reset.smith a écrit :
Quand tu dit que cerveau = âme et que l'on compare le fonctionnement du cerveau à un ordinateur qu'est ce qui pourrait interdire l'idée de penser que le cerveau serait plutôt tout simplement une interface d'entrée - sortie tridimentionnelle entre le corps et une âme ? Et que donc les fluctuations que l'on mesure dans le cerveau serait comme si l'on observait très shématiquement la fluctuation des bits à 0 ou 1 de l'interface parallèle d'un ordinateur relié à une imprimante ( le corps ) sans que l'on puisse jamais voir le CPU ( l'âme ) ?
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L'âme désigne un concept dualiste, c'est le problème du langage qui inévitablement butte contre un paradoxe insurmontable. Parler de l'âme revient à parler du Néant, comment l'évoquer sans dénaturer ce que peut être le néant, l'absence de quelque chose ? ca me semble impossible...l'absence de quelque chose ne peut devenir un objet d'étude, puisque ce est pas quelque chose. (Nothingness, je préfere le terme en anglais perso).
Pour ce qui est de la réincarnation, ma vision évolue constemment. J'utilise assez souvent des phrases sous forme de "Koan" (énigme paradoxale et insurmontable utilisée dans le Zen qui sert à cour-circuiter le mental pour faire l'expérience d'une immédiateté, genre: "Quel était votre visage avant la naissance de vos parents ?" ).
Je ne pense pas, et je ressens de moins en moins dans ma façon d'aborder la réalité que le "principe" qui anime les corps et leur donnent vie soient différienciés par essence. Je perçois extérieurement évidemment différentes vies, séparées. Mais selon moi il leur faut un tronc commun. Comme les bourgeons, nourri par le tronc de l'arbre...lorsqu'un bourgeon est arraché, il meurt, mais ce qui le nourrissait et lui donnait vie est toujours là évidemment. Nous sommes intimement lié à l'existence même. Cette intrication est toujours là même si j'éprouve les limites et les contours de mon corps, même si je me vois tel une petite bulle égarée dans un univers bizarre et hostile. Quand je commence à penser "Moi" avec mon mental, oubliant et ne ressentant plus comme un fait coulant de source que le tronc, ben c'est moi aussi, je commence à prendre pour réel cet égo...ce concept de "moi" irréel, oubliant le lien avec le tronc, je fais de cette entité virtuelle le centre de mon être, je me pense exister en indépendance totale. C'est une illusion. (La principale à dissiper au cour de sa vie, à mon sens
).
Nos corps sont les bourgeons de l'arbre regardant avec ses yeux sur le monde extérieur. La partie "interne" (Le tronc donc) que nous ne pouvons qu'appréhender en faisant silence dans notre tête, en ressentant directement, sans écran mental la présence de notre propre présence innée...il peut se faire jour alors petit à petit (ou soudainement, ca dépend), une intuition, une vision directe de la véritable nature de son être, on reprends conscience de la connexion avec notre tronc commun. Je suis une petite vague à la surface de l'océan, à la vie temporaire....mais je suis avant tout L'EAU! et oh...quelle joie, ca dépasse l'entendement, lorsqu'on s'éveille à sa nature (même brievement, pour retomber ensuite dans les vieux schémas, je ne suis pas un éveillé
). J'emploie des mots et des concepts de ce qui ne peut être abordé que directement en sautant par dessus le filtre du mental pour aborder directement la conscience en-soi, l'êtreté, la source, la Présence, le Tao, peu importe le qualificatif. C'est ca l'évolution à mon avis, notre culture étant une culture mentalisante, on nous apprends très peu qu'on peut dépasser le plan du mental, pour prendre conscience de sa globalité en sortant de sa tête, des images et de l'intélect, qui ne représente qu'une partie de ce que nous sommes (c'est un superbe outil d'ailleur, il n'a que cette fonction).
Citation :
Voila pourquoi je ne crois pas que l'on est de conscience après la mort (ont devrait plutôt parler d'après/avant notre vie). Puisque ce qui fait notre conscience c'est, ce que j'expliquais, l'agencement particulier des particules nous constituant avec lesquelles nous somme monté.
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Voilà ce que j'explique, en établissant ton raisonnement, tu pars du principe que le bourgeon, il existe tout seul comme un grand, en séparation avec le tout, que c'est une fois constitué, qu'il prends vie avec une conscience bien définie et délimitée. C'est une approche dualiste qui est pour moi fausse.
La conscience a besoin de l'illusion d'exister séparément pour être (illusion du dualisme). C'est indispensable que cela fonctionne ainsi...je crois que ca fait partie du jeux de la vie, c'est ce qui lui donne son charme, son piquant, sa dramaturgie, un grand jeux de rôle sur le théatre de l'univers! Je ne suis pas le rôle que je joue en ce moment
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"Nothing ever happens to the knowing with which all experience is known"