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Auteur Sujet :

Ecrire un livre : vos romans amateurs (Màj du 1er post)

n°32501487
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 29-11-2012 à 00:24:45  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 [:winpoks]  
 
Très instructif ma foi. Je vais essayer d'incorporer tout ça, et peut-être que l'année prochaine je dépasserai les deux paragraphes.

mood
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Posté le 29-11-2012 à 00:24:45  profilanswer
 

n°32501507
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 29-11-2012 à 00:28:40  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :

[:winpoks]

 

Très instructif ma foi. Je vais essayer d'incorporer tout ça, et peut-être que l'année prochaine je dépasserai les deux paragraphes.

 

Je pense que c'est applicable à plein de formes littéraires. Genre : "tiens, je vais faire un roman d'initiation" et tu notes sur une feuille tous les éléments "obligatoires" ou en tout cas qui reviennent tout le temps (le petit jeunot, la vieille qui va le déniaiser, la jeune qui sera supplantée par la vieille alors qu'en fait c'est elle qu'il faut au jeunot, la demeure de famille, les inégalités de pouvoir etc). Comme on veut juste pisser de la copie, y a pas forcément besoin de matière originale sur les grosses mailles (et après tu as le droit de mettre des choses plus personnelles dans tes personnages pour t'amuser un peu par exemple).

 

Après, je l'ai dit et je le redis, tout ça, c'est de la grooooosse solution de facilité hein :D


Message édité par biezdomny le 29-11-2012 à 00:30:07

---------------
Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32501656
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 29-11-2012 à 01:07:28  profilanswer
 

Oui mais c'est bien la facilité, c'est des gammes, c'est important.

n°32510250
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 29-11-2012 à 18:53:23  profilanswer
 
n°32511075
Hello Grom​it
Posté le 29-11-2012 à 20:30:23  profilanswer
 

Je vais peut-être me faire cracher dessus en tant que gros noobie du topic, mais pourquoi proposer le texte dans une image ? Pourquoi pas le texte nu et une image à coté ?  :??:  
 
En tout cas là, c'est illisible, c'est beaucoup trop serré et la police est pas super adaptée aux longs textes. C'est une police de BD, pas de roman...

n°32511521
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 29-11-2012 à 21:15:42  profilanswer
 

écoute, je sais pas, je devrais même pas coller ça. Je vais pas trop bien, c'est un énorme jet, très long, douloureux, qui se maquille en vampire. On est toujours le vampire de quelqu'un. C'est une sorte de loghorée automatique, je choisi à peine les mots, malgré les apparences. C'est même pas émotionnel pour le lecteur, j'en suis tellement conscient, c'est redondant, une sorte de ricanement dépressif qui croit s'enjoliver. C'est un peu lourd. Sauf si tu vis pour ton malheur un amour manqué, tu pourrais comprendre non pas les mots, mais la musique.  
Disons en écrivant ces textes je me fais croire à moi-même d'être en état de poésie. C'est trop souvent pompeux et parfois mal écrit, ça a l'air de pas vouloir dire grand chose, et pourtant, je le jure, la douleur de l'écriture au deuxième degré est vraiment sincère. Une brûlure solitaire. Et je n'ai touché à rien, ni correction ni rien. Parce je pleure jamais, faut bien que ça sorte. Est-ce qu'il existe une esthétique des pleurs ?
Pardon pour les images envahissantes. J'ai du mal à m'en empêcher. Comme si au final les mots ne suffiront jamais.

n°32513913
Hello Grom​it
Posté le 30-11-2012 à 02:44:23  profilanswer
 

[:gidoin] Je disais juste que la typo était illisible.

n°32519007
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 30-11-2012 à 15:29:50  profilanswer
 

ouais, et finalement ça vaut mieux ![:alain_wakbar]

n°32519085
Profil sup​primé
Posté le 30-11-2012 à 15:36:36  answer
 

[:mirakle] 50219 mots.
 
Mission Accomplished. [:tiutoo2:3]

n°32520087
Cheroke
Chef de tribu
Posté le 30-11-2012 à 16:52:22  profilanswer
 

biezdomny a écrit :

Alors, un vague feedback  [:orthopedux]
A vous maintenant  [:alanou]

 

http://files.content.lettersandlight.org/nano-2012/files/2012/11/2012-NaNo-Winner-Certificate.jpg

 

Joli CR Biez  [:aqualung]

 

Je ferai le mien plus tard. Il me faut encore 5000 mots à vue de nez pour finir le bouquin.

Message cité 1 fois
Message édité par Cheroke le 30-11-2012 à 16:53:08

---------------
"- Je vais lire Bataille devant Sept à la maison ! - C'est quoi ? - C'est le bouquin où ils se branlent dans des oeufs. - Quoi ?? - Bah y cassent des oeufs, y mettent leur cul dedans et ils se branlent. - C'est dégeu... Mais avec les coquilles ou sans ?"
mood
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Posté le 30-11-2012 à 16:52:22  profilanswer
 

n°32521770
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 30-11-2012 à 19:38:44  profilanswer
 

Alicia
 
Ne pas pleurer

 
 Ne pas pleurer. Serrer ton souvenir entre mes dents atrophiées. Chasser les horreurs nuageuses qui brûlent aux gibets. Ce n’était pas ta faute de vouloir aimer une bête sacrée sur les tréteaux branlant de l’infortune. Sur quelles portes rongées s’ouvrent à présent les trous comblés de chaux vive, où gisent tous mes amis ? Ils n’ont pas eu la chance de te reconnaître, toi qui ne crains pas le plein soleil. Rouge dame qui déambule avec tant d’aisance dans ce parc aux charniers, tu ne peux me sauver de l’horreur de ce monde flagellé. Tu rappelleras simplement mon nom aux enfants tourmentés, car j’ai changé si souvent de prison, au fond des catacombes, que leur plume se trompe en écrivant mon histoire cruelle. Sociétés présentables, je vous offre une autre version de mes heures enfuies à jamais. Je connais des délices et des terreurs profanes, des démons salutaires et des rites oubliés, mais par amour pour toi, Alicia, je veux bien taire ceux-ci et renvoyer les autres à leurs aimables femmes, qui ne pourront jamais, comme toi, si bien me consoler. Lâche ce coquelicot et laisse le maintenant tournoyer sur ma détresse, qu’il fasse une tache rouge sur mon torse figé.  
 
