Je profite d'un long retour en train pour rédiger mon premier CR de course. Ne vous inquiétez pas trop, je ne suis pas accro aux dossards et il y en aura donc assez peu...
CR Marseille Cassis 2022 - 30 octobre
Avant-course
Ayant vécu 10 ans à Marseille et ayant toujours de la famille là-bas, il fallait que je m'inscrive à cette course mythique. Le concept est simple: partir de Marseille pour rejoindre Cassis en montant puis descendant le Col de la Gineste (au total 20km et 350m de D+ ). 20000 inconscients participants et une jolie vue sur Marseille et les calanques le long du parcours.
Première course sur une distance inférieure au marathon pour moi (en dehors d'un semi couru à la cool il y a 15 ans)!
Je sais déjà que je manque de vitesse, mon allure marathon étant quasiment mon maximum (en vrai ma barrière est à 4 au kilo). Mais au vu de ma flemme à faire de la VMA du profil atypique de la course, je décide de ne quasi pas en faire.
Quelques séances sur des petits bouts de côtes tout de même pour me préparer à monter le col. Je me rends vite compte que ce n'est pas vraiment mon fort puisque je suis forcé de reprendre mon souffle en m'arrêtant complètement défoncé après chaque ascension (environ 5min30 au kilo sur 800m pourtant, rien de foufou).
Pas de vitesse, du mal quand ça monte... tout va bien !
Au total, environ 70km par semaine depuis la fin août tout de même (et une semaine à 133km, comme ça, pour voir si je me blesse ou pas).
Donc une course avec pas vraiment d'objectif mais je sais que je vais souffrir...
J'ai quand même comme vague temps cible celui de mon sas préférentiel (-1h30 obtenu pour ceux ayant fait un marathon en -3h25).
Histoire d'être bien sûr de souffrir, gros repas bien arrosé la veille au soir. Spoiler: ça marche pas mal comme technique pour souffrir mais point positif, ça aide pour le passage imposé aux toilettes le lendemain matin.
Jour de course
Départ à 7h30, arrivée aux environs du stade vers 7h45. Il fait un temps magnifique et déjà un peu chaud au soleil.
Mise en place au final bien organisée même si comprendre la circulation autour du stade fut compliquée et qu'on se retrouve dans une vraie marée humaine une fois passés les portiques.
Passage imposé à l'intérieur du Vélodrome pour un petit selfie qui fait plaisir.
Arrivée dans la zone restreinte des 3 sas préférentiels et échauffement sympathique sur un petit circuit où tout le monde court dans le même sens. Ça m'a fait bien rire en arrivant. Pas loin d'être un de mes moments préférés, on se sent un peu VIP au milieu de plein de gens méga affûtés.
Placement dans le sas à 8h30, 30min avant le départ. Je me rends compte avec surprise qu'on est vachement proches de l'arche et des élites.
Le départ (km0/km3) (faux plat montant)
J'avais prévu de faire n'importe quoi en partant à quatre au kilo sur les 3 premiers km.
Au final, comme les gens autour de moi semblaient bien plus affûtés, j'ai suivi leur allure et au final on était vers les 4min20 (4'19, 4'16, 4'23). On va pas se mentir ça m'a sans doute sauvé la vie.
Cardio ok sur cette portion (vers les 135) mais je transpire déjà beaucoup et j'ai très chaud ainsi qu'une légère envie de vomir. Je remercie les bouteilles de rouge et de rosé de la veille.
Malgré le soleil et la transpiration dans les yeux, j'arrive quand même à voir mes enfants venus m'encourager au 2e km. Je dois m'arrêter pour taper comme prévu dans les mains de ma fille car elle, en revanche, ne m'avait pas vu arriver.
Echauffement et montée progressive (km4/km8)
Pas grand chose à dire, j'ai de plus en plus chaud, toujours la nausée et des gouttes de transpiration dans les yeux. Je me concentre sur les semelles des chaussures des gens devant moi. Le rythme est pas encore trop dégueu et on double des gens. Par contre, je me fais doubler par Claude de Koh Lanta. Mais bon, peut-on lutter contre Claude de Koh Lanta? Je ne pense pas...
Je me douche avec la bouteille d'eau du ravito. Ça me fait du bien, par contre je prends 2kg d'un coup avec tous mes vêtements et mon sac d'hydratation trempés.
