limonaire Savoir renoncer avec grâce | aroll a écrit :
Bonjour limonaire.
Tu n'as rien répondu à mon message précédent, mais je me suis aperçut qu'il était mal "quoté".
C'est sans doute la raison de ta non réaction, je te le remet donc:
Citation :
limonaire a écrit :
1) J'ai ici l'évolution du nombre de familles monoparentales : http://www.senat.fr/rap/r05-388/r05-3884.gif
En gros, en % de la population ( qui a augmenté entretemps), le nombre de familles monoparentales a doublé de 1962 à 1999.
Je n'ai pas trouvé celui des ménages unipersonnels, mais je ne crois pas non plus me tromper en disant qu'il est lui aussi en forte hausse. On se mariait très jeune (plus tôt qu'aujourd'hui) et presque tout le monde se mariait.
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Attention, je n'ai pas dit que le nombre de familles monoparentales n'avait nettement augmenté, j'ai dit seulement que si l'on pouvait faire vivre une famille nombreuses avec un salaire, c'était encore plus facile tout seul, point.
Citation :
limonaire a écrit :
2) Dans les années 50 ou 60, de nombreux ménages vivaient effectivement avec un seul salaire mais :
- la femme accomplissait des tâches domestiques équivalent à un revenu (cuisine, ménage, élever les enfants) : faire la cuisine à partir de produits bruts coûte moins cher que les céréales qu'on sert au petit déjeuner, même dans les familles pauvres
- le niveau de vie était plus bas et on se contentait de peu : par exemple, on était deux ou trois par chambre, et on se refilait les vêtements entre frères, on n'avait des loisirs peu coûteux.
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C'est exacte, mais c'est encore le cas aujourd'hui dans beaucoup de famille, et cela n'empêche qu'il leur serait impossible de vivre, même dans ces conditions, avec 500 €, et cela, même corrigé des dérives des loyers.
Citation :
limonaire a écrit :
- les enfants quittaient le domicile familial très tôt pour travailler.
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D'accord mais avant qu'ils ne trouvent un travail et quittent le domicile, le seul salaire du père suffisait (péniblement certes, mais suffisait), alors que de nos jours ce n'est même pas envisageable (je veux dire pour ton chiffre de 500 €, même corrigé du loyer)
Citation :
limonaire a écrit :
3) Quand je dis qu'on ne pouvait vivre seul, c'est bien sûr essentiellement des femmes que je parle
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OK, eh bien si leur (ex)mari pouvait les faire vivre avec son seul salaire (au Smic), alors elles auraient pu aussi vivre avec un Smic, et c'est plus leur "non travail" que la croissance de la productivité qui explique cette différence.
Citation :
limonaire a écrit :
4) Avec moins de 1000 euros quand on est seul, on vit effectivement très mal.
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Il y en a même qui doivent faire vivre toute une famille avec ce même montant..
Citation :
limonaire a écrit :
Mais on peut se loger : chez les parents (comme cela se faisait assez couramment dans les années 50 ou 60, où un des frères vivaient avec les parents), en colocation, ou dans un studio (HLM ou avec APL). Je choque volontairement en écrivant cela, bien que cela soit la réalité. Mais je veux surtout réaffirmer le logement n'est pas un droit de l'homme absolu, au sens de la déclaration de 1789 : c'est un droit créance qui n'existe que si l'on exerce une contrainte sur d'autres personnes qui doivent vous loger. C'est donc un droit contingent, aléatoire, qui dépend du niveau de vie de la société.
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Et si je défends l'idée que le logement doit être un droit de l'homme absolu, est-ce que cela te choque?
Citation :
limonaire a écrit :
Se loger est en fait de plus en plus facile au fur et à mesure qu'il y a des gains de productivité. J'avais déjà donné ici la statistique de la taille moyenne des logements : elle augmente depuis 1970. Pour les pauvres, cela reste effectivement difficile, mais guère plus que dans les années 50 ou 60 dont tu parles (existence de taudis, appel de l'Abbé Pierre, bidonvilles). Leur sort s'améliore, même si on peut toujours trouver que ce n'est pas assez rapide.