Nos luttes enamourées
 
 Nos luttes enamourées ont fait pâlir les aubes rouges. Je n’ai pas de pitié. Les ombres des remords ont des reflets de lune, coulant comme l’acide sur les ciels profanés. Qui m’appelle en ce jour que je ne peux rêver ? Est-ce toi, Alicia, ma beauté vénéneuse, ma brune serpentine qui hurle avec les loups des regrets chatoyants ? Laisse songer la bête dans son cercueil scellé. Ne pose plus ton corps de lézard sur la brique émiettée. J’aurais trop de remord à te savoir pleurer des odes injurieuses. Pose ma cape au clou, il est temps de quitter ce château délabré. Les va-et-vient sublimes ne nous ont pas aidé. Tu restes femme humaine et je suis en danger.
 
 
Mes ténébreux démons
 
 Astarloth, Osiriat, mes ténébreux démons, calmez ce feu sublime qui brûle en ma poitrine et posez vos tridents aux piliers solitaires. Laissez partir ma douce aux parfums délicats. Osez me tenir tête ! Vous n’aurez pas mes pleurs, ils n’ont plus d’origine. Les sommeils harassés ont chahuté nos nuits. Je coule dans mes veines un sang coagulé qui tombe sur la place en gouttes opalines. Alicia les recueille dans sa main adorée et les boit sans faiblir. Ah ! L’immonde bouillon qui te fera déesse ou te laissera inerte sur la couche putride, comme ces vertes loques humaines qu’on laisse reposer, en les couvrant de belles fleurs fanées. Ou êtes-vous fantômes sans paupières ? Tenez en laisse vos tristes lévriers qui courent après leurs âmes, au milieu des sentiers perdus de mon parc si longtemps négligé. Mange, respire, entend ces mots à peine prononcés entre mes dents fermées, pour mieux les oublier. Que peut bien encore t’inspirer ma dure déchéance ? Alicia mon revers dédoublé, aux sept portes closes que je n’ouvrirai plus. Dors encore aux frontières de ces bois torturés par la trace des hommes qui mâchent leur rancœur de me savoir vivant. Nous partirons un soir en couchant sur le livre sacré l’histoire de nos vies qui s’emmêlèrent aux éthers brûlants. Que jamais tu ne hantes un autre sortilège.
 
Il n’y aura pas de repos
 
 Il n’y aura pas de repos. Juste un engourdissement de mes artères bleuies. Et puis les volets clos sur mes laiteux iris garderont le secret. Quelle chance ont les siècles à venir, qui cacheront si bien l’ombre de qui je fut ! Éclatant lys, pourquoi m’avoir bercé aux illusions perdues ? Qu’il en soit fait ainsi… Ne mêle plus jamais tes pas aux miens, fille des turpitudes. Oh Alicia ! Merci d’être venue : Supra Hanc Memoriam. Dans la plaine rasée où j’ai longtemps marché, il se fait à présent un désastreux carnage. Fit magna caedes.
 
On  m’a signé du don obscur
 
 On m’a signé du don obscur, quelque part entre vie et mort. Vos nourritures répugnantes irritent mon palais délicat, le vin à la robe trompeuse n’a plus aucun goût. Je déambule sans but aux lumières étoilées de la nuit silencieuse. Fascinantes constellations où je me perd seul, depuis toujours. Parfois, je scelle votre sort d’un croc providentiel et certains disent merci. Vous étiez mon calice à la gorgée suprême. Mes mains endurcies, tenant la coupe offerte, se gardent bien de me trahir. Filets rougis glissant comme des cordes sur la douce colombe. Bel oiseau, sur le blanc de ta plume innocente à coulé le sang tiède ! Puis je quitte ma proie fragile, agenouillée et vide. Tapie non loin de là, je hoche ma tête douloureuse en reprenant l’ouvrage un instant délaissé, antiques oraisons reliées de peaux humaines.
 Tu n’as pu voir ces horreurs, Alicia, car tu n’étais pas née.
 
ect ect...
 
 
 
 
 
 

n°32524467
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 30-11-2012 à 22:58:30  profilanswer
 


 
Gégé  [:tarator:1]  
 

Cheroke a écrit :


 
http://files.content.lettersandlig [...] ficate.jpg
 
Joli CR Biez  [:aqualung]  
 
Je ferai le mien plus tard. Il me faut encore 5000 mots à vue de nez pour finir le bouquin.


 
Gégé aussi  [:hansaplast:4]  
 
Et l'année prochaine, c'est le tour de Pénis_de_castor et nous on le regarde faire et on fait des commentaires désobligeants  [:depardieu:1]


---------------
Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32524488
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 30-11-2012 à 23:00:21  profilanswer
 

 

etc etc (pour "et cetera" - "et les autres [choses du même acabit]" ) [:aloy]

 

Sinon, j'aime bien le dernier paragraphe, pitete parce que le champ lexical et certaines syntaxes font penser à des pouaimes de Mallarmé que j'aime bien.

Message cité 1 fois
Message édité par biezdomny le 30-11-2012 à 23:01:19

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Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32524684
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 30-11-2012 à 23:12:44  profilanswer
 

Des pouaimes de Mallarmé  [:shlavos]  
 
Ces trucs m'ont vraiment effrayé au lycée (même si j'appréciais la performance technique).
 
(Bon après peut-être que tous ses sonnets ne ressemblent pas à celui de l'archeopteryx qui se baigne dans le Styx avec un phénix en onyx).

n°32524725
Penis_de_C​astor
Réincarnation du Christ
Posté le 30-11-2012 à 23:15:38  profilanswer
 

biezdomny a écrit :


Et l'année prochaine, c'est le tour de Pénis_de_castor et nous on le regarde faire et on fait des commentaires désobligeants  [:depardieu:1]


 
J'ai pas eu l'impression de t'avoir fait de commentaires désobligeants.

n°32524753
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 30-11-2012 à 23:17:24  profilanswer
 

Mais il a pas dit ça :??:
Je pense qu'il veut faire des commentaires désobligeants par simple plaisir de faire des commentaires désobligeants, pas spécialement par représailles.

n°32524761
Deouss
SOLA GRATIA
Posté le 30-11-2012 à 23:17:53  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :

Mais il a pas dit ça :??:
Je pense qu'il veut faire des commentaires désobligeants par simple plaisir de faire des commentaires désobligeants, pas spécialement par représailles.


"Elle"  [:cerveau aloy]


---------------
The relations of the soul to the divine spirit are so pure, that it is profane to seek to interpose helps.
n°32524875
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 30-11-2012 à 23:24:38  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :

Des pouaimes de Mallarmé  [:shlavos]

 

Ces trucs m'ont vraiment effrayé au lycée (même si j'appréciais la performance technique).

