freeza01 a écrit :
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11.02.2009
Pourquoi la crise du crédit va continuer jusqu'en 2011.
La pénurie de crédit devrait continuer jusqu’en 2011 et 2013. Et donc la récession mondiale.
On connaît les « subprimes ». Le terme est générique. Le cas le plus etrême est ce que les financiers surnomment avec un cynisme certain les « prêts Ninja », en référence aux voleurs japonais qui s’introduisaient nuitamment pour dépouiller les marchands. Ces « prêts de voleurs » consistaient à avancer de l’argent à un type « sans revenu, sans boulot et sans actif », voire sans papier s’il était un immigré clandestin, en lui faisait miroiter l’essence du rêve américain : posséder son sweet home.
Les catégories plus fortunées ne sont pas oubliées. Il y a les Alt-A , alternative A papers destinés à la classe moyenne, les « jumbo » réservés à ceux capables de lever jusqu’à 1 ou 2 millions de dollars. Et les « super-jumbo », encore plus gros.
Le point commun de ces instruments est qu’ils étaient accordés sans réelle évaluation du risque, c’est-à-dire de la capacité de l’emprunteur à rembourser. Cet aspect aurait du refroidir la générosité des préteurs. Mais que nenni ! La tentation était trop forte. Les mauvais risques équivalent à des taux d’intérêts plus élevés, donc à d’avantage de profits. Et comme malgré tout le risque demeurait, ils ont trouvé une autre parade : transformer le risque en marchandise, c’est-à-dire le vendre sur le marché secondaire tel une action à la bourse qui au fil des séances passe de main en main. A chaque fois, évidemment, l’intermédiaire empoche une commission allant de 0.5 à 2.5% du montant. Plus vite ces produits circulent et plus les commissions s’accumulent. D’où les bonus extravagants de ces derniers années empochés par les fines lames de la finance. 4 milliards d’euros distribués en décembre 2007 aux mille « meilleurs traders » de Londres par exemple ! D’où également les rendements mirobolants de 40% annuels des « hedge funds », ces fonds spécialisés dans le négoce du risque. http://crisevousavezditcrises.blog [...] 770262.gif
graphique repris du WSJ
Le raisonnement était parfait... comme celui l’autruche qui la tête dans le sable se persuade d’être à l’abri du danger. Le risque revendu n’a pas disparu parce qu’il n’est plus chez le vendeur : il est resté bel et bien dans le système. D’autant que « les intervenants dans ce genre de produits sont peu nombreux et qu’à force de circuler le risque est revenu entre les mains du premier de la chaîne » selon David Roche de Indépendant Strategy et auteur de New Monetarism, publié en 2007 et l’une des premières études sur la folie de notre époque.
Les historiens retiendront que le premier coup de la Crise des subprimes remonte à février 2007 lorsque la banque anglaise HSBC annonce qu’elle perd 10 milliards de dollars avec son portefeuille de prêts immobilier aux Etats-Unis. La déconfiture de la HSBC sont symptomatiques des errements de la profession. Cette vénérable institution fondée au 19ième siècle à Shanghai a prospéré peinardement en faisant ce qui est l’essence du métier des banquiers : emprunter et prêter un peu plus cher. Mais à partir des années quatre-vingt-dix, « The Bank » s’est diversifié en succombant à l’attrait des rendements juteux du crédit immobilier aux Etats-Unis comme bien d’autres établissements honorables (Deutsche Bank, ING...)
Les appétits dûment excités par l’administration Bush ont dans un premier temps entraîné vers le haut le reste du monde. Aujourd’hui, ils l’entraînent vers le bas. Le crédit répond à un principe : généralement une banque prête un peu moins de dix fois le montant de l’argent qu’elle a en caisse, - ce ratio est monté jusqu’à trente fois avant 2007, mais c’est suicidaire -. En gros, dès que ses comptes sont crédités d’un euro, le banquier avance à d’autres quidams environ 10 euros. Mais lorsque les banques doivent passer l’éponge sur les ardoises laissées par des emprunteurs dans la panade, cet euro dépensé revient à réduire de 10 euros le crédit disponible.
Le total des ARMs, ARMs à options, Alt-A... , de toute cette pacotille financière regroupée dans les « subprimes », frise 2 000 milliards de dollars. En extrapolant à partir de la vitesse à laquelle ces prêts deviennent irrécupérables, les pessimistes estiment que 70 à 80% finiront à la poubelle d’ici 2011, voire jusqu’en 2013. Car le pire est devant nous. En effet, les taux d’intérêts de ces prêts ont été fixés très bas pour appâter le chaland lorsqu’ils ont été délivrés. Ils sont relevés ensuite brutalement. Déjà en prise avec l’effondrement de l’immobilier ( - 20% et probablement moins 30% à venir aux Etats-Unis), de la bourse (-40% à travers le monde), menacé de perdre son emploi à cause de la récession, l’emprunteur n’a d’autres choix que remettre les clés de sa propriété. Au créancier d’absorber la perte.
En conséquence, redouter une contraction du marché du crédit de 8 à 10 000 milliards de dollars ne relève pas de la psychose. Pour donner une idée du choc à venir, cela revient à rayer d’un trait de plume l’équivalent de 60 à 80% du PNB américain !
(par Bruno Birolli)
ILS ONT DIT... ET ONT EU TORT DE LE FAIRE :
« Le système capitaliste a en lui même, je dirai presque génétiquement , la capacité à tenir compte de l’intérêt de l’ensemble de la société ».
Jean Marie Messier.
« Le capitalisme financier n’est pas seulement anglo-saxon. Il est universel et a de beaux jours devant lui tout simplement parce qu’il n’est pas une création arbitraire comme pouvait l’être un système de type soviétique. Ce capitalisme là est l’expression d’innombrables processus spontanés crées pour répondre aux besoins des êtres humains » Pascal Salin, professeur à l’université Paris Dauphine, in Le Monde du 1° octobre 2008
(Avec Jean Jacques Chiquelin)[/quote]
Voilà. En fait, tout le blog est édifiant.
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