Récit d’une sacrée folie.
Juin 2024. C’est le 70.3 des sables d’olonne. Ça se passe bien et annonce du full IM pour 2025. Dans l’euphorie, je lance l’inscription. A partir de là, je sais qu’il y a une année pour être paré. Blessure fin aout. TFL, bon ca partira relativement vite, j’en profite pour faire les 20k de paris, marseille cassis et remplace un marathon prévu par un 10k. Préparation hivernale sérieuse. Une préparation pour une telle épreuve, c’est long. Et je mise plus sur la constance et progressivité dans la préparation que de peu bosser en hiver et arriver au printemps en chargeant à fond. Mi-avril, alors que la préparation spécifique a déjà bien débuté, chute à pied, blessure poignet et un moment sans rouler en extérieur ni nager. Un half de préparation en mai un peu calamiteux, j’avais hésité à le faire, et surtout je pense que je n’étais pas dedans le jour de la course. 1 semaine plus tard, chute à pied. Encore. Même cause même conséquence… A 3 semaines de l’IM je ne peux absolument rien faire des mains, donc encore repos de natation et de vélo extérieur. Le home trainer c’est sympa. Mais au-delà de 2H/2H30… C’est franchement d’un ennui mortel et usant je trouve. J’arriverai donc sur la course en manquant de sorties longues à vélo. C’est le jeu et c’est entièrement ma faute, ça me fera apprendre à courir dans me vautrer.
J-2. Bon ben, ça approche. Retrait des dossards de bon matin, une fois que c’est fait ça sera fait. Distribution de brioche et café pendant la file d’attente, je me dis que c’est pour aider à faire passer la pilule du dossard à 700 balles. Des Canadiens semblent terrorisés qu’on mange de la brioche à J-2, ça tabarnak les Français mangent n’importe quoi. On est en France, on honore la gastronomie.
J-1. Petite balade à vélo de bon matin pour faire un peu tourner les jambes sur le début du parcours vélo, qui est aussi une grosse partie de la partie course à pied. Direction le briefing. Toujours un plaisir le rappel que la route est entièrement fermée à la circulation, et éventuellement écouter 2/3 rappels. Le speaker déconne et demande bien « arrêtez de toucher vos montres sur la ligne, ca fait des photos finish ignobles ». Et aussi des petits rappels sur certains passages ou-il est fort recommandé de ne pas se mettre sur les prolongateurs. Indication aussi d’une soi-disant arche à l’entrée du chenal en natation pour faire un chrono intermédiaire de natation. Au passage, c’est agréable de gratter 30 minutes au frais. L’après-midi il fait chaud. Dépôt du vélo au parc, l’habitude Ironman. Un bénévole me demande de faire traducteur improvisé pour un Anglais qui ne veut pas baisser la pression de ses pneus pour la nuit. On lui explique qu’avec les variations de température il risque de pas aimer le lendemain matin. Le gars est obstiné. Ok l’anglais, c’est toi le patron de ton vélo. Dépôt des sacs T1 et T2 sans la bouffe ni le compteur vélo, trop entendu d’affaires de vol. Et bordel, qu’il fait chaud… Par chance, la météo annonce une bonne chute des températures le lendemain. Les dieux du triathlon sont avec cette épreuve. La nuit est… courte. Mauvais sommeil. Petit moment caca
en pleine nuit, il sera fait pour demain.
Jour J. Réveil à 4H. L’habituel plat de pâtes et banane
pour s’assurer la digestion. Le caca
matinal après celui de la nuit. Et c’est parti pour l’aire de transition, regonfler les pneus, poser les bidons, la bouffe, le compteur vélo (haha). Et maintenant, direction le départ, 15/20 minutes de marche pour se réveiller. Et c’est presque une fois arrivé au départ que je regarde le sac streetwear, j’ai oublié de poser le compteur vélo
. J’ai le choix, faire l’A/R et me reprendre 30/40 minutes de marche avant la course, ou faire le vélo uniquement avec la montre. Second choix évidemment, le compteur restera à la consigne. Bref, une première boulette dans la journée. A 20 minutes du départ des pros, un tour dans l’eau pour aller se chauffer. Puis direction sas de départ, allez on va partir sas 1H20. Il y a la musique pour chauffer l’ambiance, on échange quelques mots avec des voisins de sas, le groupe vit bien. Les cloches sonnent
, et thunderstruck
. Me semble que c’est traditionnel sur la distance Ironman. C’est le grand moment. Les concurrents partent en petits groupes de 8, et mon tour arrive, c’est parti !