 

(Bon après peut-être que tous ses sonnets ne ressemblent pas à celui de l'archeopteryx qui se baigne dans le Styx avec un phénix en onyx).

 

A l'onyx !! Mon préféré !!  [:skum]

 

Sur les crédences au salon vide, nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
Car le maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le néant s'honore,

 

Tu pensais peut-être à celui-là ? :D

 
Penis_de_Castor a écrit :

J'ai pas eu l'impression de t'avoir fait de commentaires désobligeants.

 

Ahmainon, je disais ça par pure méchanceté gratuite moi  [:aokiji]


Message édité par biezdomny le 30-11-2012 à 23:25:58

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Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32526470
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 01-12-2012 à 08:43:08  profilanswer
 

biezdomny a écrit :


 
etc etc (pour "et cetera" - "et les autres [choses du même acabit]" ) [:aloy]
 
Sinon, j'aime bien le dernier paragraphe, pitete parce que le champ lexical et certaines syntaxes font penser à des pouaimes de Mallarmé que j'aime bien.


 
Lautréamont, d'autres disent.
 
Bordel, etc, je fais cette faute depuis toujours et sans doute à jamais. [:ummon]

n°32548297
Cheroke
Chef de tribu
Posté le 03-12-2012 à 19:19:55  profilanswer
 

Bon, j’ai fini le bouquin commencé avec NaNo. Total à 57000 mots à peu près.
 
Je suis parti sur un roman noir qui se passe dans les années 30.
 
NaNo ça a été cool pour moi pour plusieurs raisons.  
 
La première et la plus importante : palier au défaut de la qualité. J’écris en général très lentement car je privilégie la qualité. Du coup, malgré le fait que mes histoires me plaisent, elles finissent par me lasser car je passe un temps fou sans avancer. Je piétine et je passe à autre chose donc. Et rebelote. Là, j’ai écrit à donf sans me soucier de la qualité ce qui fait que l’histoire ne m’a pas lassée même si ce n’était pas celle qui me plaisait le plus.  
 
Seconde raison, je me suis autorisé toutes les fantaisies. Je veux dire par là que la structure n’est pas linéaire. Narration à la première personne, c’était le postulat de base. Mais dès que je me suis senti mon inspiré je n’ai pas hésité à écrire des dialogues fantasmés entre deux protagonistes, des chapitres à la troisième personne, d’autres où il apparaitrait qu’il s’agit d’un discours de l’auteur, d’autres encore où le narrateur à la première personne n’est plus le même que celui d’origine.
 
Troisième point, je ne me suis interdit aucune contradiction chez les personnages. Un des écueils selon moi consiste en vouloir créer des personnages bétons, cohérents 24 sur 24. Ceux qui m’ont servi dans cette histoire sont globalement cohérents mais peuvent ponctuellement paraitre à côté de la plaque ou différents de ce qu’ils ont été jusqu’à ce moment. Néanmoins, j’espère en tout cas, qu’après lecture totale, ces sautes d’humeur ne paraissent pas incongrues.
 
J’étais parti à l’aventure sans aucun plan. Juste une vague idée. Des meurtres, quelques personnages autour, un village, une police.  
 
Afin de faciliter la rédaction je rejoins Biez sur une catégorie d’artifices : introduire plusieurs pistes et plusieurs éléments qui pourront être suivies ou utilisés plus tard afin de ne pas me retrouver en manque d’outils plus loin dans l’histoire.  
 
Par contre, ne lisant pas beaucoup de policiers, je n’avais pas la structure type en tête bien qu’elle ne soit pas trop difficile à imaginer.  
 
Ce que je vais en faire : laisser reposer et retravailler pour balayer les pistes qui ne m’ont pas servies, insister plus tôt sur celles que j’ai utilisées, retravailler et harmoniser le style sans pour autant revenir sur les différents types de narration, supprimer ou étoffer quelques personnages.  
 
Ce que ça m’a appris : plus tu tripes (en restant cohérent selon ses postulats littéraires) plus c’est cool d’écrire, je suis capable de terminer un bouquin et d’écrire à un rythme assez soutenu, ne pas avoir peur de tenter un truc qui parait improbable avant de l’avoir écrit.  


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"- Je vais lire Bataille devant Sept à la maison ! - C'est quoi ? - C'est le bouquin où ils se branlent dans des oeufs. - Quoi ?? - Bah y cassent des oeufs, y mettent leur cul dedans et ils se branlent. - C'est dégeu... Mais avec les coquilles ou sans ?"
n°32549061
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 03-12-2012 à 20:45:34  profilanswer
 

[:fegafobobos:1] merci pour le CR !


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Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32549257
Penis_de_C​astor
Réincarnation du Christ
Posté le 03-12-2012 à 21:01:22  profilanswer
 

Je me suis rendu compte que l'écriture n'est qu'une histoire de motivation et d'envie. Pour les fêtes, j'avais vraiment envie d'écrire à ma sœur que je n'ai pas vue depuis plus d'un an. Je sais, ça ne se fait plus, mais j'avais envie.  
500 mots sont venus en une quinzaine de minutes alors qu'il m'en faut plus du triple d'habitude.
Je peux écrire. C'est juste que je ne sais pas encore canaliser mon pouvoir  [:manutheman]

n°32549410
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 03-12-2012 à 21:11:18  profilanswer
 

Penis_de_Castor a écrit :

Je me suis rendu compte que l'écriture n'est qu'une histoire de motivation et d'envie. Pour les fêtes, j'avais vraiment envie d'écrire à ma sœur que je n'ai pas vue depuis plus d'un an. Je sais, ça ne se fait plus, mais j'avais envie.  
500 mots sont venus en une quinzaine de minutes alors qu'il m'en faut plus du triple d'habitude.
Je peux écrire. C'est juste que je ne sais pas encore canaliser mon pouvoir  [:manutheman]


 
Le reconnaître c'est le premier pas :D


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Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32549538
Cheroke
Chef de tribu
Posté le 03-12-2012 à 21:19:06  profilanswer
 

biezdomny a écrit :

 

Le reconnaître c'est le premier pas :D


Et c'est la dernière étape du deuil  [:daaadou:1]

 

On attend ton roman Pénis :D

Message cité 1 fois
Message édité par Cheroke le 03-12-2012 à 21:20:06

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"- Je vais lire Bataille devant Sept à la maison ! - C'est quoi ? - C'est le bouquin où ils se branlent dans des oeufs. - Quoi ?? - Bah y cassent des oeufs, y mettent leur cul dedans et ils se branlent. - C'est dégeu... Mais avec les coquilles ou sans ?"
n°32549549
Cheroke
Chef de tribu
Posté le 03-12-2012 à 21:20:09  profilanswer
 

Doublon on on, du coup, dernières phrases :
 

Citation :

Mais pour l’heure, il n’y a que moi. Que moi et le vent, le ronronnement du moteur et la saveur de mes réminiscences, l’apothéose magistrale des dispositions de mon âme.


