FlatFab Motologiste | LaSolution a écrit :
c'est exactement ça j'ose pas me pencher du coup je reste droit sur la moto et bien sur le virage est impossible à prendre ...
j'ai l'impression que la moto na va jamais tourner rien qu'en m'inclinant ...
j'ose pas du tout, toujours peur du gravier, qu'il y est une couche de gazoile et que je tombe les virages à 90 je les prends à 70 maxi du coup ça ralenti trop derrière
merci pour vos conseils
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Kryone a écrit :
Tu n'es pas le seul à avoir été dans cette situation. C'est normal de flipper pour rien au début
J'ai connu exactement la même chose en sortant du permis. La sensation de vitesse sur la moto était bien plus puissante que celle en voiture. Du coup, je me trainais bien la mythe tout le temps (virage, ligne droite) et j'avais l'impression de faire chier tout le monde. Puis petit à petit, on s'habitue, on n'y fait plus attention et on peut s'occuper d'autres choses. Genre par exemple, vérifier sa position, s'entrainer à incliner la moto uniquement avec les genoux dans les grands virages, se forcer à bien se tenir... Le but n'est pas d'aller plus vite mais de mieux connaître sa monture, de se relaxer et de se sentir plus maître de ses actions.
Une fois que c'est fait, seconde étape les trajectoires. Tu y vas à ton rythme au début, puis à celui des voitures qui passent par là (tu en suis une avec ta marge de sécurité) et tu te forces à suivre les trajectoires que tu as vu sur le site de Flatfab. Logiquement, à partir de là, ça devient magique. Tu vas conduire zen, tu vas prendre moins de risque, tu vas constater que tu roules plus vite qu'avant sans forcer et tu vas prendre confiance en toi.
Troisième étape : je sais pas, j'y suis pas encore
Prends ton temps, va rouler sur des routes pas trop techniques et en bon état. Le reste viendra avec le temps. Il vaut mieux passer du temps à acquérir de bons réflexes au début plutôt que de bruler les étapes.
P.S. t'es pas obligé de te pencher pour tourner, tu peux contrebraquer et la moto te forcera à la suivre 
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Quand j'ai lu le post de LaSolution, c'est le truc qui m'a sauté (owi) aux yeux.
Tel que tu le dis, on a l'impression que tu veux absolument te pencher, c'est-à-dire pencher ton corps vers l'intérieur du virage, pour tourner.
Alors que ce n'est pas nécessaire (cela peut être utile, mais pas nécessaire) et que cela fait souvent commettre des erreurs.
1. Pencher le corps amène souvent à sous-utiliser la technique d'inclinaison au guidon.
Communément appelée "contrebraquage" ou "braquage inverse" (alors que le guidon ne braque pas à cette vitesse), elle reste la technique la plus efficace et la plus précise pour incliner une moto et surtout adapter l'inclinaison à la trajectoire voulue, dictée par le regard, de façon bien plus précise, modifiable et réactive qu'avec la conduite dite "au corps" (qui va du "débustage" au "déhanché" ), même si les deux restent cumulables.
Citation :
Les mains en elles-mêmes ne sont pas fondamentales dans le maniement de la moto, mais les bras, si !
Et tout le haut du corps, en fait.
Comme écrit au début de cet article, il faut vraiment garder le buste détendu, souple, mobile. Avant tout pour libérer les épaules, les coudes et la nuque.
La nuque souple doit permettre à la tête de tourner pour porter le regard au loin, vers la sortie.
C’est la tête qui guide tout le haut du corps et au final, toute la moto.
Les épaules souples permettent d’agir sur le guidon de façon dosée, précise, en faisant l’effort avec le poignet et le coude, sans y ajouter la puissance de l’épaule qui ferait alors peser tout le poids du torse sur le guidon et risquerait d’exagérer la réponse de la moto.
Conséquence de tout ce que je viens de dire : les mains doivent rester légères sur le guidon, juste posées, pas serrées, pas crispées.
