Chrise20 a écrit :
! Attention pavé !
! attention mylife !
La préparation
Un IM vu la distance et le prix c'est de facto l'objectif de la saison, et pour moi qui aime bien la gestion de l'entrainement et son coté rationnel, je m'astreint à suivre un plan. Plus comme à mes débuts, en programmant chaque séance, mais sur une préparation en grands cycles, chacun composé de cycles de 3 semaines de travail et une semaine de récup. Du style :
http://reho.st/self/6740b59d648710 [...] 0301c6.jpg
En plaçant, pour le plaisir, quelques triathlons de fin de saison (xs, m, l) dans la programmation, début décembre je suis bien : j'ai bien marché en octobre au Natureman malgré un petit manque de long qui m'avait fait fléchir en course à pied, et je me fais une séance d'évaluation PMA à environ 400W et de seuil a 330W.
Mais là, la grosse tuile je me casse la hanche sur une chute stupide et lourde à Coursegoules mi-décembre, dur pour la semaine de ski, dur pour le tri. Sur le moment je pense que je ne pourrais pas le faire. Mais j'ai décidé de tout tenter pour au moins y participer. 3 semaines après je remonte sur mon HT pour une séance de 20' qui me laisse exsangue et plein de douleurs, mais c'est la reprise ! Il va me falloir encore deux semaines pour remarcher sans béquille et un mois et demi pour courir (quelques montée en trail) début mars. Je ne rate aucune session de kiné, qui me fait travailler les muscles et les tendons, après chaque séance de vélo ou de CaP j'ai des douleurs au moyen fessier, au psoas et au tenseur du fascia lacta, j'en chie mais ça revient. Comme dit le kiné si je n'ai pas mal c'est que je ne force pas, mais faut pas avoir trop mal ce qui m'obligerait à tout lâcher. Toute la ré-éducation se passe en fait à la limite des tendinites.
Question plan, il n'est plus questions de mon beau tableau... Le moyen fessier à pris cher (3 incisions, 15 sutures), c'est le muscle qui stabilise le bassin pour la marche et la CaP. Donc mon seul objectif devient de re muscler : beaucoup de montées et des séries courtes en CaP avec récup totale (le coeur doit redescendre, ce n'est pas de la VMA), et de la force à vélo, sur HT jusqu'à avril, sur route après. Du travail de muscu donc, et rapidement rallonger les distances à vitesse de course. A vélo le mois de mai est parfait cette année, assez de fériés pour passer deux sorties longues par semaine. En CaP je suis obligé d'attendre début juin pour passer du plus de 15km, avant c'est trop difficile.
Evidemment tout le travail de qualité (VMA, Seuil) passe à la trape, en CaP surtout. Pour le vélo je suis arrivé a passer un cycle de chaque, mais pas complet en seuil. Et ma PMA en a pris un coup, il me manque 30W début juin, tant pis je ferais sans.
La Course
La mise en place
Jouant 'à domicile' je profite d'un rdv sur Nice pour passer récupérer mon dossard au plus tôt jeudi matin, Samedi parc à vélo à 14h pour poser les sacs de transitions et la machine. A cause des horaires fonctions des dossards, je ne peux voir Captain. Par contre je suis de retour assez tôt pour voir le match du brésil.
Nuit assez mauvaise, pas facile de dormir en se couchant tôt, mais c'est quand même le réveil qui me lève à 4h du matin. Petit déj presque normal, je rajoute un peu de riz ; et départ vers le parc à vélo. Le temps d'entrer, poser le sac 'special needs' où j'ai mis mes sandwichs, une gourde et la moitié du ravitaillement en barres, de gonfler les boyaux, enfiler la combi (qui se déchire au niveau du mollet, elle vieilli la pauvre), puis de passer saluer des collègues participant et Captain (enfin plus virtuel) ; il est déjà presque 6h et on nous presse pour sortir du parc (fermeture 6h). Seul point noir de l'organisation, globalement parfaite (A l'américaine, pas facile de gérer 2500 participants), le dépôt des sacs 'street wear' prends un temps fou, j'arrive sur la plage à 6h20 trop tard pour s'échauffer dans l'eau. Je me mets finalement dans le box < 1h10 mais sur la droite à coté des <1h05.
J'ai pas eu le temps de boire j'ai chaud dans la combi et j'ai soif, et je vais le payer, mais je ne le sais pas encore.
La Natation
Départ des pros à 6h25, départ dans l'eau (??? WTF), ils grattent en plus 50m.