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Si je te dis qu'il existe un certains nombre de choses (un nombre restreint, rassure-toi) qui ne doivent pas dépendre de l'éventuelle évolution future de la société, mais qui sont une vraie priorité "civilisationnelle", ça te choque aussi?
Eh bien ,pour moi, le logement en fait partie.
Citation :
limonaire a écrit :
Si cette amélioration est moins évidente pour le logement, c'est qu'on mène des politiques malthusiennes dans le logement qui pénalisent les plus pauvres, les outsiders. Et que la spéculation depuis 2000 a contribué a doubler artificiellement les prix de l'immobilier.
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C'est exacte, mais chaque fois que tu remets ce fait en lumière sans autre commentaires ou propositions, je me surprends à penser que la dénonciation de l'état te suffit, alors que c'est une SOLUTION qu'il faudrait proposer, et une solution rapide, bien plus rapide que d'espérer les conséquences éventuelles et lointaines de l'avènement d'un libéralisme suffisamment vrai pour te convenir....
Citation :
limonaire a écrit :
Mais derrière cette raréfaction du foncier et cette spéculation, il y a d'abord et avant tout des politiques publiques. C'est à elles qu'il faut s'attaquer si on veut améliorer le sort des pauvres.
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C'est ce que je disais, d'abord changer la politique et peut-être que dans 5 ou 10 ans, si tout se passe comme prévu...
Je me demande si ton discours serait à ce point "détaché" si tu cherchais vainement un logement décent depuis plusieurs années...
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aroll a écrit :
Je n'ai jamais dit une telle chose, et ma pensée est quand même un peu plus "construite" que ça.
Citation :
limonaire a écrit :
5) On peut si on raisonne comme toi augmenter le Smic à 1500 euros, comme le proposent certains (contre 1055 aujourd'hui).
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Je n'ai jamais dit (ni demandé) cela non plus.....................................
Citation :
limonaire a écrit :
Crois-tu vraiment que cela n'augmentera pas le chômage ? crois-tu vraiment que l'on peut payer les gens 40% de plus sans qu'il y ait en contrepartie une productivité accrue de 40% ? D'où viennent les revenus : de la poche du ministre qui signe le décret ou des gains de productivité ?
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.................................. Justement parce que je sais que cela augmente le chômage, et que je sais que l'argent ne sort pas de la poche du ministre, SURTOUT LE MINISTRE!!!!!!
Amicalement, Alain
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Si j'avais lu, mais la flemme. Je dis trois choses : en saucissonnant mon propos tu en dis 12. Si je commentais chacun des 12 points, tu répondrais peut-être ne 36 points. On ne s'en sort pas. C'est la limité de la discussion sur un forum. Il faudrait en fait se concentrer sur le coeur du débat et laisser de côté les points annexes.
Si je te comprends bien, tu veux dire qu'on arrivait à vivre avec un seul salaire, même faible, dans les années 50 ou 60, seul ou en famille. Et aujourd'hui, même si le Smic est un obstacle à l'emploi, sa suppression baisserait les salaires à un niveau tel qu'il serait impossible de vivre seul.
