L'enfer
Bon imperial triathlon. A cannes ecluse, patelin pas trop loin de fontainebleau (d'ou le nom imperial).
Le matin de la course, j'hésite quand même fortement à y aller. La météo prévoit des orages pour l'après midi. La course n'est pas du tout un objectif. L'orga répond pas pour le maintien de la course rapport au risque météo. Bon allez zou, on verra. Sur place c'est bien guidé pour atteindre le parking, très bien. L'orga explique de pas à prendre la combinaison, l'eau est à 26. Dommage... La sensation de chaleur et l'humidité (il a plu assez fort le matin) forment un climat assez "guyane". L'organisation est plutôt bien foutu, on est clairement sur une petite organisation, mais c'est bien foutu. Le parc à vélo est comment dire... Compact
Préparation des pates de fruits, un gel... J'avais prévu 2 gourdes pour le vélo et l'avant course. Ca sera peut-être un peu juste finalement avec cette température
On peut nager un peu avant le traditionnel briefing, j'aime bien faire trempette avant. Le briefing rappelle que le matin il a bien flotté, donc route potentiellement humide. Et que les routes ont été refaites il y a quelques jours. Gravillons partout, changement d'adhérence, sinon du bitume neuf par endroit. Mais pour le fun bien gras, et pas super adhérent. Ca va être génial
Aussi rappel d'un bon coin à nid de poules qui sera indiqué par une bénévole, et un virage visiblement très casse gueule sur la fin. Allez c'est parti. Les filles partent 5 minutes avant. Avec un autre concurrent, on rigole sur le fait qu'on a bien l'air de con dans l'eau en bonnet
Mais bon, au moins chacun son bonnet et sans combi, on a moins l'air de con que tous en combi noir avec le même bonnet.
Natation. Le départ se fait bien, pas de coup. Mais j'ai l'impression de pas avancer. Il faut faire 2 tours. Par moment je regarde derrière. Pas grand monde.
Mais fait chier, c'est la ou je suis le moins pire, et la ca coince. En sensation j'ai l'impression d'être bien et de bien me donner. C'est chiant. Pourtant j'ai l'impression d'être bien. Les calculs sont pas bons kevin. J'ai un mal de chien à sortir de l'eau, tout va bien
Sortie de l'eau à L'australienne, on court un peu et plongeon d'un ponton pour repartir. J'ai jamais su faire le moindre plongeon, donc on va pas innover et juste sauter comme une merde. Second tour, toujours assez seul dans l'eau. Au moins je prend pas le moindre coup de pied. Mes lunettes commencent à me faire mal, elles sont trop serrées, plusieurs fois je dois ralentir pour essayer de les remettre. Sortie de l'eau. 36 minutes. J'ai jamais nagé si lentement... Ca n'augure rien de bon pour le reste.
T1. Il reste encore du vélo dans le parc, ca me surprend car j'avais l'impression qu'il y avait personne derrière. Tant mieux. J'ai le réflexe de chercher à retirer la cordelette de la combinaison à la sortie de l'eau
Avant de me rappeler que "Ah mais j'ai pas de combi".
Dans le doute météo j'avais laissé dans le parc coupe vent. Bon avec la fournaise ambiante et le soleil, ca va, il devrait pas pleuvoir de suite. Sortie rapide, le parc est petit, allez zou c'est parti.
Vélo. Le parcours est plutôt sympa, au milieu de nul part dans le fin fond de la seine et marne, ce bon pays de betteravier. Dès le premier km je bouffe une pâte de fruits. Le parcours est à peu près tout le temps très découvert plein soleil. Ca brule.
