Citation :
L'accroissement constant de la productivité dans un marché limité à la population solvable de la planète est à l'origine de la crise.
L'efficacité croissante, l'automatisation et l'utilisation de main d'oeuvre au plus faible coût, entraînent la disparition des entreprises les moins financièrement performantes.
Le marché solvable non seulement limité, se contracte:
La réduction de la masse salariale entraîne une réduction du marché solvable, ce qui conduit à une réduction de la consommation d'où nouvelles faillites. Il s'agit là d'un cercle vicieux.
Aussi, à terme une seule entreprise suffirait à satisfaire les besoins de la minorité disposant encore de ressources.
Déjà elles se regroupent par secteur d'activité (automobile, électronique...) à l'échelle mondiale.
Les actifs d'aujourd'hui, indépendamment de leurs compétences, seront exclus du système économique:
Nul besoin en effet de disposer d'un grand nombre de représentants d'une même discipline.
Si le système économique mondial n'est pas remis en cause, nous en serons pratiquement tous exclus.
Il est et sera seulement possible de freiner cette évolution.
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Conjointement à la disparition d'entreprises, l'argent tend à ne plus circuler qu'autour des rentiers, puisque les revenus du travail s'amenuisent:
Si les revenus du capital sont supérieurs a ce qu'il est nécessaire de dépenser pour vivre, l'argent s'accumule de lui même, et d'autant plus vite que la rente est élevée et les prix bas.
Cette accumulation prendra fin avec l'insolvabilité des débiteurs.
A terme les détenteurs de capitaux posséderont tout.
Pour les autres l'argent aura disparu. Pratiquement ils
n'auront plus aucun droit, et la violence sera leur seul moyen de ne pas tomber dans l'oubli.
Un exemple permet d'illustrer ce raisonnement:
Soit une population active de 100 personnes.
Dans un premier temps le travail des 100 ne permet pas de satisfaire l'ensemble des besoins solvables: il y a plein emploi.
Dans un second temps, la productivité croissant, le travail de 90 suffit pour satisfaire les 100.
Dix se trouvent alors sans emploi, et consomment jusqu'à épuisement de leurs ressources, après quoi elles seront exclues.
La population solvable n'est plus 100 mais 90. Quatre-vingt-une personnes suffisent à satisfaire les 90, et 9 seront exclues.
Reste alors 81 personnes solvables dont 73 travaillent, d'où à nouveau 8 exclues, etc..
La population active restante concentre l'argent. Les salaires n'augmenteront pas pour autant puisque le marché du travail leur est défavorable. Seuls les propriétaires des entreprises survivantes et les rentiers accumulent l'ensemble des richesses.
Si de plus la productivité croît, le phénomène s'accélère et se stabilisera lorsque la population active sera suffisamment faible pour être non divisible.
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Comment en est on arrivé là?
Jusqu'au siècle dernier, un produit se vendait car il correspondait à un réel besoin. Le problème d'écouler des marchandises ne se posait donc pas.
Le travail de chacun était nécessaire face à la rareté des choses.
L'accroissement permanent de la capacité de production industrielle au cours de notre siècle fit que l'offre dépassa et donc précéda la demande. Il fallut persuader le consommateur qu'il ne peut se passer de ce qu'on lui propose.
Consommer devint indispensable non pas pour l'existence de l'individu, qui ne fut plus prise en compte, mais pour la survie du système économique.
L' "indice de consommation" est d'ailleurs officiellement un reflet de la santé de l'économie.
Il n'existe pas d'indice reflétant la santé sociale.
On assista à une escalade aux armements financiers et commerciaux dont la mission fut d'exploiter méthodiquement le consommateur. La guerre économique commençait.
Ces nouveaux secteurs d'activité, bien qu'improductifs, et ne générant pas de service utile, participèrent au fonctionnement de l'économie en ce sens que si leurs acteurs ne sont pas producteurs, du moins ils contribuent à la circulation de la monnaie.
Et en tant que consommateurs ils absorbent une part de la production, participant ainsi, de manière parasite, à l'équilibre du système.
