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Théorie des Communautés par agrégation
Je vais tâcher de faire un bref descriptif de ma façon de penser et de voir le monde, plus exactement ma façon de voir lêtre humain. Cette vision se borne à ma propre personne même si je parlerai en termes généraux.
Lindividu donc nexiste pas seul et cest bien pour cela quon ne peut concevoir lindividualisme comme un mode pensée naturelle. Certes, lindividu a des états dâme, des pensées qui lui sont propres mais elles se rattachent toujours à une communauté particulière. Il en est lauteur mais conditionné par son environnement social et son environnement vital. Ce second point je ne le développerai pas car il regroupe des notions qui nont pas besoin dêtre développées ici.
Il sagit dans cette brève démonstration déclairer mon lecteur sur lenvironnement social de lindividu, autrement dit des conditions préalables à lélaboration de sa pensée. Il serait préférable de lire avant de commencer de lire ce qui va suivre, davoir un aperçu des Vices et des Vertus que jai également développé. Mais ce nest pas nécessairement indispensable pour comprendre les développements de cette succincte démonstration.
Commençons donc. Je tiens à présenter dabord de manière globale ce que je peux entendre par Communautés par agrégation. Quand on parle de communautarisme, on fait référence à lemprise dune seule communauté sur lensemble des éléments de la vie individuelle. Et cest assez faux selon moi. Lobjectif dune telle affirmation est de généré une image dun danger pour la démocratie qui sest fondée sur lindividualisme et le postulat que la démocratie naît dun lien direct entre lindividu et lEtat. Il faut donc combattre cet a priori négatif en considérant que lindividu fait toujours parti non pas dune communauté, mais dun grand nombre de communautés qui entretiennent des liens ou qui nen entretiennent pas. (Je démontrerai quil est très dangereux davoir un lien direct entre lindividu et lEtat, et que cest cette conception qui a généré les pires atrocités de notre histoire). Nous pourrions les classifier, du moins dans les grandes ligne, mais ma pensée nétant pas universelle, et ne développant quune idée, sans matérialité concrète, cette classification sera nécessairement erronée, du moins imparfaite. Mais je my risque malgré tout pour pouvoir schématiser ma pensée en termes intelligibles notamment pour mes lecteurs qui, je le crois, seront essentiellement français et habitué à ce mode de démonstration.
I. Définition et classification des communautés
Nous pouvons déterminer trois types de communautés à laquelle lindividu fait partie. Il y a dune part les communautés civiles ou publiques, les communautés personnelles ou privées, et enfin les communautés sociales ou politiques.
Tachons de définir chacune delle. Jentends par communauté publiques tous les groupements de nature civile et institutionnelle. On peut citer par exemple lEtat ou la Nation. Cette dernière est, selon moi, la plus importante dentre elles. Cette sphère publique apporte à lindividu ce que jappellerais le socle élémentaire de valeurs propre à chaque Etat ou à chaque Nation et chaque nation. En second lieu, il se trouve les communautés privées. A ce stade, il faut entendre les communautés les plus intimes : famille, cercles damis, en réalité toutes les communautés procédant de la socialisation. La sphère privée apporte à lindividu les éléments essentiels de sa personnalité et forge sa pensée autonome, celle par laquelle sexprime lindividu en tant que telle, si les valeurs transmises par les communautés privées sont celles de lindividualisme. Si les valeurs sont plus collectivistes, communautaires, les communautés privées vont venir définir la place de lindividu dans ces communautés en développant la pensée collective de lindividu. En général, les deux modes de pensées sont transmises avec une prédominance plus ou moins forte de lun sur lautre. Tout dépendra de la sphère publique et de linfluence des communautés civiles sur les communautés personnelles, jen reparlerai.
Enfin, troisième catégorie de communautés, les communautés politiques. Ce sont sans aucun doute les plus intéressantes. En effet, si les communautés privés forgent la personnalité de lindividu, et si les communautés publiques vont conditionner en partie sa façon de concevoir le monde (soit par intégration soit par rejet) les communautés politiques sont les lieux de prédilection de rencontre entre le privé et le public, entre lexpression individuelle et lexpression collective. Mais avant daller plus loin, je tiens en réalité à changer lintitulé de cette catégorie, car les éléments que je vais placer dans cette sphère risquerait de susciter des amalgames et surtout un rejet de mes propos par extrapolation inappropriée. Le terme de communauté sociale, bien quimpropre lui-même, se prête davantage. Cette catégorie est bicéphale : une tête politique au sens stricte, et une tête collective. Nous avons donc trois catégories, dont la catégorie centrale (les communautés sociales) se subdivise en deux sous catégories, les communautés politiques et les communautés collectives.
Définissons les communautés politiques. Ce sont des communautés dont le but est extérieur totalement ou partiellement aux intérêts particuliers de ses membres, qui nentretiennent pas systématiquement entre eux des liens personnels. On peut regrouper dans cet ensemble, les partis politiques, les associations caritatives, les ONG humanitaires, les fondations philanthropiques. Quant aux communautés collectives, il sagit de communautés dindividus nentretenant pas systématiquement de liens personnels entre eux et dont le but est prioritairement de satisfaire les intérêts communs de ses membres. On peut citer les sociétés économiques et les entreprises, les syndicats, les religions, les associations fermées etc.
