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La crise actuelle sera...




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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°24359445
patx3
Posté le 24-10-2010 à 01:00:11  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 
 
Ca commence mal ton article, il confond Allied Irish Bank et Anglo Irish Bank... :D

mood
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Posté le 24-10-2010 à 01:00:11  profilanswer
 

n°24359459
Profil sup​primé
Posté le 24-10-2010 à 01:02:21  answer
 

Camelot2 a écrit :


 
N+1?N+2?N+3?...
 
Pour savoir le nombre de personnes à décapiter.  :o  
 


 
En attend, ceux qui se font décapiter, sont tout en bas de la pyramide   :o  
 
http://polluxe.free.fr/images/bonus.jpg

n°24359476
python
Posté le 24-10-2010 à 01:04:50  profilanswer
 

n0name a écrit :


 
Ne confond pas tout : je suis pour la sauvegarde de la planète et la responsabilisation de l'être humain.
Malheureusement, je ne suis pas convaincu qu'on prenne les meilleures décisions.


 
Je peux t'en donner un cas décevant qui montre que l'argent rend les gens riches complètement dingues et imbéciles et stupides :o  
 
La société des alcools du Québec qui a le monopole de la vente d'alcool devrait consigner les bouteilles de vin.  
 
Elle ne le fait pas car ça leur couterait trop cher : 38 M$ alors qu'elle fait déjà largement des profits.  :pfff:
 
La même société des alcools de la province voisine se responsabilise et ramasse les bouteilles.  Pourquoi pas dans notre province? :fou:

Message cité 1 fois
Message édité par python le 24-10-2010 à 01:08:08
n°24359525
Profil sup​primé
Posté le 24-10-2010 à 01:11:30  answer
 

patx3 a écrit :


 
Ca commence mal ton article, il confond Allied Irish Bank et Anglo Irish Bank... :D


 
Je crois pas non, mais c'est pas impossible. Mais les deux banques sont dans un etat critique !!
 

Citation :

Allied Irish Banks douche les ambitions américaines de Santander
 
Contrainte de trouver 10,4 milliards d'euros d'ici fin 2010, la banque irlandaise fait un appel public au marché pour céder sa part dans M&T
http://www.agefi.fr/articles/Allie [...] 53099.html


n°24359592
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 24-10-2010 à 01:19:25  profilanswer
 

python a écrit :

 

Je peux t'en donner un cas décevant qui montre que l'argent rend les gens riches complètement dingues et imbéciles et stupides :o  

 

La société des alcools du Québec qui a le monopole de la vente d'alcool devrait consigner les bouteilles de vin.  

 

Elle ne le fait pas car ça leur couterait trop cher : 38 M$ alors qu'elle fait déjà largement des profits.  :pfff:

 

La même société des alcools de la province voisine se responsabilise et ramasse les bouteilles.  Pourquoi pas dans notre province? :fou:

 

La réponse est dans ta question : monopole.

n°24359672
python
Posté le 24-10-2010 à 01:26:10  profilanswer
 

n0name a écrit :


 
La réponse est dans ta question : monopole.


 
Oui mais le Liquor Control Board of Ontario est aussi un monopole ? ta réponse n'est pas claire.


Message édité par python le 24-10-2010 à 01:27:19
n°24359674
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 24-10-2010 à 01:26:21  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
Je pense que Zmed est capable de se débrouiller tout seul comme un grand, tu ne lui fais pas honneur en l'assistant :o
 
Bolchévik est le pendant de néolibéral, ce n'est pas une insulte, sutout que c'est une private joke sur le topic :o
 
Par contre traiter les financiers de voleurs ou de racailles comme ça arrive régulièrement dans les posts de Zmed sans que personne s'en émeuve (même pas les gens concernés), voire les gens de connard oui c'est de l'insulte.  
 
Alors la fable du gentil zmedou contre les vilains libéraux aigris un autre jour ok thx :)


 
C'est ça fait le pauvre vierge effarouché...
 
Sinon en gras :
 
Ouvre un livre d'histoire de temps en temps, sors de tes livres de comptes pipés, ouvre toi à la diversité du monde, ciao biz  [:zoubiv]  !
 
