Bon, ça fait un peu "je raconte ma vie", mais qui sait, ça pourra peut-être aider des personnes qui ne savent pas trop vers quoi se tourner.
J'ai été testé plusieurs fois dans mon enfance avec des résultats qui étaient toujours similaires, entre 145 et 148. Théoriquement, ça devrait être génial. Dans la pratique, ça m'a pourri la vie jusque mes 18-19 ans. Retour sur le parcours scolaire.
Déjà en maternelle (je suis belge, je vais essayer de garder les noms français mais je risque de me tromper), à 4 ans et demi j'ai appris à lire seul devant la tv. Merci "Des chiffres et des lettres" et merci (ahah) à la gardienne qui ne faisait pas trop son boulot et me casait devant la tv. Evidemment, ça a surpris mes parents... mais pas autant que les questions philosophiques sur la vie, la mort, l'amour que je posais à ma mère, en parlant seul et tournant autour de la table de la cuisine. A cette époque a commencé le défilé de psychologues, qui dura pendant un bout de temps.
Arrivé en 1e primaire (CP), je savais déjà lire, compter et calculer jusque 20 et un petit peu écrire. En gros j'avais assimilé presque l'entièreté du programme, seul chez moi. Quand la prof apprenait aux autres à lire, moi j'étais à part en train de faire des exercices pour ne pas m'ennuyer. Vu que je lisais énormément chez moi, mon vocabulaire était déjà plus avancé que la moyenne de ma classe, ce qui m'a valu le surnom de E.T... car on ne me comprenait pas. Imaginez le tableau, à 6 ans j'étais seul en cours et dans la cour. Mon seul ami était un grand de 12 ans qui trouvait que j'étais plutôt sympa pour un petit.
A cette époque, ne travaillant presque pas, j'avais un temps fou pour apprendre plein de choses sur le côté. Mon livre préféré était une encyclopédie pour enfants, et un vieux dictionnaire illustré (pour apprendre les drapeaux de tous les pays du monde). Mais le mieux, c'est quand mon père a ramené un ordinateur tout neuf à la maison. Cette machine m'a fasciné, on pouvait tout faire avec, même jouer. Ma passion pour les pc a commencé à ce moment là.
En 3e primaire (CE2), à la moitié de l'année, j'ai contracté une très forte mononucléose (le seul moyen pour ne pas aller à l'école étant de tomber malade). Coincé chez moi pour plus d'un mois. Ma soeur ramenait le travail que je devais faire théoriquement sur plusieurs heures, et c'était plié en 30 ou 45 min. Là, mes parents ont commencé à se poser de sérieuses questions. J'ai donc passé plusieurs tests de QI. J'ai été admis chez Mensa, dans la section jeune, mais je n'ai été à leurs activités que deux ou trois fois car je n'aimais pas cette ambiance d'enfants de riches s'y croyant à mort.
Vu les facilités que j'avais et l'ennui profond que j'éprouvais pour l'école, j'ai sauté une classe : pendant les vacances de Pâques j'ai rattrapé la matière vue pendant l'année en CM1 afin de pouvoir y rentrer pour le dernier trimestre. Et en septembre, je rentrais en CM2. Evidemment, vu la situation particulière, ça ne m'a pas aidé à me faire des amis, mais j'y étais habitué. En Belgique, en 6e, il a une sorte de BAC, les examens cantonnaux. En gros, toutes les écoles d'un même réseau (libre ou officiel, c'est compliqué donc je n'entre pas dans les détails) font passer le même examen à tous les élèves de 6e. En CM2 j'ai passé l'examen a blanc... 85%... en ayant pas retourné deux feuilles sur les 4 qui composaient l'examen.
En 6e, pour être habitué à ma future grande école (on rentre en secondaire en 5e chez nous, c'est la 1e secondaire), j'ai changé d'école. Il y avait une section primaire. Là, bonheur, personne ne connaissant mon parcours, j'ai été enfin intégré dans la classe, je faisais partie des élèves populaires et tout se passait bien. Mes parents espéraient beaucoup du passage en secondaire, vu que de nouvelles matières allaient arriver, de nouveaux profs, etc. Malheureusement pour tout le monde, l'ennui était toujours très présent car je suis tombé dans la pire classe de cancres de mon année. On n'avançait pas... Rendez-vous avec le directeur et le titulaire pour voir ce qu'on pouvait faire, mais ça n'a pas beaucoup aidé. Pire, ça a permis a mon titulaire de foutre un sacré bazar. Je ne sais pas pourquoi, mais ce prof ne m'aimait pas. Et un jour où j'étais malade, il a balancé plein de choses dites lors de ces entrevues au reste de ma classe. Après cet épisode, plus jamais je n'ai voulu retourner à l'école. J'avais beau être un solitaire, j'étais quand même sensible.
