Un long CR. J’imagine que personne ne le lira jusqu’au bout, mais je l’ai promis à quelqu’un qui m’a permis de participer à cette course et que je remercie vivement!!! Et puis ça me fera un souvenir écrit.
CR de la Course Paris-Saint Germain. 31 Mai 2015. 20 km. 165 m de dénivelé positif.
http://www.parissaintgermainlacourse.com/2015/plan.htm
Départ du bois de Boulogne (Jardin d’acclimatation). Arrivée au château de Saint-Germain en laye.
Avant le départ, le jour J :
Je sors de chez moi. Je sens une pointe au mollet. Je la masse une fois arrivé à la gare, ça m’agace un peu mais sans plus. Je me dis que c’est psychologique.
Comme pour chaque compétition à laquelle j’ai participé, dès le départ de la gare près de chez moi, je vois d’autres coureurs. On s’ignore. De toute façon, je n’ai pas envie de parler. Pas de stress particulier, mais je ne suis pas d’humeur bavarde le matin, surtout quand j’ai dormi moins de 5 heures.
Plus j’approche du lieu de la course, et plus les transports en commun se remplissent de coureurs. Je regarde leur équipement, très varié. Habillés plus ou moins chaudement, avec ou sans sac à dos avec poche d’eau etc…
J’arrive sur la station de métro proche du lieu de la course. Quelques minutes de marche avant de pouvoir déposer les affaires. J’arrive à 7h15 devant les camions de consignes. Beaucoup trop tôt, je risque d’avoir froid si je donne mes affaires de suite aux bénévoles. Je me mets de la vaseline (achetée 3€60 la veille en pharmacie…pour un tout petit tube) sur l’entrejambe et sur les tétons. Je vais marcher un peu en m’échauffant pour voir où se trouve la ligne de départ. Sur place, il y a de la musique. Je reste un peu.
C’est la première fois que je participe à une course aussi « anonyme ». Moins de 4000 participants (je ne l’ai su qu’à la fin). 30 Mn avant le départ, personne sur la ligne de départ ! Sur le marathon de Paris ou même le Paris-Versailles, 1h avant c’est déjà complètement noir de monde.
Je retourne lentement au lieu où l’on peut déposer ses affaires où j’entends les bénévoles hurler « il ne vous reste plus que 5 mn après on ferme». Vite, je me déshabille. Je donne mes affaires et je retourne sur la ligne de départ où je croise un collègue. Il est juste devant la ligne de départ. C’est un bon, pas question pour lui de partir en retrait. Je suis le seul « dossard vert » (=prévu pour 1h40 ou 1h50) juste à côté de la ligne de départ.
On papote un peu avec le collègue le temps que le départ soit donné. A 7h57, BIM, la porte rouge de départ (c’est une porte « gonflable ») s’effondre…Les bénévoles la retiennent avec les bras. Je me dis (injustement) « mince…le départ va être folklo ! Quelle organisation bizarre… ».
Ils arrivent à remettre la porte en état. 8h05, le départ est donné. Je laisse le collègue partir, je ne veux pas être entraîné dans un rythme qui n’est pas le mien.
Le début de la course
Mais manque de chance (ou de jugeote plutôt), je suis tout de même entraîné par le peloton. Car OK mon collègue est parti devant, mais les mecs qui partent sur la ligne de départ ne sont pas là pour plaisanter. Je me dis que je vais me caler un rythme une fois le premier km passé. Mais le problème, c’est que je ne verrai pas la moindre « borne » me signalant le kilométrage avant le 5è km.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas couru en compétition. 3 ans ! Et depuis 3 ans, il s’en est passé des choses. Déjà, plus besoin d’accrocher les grosses puces à nos chaussures, la puce est sur le dossard (j’ai failli l’enlever au début en plus). Mais, surtout, tout le monde est équipé de cardiofréquence truc et machin. J’entends que des BIP autour de moi, tout le temps ! Et j’entends même à un moment une voix sortant d’une montre (mi féminine mi électronique) donner à son propriétaire sa vitesse : 4 mn 07 au km.
Je me dis « MINCE ! je vais beaucoup trop vite, je vais me cramer ». Devant moi, je vois une dame/demoiselle (de dos on ne sait pas trop ce qu’il en est) avec un fort joli derrière ! Je me dis que je vais m’accrocher à elle pour avoir un rythme plus en cohérence avec mon niveau.
Mais voilà, quelques minutes après, c’est la première montée ! Et vu que je m’entraîne pour un trail, je me dis que je dois faire bonne figure dans les montées. Je me remémore le Paris-Versailles où quasiment personne ne m’avait dépassé dans la montée. En plus, cette côte de Suresnes, je la connais. Je l’ai pratiquée quelques fois à l’entraînement ! Du coup je dépasse la dame/demoiselle, tanpis pour mes yeux, je ne suis pas là pour ça !!!
Mon arrogance est rapidement mise à mal. A la vitesse où je vais, c’est beaucoup plus dur qu’à l’entraînement. Pas mal de coureurs me dépassent. Je comprends alors que je vais souffrir. Et effectivement, je vais être dans le rouge (ou rouge orangé) jusqu’à la fin de la course.
Pas grand-chose à dire sur la montée, j’essaie de garder une foulée convenable qui ne doit tout de même pas être si mal. Je dis ça à postériori car sur le moment j’ai l’impression d’être une tortue.