 
 
 

n°24359836
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 24-10-2010 à 01:47:07  profilanswer
 

Serpico7 a écrit :


 
C'est ça fait le pauvre vierge effarouché...
 
Sinon en gras :
 
Ouvre un livre d'histoire de temps en temps, sors de tes livres de comptes pipés, ouvre toi à la diversité du monde, ciao biz  [:zoubiv]  !


 
Donc d'après toi ils auraient aussi bien pu appeler leur mouvement "groupe des connards"
 
 
Site du Groupe Bolchevik: http://www.revolution-socialiste.info/
 
 
et pour la dernière phrase
 

Citation :

ravale ton fiel...


 


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24359850
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 24-10-2010 à 01:49:00  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
Donc d'après toi ils auraient aussi bien pu appeler leur mouvement "groupe des connards"
 
 
Site du Groupe Bolchevik: http://www.revolution-socialiste.info/
 
 
et pour la dernière phrase
 

Citation :

ravale ton fiel...


 


 
Non sinon t'aurais reçu une carte d'office, t'imagine bien....
 
Et des pendants au néo-libéralisme y en a une myriade ... c'est là que tu te plantes.
 
Allez .... dors bien.
 

n°24359863
python
Posté le 24-10-2010 à 01:50:39  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
Donc d'après toi ils auraient aussi bien pu appeler leur mouvement "groupe des connards"
 
 
Site du Groupe Bolchevik: http://www.revolution-socialiste.info/
 
 
et pour la dernière phrase
 

Citation :

ravale ton fiel...


 


 
Ton argent ne sert à rien si tu ne peux pas vivre en santé sur une planete malade et polluée par les libéraux

mood
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Posté le 24-10-2010 à 01:50:39  profilanswer
 

n°24359967
Serpico7
Net______________________worK
Posté le 24-10-2010 à 02:08:11  profilanswer
 

python a écrit :


 
Ton argent ne sert à rien si tu ne peux pas vivre en santé sur une planete malade et polluée par les libéraux


 
Mais les solutions sont multiples, et le libéralisme peut à certains égard faciliter certains échanges, par exemple pour les produits de commerce équitable par exemple, tant que cette liberté n'est pas réservée à ceux qui peuvent se la payer, elle reste intéressante à prendre.
 
Le fait d'utiliser le terme "bolcheviks" ne fait que mettre à jour le binarisme de celui qui l'a utilisé ;)

n°24366027
freeza01
Posté le 24-10-2010 à 20:15:38  profilanswer
 

selon le site midilibre qui est par ailleurs par terre sous l'affluence, Georges Frêche est mort cet aprèm
 
 
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/ [...] decede.php
 
 
Je relaie l'information ici pour que peaceful sabre le champagne ce soir :o


---------------
L'humanité est surévaluée|De la joie et de la bonne humeur, par un cancéreux.|.
n°24366047
Comet
Posté le 24-10-2010 à 20:16:46  profilanswer
 

freeza01 a écrit :

selon le site midilibre qui est par ailleurs par terre sous l'affluence, Georges Frêche est mort cet aprèm

 


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/ [...] decede.php

 


Je relaie l'information ici pour que peaceful sabre le champagne ce soir :o


C'est assez morbide le   [:vinz416:1], en dessous  :sweat:


Message édité par Comet le 24-10-2010 à 20:17:21

---------------
*** ***
n°24366326
freeza01
Posté le 24-10-2010 à 20:41:40  profilanswer
 
n°24366531
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 24-10-2010 à 20:57:22  profilanswer
 

Il ne m'a rien fait ce pauvre monsieur :o


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24366554
freeza01
Posté le 24-10-2010 à 20:58:40  profilanswer
 

peaceful a écrit :

Il ne m'a rien fait ce pauvre monsieur :o

 


http://www.france24.com/fr/2010081 [...] e-scandale

 

Le président de la région Languedoc-Roussillon a défendu, hier, l'érection de statues de plusieurs "grands hommes politiques du 20e siècle" à Montpellier. Parmi elles figurent celles de... Lénine et Mao

 


:o

 

y'avait aussi Staline de prévu :D


Message édité par freeza01 le 24-10-2010 à 20:59:15

---------------
L'humanité est surévaluée|De la joie et de la bonne humeur, par un cancéreux.|.
n°24366603
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 24-10-2010 à 21:01:40  profilanswer
 

Les voies du seigneur ne sont pas si impénétrables... :o


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24366806
Profil sup​primé
Posté le 24-10-2010 à 21:17:29  answer
 

Bon, se soir j'ai un énorme pavé pour ceux qui ont de l'appetit  :D

 

Ce pavé explique en détail ( et meme plus) le scandale qui secoue actuellement les ricains l, et qui risque d'être bien pire que l'affaire des subprimes.   Sortez vos casques, un homme averti en vaut deux !!!

