CR Foulée Vénissiane 2022 - Semi Marathon : la confirmation ![[:durandal2] [:durandal2]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/durandal2.gif)
Toujours dans la lancée d'enchaînement des dossards, 15 jours après le LUT 26K et 15 jours avant la Saintexpress (46K nocturne avec 1XXX de D+) je suis inscrit au semi des Vénissieux. Quand j'ai pris les dossards je sentais que c'était ambitieux mais je suis en plein bourre en cette fin d'année, je sens qu'un truc se passe. A J-7 je passe une séance de dingue (4000AS21/5*1000AS10/5000AS21) où je suis à 4'40/km tout en étant bien pour de l'AS21 et où je mets une énorme claque à mon PR de manière officieuse. Je décide donc que 4'40/km sera l'allure à laquelle je courrai ce semi mais je me laisse 3km pour partir tranquille et montée en régime. A chaque fois je suis parti trop fort sur les autres semis et ça m'a joué des tours. Pour rappel, mon PR avant la course était de 1h46m02s au Semi de Lyon.
La semaine avant la course est un grand classique : les enfants tombent malades, ils sont chiants, on se prend la tête avec madame sur des questions pro et perso. La routine quoi
J'envoie les séances de Boucher sans souci et même celle du jeudi midi passe crème alors que je me lève complètement explosé, sans aucune énergie et sans envie et que je pars la faire plutôt énervé après une prise de tête avec ma copine. Ca me conforte dans l'idée que je suis dans une bonne forme et que même avec des mauvaises sensations, ça va le faire. Mais je gamberge quand même un peu, il faut le dire, et je change 50 fois ma stratégie de course. Vendredi soir le petit fait pas loin de 40°c de fièvre mais on va quand même chez son parrain bouffer une raclette. L'idée de génie que tu veux. J'y vais mollo sur le fromage et le vin mais le lendemain quand je me lève, j'ai le bide en vrac. Je me maudis et si je foire ma course pour une histoire de bouffe je suis vraiment un gros tocard
Mais bon d'un côté, je m'étais promis de pas m'arrêter de vivre à l'approche d'une course
Je vais passer mon samedi après midi au pieu à essayer de dormir mais ça va pas fort. La séance de déblocage passe quand même plutôt bien malgré le bide et le cardio est bon. Pour le reste ce sera le litre de Saint Yorre, 2 litres de flotte facile et pâtes aux 2 repas. Des classiques solides et validés qui font désormais partie de ma routine.
Matin de course
Après une nuit correcte, je me réveille vers 6h30 au lieu des 7h30 prévus. J'en profite pour passer aux toilettes. Le bide c'est toujours pas ça, je commence à me dire que c'est bien la merde et que je sais même pas si je vais pouvoir courir. Je me fous sur le canapé histoire de dormir encore un peu mais je suis réveillé par les hurlements du petit puis le grand se met à chouiner. Madame se lève passablement énervée. Ambiance
J'arrive à avaler ma crème sport (heureusement que j'ai switché là dessus, le gateau sport j'aurais jamais réussi à l'avaler, le digérer encore moins) et ma banane mais je skip le café, c'est pas le moment de faire une diniz. Je retourne un coup aux toilettes puis je pars avec mon sac, je me changerai sur place. Je rate le métro à 10s parce que j'ai voulu vérifier mes affaires dans la rue, le prochain est à 8 minutes
Je gamberge fort en l'attendant et je suis vraiment pas au top, je dis à Ze_Fly que je suis pas loin de dns vu les sensations mais que je vais quand même me positionner sur la ligne de départ et advienne que pourra. J'arrive sur place, je me change, j'ai absolument aucune envie de courir cette putain de course. Ca me saoule d'être dans cet état alors que j'étais au top y a 7 jours. Je pars en cuissard+short, tshirt long près du corps, mon tshirt LUT, casquette et Sammie pour la gourde. J'hésite un peu à prendre les gants puis je les embarque. Pour rien vu qu'ils sauteront à peine après 5 minutes d'échauffement.