L'importance croissante de ces nouveaux secteurs d'activité ne parvint cependant pas à absorber les incessants gains de productivité déjà cités.
D'où cette crise d'une nature et d'une ampleur mondiale encore jamais vue dans l'histoire de l'humanité.
Seul un cataclysme touchant les détenteurs de capitaux, tel une guerre mondiale, de par la forte demande industrielle qu'il entraînerait, pourrait la résorber, pour un temps.
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Le devenir de l'humanité n'est pas pensé, mais est seulement le jouet de la civilisation dominante.
La Terre apparaît à l'homme comme un espace infini aux ressources inépuisables.
Il a toujours lutté contre son environnement et travaillé pour vivre.
Ce sens de la lutte et du travail lui apparaît comme indispensable à sa propre survie, ceci non par réflexion, mais par instinct.
L'aspect négatif de ce que son instinct lui dicte est ignoré, voire nié, sinon dans les mots du moins dans les faits:
C'est pourquoi l'on dit "pays en voie de développement" pour désigner le tiers monde où l'occident a réussi à installer le capitalisme, où "tiers-monde" pour désigner les pays où il n'y parvient pas.
L'exclusion, l'outrancière exploitation des pauvres, où encore les risques à long terme liés aux centrales nucléaires sont ignorés, de même que l'éventualité d'une non reprise économique.
Le côté négatif des choses est nié, seul le côté positif est pris en compte.
C'est là le moyen d'aller toujours dans le bon sens
L'hypocrisie a aussi sa place:
Ainsi l'égoïsme de chacun est dénoncé comme responsable de bien des maux.
Dans les faits, a moins d'ètre un saint, l'égoïsme est une qualité indispensable pour vivre confortablement dans notre système!
En effet, ne pas l'être implique de partager le sort des plus démunis.
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On ne peut rien espérer du système actuel.
En effet les gouvernants et spécialistes en charge de nos problèmes de société ne peuvent avoir une vision de l'avenir autre que celle qui les conforterait dans leur vision déformée du présent.
Il leur faudrait pour cela douter des théories sur lesquelles ils sont assis. Par la même ils s'excluraient du système qui les protège.
De plus ils bénéficient de la collaboration active du peuple pour qui il semble naturel qu'il y ait des gagnants et des perdants:
L'esprit de compétition contre les autres est enseigné dès le plus jeune âge.
Le vainqueur reçoit gloire et récompense.
Le dernier est ignoré où exploité.
Celui qui ne peut où ne veut collaborer est exclu.
Ainsi acquiert-on la certitude qu'il est normal que le fort profite du faible beaucoup plus que l'inverse, dans un monde où les rapports économiques semblent définitivement établis.
La compétition (avec perdant) est un remède contre le soulèvement des exclus, elle permet de justifier les inégalités:
"Ne te plains pas, il y en a beaucoup qui aimeraient avoir ta place...", où "Si tu n'as pas réussi c'est de ta faute...", où encore "Regarde celui qui a construit un empire en partant de rien...".
Bien au contraire, si la compétition est un moteur, elle devrait se pratiquer avec les autres et non contre les autres.
La liberté dont nous jouissons est bien utopique. En pratique, à défaut d'être prince, le choix est de réussir à s'insérer dans le système, quitte à en être esclave où parasite, où de vivre dans la rue.
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Que peut il se passer?
La marginalisation, conséquence actuelle du chômage, est source de troubles sociaux et en ce sens dérange la société établie.
C'est pourquoi l'état s'efforce de lutter contre le chômage, afin de préserver son pouvoir.
Il ne connait qu'une issue à la crise: la reprise de la croissance par la consommation.
S'il s'agissait là de permettre à un plus grand nombre d'individus d'accéder à des conditions de vie décente, le travail ne manquerait pas, du moins pour quelques décennies. Mais l'accroissement de la consommation ne concerne que la population solvable puisqu'il est nécessaire de faire du profit.
Deux facteurs s'opposent néanmoins à cette logique:
- La diminution de la population solvable.
- La limitation des ressources naturelles.