 
Citation :

Vous avez aimé les subprime ? Voici le foreclosure gate !

Reprenons. On connait les subrpime, ces crédits hypothécaires attribués à des personnes souvent insolvables, dont les taux d’intérêt ont monté en flèche, ce qui a contracté le marché et fait baisser les prix de l’immobilier. C’était le départ de la crise subprime, devenue une crise économique mondiale grâce à l’efficacité de la régulation concoctée par les banques.

 

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont confrontés à ce que les médias appellent la « crise des saisies immobilières », c’est-à-dire le « gel de centaines des saisies immobilières » par certaines banques comme Bank of America2], le numéro un du crédit immobilier, Ally Bank ou JP Morgan Chase qui a bloqué 56.000 dossiers et est en train d’étudier 115.000 autres dossiers en cours. 80% des expulsions en cours seraient concernées. Et les procureurs de différents Etats sont en train de pousser à de nombreuses révisions de dossiers.

Cette année, les Etats-Unis ont connu plus de 800.000 saisies d’habitations
, dont plus de 100.0003] en septembre et presque autant en août. Avant la crise, en 2005, on saisissait environ 100.000 logements par an. Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement s’accélère ces derniers mois (normal si l’on tient compte de l’endettement colossal des banques), et au final ce sont plus de 2,4 millions d’habitations qui ont été saisies aux Etats-Unis depuis décembre 2007.

 

Or, il se trouve que les associations de consommateurs US commencent à s’énerver, et réclament un moratoire sur les saisies, pendant que les 50 Etats US ont lancé une enquête conjointe sur les recouvrements, que le Congrès en réclame une autre, et que les premiers procès en « class action » se préparent. Même la FED, huit fonds spéculatifs tels que Blackrock et des assureurs, comme Ambac Assurance Corp. ou l’Association of Financial Guaranty Insurers (AFGI)4] sont aussi en train de poursuivre la seule Bank of America à cause de ces titres hypothécaires –et/ou de sa filiale Countrywide5], spécialisée dans lesdits prêts mais surtout les plus pourris. Pourquoi tous ces procès ?

 

Malhonnêtes ou incompétents ?

 

Parce que les procédures qui doivent être appliquées lors des saisies ont été mal ou pas du tout appliquées. Normal : ceux qui s’occupaient de faire les prêts ne comprenaient rien à ce qu’ils faisaient, étant parfois coiffeur, employé de Wal Mart, bref non qualifiés. Ce sont eux qui étaient chargés de signer les documents, car il y avait à l’époque tellement de contrats à défiler qu’il fallait recruter n’importe qui pour suivre la cadence. Une employée de la Wells Fargo (en très mauvaise passe actuellement) a ainsi calculé qu’elle avait signé 500 documents en moyenne chaque jour, quand d’autres chez Bank of America arrivaient à 8.000 contrats par mois.

 

D’après le New York Times, Citigroup et Ally avaient même carrément délocalisé le traitement de ces dossiers aux Philippines et à Guam. Ce qui n’empêche pas Citigoup de déclarer que ses procédures de saisie sont « saines » et qu’il n’y a donc pas lieu de suspendre quoi que soit. En Floride, un des Etats où les saisies et les prêts illégaux sont les plus nombreux, trois entreprises gèrent 80% des faillites et sont sous le coup d’investigations du procureur général de Floride6].