C’est le coude qui pousse l’avant-bras pour que la poussée de la main provoque l’inclinaison de la moto. Il faut vraiment pousser vers l’avant, comme si on voulait braquer le guidon, et non appuyer vers le bas. Le coude doit pousser, pas l’épaule.
Attention à un défaut très répandu au début : à cause de la crispation des épaules et de la raideur du dos, beaucoup de débutants ne poussent pas vraiment sur le guidon, mais se repoussent en arrière. Ils ont l’impression de pousser, voire de pencher. Mais en fait, ils inclinent à peine la moto.
Facile à diagnostiquer : si en poussant sur le guidon pour incliner, vous vous retrouvez avec le bras tendu, c’est que vous vous repoussez sur le guidon.
Rappelez-vous, à plus de 30-35 km/h, le guidon ne peut pas tourner ! Vous allez appliquer une pression sur lui, mais votre bras fléchi ne doit pas, ne peut pas se tendre. S’il se tend, c’est que vous repoussez votre corps en arrière.
Vous devez pousser sur le guidon du côté où vous voulez tourner, ce qui va incliner la moto de ce côté, et accompagner un minimum la machine avec le bas du corps, en déhanchant (je n’ai pas dit en sortant les hanches de l’axe vertical de la moto).
Ce qui suppose – encore une fois – un bassin souple, détendu, pas rigide.
Une difficulté ressentie par les motards crispés sur leur guidon est qu’il est malaisé de conserver une accélération stable tout en poussant sur le guidon.
C’est souvent dû à un problème de bras tendu ou de poignet cassé. Très souvent, on voit des poignets cassés, soit vers le haut, soit vers le bas. Forcément, dès que le motard va pousser sur son poignet droit, il va modifier la rotation de la poignée de gaz.
Veillez à conserver le poignet souple et surtout, droit, dans le prolongement de l’avant-bras, parallèle au sol.
Autre défaut dû à la crispation des épaules : les coudes relevés.
A part si vous roulez en supermotard, les coudes sont dans la ligne de l’épaule vers la main. Ne les sortez pas vers l’extérieur.
Là encore, respirez avec les mains sur le guidon, expirez en laissant les bras ballants : vous trouverez la position naturelle de vos coudes.
En résumé : les coudes et épaules doivent être et rester en tout temps souples, avec les avant-bras parallèles au sol, le poignet dans le prolongement du bras. Les mains sont juste posées sur le guidon, sans le serrer, positionnées au plus près des cocottes, et non en bout de poignée. On conservera en permanence un dos souple et droit (tronc–cou–tête dans le même axe).
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2. Pencher le corps amène souvent à ouvrir le genou intérieur, ce qui est une grosse erreur pour les débutants, car cela empêche de bien tourner la tête et de regarder loin la sortie du virage.
Citation :
On a certainement déjà dû vous le dire : à moto, on serre les genoux !
D’accord, mais pourquoi ?
Le rôle des genoux est double : avant tout, sentir l’équilibre de la moto, et ensuite, influer sur celui-ci.
Et cela prend une importance capitale quand on doit manier, manoeuvrer la moto, notamment en virage.
Vous le savez, il est fondamental de porter le regard là où vous allez (et non là où vous êtes en train d’aller). En virage, cela suppose de tourner la tête pour regarder le plus loin possible vers la sortie. Et donc de faire sortir la moto du champ visuel…
Cela paraît simple, voire bête, mais c’est très difficile. Beaucoup de motards tournent les yeux ou bougent un petit peu la tête, mais ne supportent pas de tourner la tête à 90 degrés, le menton sur l’épaule, pour regarder derrière eux. Ce qui est pourtant indispensable pour effectuer un demi-tour ou un virage en épingle. Ou tout simplement pour bien prendre un virage un tant soit peu serré, tourner à angle droit sur une intersection, etc.