Le cœur de la course
Premier ravito en haut de la côte! Des verres en plastique, et pas des bouteille ! Je suis surpris. Et ça m’ennuis ! Bon, j’en prends un pour m’asperger la tête et un autre pour boire. Je perds beaucoup plus de temps qu’avec une bouteille…
Mais la descente qui suit la montée est salvatrice. Elle me permet de souffler un peu, même si je souffre toujours des conséquences de la montée. Je rattrape pas mal de gens. Une fois la descente achevée, je tente de dérouler. Je vois bien que je vais trop vite, mais d’après mon temps au km 7, je suis parti pour faire 1h30 (ce qui est inespéré). Je suis trop fier pour ralentir. Je sais que je devrais, mais je ne le veux pas !
Bientôt le 10è km. Je vais faire pas loin de 44mn. Je repense à mon Paris Versailles où, sur un début de parcours plus difficile, j’étais arrivé au 10è en 42 mn et en pleine forme…alors que là…
Arrivé au km 10 du ravito, je me retrouve encore confronté à la gestion des gobelets, à laquelle s’ajoute la gestion de l’orange dont j’ai besoin pour reprendre des forces ! Je gère mal, très mal ! Tout le monde me dépasse. C’est dur mentalement.
Une fois mon orange ingérée, j’essaie de reprendre le dessus sur ma souffrance. Mais là, je ne me sens vraiment pas bien. Je m’accroche, on est sur un pont, il y a du vent. Bordel, je n’ai fait que la moitié de la course ! Et la plus facile en plus, vu la grosse descente dont on a bénéficié. Et je suis déjà carbo.
Les km sont enfin affichés un par un. Et même si je garde un temps au km qui me permet d’espérer un temps en dessous des 1h30 (je reste à moins de 4mn30 au km en moyenne), je vois que mon avance se réduit. Et c’est d’autant plus inquiétant que les 2 derniers km sont en montée (et sans descente après, cette fois !!!).
Je m’accroche à plein de petits trucs pour faire diversion à ma souffrance. Par exemple, tous ceux qui ont les mêmes chaussures que moi sont des gros. Pourquoi ? Parmi eux, y en a un devant moi avec un t-shirt orange. Il restera toujours devant moi et finira la course quelques mètres devant. Moi aussi je suis gros en fait. 77kg au lieu des 71kg de mon poids de forme. En plus la veille j’ai un peu bu (et pas que de l’eau ^^).
Autre réflexion, je me dis que c’est du foutage de gueule leur slogan. « 50% urbain, 50% nature ». C’est plutôt « 80% bitume, 20% gravier à quelques cm du bitume ».
14è km. Je me rappelle de ce qu’on devait faire en endurance en EPS au lycée. 10 tours de stade = 4000m. Je me dis « allez, imagine, t’es au lycée, tu fais ton 4000m ! Une fois terminé il ne te restera plus que la montée et ce sera fini ».
Je dépasse une fille et un mec qui discutent. La fille lui explique qu’elle n’en peut plus, qu’elle a besoin d’un lièvre et que ce serait pas mal qu’il ralentisse. Le mec ne lui répond pas. Moi je pense qu’ils sont en couple mais la fille finit par lui dire : « tu me rappelle ton prénom !? ». Culottée la fille !
Ravitaillement du 15è km. Je prends du raisin (en plus de l’orange et de l’eau). C’est bon (au goût) mais c’est pas une bonne idée. Je m’étouffe un peu avec. Dur dur ! Je commence à rattraper le gros en orange avec les mêmes chaussures que moi. Il gère encore plus mal le ravito que moi. Mais dès qu’il relance la machine, il ne me permet plus de grignoter le moindre mètre face à lui.
La fin de course
17,5 è km, dernier ravito. Je suis complètement trempé par le verre que je viens de me jeter dessus. Juste après ce ravito, il faut tourner à droite deux fois. Y a plus personne devant moi du coup j’ai un instant d’hésitation…Je me dis « merde, si t’es pas foutu de trouver ton chemin ici, pour le trail ça va être coton… ».
Je démarre la montée. Ca sent la fin. Je me dis que je vais pouvoir faire appel à mes dernières forces et « tout donner ». Sauf que non, la montée est trop dure. Et y a plus de gens qui me dépassent que l’inverse.
Y a des gamins qui tendent la main pour qu’on tape dedans. Ca me fait chier, pas envie de gaspiller de l’énergie en pleine montée. Mais je me force ! Ils sont sympas d’être venus, surtout que les encouragements sont rares sur cette course.
A chaque fois, pour nous encourager, les spectateurs nous donnent des informations erronées. « Plus que 50 m ». Et 200m plus tard « dernière ligne droite ». Puis, après avoir tourné 2 fois « courage, c’est la fin » etc…
Je passe la porte du château. Je ne le vois même pas, d’ailleurs, le château. Cette fois c’est vraiment proche de la fin. Une centaine de mètres plus loin, ça y est, je suis arrivé.
Que ce fut dur ! Je n’ai pris aucun plaisir…Mais le temps réalisé, lui, me donne une grosse satisfaction. Moins de 1h30. Ca y est, c’est fini. J’ai froid. Je veux m’habiller, manger, boire, me reposer…J’ai réussi !
Instant misogyne : d’après les résultats publiés sur le site une seule fille a fait un meilleur temps que moi ! Elle s’appelle Olga.
Bisous à toi Olga ! T’es la seule à avoir battu le gras du bide que je suis !