La météo est idéale : 8°C, un peu de soleil, pas de vent. Côté parcours, c'est la roulance maximale, c'est plat de chez plat avec une petite montée de rien du tout dans le Parc de Parilly. On fait 2 boucles donc on la passe deux fois et c'est un peu cassant quand t'es au 18ème mais rien d'insurmontable. C'est un jour à PR sur une course à PR et moi je suis en vrac. Bordel
Je fais un échauffement sommaire pendant 15 minutes avec quelques LD à l'arrache à AS21, je croise Yipi je lui dis que ça va pas ouf, il me dit que c'est sûrement le stress mais je suis pas convaincu. D'habitude j'ai pas mal au bide comme ça même avec tout le stress du monde. Je maudis cette putain de raclette. Bref, on se donne rendez-vous sur la ligne d'arrivée. Je finis mon échauffement et je peux pas m'empêcher de check la séance strava pour voir le cardio... qui est pas dégueu. C'est déjà ça. Je m'apprête à faire un dernier pipi avant la course quand je vois qu'on est à 3 minutes du départ. Pas le temps, je me fous dans le sas en marchant. J'ai presque chaud avec les gens autour. Pas le temps de gamberger ou d'attendre, le départ est très vite donné. Le speaker est au taquet et nous motive plutôt bien, on en rigole avec un gars à côté de moi. PAN !
Départ piano : km 0-5
Comme dit plus haut, cette fois je m'emballe pas et je pars tranquille aux sensations pour laisse au temps au cardio de s'installer à la cible (170bpm environ pour 85% FCM que je vais tenir quasi tout du long
). Précisons que je ne l'affiche pas pendant la course, je vais surtout m'écouter et ne pas me baser sur cette donnée, ça m'a joué des tours à chaque fois. Au final j'arrive vite dans le range 4'40-4'45/km et la respiration est nickel. Je vois Mickael Jackson qui part comme un dingue et ça me fait sourire. Il a tenu une belle allure durant toute la course a priori, chaque fois que je l'ai croisé il avait l'air bien. Pas grand chose à dire sur ce segment, je suis plus proche des 4'45/km que des 4'40 mais je me dis que je vais pas chercher à tenir l'allure obligatoirement, je veux surtout faire un semi propre et maîtrisé sans souffrir dans la seconde moitié. Tant pis si j'accroche pas les 1h40 et que je finis un peu au dessus. #tata Au 3ème kilo je vois yipi dans le parc au loin et je me fais la remarque que même à sub 4'/km, on n'a pas cette impression de vitesse quand les gens courent, c'est étonnant. Le bide au final ça va, avec la compression de la Sammie ça me soulage. 
4'49/4'43/4'43/4'41/4'44
Seul au monde : km 5-10
Je me retrouve assez vite à courir seul dans le parc mais je m'en fous, ça me dérange pas le moins du monde. Je continue sur ma lancée en oscillant aux alentours des 4'43/km, je suis bien, j'essaye de pas trop en mettre pour pas me taper dedans car je sais que j'ai tendance à péter au 12ème kilo et je ferai un negative split si je suis bien à la deuxième moitié. Au 7ème je ralentis un poil le temps de gober mon gel (Maurten, une tuerie, je change plus jamais c'est excellent) et j'entends 2 gars derrière moi qui se rapprochent. Y en un qui dit "il a ralenti". Je sors ma gourde pour boire et faire descendre le gel, un des deux gars me dépasse et dit "merde j'ai cru que tu vapotais". Ca me fait rire
On va faire quelques kilos ensemble et je vais papoter avec eux. Je sens que le bide a un peu de mal avec le gel mais ça finit par passer. Je parle pas mal avec polo gris à lunettes parce que son pote tshirt rouge il a l'air déjà en galère. Je leur demande ce qu'ils visent, ils me disent 4'40/km, je leur dis qu'on est un poil lent là
On papote comme ça jusqu'à la fameuse bosse du 9ème kilo et je me rends compte que je suis hyper détendu et facile alors que je tourne à 4'41/km. Etonnant. Mais je m'emballe pas. Je finis par les lâcher dans le 10ème car tshirt rouge a l'air dans le dur. On sort du parc pour la partie la moins sexy de la course, un gros demi tour en ville qui nous fait passer à 50m de la ligne d'arrivée. Pas facile de la voir alors que t'as à peine fait la moitié.
4'40/4'43/4'42/4'41/4'40
Pétera, pétera pas ? : km 10-15
Durant ce demi tour, on double pas mal de zombies du 5K qui sont partis 30 minutes après le semi. C'est assez étrange et ça me déroute un peu. Mais je garde le cap. Polo gris me passe comme une balle au 12ème "On t'a saoulé pour que tu partes comme ça ?
