Duv37 a écrit :
CR MARATHON DE PARIS 2026 CONTEXTE Retour à la compétition. Début 2025 je me pète en service, fracture du 2ème métatarse, fracture multiple du 3ème, entorse du Lisfranc. 6 semaines de plâtres, 6 semaines de rééducation et un retour à l'entrainement à partir de Mai. Début Septembre, je suis chaud pour commencer à revenir sur les compétitions, augmentation trop rapide du volume, le genou gauche couine avec un début de TFL. Je m'aligne quand même sur ma première épreuve sportive, un triathlon XS. Malgré le bon résultat pour la course à pied, nous mettons en place une diminution du volume, du renforcement musculaire, j'achète une genouillère et on laisse le temps faire son œuvre. J'avais pris un dossard pour le semi de Boulogne Billancourt. Je sors du TFL, la prépa n'est pas folle. L'objectif est d'évaluer la forme du moment pour basculer sur la prépa marathon derrière. Je passe le sub 1H20, c'est encourageant mais il y a encore du travail à faire pour revenir au niveau. Les vacances arrivent, je fais 2 semaines sans sport, une première et c'est le drame. Le retour est très, très compliqué, j'ai pas mal reperdu. C'est dur moralement. Première vraie préparation marathon. Augmentation du volume progressive, 203km en Janvier, 241km en Février, 305km en Mars avec un pic à 82km hebdomadaire. Deux semaines "off" à cause du boulot, une en Février, l'autre en Mars. Pas de blessures mais j'ai réussi à chopper 3 rhumes sur la période  On a commencé assez sage, à 4'07/km pour passer sur un objectif entre 4'03/4'07 en fin de prépa. Je ne vais pas rentrer dans le détail des séances mais c'est la boucherie habituelle, avec en point d'orgue une SL de 2H45 avec 2x1H@AS42 La semaine d'avant course je me sens solide, fort et prêt à en découdre, surtout vu ma situation professionnelle du moment (mutation compliquée). C'est vraiment très différent de 2024 où j'abordais l'épreuve d'une façon plus incertaine et où j'étais à la limite du DNS. L'objectif de course est de finir entre 2H53'42 - 2H50'53, soit 4'03-4'07/km. Mon rêve humide c'est de passer sous les 2H50, à 4'01/km. J-2 Comme d'habitude, je m'arrange pour passer avant le week-end récupérer le dossard. Je suis une truffe, j'ai oublié d'envoyer les papiers pour avoir le sas préférentiel  Heureusement les bénévoles me font le changement. Si la récupération du dossard était ultra-rapide, la sortie du salon, comme l'a mentionnée wizz83400 est chiante. Tout est fait pour nous faire acheter des trucs inutiles... J-1 Petite séance d'activation, comme d'habitude, je choisis le mauvais endroit pour faire ma séance  Ayant fait une SL sur la piste de Marcel Cerdan (Malakoff), j'avais mémorisé le trajet depuis l'appartement. C'est plus proche que Suzanne Lenglen, pour 40min de séance je prends cette direction. C'est bizarre, je croise quand même beaucoup de gamins sur le chemin avec des médailles Bingo ! Il y avait un cross organisé, piste inaccessible. Pour le coup, je connais un peu le coin, direction la piste de Vanves. Elle était blindée mais je n'avais que 1000m d'allure à faire. JOUR J Réveil 3H30, je stresse de ne pas tout évacuer avant le début Double expresso, 3/4 d'une baguette avec de la confiture et c'est bon. Je m'équipe avec toute prête dans le salon. Le sempiternel débardeur Nike rose avec le split short, le brassard Coros, les superbes chaussettes Sporcks, les Adios Pro 4 et la ceinture Sammie. Je fais l'impasse sur les lunettes. J'emporte deux flasques de 250mL avec 100g de sucre blanc, une pincée de sel de table, une lichette de sirop de fraise et le reste en eau. Normalement ça doit me faire toute l'épreuve en utilisant ma stratégie habituelle, 2 gorgées tous les 2km. Manchettes / k-way juste pour le trajet, j'ai tout laissé à madame en partant. Idem pour le téléphone et les papiers. Départ 6H35 de l’appart. En arrivant sur place je me trouve une rue adjacente et je vais m'échauffer dans une rue adjacente. 