Pourquoi cette impossibilité, alors qu’ils y parviennent parfaitement à l’arrêt ? Parce qu’ils ne serrent pas les genoux.
Pour éviter la chute, votre cerveau a besoin de connaître l’équilibre de la moto. Il doit absolument en avoir connaissance, vous ne pouvez pas faire autrement.
Cette prise d’information, cette sensation passe avant tout par la vue. Votre cerveau va percevoir l’équilibre de la moto par la position de vos mains, du guidon, l’orientation de la bulle, voire de la roue avant… Il vous fait ressentir la nécessité de regarder votre moto – et donc l’impossibilité d’en détacher le regard.
Problème, vous devez pourtant bien quitter la moto des yeux pour regarder au loin.
Il va falloir non plus percevoir l’équilibre de la moto, mais le ressentir. Le ressentir par les parties de votre corps en contact avec la machine, et les plus éloignées possible du centre de gravité de la machine.
Donc on oublie les fesses, certes bien vautrées sur la selle, mais qui sont justement dans l’axe vertical du centre de gravité.
Les mains ? Elles ont autre chose à faire et la surface de contact est faible.
Que reste-t-il ? Les cuisses.
C’est la face interne des cuisses qui va vous donner les infos, vous faire ressentir l’équilibre et ses changements.
C’est pourquoi il faut garder en permanence la plus grande surface de contact possible entre les cuisses et le réservoir, ce qui ne peut se faire qu’en serrant les genoux.
Et tout le temps !
Surtout en virage où on a souvent tendance à écarter le genou intérieur, dans une vaine tentative instinctive de trouver de l’équilibre.
Plus tard, si vous osez le faire, si vous portez des sliders, si vous avez une moto qui le permet, si vous savez mettre assez d’angle, si vous sortez complètement le corps à l’intérieur du virage, vous devrez poser le genou au sol pour vous fournir un point d’appui. En attendant d’en arriver là, serrez les genoux en permanence !
Comment savoir si on serre bien le réservoir ?
A l’arrêt, moto béquillée, pieds bien posés sur les repose-pieds, serrez les genoux fort, jusqu’à ce que vos cuisses commencent à trembler. Là, vous relâchez juste un petit peu la pression pour qu’elles ne tremblent plus. Et vous devrez garder cette pression.
Au début, on se force, il faut se concentrer. A la longue, cela devient naturel. Et en plus, c’est bon pour les fesses…
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3. Pencher le corps, c'est-à-dire le haut du corps, amène souvent à sous-employer les appuis sur les genoux et les pieds, pourtant très efficaces et surtout sécurisants.
Citation :
Une autre fonction des appuis sur les genoux est de pouvoir modifier l’équilibre de la moto et notamment de l’incliner.
Hé oui, il n’y a pas que le guidon dans la vie ! On peut aussi incliner la moto avec les appuis sur les pieds et les genoux.
Pour ressentir cela, placez la moto à l’arrêt sur la béquille latérale. Asseyez-vous correctement sur la selle, au plus près du réservoir, les pieds bien placés, les genoux serrés au maximum, les mains sur les cuisses. Votre mission : sans balancer des épaules, faire décoller la béquille latérale du sol, en appuyant alternativement à gauche et à droite pour créer un mouvement de balancier.
Concrètement, quand vous appuyez sur le pied droit, poussez du genou gauche vers la droite. Puis quand vous appuyez sur le pied gauche, poussez le genou droit vers la gauche.
Ces gestes, ces appuis pourront être employés en virage pour augmenter et contrôler l’inclinaison.
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4. Pencher le haut du corps fait souvent pencher la tête et augmente l'impression de déséquilibre.
Il est recommandé de redresser la tête, de la pencher vers l'épaule extérieure (et non intérieure au virage), de mettre la ligne des sourcils parallèle à l'horizon. Cela diminue la sensation de déséquilibre, sans relever la moto.