 

En dehors de cela, il se trouve qu’on ne sait plus très bien qui détient les titres hypothécaires à l’autre bout de la chaîne, si bien que les banques pourraient devoir racheter les dérivés qui en sont issus aux spéculateurs qui les ont achetés. Certaines banques (JP Morgan Chase, Bank of America, Wells Fargo) ou sociétés de crédit (Ally, Fannie Mae et Freddie Mac) ont admis avoir présenté aux magistrats qui enquêtaient des documents « parfois incomplets, enregistrés par inadvertance avant que les informations manquantes aient été obtenues », c’est-à-dire falsifiés.

 

Bank of America, officiellement, pourrait avoir à débourser 74 milliards de dollars à cause de prêts octroyés sans que personne n’ait vérifié les dossiers. Les joies de la « validation automatique »…

 

Évidemment, les banques sont en train de pleurer en disant que si on les empêche de saisir, le crédit sera plus cher et ce sera terrible7]. Du coup, l’Etat8] les soutient et demande aux organismes de prêts hypothécaires de poursuivre les saisies et cela « sans délai ».

 

Ben oui, les spéculateurs ont hâte que les logements saisis, à bas prix, cessent de faire baisser les prix du marché pour se remettre à spéculer comme avant. Remarque : les banques ont raison de s’inquiéter, puisqu’elles ont déjà du payer près de 10 milliards, et certains évoquent la somme de 700 milliards de dollars9]. A quoi il faudrait ajouter l’équivalent en dommages et intérêts, ainsi que des arriérés. On parle carrément de « foreclosure gate » (foreclosure = saisie) aux États-Unis, et on pressent que ça va encore coûter cher.

 

Où l’on apprend qu’une société dénommée MERS (Mortgage Electronic Registration Systems) créée à la fin des années 90 par les deux grandes boites publiques de prêts hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, est soupçonné par certains d’être à l’origine de l’arnaque. Censée sécuriser les procédures de prêt et éviter les « complications », elle aurait en fait permis de falsifier de documents à grande échelle et de signer à non moins grande échelle. La société se vante même de réduire les coûts en supprimant diverses étapes d’une procédure normale. Elle se vante aussi d’avoir été créée par l’industrie du prêt hypothécaire, ce qui après la crise subprime n’est certes pas un gage de compétence. Et à son comité de direction, on trouve des pontes de Freddie Mac, de Fannie Mae, de l’association des prêteurs hypothécaires US, de la First National Bank etc. Ses actionnaires ? En gros les mêmes : Fannie et Freddie, Ally (ex GMAC), la filiale hypothèques de Citigroup, HSBC, AIG, Wells Fargo…

 

Sans ces artifices, on aurait probablement compris plus tôt ce que représentait la crise subprime, et on aurait compris à quel point les gens avaient été abusés. Car les documents fournis aux magistrats lors de certaines instructions par MERS ont été jugé irrecevables car incomplets. Et la société s’est même autorisée à lancer des saisies sans demander l’avis de la justice, y compris lorsque c’était une obligation légale. Ceux qui se sont occupés de ça, ce sont les « foreclosure mills », les moulins à saisies, des avocats qui ne faisaient que cela quitte à mettre la loi de côté.

 

Dans certains cas les abus ont été si flagrants que deux, voire trois employés de banques différentes réclament les clés d’une maison qui doit être saisie. Et tous ont un certificat de propriété, qui s’avère faux car aucune banque n’est en capacité de prouver sa propriété sur l’habitation. Entre temps, tout le monde s’est allègrement revendu des paquets de ces hypothèques frauduleuses, en fabriquant s’il le fallait de faux documents. Effet boule de neige garanti.

 

Par exemple, une femme qui avait perdu son appartement suite à une faillite et à une saisie, se pensait « au moins libérée » de son crédit. Pas de bol : Wells Fargo se pointe et lui réclame 72.000$ en tant que « seconde hypothèque », qui sont souvent des HELOC (pour Home Equity Line of credit) dont le remboursement intervient quand la personne a été saisie et que le deuxième « prêteur » ne peut donc plus se rembourser en vendant la maison. Le détenteur du HELOC demande donc à être remboursé. A ce sujet, Bank of America est en effet spécialiste, et vante encore ses produits HELOC, c’est génial (par exemple tu paies seulement les intérêts sur la somme que tu dépenses). Sauf que les taux sont souvent variables10], que le prêt est ‘revolving’ (c’est-à-dire qu’on ne rembourse que les intérêts, justement, et jamais un seul euro du ‘capital’ qui reste une dette à 100% quoi qu’il arrive) et que les gens misent leur maison pour la deuxième fois. Donc, même en la perdant ils restent surendettés.