Natation.

Ça commence par un passage en courant sur la plage au milieu des spectateurs. Une petite larme à l’œil
, bordel qu’est-ce que je fous la dedans, c’est parti pour un IM. Mais prenons les choses une par une, j’ai assez peu nagé ces derniers temps, c’est douloureux aux poignets, mais c’est que l’échauffement de la journée. 1ere bouée main gauche. Ensuite on longe la plage. Ca se passe nickel, très peu de vagues, j’avance bien, quasiment aucun contact avec des concurrents. Le rolling start c’est royal. Seconde bouée, et maintenant direction le large. Et là, ça change d’ambiance. La houle est bien présente.
Le cardio monte. Ce passage semble interminable. Seconde bouée main droite, direction le chenal. Ca secoue toujours, moins, mais ca secoue. En regardant après coup le cardio, il y a une forte augmentation du cardio (qui ne redescendra pas) à partir du moment ou ça a commencé à secouer, c’est quasiment instantané. Une fois à la bouée pour rentrer dans le chenal, je cherche la famosa arche qui devait servir de chrono intermédiaire, ARNAQUE elle n’est pas là. Une fois dans le chenal, l’eau est calme. On voit le public massivement installé sur le côté. C’est long quand même 3800m à la nage, mais ce n’est que le début de la journée. Enfin le ponton arrive en vue, bon ça tape un peu avec les autres car tout le monde vise le ponton. Et là, l’impensable arrive, une crampe de l’espace au mollet droit.
A quelque chose comme 3 mètres du ponton. Je n’ai pas dû faire 100 battements de jambes de la natation, et une crampe (habitude de nager quasiment qu’en bras). Reflexe je ne veux pas m’approcher du ponton car ce serait la chute assurée, donc je me fous sur le dos et tente de tirer un peu sur le pied. Bon faut quand même s’extraire de la flotte, la pauvre malheureuse qui m’aide à sortir me tracte comme un poids mort, je m’excuse.
(bonnet bleu)
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T1
Elle me balance au rang suivant. Un sympathique bénévole me propose de m’aider, il me fout sur le côté du ponton histoire de pas emmerder les autres. Ca ira, la crampe passe direct. Je ne regarde même pas la montre, mais vu les laps tous les 500m je pense que ça doit faire autour de 1H25. Perdu, le temps officiel 1H21. Vu ce que j’ai nagé ces derniers temps ca me va. Transition looongue, il y a beaucoup, beaucoup à marcher. C’est comme à Disney, tu crois que t’es au bout mais nan, un zigzag encore à faire. Au sac T1 je charge dans les poches encore un peu de bouffe solide en plus de ce qu’il y a dans la pochette. Autant les gels, il y a de quoi sur le parcours et marque connue. Les barres maurten, bof. Et il me faut du solide en complément des gels. Ainsi qu’un tube de pastille d’électrolyte
. Je connais pas la marque proposée sur la course, et ça serait con de pas la supporter, même si normalement le risque est faible. Le ciel est ultra couvert, je ne me fous pas de crème solaire. (haha, mauvaise idée). Et c’est parti, 180k de vélo.
Vélo
Ambiance métro parisien pour monter sur les vélos.