". Je lui réponds que non, j'étais bien j'ai juste continué à mon allure. Il rigole et accélère. Il est clairement facile, tshirt rouge a dû lui dire de partir devant car il était dans le dur. On passe devant un groupe de percus qui met l'ambiance, ça me file la patate. J'entends tshirt rouge qui arrive à ma hauteur en haletant comme un dingue, je me dis que si il tient comme ça jusqu'au bout, il a un mental de dingo car il pioche clairement depuis pas mal de temps. Il finira par exploser 2 kilomètres plus loin à l'abord du parc et je le reverrai plus jamais même sur les portions qui se croisent. J'essaye de courir avec un gars qui a à peu près la même allure que moi mais quand il voit que je me mets à sa hauteur, il accélère. OK tant pis, je continue tout seul
Au 14ème kilo, je fais péter le deuxième gel et je rentre dans le parc. Au 15ème on se prend un petit vent de face qui pique un peu et me force à ralentir un peu l'allure mais rien de bien méchant. On arrive dans le money time.
4'40/4'41/4'41/4'42/4'48
La fin dans la douleur : km 16-semi
Jusque là, je vais plutôt bien mais je sais que la fin approche. C'est pas le moment de gamberger, il faut que je maintienne l'allure. Les jambes vont plutôt bien même si je sens que ça commence à durcir. Je prends chaque kilomètre séparément désormais. Accélérer me semble suicidaire donc je garde une allure aux alentours des 4'40/km. Je connais la fin du parcours par cœur donc je visualise ce qu'il reste. Le demi tour de merde, la ligne droite, on va chercher la grosse montée puis on finit dans les rues de Vénissieux pour la délivrance. Le vent par endroits rend la tâche un peu plus ardue mais je lâche pas. Au début du 18ème je me dis que ça peut plus péter donc je tente d'accélérer un peu. Je me crispe immédiatement et ça me déclenche un point de côté assez sévère. J'ai du mal à respirer correctement
J'essaye de serrer le point pour le faire partir mais rien n'y fait. Tant pis, je maintiens l'allure dans la douleur avec une respiration saccadée. Je parviens à passer cette foutue bosse sans trop de dégâts mais j'ai mal. On s'apprête à sortir du parc, c'est bientôt la fin. Jusque là j'avais pas fait de calcul sur le temps final mais je vois que le sub 1h40 est jouable si je lâche pas l'affaire et j'arrive à tenir un 4'40km jusqu'au bout. Ca devient dur au niveau du souffle, j'ai le côté droit tout tendu et j'arrive pas à prendre ma respiration correctement mais je m'accroche. La montre bippe le 20ème, on y est, le sub 1h40 est possible mais c'est juste, je serre les dents, je ne veux pas, je ne peux pas le rater après tout ce chemin. La dernière ligne droite est là, j'ai 1 minute pour la faire mais elle est longue. J'accélère encore, je vois le chrono officiel afficher 1h39mxx au loin, je lâche un sprint comme je peux avec les larmes aux yeux, je vais le faire putain, après tant de galères je vais enfin avoir mon semi de référence et avec un sub 1h40. Délivrance.
Quand je coupe la ligne je suis déjà en train de chialer. Je regarde la montre, 1h39m44s, 4'41/km de moyenne, mission accomplie et PR explosé de plus de 6 minutes
Je me lâche, enfin libéré de ce poids qui me pesait depuis 2019 et tous ces échecs enchaînés. Quel pied. Je suis très content de la façon dont j'ai géré ma course et dont je me suis battu sur les 3 derniers kilos malgré une respiration difficile.
4'41/4'40/4'39/4'45/4'38/4'32 et les 260 derniers mètres à 3'47/km 
Je retrouve yipi dans le gymnase, on débriefe et puis on rentre chacun de son côté. Une bien belle matinée 
En conclusion :
- Boucher, t'es le meilleur et on va continuer à gratter des minutes de partout 
- Le gel Maurten ça tabasse
- La ceinture Sammie aussi
- J'ai dû boire 300ml à tout casser sur la course et je me suis obligé à boire ces gorgées, j'avais pas vraiment soif 
- J'ai de nouveau mal au bide cette après midi, c'était pas (que) le stress 
Le strava : https://www.strava.com/activities/8143267763