 

Le problème, outre l’aspect éthique du système qui permet de prêter deux fois à des personnes endettées, est que ces hypothèques n°2, appelées « junior lien mortgage » ou HELOC ou autre et détenues par les mêmes banques, représentaient fin 2009 pour 1 trillion de dollars. Il semblerait que la plupart de ces « deuxièmes hypothèques » n’aient en fait « aucune valeur économique réelle », pourtant ceux qui continuent à payer leur première hypothèque paient parfois aussi la deuxième.

 

Perversité totale

Comme dans l’affaire des assurances « paysan mort »
, où l’on a vu des multinationales comme Wal Mart prendre des contrats d’assurance vie sur leurs employés et toucher le pactole à leur mort, tout en gagnant des déductions d’impôt et des actifs gonflés, l’affaire du ‘foreclosure gate’ est bien terre à terre.

Le système MERS, un « registre électronique des prêts hypothécaires »
, a en effet permis aux banques d’éviter pas mal de taxes, dont le montant est estimé à 60 à 120 milliards de dollars rien que pour la Californie. Il a aussi permis de dissimuler depuis un bon moment le gouffre liés aux dérivés de prêts hypothécaires, c’est-à-dire l’ampleur de la crise des subprime. D’autant plus qu’en revendant massivement ces titres de manière informatisée, le contrôle devenait impossible.

 

Mais la société s’octroie le droit de saisir les habitations sans autre forme de procès, et elle le revendique. Mais, elle a déjà perdu des procès en Arkansas, dans le Kansas et dans le Maine, tandis que des « class action » sont en cours en Californie, dans l’Arizona et dans le Nevada.

Il semble en effet que nous en étions  seulement à la « première couche »
de la crise subprime, et que la deuxième se profile avec ces HELOC. Car nous n’avons calculé les déficits des banques qu’à partir des prêts eux-mêmes, pas des multiples produits dérivés –bidons- que tout le monde s’est revendu en faisant mine de croire que ça valait quelque chose. Comme des camés devant leur dose, les spéculateurs n’ont pas pu résister à ce moyen facile de transformer le plomb en or, la dette en magot, le rien, même, en magot.

30% des MBS (ces produits dérivés de prêts hypothécaires) pourraient être frauduleux.
Mais au final, on ne sait pas à quel point les banques ont gonflé leurs résultats en mettant à leur actif des titres qu’elles ne détiennent pas. Le montant total des MBS en cours est quant à lui estimé à 2.800 milliards de dollars.

 

Accessoirement, en Floride au moins, il a fallu recruter des retraités pour faire office de juge et juger ces histoires de saisies et de titres de propriété bidon, hors ceux-ci s’avèrent d’une rare complaisance avec les « preuves » fournies par les banques.

 

Pour être bien certaine de toucher l’oseille, la banque Wells Fargo, une des plus grosses du pays, a même inséré une clause selon laquelle les emprunteurs renoncent à toute poursuite si les titres de propriété s’avèrent bidons.

 

Comme si les délires hypothécaires récents ne suffisaient pas, les banques ont poussé l’administration Obama à lancer en 2009 un autre programme de prêts hypothécaires encore plus pourris, appelé HAMP pour Home Affordable Modification Program. Il vise les gens sous le coup d’une expulsion, et est destiné à les aider à « éviter l’expulsion en modifiant les prêts à un niveau supportable pour les emprunteurs aujourd’hui et soutenable sur le long terme », mais seulement à ceux-là, avec un plafond de … 729.750$, à un taux qui démarre à 2% et pour une durée pouvant aller jusqu’à 40 ans. Le hic, c’est que ce sont les banques qui se chargent de les refourguer. Lancé en mars 2010, ledit programme HAMP fait déjà des ravages.