J’arrive tant bien que mal à monter, mais devant certains ne sont pas encore sur les vélos ou montent plus ou moins dessus. Un gars derrière me pousse dans le dos, une fois. Deux fois. Mais mec, ce n’est pas que je veux pas avancer, c’est que devant c’est archi bouché. Puis je sens un gros coup sur ma roue arrière. Maintien de l’équilibre, d’une trajectoire à peu près droite, c’est bon. Bruit de tristesse du public qui est présent en masse. Coup d’œil derrière, un mec se tient debout en tenant son vélo de CLM. Ben désolé mais pas désolé quoi, tu vois bien que ca avance pas, pourquoi vouloir passer, et vu le monde qu’il y a, pas de prise de risque de m’arrêter pour voir s’il est OK. Il y a du public en masse si il a besoin d’appeler l’orga pour secours. Le parcours commence par la boucle de course à pied, c’est pas super large par endroit, comme préconisé au briefing, ben pas de prolongateur. Ca se dégage un peu. Et ca roule.

Bon il y a quelques gros paquets, mais c’est aussi surement rapport au paquet de participants. Evidemment je m’étais dit pendant la natation faudra profiter des toilettes en T1, et en T1 finalement aucune envie de pisser. Ben ca a pas manqué, à même pas 10km m’arrive une forte envie. Pause dans un champ. Jusque vers le trentième on se fait le chat et la souris avec une nana d’un club voisin, finalement elle me passe franchement, accélère un peu et m’adresse un mot sympa « Allez Bertrand, courage ». Merci meuf, merci. Pour l’alimentation, habituel schéma d’alternance barre/gel et hydratation surtout à la boisson isotonique. Le parcours alterne passage dans les petites villes et villages et passage dans la campagne. C’est beaucoup de toboggan, quelques centaines de mètres en descente légère et ensuite ça remonte. Il n’y a pas de difficulté, mais c’est usant. Et ce n’est que le début. Un gars a visiblement fait une vilaine chute, il est avec les pompiers sur une civière. Le soleil arrive, ça fait monter un peu la température. Et en vrai, quel plaisir de rouler sur des routes fermées. La moindre intersection est bloquée par un groupe de bénévoles, souvent des retraités. Parfois ça boit l’apéro pépère. Pour les ravitos (nombreux), chaque fois je mange banane.
Si besoin une bouteille d’eau pour remplir les gourdes. Pas malin de ma part d’avoir emporté des « belles » gourdes souvenirs que je veux garder, j’aurai du prendre des gourdes à la con à balancer/échanger avec des gourdes pleines. Au lieu de ça, ben arrêt 30 secondes pour remplir les gourdes, c’est du temps paumé et relancer. Et aussi rajout dans certains bidons des pastilles électrolytes. Au passage parfois un gel maurten, afin de rentabiliser le tarif de l’inscription. Vers le 80eme, bon l’estomac commence à en avoir un peu marre de l’alimentation gel/barre/banane. Pourtant j’ai de la barre salée pour pas m’écœurer du sucre, mais je dois ralentir un peu le rythme pour manger.


Au passage quelques féminines pro passent à côté et prennent un tour. Ces fusées
, et surtout surpris de l’aéro, tenir une telle position si longtemps. 101km, c’est l’heure du ravito perso. Petite pause
, c’est super bien organisé. Des racks pour poser les vélos, les sacs sont super bien triés, il y a des chaises pour se poser quelques minutes. Encore un truc organisé au poil. Pour le ravito perso, 2 sandwichs prévus, et quelques barres à embarquer pour la fin du vélo. Sur les 2 sandwichs, j’arriverai à n’en manger qu’un, c’est bizarre car d’un côté mon bide semble réclamer à bouffer, mais de l’autre rien me fait vraiment envie. C’est reparti. L’enchainement des dizaines de toboggans devient usant. Pour l’effort, je gère en surveillant de temps en temps le cardio, rester zone 2, et sans se faire mal aux jambes dans les innombrables relances. En revenant sur le morceau de boucle déjà faite, je sens bien que les mêmes toboggans passent moins bien. Dans ma tête, je calcul. Beaucoup. Genre vraiment. L’objectif était de faire autour de 14H, mais je retourne ça dans ma tête, ca passera pas. Ce n’est pas grave, le vrai objectif c’est d’en finir. Alors je compte dans ma tête. Faut rouler à quelle vitesse pour poser le vélo à quelle heure et avoir le temps de faire le marathon « serein » des barrières. Dans un sens, bon 180 bornes en solo, faut bien s’occuper un peu l’esprit par moment. En repassant devant un passage avec des bénévoles je constate qu’ils ont quitté l’apéro, pour le barbecue, finalement c’est peut-être ici que j’aurai dû prendre la pause déjeuner. 160 bornes, on quitte la boucle pour arriver sur la fin du parcours. C’est le moment de continuer à calculer. Ca devrait passer. En arrivant à la fin du parcours, je prépare bien la descente du vélo en retirant les scratchs des chaussures. Beaucoup trop tôt, il doit rester 1km à rouler.