Message édité par Cheroke le 03-12-2012 à 21:23:40

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"- Je vais lire Bataille devant Sept à la maison ! - C'est quoi ? - C'est le bouquin où ils se branlent dans des oeufs. - Quoi ?? - Bah y cassent des oeufs, y mettent leur cul dedans et ils se branlent. - C'est dégeu... Mais avec les coquilles ou sans ?"
n°32594463
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 07-12-2012 à 18:58:57  profilanswer
 

ça ronronne.
 
Etc, etc :
 
L’été est bleu dis-tu…
 
 L’été est bleu dis-tu… Quelle ironie ! Pourquoi se lamenter en illusions sournoises des attachements terrestres. Ce ne sont pour ma race aux dents longues que refuges pitoyables, prédictions de devins aux douloureux mirages. Belle endormie qui traverse si bien les apparences, garde l’esprit serein aux frontières du soir, car j’attend ta rencontre. Hommes de robe, ministres renfrognés, pourquoi la condamner ? Vos glauques certitudes ont tenaillé mon vice. Les embruns qui soulagent ont balayé la face d’Alicia, fiancée luxueuse couchée sur mon velours, enivrée des arômes de cuir. Esquisse un peu ta vie en porte-souvenir, ravive ma douleur, joue les mélodies rondes, toi la muse avertie …  
 Je suis tenté de croire tes mots doux pour lesquelles je fond, qui sont cris de plaisir. Nous ne profiterons jamais assez de notre amour brûlant. Viens aux cérémonies à lesquelles je t’invite au son des grosses cloches, le front rougis, les yeux fermés, raffiné et discret pour mieux te pacifier. Touche d’un ongle peint les murs aux bois précieux et laisse de côté le vernis de mon cœur, cassant comme du verre.
 Alicia me regarde sans répondre, paumes tendues au ciel.

Tendre est la suture de mon désir.

 
 Tendre est la suture de mon désir. Belle est ta venue aux aurores apeurées… Rappelle toi ces mots tendus à ciel ouvert sur la nuit infinie. Les couleurs ont toutes disparues. Il ne reste plus rien dans le fond de tes yeux qui se perdent aux étoiles pour en extraire le suc. Les heures inefficaces courent à mon horloge en chahutant ma soif minérale, poing serré sur le lierre, je glisse à la terrasse isolée en maudissant ton rire. Ma peau a faim. Je ne te saurais jamais, diablesse à l’œil fumé. Cendres et charbons. Je cogne aux braseros de ma démarche aveugle et tu arques ton corps divin dans la soie chiffonnée. Il fait si froid dehors ! Vampire est ma nature que tu figes à l’instant dans la cour dépeuplée de ton sceptre de reine.  
 A quoi bon raconter cette vieille maison calme qui n’est qu’une prison que tu hantes d’une exquise inquiétude, Alicia, interprète grandiose de ma déraison. Je n’ai pas peur. Dans la cave à demi-effondrée s’en vont comme un frisson les bêtes périlleuses que je vais dévorer. Peuples des serpents noirs aux grandes gorges esclaves, je vous connais si bien, faites place à la belle dont je ne cesse d’être ébloui. Mais toi, tendre Alicia, prend garde à ne pas les fouler, ces longues bêtes lentes ont leur part de révolte et je dois les manger. Surtout tiens moi la main, ne cris pas pour si peu.
 

Dans la roseraie lugubre

 
 Trois fois déjà les chouettes ont hurlé sur mon coffre fermé. Dans la roseraie lugubre les douze coups de minuit cognent ma déchéance. Que m’as-tu fait revivre alors que je dormais tranquille au bras des velues araignées ? Après que je fus homme, celui qu’on disait beau, que les femmes adoraient et qui faisait la cour aux marquises éventées. Combien de jouvencelles du temps jadis ont veillé mon repos ! Désormais je gis pâle, les ongles comme des griffes et la peau distendue, les yeux cernés d’ivresse et les dents carnivores. Ah ! mystérieuse bête aux prunelles carmines qui ne te font plus peur. Pardonne à ton ami de bien vouloir t’aimer. Tu serais morte sinon, cadavre à-demi rongé dans les broussailles de ma faim sur lequel vrombiraient les mouches ironiques. Mais je t’ai épargné ! Oiseau des jours actuels qui me consume lentement, en refaisant ton fard dans mes yeux flamboyants !  
 Dans les glaces hivernales je glisse lentement, nommé dans les prières des pauvres paysans. Je passe sur ta joue mes serres élimés que tu retiens encore avec délicatesse, étudiant des caresses savantes sur mon échine lasse. Je suis d’un autre monde, je marche à quatre pattes, j’écorche les lapins et je me peint en noir. Dans la forêt déserte je repère ma proie et je beugle à la lune le beau nom d’Alicia.
 
Tu m’épies, je le sais
 
 Tu m’épies, je le sais. Laisse-moi donc me nourrir à tes frères convoqués ! Ma belle amie coiffée d’un chapeau large qui reste silencieuse. Laisse se déchaîner les cris et les furies, le chaos, la panique, j’ai l’aisance du peintre qui macule sa toile. Je quitte en t’oubliant le triste sanctuaire. Parvenu hors du parc je traverse la route, les lèvres en sang, le visage défiguré, à demi-inconscient. Le mur de la cour gardera pour un temps la marque du supplice. Ma tasse n’est jamais vide ! La pluie tombe en cascade sur les camélias roses que tu frôles sans voir. L’inconnu malheureux qui te mate du cil brille comme une cible. Nos haines et nos amours ne s’épousent-ils pas comme des poupées russes ? Douce complice, ne sois pas si nerveuse… Dans ton rêve éveillé presse encore et encore le cœur pourri de l’homme diminué et dessine avec lui les plus beaux paysages. Alicia. Incendiaire femme libre. Mais n’enfonce pas le clou. Notre histoire odieuse ne peut être finie.
 Carpe Diem ? S’ils savaient !!!
 