Quel est lintérêt de cette distinction ? Il est inhérent aux liens que lindividu va tisser entre les communautés dont il est membre. Ces liens auront soit une nature publique, soit une nature privée. Et jarrive au point que javais souligner dans lintroduction. Le rapport entre la sphère publique et la sphère privée ne doit pas être direct car linfluence du privé sur le public nuit à la collectivité par la préférence à lintérêt privé, et linfluence du public sur le privé entraîne nécessairement le totalitarisme. Les communautés sont donc nécessaires pour éviter ce lien direct entre les communautés publiques et lindividu. Mais les communautés privées qui entretiennent un rapport avec une communauté publique risquent de conduire aux mêmes dérives. Il faut donc que lindividu et les communautés personnelles auxquelles il appartient nest aucun lien avec les sphères publiques. Il faut aussi que les communautés avec qui lindividu tisse des liens de nature privée nest pas de rapport avec les sphères civiles. Il faut enfin que lindividu tisse des liens de nature publique avec les communautés intermédiaires que sont les communautés publique pour pouvoir exprimer sa volonté autonome dans un cadre qui limitera par le débat que le privé influence le public et réciproquement, ces communautés intermédiaires faisant en quelque sorte écran.
II. Les liens individuels, le contrat permanent
A) Analyse philosophique
Rousseau, Hobbes, parmi dautres ont envisagé la société et sa construction du point de vue dun contrat passé entre les individus et la société. Cest le contrat social. Mais ils sont partis sur une échelle chronologique. Le contrat social aurait été établi à un instant n pour que lhomme quitte létat de nature. Il y aurait donc eu lhomme primitif et libre puis lhomme civilisé, lié par le contrat social par lequel il a aliéné sa liberté. (Je nentre pas dans les différentes subtilités entre les différents philosophes ni sur leur conception de létat de nature) Je conteste cette idée en partie. Dun point de vue anthropologique on peut douter que lêtre humain fut même un temps sans groupe. Nétant pas doté dune vitesse prodigieuse, ni dune force hors du commun, lhomo sapiens sapiens, nous, ne doit sa survie quau groupe et à son intellect. Même parmi les primates de moindre intelligence mais dont les capacités physiques nous paraissent admirables, le groupe est la solution privilégiée pour la survie. Mais plutôt que de continuer à développer cet argument maintes fois repris par dautres, et qui finalement nest point pertinent dans mon analyse, je vais développer une critique philosophique très simple : le contrat social doit se renouveler de manière permanente ; Là non plus, point dinnovation spectaculaire dans mon propos, mais cest tellement banal quil faut bien le souligner. Encore faut-il expliquer de la manière la plus synthétique possible cette affirmation. Je vais tâcher de le faire. Et je vais partir dun cadre hors sociétal. Imaginons un instant une cellule de verre. Cest une sphère opaque de dix et huit mètres cube. Admettons maintenant que lhomme nai pas besoin de manger, ni de boire. Admettons que dans cette sphère, grandisse un tel être, pendant vingt ans depuis sa naissance. Hormis sa spécificité physique, il est en tout point comparable avec vous et moi. Il grandira donc sans jamais rencontrer le moindre être humain. Que sera-t-il devenu au bout de ces vingt longues années. Rien. Il ne sera pas parlé, il sera effrayé par les autres et il ne survivrait pas dans une société humaine telle que nous les connaissons. Il aura été incapable de développer sa pensée bien quil en eut le potentiel. Que lui a-t-il manqué ? La socialisation qui fait de nous des êtres humains. Différents par nos valeurs, et linterprétation de quelques valeurs fondamentales, mais similaires par notre capacité à penser. Et cette faculté nous vient du groupe et de rien dautres. Nous ne pouvons développer notre pensée quau sein dun groupe. Et ce lien entre le groupe et lindividu est permanent car tout au long de notre vie nous avons besoin de développer notre pensée. Lermite lui-même ne pense quà travers le groupe auquel il a appartenu un temps et dont il restera membre toute sa vie ne serait-ce que par la langue quil utilisera pour penser.
Ce lien permanent de lindividu au groupe ne peut être annihiler par une volonté extérieure. Vouloir détruire le lien entre un individu et son groupe dorigine cest sexposer à un échec et un rejet violent et parfois meurtrier. Ce quon appelle acculturation est lun des maux les plus destructeurs de notre genre. La richesse de lhumanité ne vient jamais de la destruction mais de léchange. Vouloir créer une Nation en détruisant les nations est commettre un crime à légard de notre nature. Je disais que la richesse venait de léchange et je vais men expliquer. Ce que jai appelé contrat permanent nest pas un lien unique entre un groupe et un individu. Lindividu conclu une multitude pour ne pas dire une infinité de contrats sociaux qui varient en nature et en genre en fonction du contractant. Ainsi vouloir détruire le contrat qui unit un individu à sa nation première est dangereux et inutile car il suffit pour lindividu de tisser un nouveau lien social avec une autre nation pour en retirer les valeurs et exporter au sein de cette nouvelle communauté ces propres valeurs et richesses.
B) Analyse pratique
Comment mettre en pratique cette idée ? Cest tout simple, après avoir classifier les communautés, il faut étudier la nature du ou des liens qui unissent lindividu à toutes ces communautés. Je référencerais deux natures de liens, deux sous-catégories et deux types de contrat social (le contrat social étant la mise en uvre du lien social)
Il y a le lien privé et le lien public, le lien personnel et le lien politique.
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