 

Des gens se sont ainsi retrouvés avec des mensualités passant de 4.000 à 1.826$ grâce au programme HAMP vendu par Bank of America. Oui mais voilà, lesdites mensualités sont remontées à 8.000$, et les ennuis financiers ont vraiment commencé. Le mieux, c’est que Bank of America les a menacés de saisir leur maison. Dans le cas d’une autre, sa banque, Wells Fargo, lui a dit de rembourser 40.000$ six mois après avoir signé le contrat, car Wells Fargo estimait qu’elle ne rentrait plus dans les critères d’éligibilité pour le programme HAMP, sans bien sûr l’en avoir avertie. C’est ce qu’on appelle là bas le « système des modifications ».

 

Le montant de ces HAMP s’élèverait à plus de 4 milliards de dollars, et 1,6 millions de personnes seraient concernées. Et la banque se dédouane en disant que les prêts étaient déjà entachés d’irrégularités avant qu’elle ne les prenne en charge, et qu’elle n’y peut rien. Pas de bol : les poursuites, notamment en class action, se préparent sur ce front-là aussi.

 

Mais dans cette affaire des produits HAMP, c’est la situation extrêmement critique des gens concernés qui frappe le plus, et la manière dont les banques n’hésitent pas à foncer sur eux pour saisir leur maison. Comme si ce programme lancé par le gouvernement était une caution pour les banques, une assurance de mettre la main sur les derniers sous, sur le toit des derniers « mauvais payeurs ». En tout cas, sous prétexte d’aider les gens, on les met de fait dans des situations inextricables.

 

Ce qui est drôle, c’est qu’apparemment Wall Street était parfaitement au courant de ces malversations en série dès 2007, quand il a fallu afficher des bilans positifs malgré le marasme. Tout simplement parce, miracle du libéralisme, c’est une firme, Clayton Holdings, qui détient le quasi monopole des audits des banques et assurances qui jouaient avec les hypothèques, et qui avait remarqué à l’époque que 28% des prêts étudiés11] étaient irréguliers. Parmi les 10.200 prêts de Bank of America audités, le cabinet en aurait décelé 30% non conformes aux règles, mais pour Credit Suisse, c’étaient 37% des 56.300 prêts étudiés, 27 et 23% pour JP Morgan et Goldman Sachs, 35% pour Freddie mac. Quant à ceux que Citigroup voulait acheter à ce moment, Clayton en a repéré 42% qui étaient foireux.

 

Mais pour être complet, il faut encore préciser que Clayton Holding se trouve aujourd’hui au milieu du scandale, soupçonnée d’avoir réalisé des audits d’un laxisme rare dans la profession, ce qui n’est pas peu dire.

 

Le FBI, apparemment, était lui aussi au courant depuis 2006 –et même peut-être depuis 2004- des petits tracas de procédures auxquels étaient confrontées les banques & Co : il a publié un rapport intitulé « Mortgage fraud report 2006 » (rapport sur la fraude aux emprunts hypothécaires), où il jugeait sévèrement « l’industrie du prêt hypothécaire », surtout, à l’époque, en Californie, en Floride, en Géorgie etc. (Etats forts concernés aujourd’hui par les subprime et les saisies immobilières). En 2006 déjà, le FBI expliquait que 30 à 70% des défauts de paiement sur plus de 3 millions de prêts analysés, étaient liés à des dysfonctionnements dans l’octroi des prêts. En outre, le rapport pointait aussi les HELOC auxquels il consacrait un paragraphe. Et il considérait que « Des personnes et des groupes criminels sont en train d’exploiter la procédure de demande de home equity line of credit (HELOC) pour construire des schémas frauduleux » à base de prêts hypothécaires multiples.

 

Au passage, signalons qu’en 1933, Roosevelt a fait passer le « Farm relief bill », qui permettait aux détenteurs des crédits de fermiers surendettés ayant une procédure de saisie sur le dos d’échanger ledit crédit contre des bons fédéraux, avec des taux d’intérêt fixes garantis. Ca avait évité à pas mal de gens de tout perdre. Mais là, il n’est pas question d’un machin de ce type.

Faillites bancaires, la suite…


Toutes ces méthodes dignes du far west
, destinées à récupérer des dollars coûte que coûte quitte à transgresser la loi, à passer en force en espérant que dans le tas, certains se laisseront faire, semble montrer que les banques ne sont pas à l’aise du tout. Bank of America serait, pour certains, en train de « plomber Wall Street » à cause de cela. C’est la banque qui aurait le plus de ces dérivés et prêts hypothécaires, avec 2.135 milliards de dollars engagés, contre 1.812 pour Wells Fargo et 1.354 pour JP Morgan Chase.

