avril, ainsi que mes relevés de compte prouvant que je n'ai reçu à ce sujet, aucune indemnisation. Peut-être la sécu peut-elle me faire un papier à ce sujet?
- Mes fiches de paie, en général, où figurent des irrégularités d'un mois à l'autre. Sur l'une d'elle, environ 120e ont tout simplement disparu. Hop.
- Je ne peux pas prouver avoir fait mes heures en août où je n'ai été payée que la moitié de mon salaire, je peux simplement avoir des témoignages en ma faveur concernant le fait que j'ai été là quasiment du matin au soir.
- Je n'ai donc pas de preuves écrites pour les demandes des coordonnées du médecin du travail. A la rigueur, j'ai le mail que j'ai envoyé à l'inspectrice non pas pour «dénoncer» les pratiques du patron mais surtout lui demander comment faire pour obtenir lesdites coordonnées.
- J'ai un mail du patron qui m'indique, le 5 octobre donc, que mon attestation sécu concernant mon arrêt du 27 août est disponible. Plus d'un mois après, donc.
A voir avec les papiers qu'il va me remettre. Si le fait que malgré tout, il inscrive «démission» sur l'attestation Pôle emploi, cela peut-il jouer en ma faveur pour cette requalification?
Désolée du pavé. Je suis pas du genre à m'extérioriser ou à me plaindre mais j'en suis venue à une telle accumulation. J'ai juste peur d'avoir «enduré» tout ça pour rien. Après tout, j'aurais peut-être du démissionné dès le début. Merci de m'avoir lue en tout cas et bonne soirée! ^^
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