Arrivant par le hall dallé de marbre vert
 
 Arrivant par le hall dallé de marbre vert, parée comme pour le bal, Alicia en extase relève les lourds rideaux de satin délavé. Qui crois-tu inviter ? Je suis prince de sang ! Viens aux miroirs liquides que cerclent les bassins aux fontaines de pierre. Les valets silencieux sont morts depuis longtemps. Rentrons vite au palais, j’ai les jambes tremblantes…Tes pieds nus et légers chuchotent ton départ sur les dalles râpées. Dans le salon de rose et noir des peaux jonchent le sol, tu penches un peu la tête, couchée sur le divan où s’affaisse ta longue crinière.  
 Dans les petites alcôves aux bibelots d’ivoire gisent de nombreux poignards et de faux talismans. Tu as masqué les glaces qui me verraient faillir. C’est bien. J’ai si peur de te perdre encore ! Tu dînes d’un fruit rouge qui coule sur la nappe. Frêle enfant, dans les serres où nichent les rosiers rares j’ai déjà eu ma récompense : dans un coffret de jade gît une clé gluante.
 
Homo ex animo et corpore constat
 
 Souvent, au milieu du brouillard où se perdent les gens, j’ai vu sur les étangs rôder la dame blanche. Les hêtres au-dessus d’elle crachaient leur feuilles mortes à la teinte d’or chaud. Elle a sur sa poitrine un fin tissu d’argent qui frôle son épaule en mince couche blême. Sur sa main est un gant tissé de fils noirs, elle écarte les doigts pour mieux m’apercevoir. Ah cruelle éphémère à la gorge nacrée où je pose mes dents ! Elle a dessus la nuque une marque d’enfant et son épaule nue dessine l’aile d’un ange. Mais sur ses clavicules coulent des traces de sang. Je me rassasie d’elle et laisse s’écouler les gouttes de sa vie, pour ne pas l’oublier. De son précieux liquide, en longue traces fines, je dessine sur sa peau un au-revoir tragique que les rives enchantées applaudissent en riant. Je vois sur la colline Alicia me rejoindre, qui envoûte mon corps et me déchire l’âme.  
Homo ex animo et corpore constat …
 
 
 
 

n°32624961
baclette
Posté le 10-12-2012 à 23:04:39  profilanswer
 


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n°32631709
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 11-12-2012 à 15:38:06  profilanswer
 

merci bien.
Il y en a encore beaucoup d'autres, mais c'est spontané, comme je l'ai déjà dit, donc vraiment inégal.

n°32632777
baclette
Posté le 11-12-2012 à 16:44:07  profilanswer
 

Franchement, on aurait filé ça aux 3 ème en disant de commenter ce texte de Gautier, personne n'aurait sourcillé.  
C'est même mieux que la plupart des Parnassiens à la noix avec leurs vols de gerfauts hors du charnier natal ou les sphinx antiques de ce gros con de Lecomte de Lisle.  
Bon... Faudrait mettre en forme et saupoudrer d'un zeste de Lautréamont.  
Lecteur pour une maison d'édition, je valide ! [:winpoks]

n°32633898
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 11-12-2012 à 18:11:38  profilanswer
 

baclette a écrit :

ce gros con de Lecomte de Lisle.  
 [:winpoks]


 
tu m'as fait rire, vrai. [:wawa78]
 
Encore une fournée, et puis je me calme.
 
Magicienne damnée
 
 J’aurais voulu, pour te plaire, manger des mets humains que tu m‘aurais servi sur un plateau vermeil. J’aurai aimé présenter mon corps nu aux rayons du soleil. Tu m’aurais pris le bras, éclairée des lueurs de son incendie. Les oiseaux blancs qui traversent le ciel auraient battus leurs ailes. Je t’aurais fait l’amour sous l’aplomb d’un rocher. Il y aurait sur l’autel des fleurs en abondance, des rameaux d’olivier et des paniers de fruits. O Hécate au triple visage ! Magicienne damnée, écoute un peu ma peine de me savoir aimé. Je tend mes bras vers toi dans l’or du soir tombant. Tu ne m’as répondu que d’un Dies Irae… O filles incestueuses : j’ai plus de mille années ! Alicia, pose encore tes lèvres sur les miennes dans la pénombre retrouvée. Caresse le cou raide de ton grand dragon aux cornes menaçantes. Chauffe bien tes artères dans mon manteau safran, affolée d’amour. Les Dieux, finalement, ne sont pas plus heureux.  
 
 
Cruelle Saphone
 
 Cruelle Saphone, maudite Anshee, mes sœurs corrompues, retrouvez mes empreintes au fond du labyrinthe. Venez sur ma figure cracher votre poison. Amoureuses des chats, chahutez ma folie de vos grands sexes ouverts. J’ai dormi vingt secondes et je n’ai pas rêvé. Mes entrailles s’altèrent et s’appauvrissent, je poursuis dans les cloîtres la race de Caïn, pour lui faire rendre gorge et m’apaiser enfin. La douleur est mon salut. Exubérants brouillons qui menacez ma paix, lâchez donc votre fourche et vos balles de cuivre, vous ne pouvez m’atteindre que d’un pieu dans le cœur. Après tout, vous aussi, vous faites boire vos chiens ! Ah trop belle Saphone, agite ton sein lourd à l’heure des trépas, je ne suis pas malade mais j’ai simplement faim. Je jure de l’aimer, pas de vous épargner, mais cela coûte cher. Hoc magno constat… Le violon pleure encore dans la pièce où tu es, à la troisième note, je gronde encore un peu et je tombe en poussière…
 

Alicia mon amour

 
 Alicia mon amour, fais glisser lentement ta robe évanescente sur le parquet ciré. Fais le. Ne prend pas garde aux merles imprudents qui se cognent aux vitres et tardent à mourir. Mes paumes sans chaleur ne peuvent triompher de leur lente agonie. Tes pleurs en cadeaux leur feront pour salut une escorte idéale. Laisse tomber l’oiseau et pose ton grimoire. Ton corps est un joyaux divin, cause de mes blessures, vers lequel je me tend. Les princesses des contes sont faites pour dormir ! Exquise sorcière, la foule enragée criera sur ton bûcher, si jamais elle arrive à connaître nos tristes aventures. La pomme de l’histoire, même pour un vampire, est un fruit délicieux …  
 Bande de voyageurs, passez votre chemin ! Il n’y a rien sous mes soupentes vermoulues pour soulager vos maux et dénouer vos liens. Alicia reste seule après m’avoir aimé, en remettant sa robe elle chante son couplet. Elle enterre l’oiseau sous un amas de sel en oubliant sa peine. Il reste dans ses yeux une transe sacrée : le sperme d’un pendu coule à flot dans son ventre.
 