A 6h30 pétantes c'est parti, grosse grosse bagarre, je prends des coups, j'en donne (involontairement), je suis limite de me faire arracher la garmin par deux fois, et je prends un coup de pied qui me colle les lunettes à l’œil avec un putain d'effet ventouse, où je me dit que l’œil va sortir si je soulève la lunette. Mais non, ouf il reste. Il me faut bien trois bouées pour arriver à poser une nage. Mais c'est pas terrible et tout la natation j'aurai des contacts. Tout de suite je vois que j'ai pas trop de bras, j'ai trop relâché les sessions ces derniers 15 jours avec juste une séance vendredi 20, la dernière semaine la piscine était fermé et je n'ai pas eu le courage d'aller nager en mer. C'est con parce que j'avais bien progressé cette année, et je n'en profite pas totalement. Le premier tour se termine bien, des le premier virage du second, je sens un début de crampe au mollet gauche, le genre de truc qui ne m'arrive qu'à la fin d'entraînements difficiles, en forçant sur les jambes. Là il n'y a pas de raison, les jambes ne battent pas vraiment. Quelques mouvements et ça passe, mais pour revenir en force à 200m du bord, je m’arrête, essaie de détendre le bordel, ça à l'air d'aller et je finis en me demandant comment va être la suite avec ce mollet. En sortant de l'eau avec la berge un peu marquée et les galets je me broute comme une merde sur la bénévole qui essayait de m'aider. Bilan: Ma Garmin m'indique le deuxième km avant la sortie à l’australienne et et le 4eme avant la fin. Je n'ai pourtant pas l'impression d'avoir vagabondé.
Premier tour en 33'09'', deuxième : 35'42'' total : 1h08'54''
Un peu frustré par mon temps mais surtout par la sensation que ça aurait pu être plus facile.
T1 :
A la sortie de l'eau un (tout) petit escalier ramène sur le parc, 2500 concurrents dans un entonnoir, on prends un ticket et on fait la file. Mais c'est le moment d'essayer de commencer à enlever la combi !
C'est le deuxième bémol pour l'organisation. Pour le reste je récupère mon sac bike, me met sur une chaise et prends mon temps pour me changer en tenue 'custom' vélo, mettre les barres dans les poches, la bombe vittoria, etc... Puis aller chercher la machine
/T1 : 8'30. Temps de papy.
Le vélo
J'ai des jambes sur la promenade que j'avale à 40km/h, je ralentis un peu sur le faux plat montant de la plaine du var, j'ai décidé de rester en endurance fondamentale (I2) (j'utilise le cardio) l'essentiel de la course, et éventuellement endurance de course (I3) sur la fin du col de l'ècre. Je commence à avoir mal au ventre, ma gourde est dosée en isostar, mais trop pour bien me ré hydrater, j'attends le premier ravito avec impatience pour m'envoyer une bouteille d'eau. Je prends la petite côte de la Condamine tout à gauche depuis le pieds, et ça me permet de doubler dans le reste de la montée vers Carros plein de kékés qui ont trop forcé dans ce passage. Je ne suis pas au mieux sur toute la route jusqu'au col de l'ècre et je ne force pas, et finalement reste bien sagement à I2. Il pleut les 3 derniers km avant le Col de l'ècre où je récupère mes jambons beurre, mais j'ai vraiment pas faim, le mal de ventre persiste, déjà plus de 2 heures de route je n'ai mangé qu'une demi barre énergétique... Finalement les choses s'améliorent surtout sur le plat vers Andon, passage roulant que j'aime bien, ça me requinque, le mal de ventre disparait, et je me tape mon premier sandwich sur la descente sur Gréolière. A partir de là ça va bien mieux, et la montée sur Coursegoules se passe bien, mais je ne force pas non plus. Par contre l'A/R sur le plateau et la montée vers Coursegoules j'envoie bien de nouveau et je prends pour la première fois du plaisir dans une descente depuis décembre, pas d’appréhension, lucide, de bonnes trajectoires et peu de risques sur sec, c'est aussi l'avantage de connaitre les routes.
Là où je vois que ça va bien niveau jambes, c'est sur un petit faux plat montant de 2km après une longue descente, terrible pour le moral en temps normal, que je passe facilement.
Un concurrent devant moi se prends une pierre et explose son pneu ou boyau et s’arrête miraculeusement avant le ravin, juste avant le village du Broc. J'espère qu'il avait de quoi réparer.
Par contre, je l'ai déjà raconté, à partir de là le temps se gâte. Et la descente de Gattière est un cauchemar, je ne prends aucun risque, mais je sais que ça ne suffit pas, heureusement pas de malchance, j'ai déjà donné. On roule en groupe dans la plaine du Var, et sur la prom ; comme j'ai toujours les jambes et que la pluie est violente, je fais l'essentiel des relais ; comme ça je suis devant. De toute façon les arbitres sont occupés à signaliser les accidents et sécuriser les ronds points.