Je réponds 1) A long terme, une politique libérale (relance de l'épargne notamment) permettrait d'une part d'augmenter tous les salaires dans des proportion sensibles, d'autre part, offrirait des perspectives d'évolution que l'écrasement actuel de la hiérarchie des salaires ne permet pas. Il y aurait des travailleurs pauvres, mais cela ne durerait pas (ce qui rejoint cette autre idée qu'il est plus important de connaître la durée dans laquelle on touche un salaire de misère que le taux de pauvres en tant que tel). Il faut bien comprendre qu'on ne peut pas résoudre le problème des bas salaires par la hausse administrée et rapide de ces salaires : ça ne marche pas, ça crée du chômage. Seuls les gains de productivité créent la hausse durable des salaires, sans chômage. Ce qui est drôle, c'est que les mêmes qui accusent le libéralisme de créer des salaires faibles avec lesquels on ne peut pas vivre (ce que j'admets, mais à court terme seulement) n'accusent jamais les politiques interventionnistes de créer du chômage quand un Smic est instauré. Quand il n'y a pas de Smic (mesure libérale) : le chômage disparaît et les salaires sont faibles, mais c'est la faute du libéralisme. Et quand il y a un Smic (mesure non libérale) : le chômage de masse apparaît, et c'est encore la faute du libéralisme. C'est à ça que l'on voit que certaines façons de penser relèvent de l'idéologie, car elles ne sont pas réfutables au sens de Popper. 2) Le fait que les gens puissent dans les années 50 avec un seul salaire élever une famille s'explique largement par le fait que le standard de vie de l'époque était très frugal, et serait aujourd'hui peu accepté. Par ailleurs, on sous-estime le fait que l'habitat collectif (au sens où on héberge le grand-père, qui apporte sa retraite au revenu de la famille) était plus répandu qu'on ne le pense. 3) Par ailleurs, les logements sont chers à cause de la réglementation étatique. Tu me réponds, je veux bien, mais c'est une solution à long terme. O que non : si on libéralisait le foncier et les loyers, la construction de logements repartirait très rapidement. Or, il faut 6 mois ou un an maxi entre le moment où on décide de construire et le moment où le bien est loué. Le problème serait résolu très rapidement. 4) Maintenant, si tu demandes des solutions à très court terme, il n'en est pas de bonne. Il faut alors, si on veut soulager immédiatement la misère, subventionner encore et toujours. Mais ce faisant on prolonge et aggrave le mal qu'on n'était censé faire disparaître. On guérit le symptôme (les gens mal logés) mais pas la cause réelle (la pénurie de logements lié à la politique de l'Etat). Le problème est que, démocratie et cycle électoral obligent, on ne cesse depuis des années de prendre des décisions à court terme, sous la pression de gens comme toi qui demandent des réponses urgentes. Or, l'Etat par sa politique de logement nous a éloignés de l'optimum ; revenir à l'optimum, çàd passer du point A au point B, suppose inévitablement des coûts de transition, qu'on ne peut éviter. Un peu comme a Russie qui passe du communisme au marché : ça ne se fait pas sans casser des oeufs, çàd sans que certains y perdent provisoirement ( car à long terme, en revanche tout le monde est gagnant).
On dit souvent : le libéralisme est cruel car il crée des bas salaires, il jette les gens à la rue, etc. Mais c'est ce qui se produit seulement à court terme ; car à long terme, le marché loge mieux les gens, offre de meilleurs salaires, etc. La comparaison RFA-RDA ou entre les deux Corées le démontre amplement. Si, à court terme, le libéralisme donne des résultats en apparence inhumains, la cause en est le coûts de transition pour passer de A à B. C'est parce que le logement est réglementé depuis un siècle que, si on retire cette réglementation, temporairement, des ajustements douloureux se font. Mais, parce qu'il y a ces ajustements à court terme, faut-il y renoncer et maintenir l'interventionnisme dont on sait et on voit qu'il crée de la pénurie et des logements chers ? Si on supprime la réglementation des loyers, comme il n'y a pas pas plus de logements, les loyers flamberont immédiatement : et cela fera les unes du Monde diplo ou de Marianne pour stigmatiser l'inefficacité et l'injustice du libéralisme. Mais à moyen terme (un an, deux ans), la liberté de construire, si elle aussi est restaurée, entraînera une offre abondante de logements qui fera baisser les loyers. Mais la phase de hausse temporaire des loyers est inévitable pour rétablir les incitations à produire des logements : elle est douloureuse et coûteuse, mais inévitable. Mais ce n'est pas le libéralisme qui en est la cause : mais bien l'interventionnisme antérieur qui a crée cette pénurie de logements. De même, les problèmes de la Russie dans les années 1990 (forte chute du Pib) ne sont pas à mettre sur le dos du libéralisme : c'est en fait l'ultime conséquence de l'économie administrée qui prévalait jusqu'en 1991.
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