Pendant que vous dormez

 
 Pendant que vous dormez de vos sommeils injustes, silhouette fluide, je vais, flanqué de mes molosses qui grimpent les talus. Je contourne songeur les étranges golems que font autour de moi les grandes statues de bronze, que j’ai décapité. Les ombres qui me suivent se pressent en sanglot longs, foulant d’un pas rapide les spores asséchés des mousses brunes qui grimpent aux balcons. Je suis le prédateur de vos derniers regrets, mais je n’en tire pas gloire, car je suis confronté à des gens difficiles. Vos résistances m’impressionnent. J’éteins de ma voix douce tous les malentendus et respecte les vieux. Je rature pour vous le livre aux prophéties de ma belle plume d’aigle, qui passe doucement sur ma face irritée. Dans le silence morne de mon vaste salon, j’écoute les bruits que font vos guerres séduisantes. Par les fenêtres en meneaux, aux heures de grandes décisions, j’entend ces aboiements qui montent de la terre, à l’heure du sacrifice et toute mes tensions s‘évanouissent. Appétissant serpent qui contourne vos ruines, le fleuve de votre sang coule jusqu’à la mer. J’aurais été heureux au sac de Babylone, car l’abomination régnait dans la cité.
 
Les jasmins
 
 Les jasmins que tu aimes tant giclent en vomissures sur la façade austère de la grande bâtisse. Les plantes ont des patiences que les vampires n’ont pas. Je baille de toute ma gueule et mes dents claquent au vent, l‘estomac révolté. Ma table n’est jamais somptueuse. Met un bâillon au diable, douce aimée, gracieuse sylphide que je regarde en noir et blanc, prolonge l’oraison des non-dits, car je siège au milieu des ordures. Derrière tes bienheureux lambeaux, la brume s’est éclaircie. La couleur d’Alicia est le bleu des nuées qui passent sur la grève en frémissant d’ardeur. Moi j’ai celle de la cloche du couvent déserté qui bat dans le ciel noir, sous les coups violents du zéphyr. Oui, j’ai fait fuir les nonnes de la basilique ! Pour dire la vérité, je serais bien fâché d’y mordre encore : je préfère de beaucoup les filles de valets, qui ont la hanche ronde et les yeux polissons.
 

Le doux corps d’Alicia

 
 Le doux corps d’Alicia est un rempart charmant, j’y campe aux murailles sous les pierres apparentes, quand luit sur elles l’immense voie lactée. Elle a aussi, mais je ne peux le dire, quelque-part dans ses plis un fabuleux tatouage qui lui fait un singulier fanion. Ma propre peau est jaune et glacée comme celle, écailleuse, des vipères crevées. Ma gorge sèche, au fond de son palais, braille et réclame son poisseux liquide. Viens contre moi diffuser ta chaleur, caresses-moi sans fin de ta chair frissonnante. Je n’aurais à t’offrir en retour que des mares aux crapauds et des yeux de hiboux, des orties urticantes et des fleurs épineuses. Je suis le somnambule honnis qui fuit les crucifix. J’ai froid.
  Parles moi encore et ne t’arrêtes pas, les mots que tu susurres gentiment sont ma juste vengeance et mon baume suprême. J’ai vu souvent scintiller dans les perles irisées de tes prunelles toute l’étendue de ce que j’ai perdu et qui ne cessera jamais plus de me manquer. Certaines blessures ouvertes, charriant leurs humeurs comme des bouches torves et muettes, ne peuvent pas crier. Je me réchauffe peu à peu. Tu peux à nouveau sourire, je t’ai percé la lèvre du poinçon de ma dent.
 
Grave vulnus
 
 Il y aura un grand fracas. Ils cogneront aux portes en hurlant des injures : Mademoiselle Alicia, Mademoiselle Alicia, vous allez bien ? Si jamais ils m’attrapent ils limeront mes dents jaunies comme on fait aux chevaux, pour leur faire du bien. Ils me fouetteront jusqu’au sang aux barreaux de la geôle. Ce ne sera que justice…Si jamais ils me prennent ils me passeront au col un grand nœud coulissant, pour que je danse au vent la gigue des pendus. S’ils me prennent il me rendront sur la figure tous les crachats que je leur fit. Ils traceront en vain sur ma chair sanglante les sillons ciselés de vilaines et graves meurtrissures. Grave vulnus. Ils essaieront de me brûler. S’ils s’emparent de moi, je n’aurais plus l’espoir de t’aimer, ce qui sera la pire des tortures. Ils comprendront enfin comment me supprimer et tu les suivras discrètement au cul-de-basse fosse. Mon âme transie de solitude se réchauffera un peu aux derniers feux de ton regard. Puis tu leur parleras :  
- « Messieurs, ayez pitié de lui, maintenant, achevez le ! »
 
Ce fut reine fabuleuse
 
 Ce fut reine fabuleuse, en mon rouge royaume. Elle avait sur sa tête la tiare des déesses et dans sa main ourlée de satin pailleté, le bâton des victoires. Elle avait plusieurs noms, je gardais celui d’Alicia. Devant elle, justice aux yeux bandés détournait son regard. Mais bien sûr, vous n’avez pu la connaître, vous dormiez. Elle dansait d’envoûtants pas de deux sur le gouffre aux chimères, mignonne ballerine aux cuisses fuselées de soie rose, chacun de ses mouvements traçait pour mon plaisir de lentes gestations. Elle mit un jour ses doigts sur les miens ; vas-y, pianotes un peu, joues-moi ton requiem ! Les grandes orgues ont fusé sous la voûte de pierre… Je m’abreuvais au corail de ses lèvres si divinement ourlées, sur ce feutre délicat je dévorais ses secrets de femme, avoués ou cachés. Elle me laissais la faculté rare de juger à mon aise des générosités qui se calculent, femme exigeante, écorchée vive, qui recevait mes aveux doux comme une tape sur ses joues. J’allais curieux dans son grenier intime m’étourdir aux contes séduisants.  
 Je prenais racine sur des terres fantasmatiques, garçon de l’orage, époussetant la mort dans ses vieilles dentelles, je buvais à sa bouche, poison contre poison : elle était mon seul luxe… Elle m’avait posé sur les gencives un mors délicieux. Elle m’entraînait, moi, le vampire faussement courroucé, dans le dédale reposant des insomnies passives où je perdais conscience de ma condition. Jour après jour, tranquillement, je glissais à ma ruine aux détours tortueux de mon vilain manoir. La jouissance est lente, grandir est douloureux. J’éteignais les coups-bas, les répliques cinglantes, je limitais les dégâts. Seigneur ténébreux de sombre dynastie, j’étais sa proie soumise. Quand à elle, elle était pitoyable, parce que je l’aimais.
 
