Que vous inspire la disparition du dispositif Scellier prévue pour la fin 2012 ?
Je regrette d'abord que les mesures décidées par le gouvernement depuis l'été aient été prises dans l'urgence et le désarroi, sans aucune mesure d'impact. En supprimant le Scellier, on met fin à un quart de siècle de perfusion de l'investissement locatif privé, puisque le premier dispositif figurait dans le fameux plan de relance de Pierre Méhaignerie en 1986. Comme tout débranchement de perfusion, ce geste va, dans un premier temps, avoir de très rudes conséquences et provoquer une asthénie du marché du neuf. Pour autant, il me semble que ce marché devrait enfin vivre de sa belle vie. L'arrêt de cette aide artificielle devrait déjà avoir pour effet assez rapide de faire baisser les prix du foncier et, par ricochet, les prix des actifs. En fait, on aurait dû s'y résoudre il y a cinq ans et je crois que cette mesure est salutaire. Le grand arrosage, c'est malsain. Il faudra seulement que les pouvoirs publics imaginent un dispositif ciblé pour favoriser le locatif privé à destination des ménages modestes, offre dont le pays manque cruellement.
Et les mesures prises vis-à-vis du prêt à taux zéro ?
Je n'ai aucun état d'âme non plus avec la fin des avantages de ce prêt pour les achats dans l'ancien. Dès son apparition, cette aide était une opération de marketing politique avec des conséquences inverses à celles imaginées par ses initiateurs : l'aide a favorisé la hausse des prix.