 

De fait : 2010 a été un très mauvais cru pour les faillites. 139 banques ont fait faillite aux Etats-Unis en 2010, 30% de plus que l’an passé (140 faillites « seulement » en 2009). Trois faillites sont survenues la semaine du 18 octobre (Premier Bank, West Bridge et Security Savings Bank), sept la semaine suivante.

 

Étrangement, on voit s’agiter les banques européenne depuis le 20 septembre, comme si elles anticipaient le krach à venir. Le Figaro titrait ce jour-là “Bruxelles organise les faillites bancaires », un peu comme on pouvait désigner les ‘sorcières’ sous l’inquisition. Car, horreur suprême, la Commission Européenne serait en train de réfléchir à un système qui permettrait de mettre les banques en faillite au lieu de renflouer leurs caisses avec l’argent des contribuables. Que les banquiers se rassurent, d’après le communiqué il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, et les « mesures » tiennent davantage de l’incantation que de la réforme.

 

La question est : a-t-on une chance de s’en sortir, sachant que la seule réponse qu’on nous trouve du FMI à l’Europe en passant par les banques, relève de l’incantation ultra libérale sans aucune efficacité. Pour comprendre le problème, prenons l’exemple de l’Irlande, qui a longtemps fait office de modèle de bonne conduite libérale12] puis d’application des plans d’austérité. Seulement voilà : on est en train de comprendre que le renflouage des banques va couler le pays pour des années. Examinons ce qui risque de nous arriver.

D’abord, il faut évoquer le cas de l’Anglo Irish Bank,
sauvée par le gouvernement en 2009 via la bad bank créée pour cela, la NAMA13]. Après avoir touché 4 milliards d’euros en juin 2009, puis de nouveau 8,3 milliards en mars 2010, la banque a réclamé 25 milliards d’euros au total il y a quelques semaines, mais la somme vient d‘être révisée, passant à 34 milliards. Une paille. Mais comme la banque devrait finir par être démantelée, il convient d’éponger d’abord quelques dettes. Accessoirement, on a appris qu’en 2008 le PDG de l’Anglo irish Bank Sean Fitzpatrick14], aidé par quelques pontes de la banque, s’était octroyé discrètement des prêts importants ainsi qu’à quelques copains, ce que le régulateur financier du pays savait sans pour autant réagir. Les deux ont démissionné à la suite de ce scandale.

 

Lors de la débandade liée à la crise, on a aussi appris que la boîte d’assurances d’un milliardaire irlandais, Sean Quinn, a garanti de nombreux produits d’Anglo Irish Bank sans avoir le cash nécessaire. Détail : Quinn détenait à un moment, de manière fort discrète, jusqu’à 25% des parts de l’Anglo Irish Bank, et les a cédées d’un coup. Bref : tout le monde s’est servi avant que ça pète, même si certains, comme Quinn, disent y avoir perdu quelques plumes.

 

Il y a aussi l’Allied Irish Bank (AIB), autre banque en difficulté, qui doit rapidement augmenter ses fonds propres pour faire face à la crise qui se prépare (mais dont personne ne parle évidemment) et parvenir à 8% de fonds propres. Il ne lui faudrait que 7,4 milliards, mais très vite. AIB a été dirigée à une époque par Peter Sutherland15], pilier du Bilderberg, de la Trilatérale, du CFR, ex commissaire européen à la concurrence, directeur du GATT et 1er chef de l’OMC, patron de BP jusqu’à il y a peu et aujourd’hui patron de Goldman Sachs. Accessoirement, il a aussi été membre du conseil d’administration d’une autre banque en pleine déconfiture, la Royal Bank of Scotland, où l’a remplacé un autre ancien commissaire européen, Gunter Verheugen.

 

Dès 2002, on savait qu’une filiale US de la banque, Allied First, avait commis des malversations, et près de 700 millions de dollars s’étaient évaporés. C’était un peu l’affaire Kerviel avant l’heure16]. Un autre scandale avait entaché la Allied Irish bank en 2004, quand une dizaine de chefs ont investi près d’un milliard de dollars dons des comptes offshore et ont utilisé la banque pour cacher le pognon et éviter des impôts.