Nec in lunam incolant
 
 Il y eut de vertes lueurs dans mon cœur congelé. Des tempêtes de feu qui lèchent froidement de mauvais matins. Des flammes sur la glace qui se tordent de douleur. Pourtant la colère est un sentiment d’homme et je ne suis pas humain. Crois-tu toujours que les vampires habitent la lune, avec les âmes trépassées ? Nec in lunam incolant. Nous demeurons au fond des cimetières, avec vous autres, parfois en bonne compagnie. Il y aura certains jours des temps heureux, que j’abandonne aux vrais hommes. Dans les veines des vampires, coulent de purulents venins.
 
 
Des larmes de vermeil
 
 Alicia s’enivrait aux choses réussies. Elle s’aimait mal, moi qui l’aimais tant ! Elle avait tant de compétences, dans cette époque avide aux continus tapages. Elle se perdait souvent sur l’autel des pierres sacrées, pour disposer son rite aux génies des forêts. Je la voyais alors se rendre aux bois cachés consoler les fantômes qui sont morts sans prier leurs hautes Déités. Elle dénouait d’un doigt distrait les fils d’avenir et peignait mon portrait sur son grand chevalet. Elle parlait sans façon à la Déesse-Mère et charmait les Gorgones, les sœurs monstrueuses. Elle tutoyait souvent les êtres de Lumière et connaissait par cœur le jour des éclipses. Elle était l’athanor de l’homme sans âge et venait au matin pourchasser les succubes qui osaient m’entourer. Elle était parfois bonne, mais j’étais si mauvais ! Je voyais dans ses yeux des cristaux purifiés : j’en pleurais sur mes joues des larmes de vermeil. Elle me forçait à vivre et je lui rendais peu.
 
J’ai vu dans les vieux chênes
 
 J’ai vu dans les vieux chênes, en passant dans les parcs, des yeux exorbités et des orbites ouvertes, des écorces nouées, écorchées et vivantes. De chaudes fièvres montaient dans la sève écœurante des branches courbatues. Sur la route déserte rôdaient de tristes résonances. Dans leurs membres froissés tout tordus de furoncles, les arbres chuchotant méditaient à voix basse d’haineuses manigances. Moi, j’avais dans ma cape la clef de l’Atlantide et j’allais fossoyer au fond de vos jardins où je lâchais mes chiens. Tapi bien à l’abri, contre les grottes humides de vos léproseries, je vous espionnais rire sur les taillis vaincus. C’est là qu’invoquant Seth, sur ma chasuble blanche je vis tomber les feuilles, comme des pleurs cuivrés.
 
Assis seul sur la roche  

 Assis seul sur la roche j’entend sonner le grand bourdon. Minuit vient de tinter au sommet du donjon perçant le mont chenu. Les chauves-souris rapides s’abreuvent comme des folles aux rayons élimés du bel astre nocturne. Derrière les volets soigneusement étanches, dos à dos, dorment sans le vouloir les couples infertiles. Je prie. C’est à l’étoile polaire que je confie mes vœux, ma bonne étoile qui s’allume pour moi de ses contours troublants. Au nom de leur humanité, je te met au défi, descend de ton bastion… Jette un peu de douceur à ma face, remet dans son sommeil l’impossible liaison, je te laisse mon amour en otage. Je m’en voudrais si fort d’avoir à la blesser, j’ai été tant de fois lâché par la nature !  Excuse un peu les miens qui sautent sur les vierges dans les sentiers battus, en moins de deux agitent leurs reliques de leurs doigts défaillants, exhalent en sarcasmes leurs haleines vampiriques. Ils ont si mal au ventre ! Il y a dans leurs propos des accents de terreur que je ne peux nier, mais l’on s‘évertue tant aux fausses illusions….  
 Le vampire ne ment pas, ma bonne étoile, c’est la vérité vraie, je te fait remarquer. Avant l’aurore, étoile de saturne, si tu m’écoutes, les bras écartelés, j’aurais si tu le veux un repos éternel, un rais venu de toi flèchera mon visage, un beau fruit d’or ornera rayonnant le front de ton guerrier.  
Requiem aeternam dona eis Domine.


Message édité par talbazar le 11-12-2012 à 18:46:29
n°32634986
baclette
Posté le 11-12-2012 à 19:49:10  profilanswer
 

talbazar a écrit :

merci bien.
Il y en a encore beaucoup d'autres, mais c'est spontané, comme je l'ai déjà dit, donc vraiment inégal.


 :bounce:  :bounce:  
 
Talb,  :ouch: tu le dis toi-même, "c'est spontané"...  
J'ai un pote qui est peintre.  
C'est spontané aussi. Il n'a pas eu besoin d'apprendre.  
C'est un sacré cadeau de la génétique, du hasard et de la nécessité ou du Céleste Barbu.  
Il y a pas mal de personnes qui jouent intuitivement correctement des percussions, certains en jouent très bien.
J'ai pigé il y a peu ce qui me gênait chez certaines jeunes chanteuses qui, si tu fais pas bien attention, te leurrent l'oreille avec une voix "Canada Dry". On dirait de la soul mais en fait ce sont d'excellentes imitatrices.  
Exceptions : Amy Winehouse ou le gars du film de Parker "The commitmants", Andrews Strong...
 
Continue à "Spontanéiser" Talb,  :love:  :love:


Message édité par baclette le 11-12-2012 à 19:52:07
n°32641221
baclette
Posté le 12-12-2012 à 11:29:00  profilanswer
 

Le con tedelile a écrris un bô poemme sur les zéléfans
 
"L'oreille en éventail, la trompe entre les dents" (authentique !)
 
Franchement, leurs trompes... deux falopes !  :D  
 
Alors qu'il est si facile de faire mieux avec les mêmes ingrédients.  
La trompe en éventail, l'oreille entre les dents.

n°32645046
baclette
Posté le 12-12-2012 à 16:22:46  profilanswer
 

Talb, tes écrits "spontanés" me rappellent Ange, les frangins Descamps...
Réveille-toi ! sur Guet-apens. (avec le magnifique "Capitaine Coeur de Miel" )
 
Faudrait chercher les lyrics...

n°32645207
baclette
Posté le 12-12-2012 à 16:37:03  profilanswer
 

Mille excuses si je suis en retard
Mais j'attendais que les enfants s'endorment;
Il a fallu raconter une histoire...
Quand le gardien a fait chanter la grille
De ton caveau nimbé de brouillard,
Alors je me suis avancé sans bruit...
 