Intelligemment j'ai foutu mon singlet de triathlon qui ne couvre pas mes épaules. Je crame dans la joie et la bonne humeur, j'aurai du me foutre de la crème solaire
vers le 10km se présente une belle bosse. C'est à ce moment que me prend une bonne envie de pisser. Cette fois je ferai mon affaire après la pente, histoire de pas avoir à repartir en côte. Ne connaissant pas la côte, je sais pas trop combien de temps ca va durer. Des spectateurs (rares sur le parcours) m'encouragent et "ca bascule au bout la". J'arrive au bout, mais non ca continue de grimper, j'ai du faire que moitié de la bosse, merci les spectateurs de bon conseil
2/3 concurrentes poussent le vélo sur la fin. A la vraie fin de la bosse, cette fois je peux
Ca descend très vite après, avec un beau virage en aveugle sur route pleine de gravillons. Un bénévole rappel de faire attention. Un gus se pointe à pleine balle sur les prolongateurs et coupe ma trajectoire,
Mec t'es sérieux, en descente, virage aveugle plein de gravillons, et t'y vas comme un connard sur les prolongateurs. Parfois certains concurrents cherchent vraiment la merde
Beau faux plat descendant assez roulant, lui aussi gravillonné au possible. Ces satanés betteraviers de seine et marne feront tout pour pourrir la route. On passe dans un village, séparation 1er tour de course, ou second tour. Ca monte un peu ensuite. Un putain d'insecte, guèpe, abeille, je sais trop quoi passe sous le casque et me pique à l'arrière du crane.
J'ai mal. J'ai beau être matinal, j'ai mal. A une intersection je m'arrête pour demander à une bénévole si c'est pas gonflé. Elle m'indique qu'elle voit bien un point, mais ca gonfle, allez vas-y gamin. A ce moment, j'ai quand même de plus en plus envie de bâcher, entre la piqure et un mal de tête qui pointe (piqure ou début de déshydratation?) La douleur de la piqure me tiendra bien 20 minutes. Une petite descente (pour une fois pas trop gravillonnée
). Une voiture aux vitres teintées se met à rouler à côté de moi. Mon expérience me fait penser que ce genre de situation, c'est pas le bon plan, JAMAIS. La voiture ralenti, ouvre une fenêtre et revient à mon niveau. Je lui demande ce qu'il veut, aucune réponse, et lui demande de se barrer car la, il fait chier. Accélération comme un kéké et la voiture disparait. Aucune idée de intentions, mais content qu'il se barre. S'en vient des passages bien exposés au soleil et au vent. J'ai chaud et boit pas mal, j'enfile un gel. Ca revient sur la grosse bosse. Les spectateurs aux indications pourris sont plus la. Par contre un sympathique pépé qui encourage à la bonne idée d'arroser tout le monde. Merci l'ancien, c'est vraiment sympa
Je double un gars qui fait avancer une joélette, bordel en côte il doit prendre tarif le pauvre, mais il trouve l'énergie d'encourager tout ceux qui le doublent. Respect. Toujours 2/3 concurrents à pieds, et un gus qui zig zag autant que possible pour avoir une pente moins raide. Ensuite ca continue quelques bornes sur le même chemin avant de se séparer pour le retour. Arrive une belle et longue bosse, bien exposé en plein cagnard au milieu des champs. La bosse est pas désagréable à passer. Par contre j'arrive à la fin du premier bidon de flotte, et le second aussi s'entame déjà bien. Une partie descendante est un peu technique. Le bitume a été partiellement refait, c'est pas mal en virages. La route a été refaite en damier, 30 mètres dans le sens montant neuf, 30mètres dans le sens descendant, etc... Je pige pas le projet. Un dernier virage qui parait anodin est relativement piégeur, petite frayeur. C'est apparemment ici qu'un concurrent du S le matin s'est fait une clavicule. Le mal de tête me quitte pas.
Ensuite du plat pour revenir au départ. A un rond point les bénévoles font la circulation mais une conductrice passe en force devant moi
Ca va, j'ai le temps de freiner. Elle se fait arrêter et bien engueuler par les bénévoles. Arrivée à T2, le parc est bien plein, plusieurs personnes me gueulent dessus pour m'encourager "Allez josé, ou je sais plus trop quel prénom"... mais juste après "Ah merde, mais c'est pas José, désolé". Sympa
T2. Dépot du vélo et du casque, changement de chaussures, et je me dit "merde, il y a un truc qui manque, je sais pas quoi, mais un truc qui manque" et bon c'est parti. Un gus à foutu son vélo à l'envers, j'en chie comme pas possible pour poser le mien. Putain mais c'est pas compliqué quoi
CAP. J'avais repéré un ravito eau sur le plan de l'organisateur au départ de la course à pied, donc je préfère garder l'eau qu'il me reste pour le retour à la maison. Et non, c'était un piège
Le ravito était juste avant le parc à vélo sur le parcours à pied, et n'est accessible qu'au passage du second tour. Fait chier, j'ai soif. Ah oui, ce que j'ai oublié de faire en T2, retirer mes gants, depuis tout à l'heure j'ai mes gants de vélo sur les mains. Putain quand ca veut pas...