Je roule jusqu'au parc à vélo sans encombre, et on se souhaite bonne chance pour la CaP avec l'autre relayeur du groupe. Bilan :
Satisfaisant, j’espérais passer sous les 5h30 à vélo, je fais 5h37'54'' avec la pluie et un début pas top. Ça me va. T2 : Je pose le vélo, court chercher mon sac run, dieu que ce parc est long, mais il est plutôt vide, c'est bon pour le moral ! Il pleut et je me glisse sous la tente, on est deux, je prends le temps de bien me changer, on discute en rigolant sur le fait que le plus dur reste à faire. Je mange mon deuxième sandwich...
Je sors de la tente et demande à la préposée au sac ou je peux trouver des toilettes : résultat faut refaire 200m à contre sens. Trop cool, en deux secondes j'évalue le fait d'atteindre les palmiers de l'aéroport (5km) vs le fait de courir l'esprit et la vessie 'libérés'. J'opte pour cette option et me tape les 200m retour vers les cabines. Youpi. /T2 : 7'45. Vessie de papy.
La Course à Pied.
Bon c'est un marathon, quand il faut y aller, il faut y aller. Mon meilleur temps sur un marathon sec plat, c'est 3h23. Mon deux objectifs : ne pas marcher et finir.
Ca part pas trop mal, et mon garmin m'indique moins de 5 au kil dès le premier km, j'en reviens pas. C'est tout bon. Je m’arrête à tout les ravitos du parcours pour prendre une boisson, un biscuit salé et/ou une banane. Quand je dits je m’arrête, au premier tour je prends le verre en courant, en en renversant la moitié, et jette le verre d'un geste ample au passage de la poubelle, puis chemin faisant, je m’arrête vraiment pour boire, puis je m’arrête plus tôt pour boire au premier verre, pour manger, à la fin je marche tout le long du ravito jusqu'à jeter le verre. Le premier tour ça se passe pas trop mal jusqu'au 13eme. J'oscille entre 4'48 et 5'20 au kil, ravitos inclus.
Le deuxième et troisième tour je suis dans le dur, entre 5'40 et 6'22 au kil (d'après strava), ravitos inclus où je continue à bien boire (coca, eau) et manger (banane, biscuits salés). Heureusement les gens du club ou la famille disséminés sur le parcours m'encouragent, ça aide à tenir. Mais je ne suis pas bien frais : à un moment je croise le dossard 506, je me dits : bientôt Captain (512), logique Au début du troisième tour je sens l'ampoule, due aux frottement des chaussettes mouillées par la pluie, craquer, douleur assez vive, mais j'essaie de ne pas y penser. En 1km je l'oublie. C'est après la course que je m'en rappellerai.
Au 31ème je fais les comptes, et je me dits que je peux peut être faire moins de 4h, mais qu'il faut que je me bouge le cul, j'arrive à accélérer un peu : c'est le cas au niveau des sensations, au niveau du chrono c'est moins flagrant, mais je refais quelques uns des kilomètres (ceux sans ravito) en 5'45 / 5'30.
Avant le dernier km je sais que je vais faire moins de 4h, et à l'arrivée je vois le chrono de loin qui passe sur 10h59', je finis en serrant les poings comme une belle victoire avec un chouette temps marketing : 10h59'31" je peux vendre un sub 11!
Bilan de la CaP :
(très) Content, finalement il me restait des jambes après le vélo pour courir. Je ne marche pas hors ravitos, et je passe sous les 4h : 3h56'43''. Après la course
Première pensée pour mon épouse qui a supporté toutes les absences sans (trop) râler, et deuxième pour le chir qui lorsque je lui ai demandé si j'aurai récupéré en juin parce que j'avais une compèt, m'a regardé d'un air , - 'faut mieux pas trop y penser'. Après la course récupération de la médaille (pour le kiné), du tee shirt finisher, je vais pouvoir me la péter kéké , puis direction le ravito et le débrief avec les collègues. Dur de se relever, puis récupération du vélo sur le parc, et retour à la voiture juste au moment ou un orage de grêle s'abat sur Nice. Petite pensée émue pour ceux encore en course.
Bilan général.
Je suis très satisfait du résultat pour mon premier xxl, et j'espère avoir encore une petite marge pour le futur (rien que sur les transitions les deux meilleurs de mon club font T1 et T2 en moins de 5' chacun).
Si au troisième tour de CaP je me suis dit que je ne ferais plus jamais ça, j'ai en fait déjà envie d'en re-découdre.
Aujourd'hui les escaliers sont un peu difficile à descendre, mais j'ai fait 25' hyper souples sur HT pour évacuer les toxines, et une longue session d'étirements.
Prochain : Nice M (probablement) et le Natureman (again, j'avais kiffé).
/ pavé
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