Descente du vélo nickel, ca commence à rentrer ça. Temps officiel 7H01. Grosso modo le temps prévu, en optimisant les pauses hydratation il y a moyen de gagner du temps. Le parcours n’avait pas la moindre difficulté notable, mais l’enchainement de ces petits toboggans use sur la distance. Parcours agréable, j’aime bien les paysages et les traversées de village, ca encourage, et l’aspect sécurité de rouler 180k sur route fermée, c’est très appréciable.
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T2
Le parc est bien plein, dépôt du vélo, récupération d’un ou deux gels. Inutile en théorie vu les ravitos sur le parcours, mais sait-on jamais. Et c’est parti pour un marathon.
CAP
Jusqu’ici, un seul marathon sec au compteur il y a 9 ans, et ça c’était mal passé. (
) Début de parcours un peu chiant. Passage jusqu’à un phare, c’est un super paysage. Et très rapidement, je continue de compter dans ma tête. Faut tenir quelle allure pour terminer. Plus d’objectif de temps à tenir, terminer dans le temps point. Et j’en conclue que pour tenir le finisher, aucun besoin de se mettre dans le mal, mais faut pas faire de la randonnée tout le long.

Passage dans le sable. Je vais le maudire longtemps ce passage sur la plage. L’an dernier ce n’était pas embêtant car sable mouillée. Cette année le sable rendre dans mes pompes.
Après le petit escalier qui monte pour rejoindre la boucle, ça gratte dans la chaussure. Et l’arrivée sur la boucle, grosso modo un aller/retour à faire 4 fois. C’est une dinguerie. Ce monde tant dans les participants que sur le bord de la route. De la folie. Ca hurle, ca hurle, je dois entendre sans exagérer une centaine d’encouragements « allez Bertrand !!!! »
rien que sur le premier tour. Les spectateurs, vous êtes des grands malades, merci à vous.
Au bout de 1 ou 2 km sur ce passage, je profite d’un endroit un peu plus calme pour virer (pas tout, haha) du sable dans les pompes. Ca me laissera une belle ampoule au pied. A chaque ravito boire un coup, et tenter de manger un peu des trucs légers, genre tuc, bananes… Bout de la boucle, c’est devant un petit resto qui fout l’ambiance avec musique, et pas mal de monde. Maintenant, retour. Toujours beaucoup de monde sur le parcours. Un passage un peu chiant dans un parc, et la nouveauté du parcours de cette année sur l’année dernière. Un maudit petit aller/retour qui monte… Le truc t’as la sensation de grimper une montagne que ca doit faire quelques mètres de D+ à chaque passage, et il n’y a pas grand monde. On ne va pas raconter d’histoire, je marchote souvent. En revenant vers la partie la plus animée du parcours, évidemment mode course à pied. Toujours une ambiance phénoménale. Par contre, ca devient dur de trouver l’envie de manger. Boire OK, j’arrive à m’hydrater, mais manger… Les bénévoles sont tellement géniaux à proposer à boire et à manger, encore cœur sur vous tous.