Le rythme ralentit avec la pente cependant (4'35, 4'26, 4'52, 4'57).
Montée en enfer (km8/km10)
Mon cerveau en a marre de contempler des semelles et de se demander le modèle des chaussures correspondantes. Elle est où la magnifique vue sur les calanques? Perso j'étais au rayon chaussures à Decat'...
Mon mental vacille et une petite voix intérieure commence à me parler: "mais au final, on s'en fout du temps, non?", "tiens regarde ya un mec qui marche, y aurait pas de honte à s'arrêter non?". Je tente de me raccrocher aux dures séances d'entraînement. "Hé mais tu te souviens que même pour tes séances de montées tu t'arrêtais toujours?".
Je lève la tête et voit que ça monte encore. Je ne vois même pas le bout. Ok. Game over.
Je marche une première fois quelque secondes, puis fais une pause selfie/vue sur Marseille vers le kilomètre 9. Vu la gueule que je tire, ce selfie sera plus pour me donner une contenance que mettre dans mes albums photos (ou sur ce CR). J'ai l'impression que c'est entièrement mental ce craquage mais ceci dit, j'étais quand même à 179 de pulsations sur les deux derniers kilomètres (pr une fcm supposée à 184)...
Je réussis au final à repartir et atteindre le sommet relativement bien vivant. Youpi, la délivrance ! (5'27, 5'33, 5'36)
Je dois quand même pas être méga lucide car je ne vois pas Muriel Hurtis que je cherchais pourtant à apercevoir alors que l'enregistrement télé révèlera que je suis passé à 1m d'elle.
Hop, encore un ravito une douche au 10e et c'est parti pour la descente !
La descente au Paradis (km10/km17)
Je laisse tourner les jambes, c'est agréable... on va vite et ça rafraîchit ! Petite alerte point de côté ou crampes aux abdos, j'ai pas vraiment su mais ça a disparu après quelques minutes. Ça a le mérite de me rappeler que je vais devoir faire un peu de gainage avant la Saintélyon. Je double plutôt dans la première partie où il y a aussi des relances sur le plat et une montée coquine (3'59, 4'11, 4'20, 4'13 et 4'33).
La descente s'accentue entre le 15e et le 17e. Je continue de laisser les jambes tourner sans trop forcer mais à un rythme que je juge correct mais là, pour le coup, je me fais doubler par pas mal de fusées. Franchement, y'en a qui se gavent en descente ! Je ne tente pas d'accélérer, d'abord pour ne pas me blesser et aussi car je sais qu'il reste 3km de "plat". (3'57, 3'52)
Le sprint final La fin (km17/km20)
On rentre dans Cassis, la foule est là, ça donne du peps. Je continue à un rythme correct et redouble quelques personnes, notamment lors d'un long passage en montée au 18e (cardio moyen à 180, pic à 187...hein,quoi?). (4'14, 4'35, 4'11). Bon, en vrai c'est pas du tout plat ces 3 derniers kilomètres...j'aurais du mieux étudier le parcours !
Je prévois de ne pas sprinter mais change d'avis à 100m de la ligne car j'en ai marre de me faire dépasser...
1h31min14s au chrono, un poil au dessus des 1h30 mais je n'ai pas consulté ma montre une seule fois dans la course (heureusement car je me serais évanoui en voyant 187bpm) !
Bilan
Course sympa avec un vrai engouement populaire, organisation satisfaisante (navettes retour gratuites permettant de rentrer pour l'apéro
, passage au Vélodrome avant la course
, village et retrait des dossards impeccables) et un temps magnifique qui a permis de profiter de la plage tout au long du week-end. Petite déception sur les paysages que je n'ai pas vraiment pu apprécier mais là c'est uniquement de ma faute (et je les connaissais déjà, na !
)!
Sportivement, résultat correct mais peut mieux faire (en prépa, repérage du parcours pour le mental et surtout en nutrition d'avant course). En tout cas, quasiment pas de courbatures le lendemain. Ça tombe bien, va falloir commencer cette prépa Saintélyon ! C'est jamais que 4 fois plus long et 5 fois plus de D+, je vois vraiment pas ce qui pourrait mal se passer...