Mille excuses si je suis en retard
Mais les enfants t'ont revue sur l'album;
Ton cimetière laisse une allure de square!
La vie s'allume d'une rivière de diamants
Quand ma pensée effeuille ton automne
Je suis venu me conduire en amant...
 
Réveille-toi! Réveille-toi!
Je veux que ce coït fasse que tu ressuscites
Et qu'il suscite en toi des instants de velours!
 
Réveille-toi!
Je ne suis pas venu caresser une légende
Mais un être dont la seule beauté
Étoufferait l'éclair de l'orage, les épées du soleil!
 
Réveille-toi!
Je veux que mon envie dépoussière ton hymen
A grands coups de tendresse,
Qu'il oublie sur ta peau l'ombre de mes désirs...
 
Réveille-toi!
J'entame un long chorus de liquide vagabond
Sur ta chair à musique...
Non! Non! Non! Je ne crois plus en ce coma éternel
 
Paroles / Lyrics: Ange
RÉVEILLE-TOI!
Christian Décamps - Mick Piellard
 
 

Message cité 1 fois
Message édité par baclette le 12-12-2012 à 16:39:01
n°32646437
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 12-12-2012 à 18:10:45  profilanswer
 

baclette a écrit :

Mille excuses si je suis en retard


 
Christian Décamps, oui, je me rappelle les Rocks and folk des années 80, où il animait une rubrique poésie. C'est une écriture sympa, mais qui peut écouter Ange de nos jours ?
Je m'étonne d'ailleurs de cette référence de ta part, mais le rapprochement est judicieux, c'est pas faux. :)

n°32649462
baclette
Posté le 12-12-2012 à 22:28:51  profilanswer
 

Citation :

talbazar :  
mais qui peut écouter Ange de nos jours ?


-Moi, mais on va se faire tirer l'oreille.  
Du roman !  
 
Comment commencer ? Comment continuer ??  
 
Lost, par exemple, le scénar, c'est les fans qui l'ont écrit eux-mêmes sur les forums.  
Pas con !  
 
J'aime bien Belletto...
 
Un mec fatigué, il pense au suicide, comme demandé aux élèves du prof qui va se faire tancer...
 
« J'allai me pencher à la fenêtre, pratiquement murée. On aurait pu atteindre le mur aveugle et lépreux d'en face avec un crayon neuf. Nulle fraîcheur. L'air sans mouvement, ici moins qu'ailleurs, étouffait... J'ouvris la porte-fenêtre. 1er août. La rue de la République était déserte. Lyon s'était vidé en un jour et une nuit. Personne. J'aurais pu me croire seul au monde. Je fis un pas sur le balcon. On ne pouvait d'ailleurs guère en faire plus. » R. Belletto
 

n°32649482
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 12-12-2012 à 22:30:11  profilanswer
 

Y a pas un topic "Chambre d'hôtel" où vous pourriez vous retrouver tous les deux :o ?


---------------
J'aurais voulu être un businessman
n°32654029
moee
Posté le 13-12-2012 à 12:51:19  profilanswer
 

Avez-vous des conseils et astuces pour éviter les répétitions ?
 
Là où je galère, c'est lorsque je tente d'écrire des passages où il y a un seul protagoniste. En l'occurence, c'est une femme et le "elle" revient beaucoup trop souvent à mon goùt. Pour le moment, j'ai décidé de ne pas la décrire physiquement, c'est la rencontre avec une autre personne qui le fera.
 
Les seuls mots qui m'aident pour le moment pour éviter la répétition du "elle" sont: la jeune fille, la fille, l'intéressée, son nom (Claire)
 
Merci

n°32655872
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 13-12-2012 à 15:15:27  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :

Y a pas un topic "Chambre d'hôtel" où vous pourriez vous retrouver tous les deux :o ?


 
tu changeras les draps, si tu veux.

n°32656952
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 13-12-2012 à 16:31:06  profilanswer
 

moee a écrit :

Avez-vous des conseils et astuces pour éviter les répétitions ?

 

Là où je galère, c'est lorsque je tente d'écrire des passages où il y a un seul protagoniste. En l'occurence, c'est une femme et le "elle" revient beaucoup trop souvent à mon goùt. Pour le moment, j'ai décidé de ne pas la décrire physiquement, c'est la rencontre avec une autre personne qui le fera.

 

Les seuls mots qui m'aident pour le moment pour éviter la répétition du "elle" sont: la jeune fille, la fille, l'intéressée, son nom (Claire)

 

Merci

 

Restructurer les phrases + utiliser des ellipses + passer par d'autres personnages ?

 
Citation :

Elle se pencha et ouvrit le sac qui était posé par terre devant elle. Elle en sortit un petit miroir ovale. Elle se regarda dedans. Elle avait le visage rond, les pommettes roses, mais elle n'aimait pas son teint.

 

Qui devient :

 
Citation :

Elle se pencha et ouvrit le sac posé à ses pieds, et en sortit un petit miroir ovale. Par-dessus l'épaule de la jeune femme, Paul aperçut son visage dans la glace, une joue ronde, une pommette rose, et une grimace légère comme si rien ne la satisfaisait de ce qu'elle voyait.

Message cité 3 fois
Message édité par biezdomny le 13-12-2012 à 16:32:00

---------------
Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°32658308
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 13-12-2012 à 18:00:04  profilanswer
 

biezdomny a écrit :

 

Restructurer les phrases + utiliser des ellipses + passer par d'autres personnages ?

 
Citation :

Elle se pencha et ouvrit le sac qui était posé par terre devant elle. Elle en sortit un petit miroir ovale. Elle se regarda dedans. Elle avait le visage rond, les pommettes roses, mais elle n'aimait pas son teint.

 

Qui devient :

 
Citation :

Elle se pencha et ouvrit le sac posé à ses pieds, et en sortit un petit miroir ovale. Par-dessus l'épaule de la jeune femme, Paul aperçut son visage dans la glace, une joue ronde, une pommette rose, et une grimace légère comme si rien ne la satisfaisait de ce qu'elle voyait.


 

tout à fait, oui, je suis bien d'accord. On sort de cette façon franchement honorable du télégraphié. ;)


Message édité par talbazar le 13-12-2012 à 18:00:20
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