Et là, ce fut le début de la fin. J'ai commencé les cours par correspondance. N'ayant jamais fourni aucun effort de ma vie, j'ai du subitement apprendre à travailler par moi même. Et ça ne fut pas facile. De plus, être seul chez moi ne me plaisait pas. J'ai donc demandé à retourner à l'école (ce que ça peut être chiant un gosse quand même). Le directeur, voyant ce que j'avais assimilé, m'a fait directement passer en 3e (qui est aussi la 3e en France). Et là, meilleure année scolaire de ma vie. Rentrer en 3e en ayant 13 ans, donc deux ans de moins que le reste de ma classe, était sûrement une mauvaise idée. Je n'avais pas la maturité. Mais vu que j'étais sympa, je me suis vite fait intégrer par la bande de glandeurs de ma classe. Et je me suis dit "Oh, et si je me prenais une année sabbatique, j'en ai quand même deux d'avance". J'ai donc passé plus de temps en salle de colle qu'en salle de cours, mais au moins, ça me permettait de faire du jeu de rôle avec mes potes. En fin d'année, je faisais 45% en maths. En seconde session, 30% (uniquement parce que j'avais fait l'exercice le plus dur de l'exam, je suis le seul de mon année à l'avoir réussi)... et lors de ma deuxième troisième, à Noël, j'étais à 99% (autant dire que la prof m'aurait étranglé).
Théoriquement, tout aurait du se passer comme sur des roulettes pour le reste de ma scolarité, mais en fait... pas du tout. Suite à un déménagement, j'ai changé d'école. Et je suis arrivé dans l'école de sales petits gosses de riches péteux. Et je n'ai pas supporté ces petits cons. J'ai donc arrêté les cours une seconde fois, je suis retourné aux cours par correspondance, et j'ai eu mon diplôme de 4e secondaire (2e chez vous). En septembre, je revenais à l'école, en 5e... malheureusement, ils n'avaient pas changé. Donc retour, encore une fois, aux cours par correspondance. Et là, lors de mon examen oral de maths (car il faut passer des examens d'état pour obtenir les diplômes) les profs m'ont complètement descendu... et une partie de mon écrit a été perdue. Dégoûté par ces pratiques, j'ai complètement décroché. Mon seul diplôme actuel est donc celui de la moitié des secondaires. Pour m'occuper pendant la fin de l'année (d'avril à juin), le préfet de mon école m'a mis en contact avec son fils, admin dans une école supérieure. J'ai pu le suivre pendant 3 mois, ce qui était super pour un gamin de 15 ans. J'allais bosser en chemise et cravate et pour une fois, je faisais quelque chose qui me plaisait.
(bon, j'ai bientôt fini... désolé d'être aussi long)
J'avais envie de faire de l'infographie, et il y avait une bonne école dans ma région. Ils ne demandaient pas de diplôme de secondaire mais il y avait un examen d'entrée artistique. J'ai donc pris un an de cours de dessin (avec un peu d'histoire de l'art) pour me préparer, et l'année d'après, je suis rentré en infographie. Mais finalement, ça ne me plaisait pas tant que ça donc j'ai arrêté. Ne pouvant pas rester sans rien faire, j'ai décidé de faire un apprentissage. Je ne voulais plus d'école et je voulais travailler, et la seule chose dans laquelle j'étais vraiment bon, c'était dans les ordinateurs. Je suis donc devenu technicien dans un magasin de ma ville. Mais après quelques mois de travail hyper répétitif, et malgré la super ambiance de travail, je me suis rendu compte que je voulais autre chose.
Faisant de la photo en amateur depuis quelques années, et ayant gagné quelques concours, je me suis dit que je devais creuser la dedans. J'ai donc laissé tomber le boulot, et entamé une étude intensive de 3 mois pour réussir l'examen d'entrée d'une université (en Belgique, si on réussi l'examen d'entrée d'une université, on peut entrer dans n'importe quelle école supérieure). Evidemment, rattraper deux ans sur trois mois ne fut pas de tout repos, mais j'ai quand même réussi le bazar. Mais depuis deux ans, je suis en école supérieure artistique, je fais partie des meilleurs de ma classe et je finis chaque année avec distinction, sans trop me fouler (ce qui fait chier les gens qui doivent bosser comme des porcs pour réussir...)
Donc voilà un parcours peut-être moins extrême que certains autres ici qui ont tout raté. Je n'ai pas toujours bien réussi, j'ai planté quelques trucs, mais au final je fais ce que j'aime. Pour les surdoués qui se posent des questions quand à leur avenir, un conseil : ne vous focalisez pas sur les trucs scientifiques ou quoi. Testez d'autres trucs, y compris dans le domaine artistique ou social. La tendance des conseillers d'orientation ou même des parents, c'est de nous envoyer en informatique ou en polytech, mais les parcours et les profils de chacun sont tellement différents que ça n'a aucun sens. Et pour les plus jeunes, genre ceux qui sont encore en secondaires : sortez-vous les doigts du cul. J'ai eu de la chance d'avoir des parents compréhensifs, mais je suis vraiment passé par le trou de la serrure. J'aurais pu être technicien toute ma vie.
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