Rangement dans une pochette arrière du singlet. Je traine ma misère jusqu'au premier ravito à 2.5 km. Le parcours est globalement typé chemin de terre/trail. Pour être franc, je ne suis pas trop à mon aise, trop peur de me flinguer les chevilles. Au ravito il n'y a qu'à boire, pas un bout de bananes ou de quelconque solide. Je bois, surement trop. 50m après le ravito une grosse douleur au ventre me fait comprendre que ca va pas tout rester. Une partie de la flotte bu est vomi/craché. Ca devient dur, les autres concurrents sont tous en mode survie/zombie. On longe un peu l'yonne, et l'envie est forte d'aller y plonger pour se rafraichir. Un riverain a foutu un tuyau d’arrosage pour les concurrents, merci à toi
Il est sur sa chaise de jardin, l'ensemble des concurrents le remercie fort. On revient au départ. Cette fois je peux prendre au ravito du 5eme km, et fait attention à pas trop boire d'un coup. On repart ensemble avec un gars qui fait la discussion. "Mec, tu le sais pas, mais je suis dans le dur la". Une concurrente nous passe et il force pour qu'on suive son allure. Je pense qu'il veut surtout rester derrière elle pour mater son cul
Il fait 2/3 commentaires tous plus WTF les uns que les autres
Je suis
tellement le gars est dans l'espace, on va mettre ca sur le compte de la déshydratation et la fatigue. On doit tenir un bon km à son rythme, le gus lache. La nana doit ressentir un certain soulagement. Je craque peu après, elle continue. Au ravito elle repart quand j'arrive. Allez c'est bon, je suis cuit. Mon fameux partenaire aux réflexions spatiales revient à mon niveau et tient à me dire que j'ai des beaux coups de soleil. Merci camarade, j'avais pas ressenti
Il trace sa route. Quand arrive (enfin) la fin, à environ 100m de l'arche je repère un gars qui doit être à une environ une vingtaine de mètres. Par principe je pose une ATTAQUE DE CAUDACIEN pour lui voler une anonyme lointaine place. Ca ne sert à rien, mais c'est une question de principe. Tu l'as pas vu venir hein gars de te faire passer sur la fin
Ca sera mon seul bon point à retenir de la journée.
Après l'arrivée ravito flotte cake. Tout le monde commence à remballer, la météo devient menaçante, il se fait tard, et certains sont venus de loin. Je rentre au parking. Les derniers concurrents en terminent, gros encouragements à vous. une demi heure arrivera un putain de déluge, content d'être dans la voiture même si ça rallongera mon retour d'une demi heure.
L'organisation faisait son premier triathlon. C'était tout à fait correct. A part les ravitos à pied qui auraient mérités un peu de solide, tout était bien fait. On était clairement sur une très petite organisation aux antipodes d'une organisation type ironman. Ca change. Mais malheureusement pour moi, ce genre d'organisation n'est pas forcément mon truc. J'aime les parcours peuplés, du monde, quand je suis seul au monde sans concurrent ni public, ca me flingue clairement le moral et j'ai du mal à faire quelque chose de bien.
Que retenir? Course totalement ratée de A à Z. Temps de natation vraiment mauvais. Et pourtant j'ai eu la sensation de bien nagé. 3 jours avant l'épreuve j'étais à la piscine, en 1'50" au 100 en moyenne sans forcer. Aujourd'hui 36 putain de minutes pour 1500m.
Pourtant j'ai pu poser ma nage (dédicace la poutance), pas de baston avec les autres. Orientation pas au top, mais aucun écart fou. Ca fait chier. A vélo, on va dire un peu lent, mais finalement avec ce magnifique travail de la DDE (ou le nom actuelle hein, m'en voulez pas) d'avoir minutieusement et consciencieusement gravillonné le moindre bout de route en descente, ca a incité à la prudence. La course à pied, enfin plus marche à pied même
, l'enfer. J'étais déshydraté et à bout, avec une bonne envie de bâcher car j'avais plus trop de plaisir. Maintenant je me pose une petite semaine de repos. Je pense en avoir besoin. Je me tâtais à participer au tri de paris ce WE, mais même pas la.
A vous le topik, je retourne écouter une réunion teams à laquelle j'ai même pas la moindre utilité ni la moindre chose à apprendre.