Ca continue d’encourager nominativement, c’est génial. Ca hurle partout, les spectateurs sont toujours tout autant présent. Une arrière-mémé me sort « Allez y bertrand ». Ca me fait sourire, la petite mamie qui encourage avec politesse. Au demi-tour, la musique est jump de van halen. Mais on est ou là. Surement pas en terre marseillaise. Je me lance donc à hurler « PARIS SG, TOUS ENSEMBLE ON CHANTERA »
. Les spectateurs et autres participants semblent rire et être atterré, ce con morfle sur une course pareille, et il perd son énergie à chanter du foot. C’est pour le moral, et c’est important à ce stade. Dans ma tête, ca continue toujours en tache de fond de calculer.
Devant un resto, des jeunes proposent des bières aux participants. Il me reste 2 tours, c’est mort pas maintenant la bière. Bon et surtout, ca risque de ressortir aussi vite que ca descend. Il reste 22/25 bornes, à quelle allure ça passe, sachant que je ralenti et n’ai plus trop possibilité de manger. Allez seconde boucle terminée, environ encore un semi-marathon pour en terminer. 3eme boucle. Bon je marche de plus en plus. Tentative de prendre un gel. Le gel ne ressortira pas, mais il est digéré « lourdement ». Ce sera le dernier truc vraiment énergétique que je mange. La marche rapide devient de moins en moins rapide. Il commence à y avoir de moins en moins de monde. Petit regroupement avec 3 autres mecs, ils sont tous dans leur dernier tour. L’un est encore assez en forme, les 2 autres bien moins. Ca parle de choses essentielles de la course, ou chacun à vomi ou du moins craché de l’eau. Les discussions sont fascinantes. Celui encore en forme accélère pour terminer sa course en courant, il est chaud. Le second se dit qu’il n’a pas vraiment aimé sa journée, il veut retourner s’amuser sur half. Le troisième parle volume d’entrainement, il se dit que finalement faut passer surement plus de 20/25H pour faire un bon temps. On se demande si le plus dur sera pas d’aller récupérer les vélos après la course. Les spectateurs proposent encore des bières, bon toujours pas maintenant. On se regroupe maintenant à 4 avec une femme, idem grande conversation digne du bar PMU du coin.

Les 2 qui sont dans le dernier tour vont sur la finish line pendant que s’amorce le quatrième tour. On continue de causer un moment avec cette femme, on a une connaissance commune. Le monde est très petit. Elle me demande si elle peut me laisser car elle veut courir. Mais vas-y meuf, ces instants passés à parler ensemble c’est ça l’esprit galérien team finisher mais tu dois faire ta course, t’es grande. Autant en faisant un peu le déroulé « espéré » de la course avant je m’imaginais que ce dernier tour serait peut-être le sursaut, autant en pratique c’est tout le contraire. Chaque annonce de km par la montre est un enfer, j’ose même plus regarder. Les jambes commencent à devenir douloureuse. Une dame qui aurait l’age d’être ma mère me rattrape, elle est dans la difficulté aussi. On se fait dépasser par une vaillante dame qui court à rythme encore potable, on l’encourage allez c’est bon dernier tour. Elle nous explique qu’il lui en reste 2. Petit encouragement « Ah ouais, allez tu vas le faire ». Avec l’ancienne on tourne le truc dans tous les sens, ca va être très compliqué pour elle. Par moment je dois m’arrêter pour étirer un poil les jambes. Et calmer un peu mon bide. L’ancienne part, elle me grattera finalement 5 minutes sur les 5 derniers km. Au demi-tour la musique est coupée. Il commence à faire bien nuit. Mentalement, t’as beau savoir que c’est la fin, sauf chute même si crampe/hypoglycémie, même en rampant ça termine, j’ai du mal. Je me demande un peu ce que je fous ici. J’en profite pour dire encore merci et aurevoir à tous ces bénévoles, eux commencent à ranger. A même pas 2km de l’arrivée je croise la vaillante dame, toujours en train de courir et jamais marcher. Elle a les vélos « balais » de fin de course derrière elle. Je l’encourage. Elle a le visage un peu fermé. Bon je pense qu’elle n’a malheureusement pas pu terminer… La partie « bruyante » de la course l’est beaucoup moins, tout est relativement calme, et enfin plus que quelques centaines de mètres.