Toutefois par des artifices politiques, et à défaut d'une prise de conscience généralisée, il serait possible, pour un temps, de relancer la croissance tant que les limites physiques ne sont pas atteintes:
- Explosion sociale dont l'issue serait imprévisible.
- Désastre écologique.
Ces phénomènes sont déjà engagés.
En attendant, pour prévenir les troubles sociaux, il ne reste que des palliatifs:
- Recréer des emplois précaires, tels ceux que l'on connaissait au début du siècle.
- Expulser de nos frontières certains individus sans intérêt économique.
- Interner les fauteurs de troubles.
- Affirmer l'existence de forces de l'ordre, gardiennes de la paix et de la morale, et créer des ghettos de privilégiés.
- Multiplier les institutions caritatives, et les célébrations, facteurs de paix sociale et de bonne conscience collective.
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Que faire?
Il y a deux manières de répondre:
1- Si l'on ne remet pas en cause le système économique actuel, l'emploi, quel qu'il soit, est le seul moyen de sortir de l'exclusion.
Le sort de l'esclave est enviable aux yeux de l'exclu.
D'où les très nombreux discours de "responsables" à la recherche de "nouvelles" solutions pour créer des "emplois".
De ces raisonnements simplistes et omniprésents découle une question à laquelle, dans le système économique actuel, personne ne sait répondre: comment financer de nouveaux emplois ?
D'autre part elle sous entend que l'on ne puisse vivre sans travailler, et réciproquement que le travail permet de vivre.
Pour le moins ces théories manquent de rigueur:
Il est évident, si l'on a la fortune et une activité librement choisie, que l'on puisse vivre sans travailler, et il est tout aussi évident que l'on ne puisse qualifier de vivre le fait de travailler pour une existence misérable.
2- La remise en cause du système économique autorise une autre manière de voir:
D'une part le problème n'est plus de partager les revenus du travail, qui vont en s'amenuisant, mais de distribuer des richesses qui, pour l'essentiel, existent en surnombre: excédants agricoles, industriels où immobiliers...
D'autre part ce n'est pas le travail qui doit être partagé, mais l'ensemble des activités.
Cela devrait être à la base d'un nouveau système économique.
Cette proposition peut être considérée de prime abord comme absurde. Mais face au chômage massif de jeunes surdiplômés, la notion d'absurdité est toute relative.
L'avenir des jeunes passe par une remise en cause du système économique qui, tel une main invisible, dicte le rôle que chacun d'entre eux aura dans la société.
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Pour penser un système économique viable encore faut il en avoir fixé les objectifs.
Si "lutter contre le chômage" n'a pas de sens, lutter contre la misère en a un. Empêcher le développement de la misère n'est pas une affaire de charité. La charité n'a jamais pu que la soulager ponctuellement.
Eliminer la misère est du ressort de la gestion de la planète.
La misère n'est pas la conséquence d'une quelconque pénurie, les ressources humaines et matérielles existent en abondance - c'est d'ailleurs pour cela qu'il y a crise ! - mais l'intégrisme capitaliste conduit le pouvoir à rejeter les 3/4 de l'humanité que les hasards de la vie ont dépourvu d'argent.
L'argent -monnaie- est la seule "matière première" qui fasse l'objet d'une pénurie bien réelle, mais seulement dictée par des raisons politiques qui produisent donc l'exclusion.
L'argent matérialise le pouvoir absolu. La liberté et la démocratie y sont soumises.
Les problèmes financiers des partis politiques en sont une illustration.
Il est illusoire de penser que l'on puisse infléchir l'évolution de la crise sans d'abord remettre en cause ce pouvoir suprême, et donc les règles qui président à la création et à la circulation de la monnaie.
Contribuer à l'évolution de la conscience populaire est essentiel car d'elle dépend la naissance d'un monde nouveau.
Si nous ne savons conduire cette évolution, elle aura lieu par la force des choses lorsque les actuels privilégiés seront touchés en nombre. L'effondrement du système actuel, tant redouté des privilégiés, est le seul espoir des exclus.
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