10min de footing, 3 séries de gammes, 3 accélérations et je vais trouver l'entrée du sas préférentiel. Je me positionne en milieu de sas et j'attends. *PAN* Ça part, c'est plutôt propre par rapport aux courses. Je regarde la montre, je suis sous l'objectif d'allure, je ralentis un peu. Je me fais dépasser dans tous les sens. Le premier kilomètre arrive super vite, la montre bip exactement à la borne, je me dis que c'est plutôt bon signe. Kilomètre 2, exactement pareil ! Kilomètre 3, 100m d'écart Je garde mon rythme, impassible. Le premier ravitaillement arrive, on a encore les bidons. Un mec n'arrive pas à en avoir et se met à gueuler sur les bénévoles en rosbeef. Détends toi mec, tu es sur un 2H5X, c'est pas ta vie J'attends la première difficulté, après le 8e km. Une fois dedans, je ne comprends pas, je suis super à l'aise, ça monte tout seul. Dans le bois de Vincennes, vu le décalage entre les bornes et la montre, je décide de me laisser aller sur toutes les parties qui descendent. Je régulerai quand je retrouverai du plat 3'57 / 3'59 / 3'58... L'intervalle fixé est un lointain souvenir Sortie de Vincennes, passage au semi en 1H25'16, je me dis que je suis pas mal sur mon objectif de 2H50'53. Je sais aussi que c'est là que commence la partie plus compliquée, d'autant plus que j'ai les talons qui chauffent déjà fortement dans les chaussures. Je termine ma flasque au 26e, je fais l'échange avec la deuxième. Le grand tunnel est interminable. Il fait sombre, chaud et en plus je perds totalement mon allure à l'intérieur. Les remontées, je les bouffe avec une aisance déconcertante. Je commence quand même à sentir les mollets et les quadri qui tirent. Les autres c'est du pipi de chat à côté. Deux coureurs à côté de moi visent le sub 2H50, un des deux s'inquiète sur les deux dernières difficultés de la course, la montée dans le bois de Boulogne et celle vers le Trocadéro. Par ricochet, je me met à appréhender un peu aussi... Alors que dans les faits, j'ai absolument pas vu où ça montait Je commence à remonter vraiment pas mal de gens. On passe le 40e, je commence à lâcher la bride. Je suis bon au niveau du cardio, j'ai de la marge, c'est le moment d'envoyer. Les pavés sont traitres mais je ne peux plus échouer, plus maintenant. 3'59 / 3'47 Mon principal problème ce sont les groupes qui peuvent bouchonner le passage tellement c'est étroit. Dans ma tête, vu ma 2ème partie de course, c'est sûr, je vais faire le sub 2H50, l'émotion m'envahie. Dernier virage en vue, j'accélère encore mais je sens aussi les jambes à la limite de la crampe ! Je modère un peu l'allure, 3'29", je passe la ligne :
2H50'04 Saloperie de décalage kilométrique ! APRÈS COURSE Récupération de la médaille, je prends une file que personne ne prends, remerciement aux bénévoles en repartant j'entends un commentaire sur "en plus ils sont polis". Mais oui mesdames, nous ne sommes pas tous des rustres parisiens Comme d'habitude, je pars retrouver madame, que je n'ai pas vu sur le parcours (l'inverse n'est pas vrai ). Dès que ça commence à refroidir, le calvaire commence. Les jambes tirent beaucoup, j'ai deux énormes ampoules sous les talons avec des gros échauffements. Le soir même j'ai été obligé de prendre un doliprane 1000 et de glacer les pieds tellement ça faisait mal Burger, frites, bière et sieste devant le Paris-Roubaix. Malgré cette petite déception des 4'' surnuméraires, je suis très content et satisfait de la course. Je ne pouvais pas faire beaucoup mieux Citation :
bikounou a écrit : On est toujours insatisfait d'une course réussie car on a l'impression qu'on aurait pu faire mieux alors qu'en fait on est au parfait équilibre entre superbe et déchéance! 
|
Cette citation de la FP était dans ma tête toute la course. Je savais que j'étais en train de faire un truc pas prévu dans le plan avec le coach et j'ignorais comment le corps pouvait réagir. C'est passé, c'est beau mais j'aurai pu me prendre un mur au 30eme et faire un DNF. Mentalement c'était compliqué, surtout vu que j'avais tous les indicateurs physiologiques dans le vert. Au niveau cardiaque, la dérive commence à arriver à partir du 29e kilomètre et reste très maitrisée. Je fais un superbe negativ split, 1H25'16'' sur le 1er semi, 1'24'48'' sur le 2e. Je ne pensais pas en être capable. Après contrairement à 2024, je suis beaucoup, beaucoup plus fort mentalement et résistant à la douleur. J'ai eu l'occasion de faire des trucs de guedin pendant ces 2 ans et je suis capable d'aller très loin dans la souffrance et les privations. Alors faire 42km, en tenue adaptée, c'est pas spécialement difficile. La densité est folle, le niveau est incroyablement élevé, même en sas préférentiel. L'ambiance aussi, c'est encore mieux qu'en 2024. Je n'ai pas assez de mots pour décrire En revanche j'ai trouvé quand même beaucoup de c*nnards pour traverser devant nous. Oui je sais, les marathonistes on casse les pieds. Tous les mois dès qu'il fait beau on vient faire ch*er les familles Merci coach de m'élever aussi haut Je n'ai pas encore décidé de la suite de la saison mais je pense que je vais reprendre un dossard pour 2027 Strava : https://www.strava.com/activities/18078697421 https://i.ibb.co/Qw6VTBr/APML1807-original.jpg Pas de moquerie sur ma tête d'intellectuel en pleine réflexion
|