Allez on reprend la course à pied, on sprint pour marquer le coup. En entrant dans la « zone » finish line, je commence à craquer totalement en larmes, c’est fait quoi. Bordel c’est ce moment que j’ai attendu pendant un an quoi. Je passe un mec qui est dans le dur et en rate la cloche. Elle est devant moi.
Cette mythique arche finisher ironman. Des dizaines et dizaines de spectateurs encore présents. Mais vous restez pour qui, pour quoi. Le speaker les fait hurler à chaque passage. Moi aussi je hurle, bordel c’est fait. BERTRAND, YOU ARE AN IRONMAN.

https://www.strava.com/activities/14885124974
Après course
Dommage qu’il n’y ai pas de photos un peu avant le passage de l’arche, ca aurait été fameux, la tête vers le ciel à hurler comme un possédé. Suivant la recommandation du briefing, on attend après l’arche pour couper la montre, histoire d’avoir une photo souvenir digne de ce nom. Quelques secondes encore un peu sonné, remise de la médaille. A la fois sur un nuage. En souffrance. Tout est mélangé. Après explication, le t-shirt finisher se récupère un peu plus loin. Haha, je peux plus me déplacer. Récupération des affaires streetwear. Message de félicitations de madame. Mon père se demande si j’ai terminé avec la chaleur. Sur HFR ca m’a suivi. Sur la discussion whatsapp sport du boulot je vois que certains m’ont suivi jusqu’au bout. Merci à toutes et tous. J’essaie comme je peux de répondre à tout le monde. Madame me demande directement « c’est quand le prochain ». Sans fermer la porte, je trouve que c’est quand même vachement difficile. Vraiment très difficile. J’ai beau ne pas l’avoir pris à la légère, je pense ne pas avoir investi assez en entrainement pour profiter du truc au mieux. Après comme tout le monde j’ai eu des soucis de prépa, mais c’est la vie. Aucune prépa ne peut être parfaite à 100%. Direction le parc à vélo, récupération affaires. La douche en rentrant au logement ne sera pas le confort espéré, j’ai des coups de soleil, la nuque brulée (pas foutu de crème/protection sur la zone avant la natation, eau de mer + frottement de la combinaison sur la peau, le combo que tu veux pas). Réveil double car train à prendre demain, et suis usé.
Pendant quelques jours, j'ai des douleurs qui apparaissent et disparaissent. Oh j'avais pas mal à la fesse hier. Oh le genou est presque revenu. Putain l'irritation sous l'aisselle
Après coup, quelques points que je me note à améliorer/mes retours pour de futurs débutants sur Ironman, qu’on voit pas trop dans les blogs/sites :
Crémez/protégez vous la nuque pour la natation. (C’est le gars qui a encore des croutes de sang dégueulasses à J+5 qui vous parle la)
Pour la natation en team finisher, ne perdez pas forcément du temps à des tas de séances par semaine. Visez régularité et technique pour sortir de l’eau sans se fatiguer. Et n’hésitez pas à caser une séance de piscine de la distance de course (3800m) sans pause, sans série, juste nager sans s’arrêter 3800m. Ca donnera un gros boost de confiance « je l’ai déjà fait, pas en condition de course, mais je l’ai déjà fait ».
Je sais que plein de gens le font, certains sont même performants… Mais ne commencez pas sur une telle distance. Prenez le temps (en année) avant de faire ça.
Soyez à l’aise sur half pour y aller « serein ». Si vous terminez un half en vrac, patientez un peu. Le triathlon récompense les patients.
Le gap avec le half est monumental. Ce n’est pas pour vous faire peur, au contraire c’est pour en sortir encore plus fier. Mais attention, j’ai trouvé le gap vraiment grand.
Souriez et pensez positif. On est la pour passer une bonne journée.
Remerciez les bénévoles, ils sont cools.
Oh putain j'en ai chié, mais c'était bon.
Y reviendrais-je? Ben oui.
Rien que psychologiquement pour le temps de nat et de vélo, 1H21 et 7H01. Bordel non quoi
, à 1H19 et 6H59 ca passait mieux. Sans parler du marathon, mais
Des bisous.