5. Conséquence de tout cela, pencher le haut du corps entraîne bien souvent un mauvais placement du regard.
Citation :
Les gendarmes motocyclistes parlent de « regard-laser » (au sens de viseur laser) pour la vision centrale et de « regard panoramique » pour la vision latérale.
C’est exactement ça : votre regard est un pointeur laser que vous placez exactement là où vous voulez aller, en sachant que ce point, cette visée laser va et doit évoluer, bouger.
Or dans une courbe ou un virage, le point de visée, là où nous voulons aller, ne se trouve pas en face de nous, mais sur le côté.
Détecter puis viser d’abord le point haut du virage, puis le point de sortie, nous oblige à déporter notre regard, à le dissocier de l’axe de la moto.
Mais pas juste en bougeant les yeux : en bougeant la tête.
Il faut tourner le cou, tourner la tête toute entière, afin de fixer ce point en vision centrale, et non en vision périphérique.
C’est en tournant la tête que votre cerveau comprendra que vous voulez aller LA-BAS, et pas tout droit !
Ensuite, il s’agit de ne pas rester fixé sur un point (qui sera souvent un obstacle).
Votre regard doit évoluer en même temps que la moto avance.
Ne gardez jamais le regard fixe en virage, toujours mobile, en évolution, en avance. Si vous fixez un endroit sur le bord de la route pendant plus d’une seconde, vous allez aller vers cet endroit. Le seul endroit à fixer intensément est l’issue, la sortie du virage, dès que vous la percevez.
Et là, je n’ai pas de conseil, de recette, de règle, de solution-miracle à proposer.
Seuls l’expérience, la pratique, l’entraînement permet d’acquérir et de conserver cette technique du regard, cette gymnastique nécessaire.
C’est ce que perdent en premier les motards qui arrêtent la moto, que ce soit pour quelques mois, le temps de la mauvaise saison, ou pour plusieurs années. Quand ils reprennent, il leut faut du temps, une période d’adaptation, d’apprentissage de cette vivacité du regard.
Certains ne le comprennent pas, pensent qu’ils n’ont rien perdu, que leur maîtrise est restée intacte. Bien souvent, ils le réalisent douloureusement…
Fondamentalement, la technique du regard consiste à regarder le plus loin possible. Tout est dans le « possible » : adaptez votre vitesse à la portée de votre vue, à votre champ visuel. L’important est que vous parveniez à jauger votre portée de vue nécessaire en fonction de votre vitesse et que vous sachiez ralentir quand cette portée de vue diminue.
Une fois ces fondamentaux acquis, il faut pouvoir conduire en virage comme en ligne droite, sans voir sa moto, sans regarder devant sa roue, sans fixer un point précis plus d’une seconde, mais toujours en regardant là où on veut aller. Balayer le champ de vision, forcer ses yeux à faire des allers-retours entre les mètres les plus proches et l’horizon de vision, percevoir au plus tôt l’état de la chaussée tout en regardant toujours au-delà de l’obstacle.
Regarder là où on veut aller, cela signifie regarder la sortie du virage, pas juste devant la moto. Il faut apprendre à dissocier l’axe de son regard de l’axe de la moto. Donc l’axe de la tête de celui du corps. La moto doit devenir une extension de votre corps, un membre que vous sentez et maniez aussi facilement que vos bras et vos jambes, afin que votre concentration soit à 100% sur votre regard.
Dans un virage en aveugle, cela signifie essayer d’anticiper au mieux ce qu’on ne voit pas d’emblée en sortant les épaules à l’extérieur, avec le cou tendu comme une tortue qui essaie de regarder au loin, les épaules souples et mobiles, un bassin déhanché à l’extérieur (position en V).
C’est une des techniques les plus difficiles à intégrer: il faut parvenir à ne plus regarder devant ses roues, mais de l’autre côté du virage qui vous saute à la figure, alors même que vous ne connaissez ni l’état du revêtement, ni le tracé de la courbe.
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