 

Depuis 2008, l’Irlande a mis sur la table 5,5 milliards (décembre 2008) pour les donner à Allied Irish Bank, Anglo Irish Bank et Bank of Ireland, puis l’Anglo Irish Bank a été nationalisée (janvier 2009). En mars 2010, la NAMA (donc l’Etat) a sorti 16 milliards d’euros supplémentaires pour racheter les actifs toxiques de cinq banques en difficulté nationalisées. Jusque là, l’Anglo Irish Bank a déjà coûté 23 milliards à l’Irlande depuis sa nationalisation, et il en faudrait encore près de 7.

 

Or, le fric vient des quelque 4,4 millions d’Irlandais17 qui s’attachent à éponger une dette nationale qui augmente à mesure du refinancement des banques. Et, alors que le pays vient d’essuyer plus de deux ans de politiques d’austérité (qui ont encore plus plombé les comptes), que préconise la commission européenne aux politiques irlandais ? De réformer pour « faire des économies »…

 

Le déficit est arrivé à 12% du PIB mi 2010, un taux proche de celui de la Grèce, mais on estime qu’à cause des banques, il pourrait s’élever à 32% du PIB pour la fin de l’année. C’est ballot, quand on sait que les plans de rigueur de 2009, portant sur la somme totale de 9 milliards, étaient censés ramener ledit déficit sous la barre des 12% en 2010. A l’époque, on avait diminué de 5 à 15% les salaires bruts des fonctionnaires, tout en diminuant les allocations sociales et en augmentant les taxes ou en en créant, comme la taxe sur l’eau qui n’existait pas jusque là. Les chômeurs sont laissés sans de quoi vivre, les malades doivent renoncer aux soins parce que dans le privé c’est trop cher et les assurances privées remboursent très mal (les publiques, n’en parlons pas). Mais, l’Irlande est un paradis fiscal où l’impôts sur les sociétés est extrêmement bas (12,5%), et où la propriété intellectuelle y est si favorable qu’IBM et Microsoft y ont leur siège.

 

En Irlande, on ne compte plus les maisons neuves à vendre, ni les chantiers en arrêt. La crise de l’immobilier est passée par là après quatre ou cinq ans d’euphorie spéculative, et l’immobilier a chuté d’environ 50% depuis la crise. Les irlandais fuient en masse leur pays, et cela rappelle une sale période pour l’Irlande. C’est à tel point que les « salons de l’expatriation » marchent très bien, là-bas.

 

En tout cas, le message « cure d’austérité », devenu l’alpha et l’oméga des politiques publiques, est très bien passé, et déjà on s’attend à ce que le plan d’austérité soit « deux fois plus important que prévu ». Ce n’est pas 7,5 milliards d’euros qu’il va falloir économiser, mais 11 ou 15.

 

Du coup, les « agences de notation » s’en donnent à cœur joie et dégradent la note irlandaise sur le long terme, de AA- à A+. Et l’Irlande emprunte aujourd’hui l’argent sur les marchés avec un taux d’intérêt de 7%.

 

Bref : voici des faillites bancaires totalement épongées (et ce n’est pas fini) par les contribuables.

 

Aux Etats-Unis, le système est en gros le même qu’en Irlande : la FED renfloue les banques avec l’argent des contribuables, se transformant ainsi en une vulgaire bad bank. Avec une « croissance » qui devrait se limiter à 1,5% sur l’année 2010, un endettement record qui augmente plus vite que le PIB, à environ 65% du PIB.

 

On sait que la plupart des Etats (en fait quasiment tous) sont en banqueroute ou presque, de même qu’un grand nombre de villes, comme Los Angeles (222 millions de dollars de déficit). Mais ça n’inquiète semble-t-il personne : sur le site du bureau US de la dette publique, on peut lire « La dette des Etats-Unis, à l’étranger et domestique, était le prix de la liberté ». Les Etats-Unis doivent donc être très libres aujourd’hui, puisque la dette publique US atteint 94% du PIB, à plus 13.600 milliards de dollars, dont près de 9.000 milliards dont détenus par le public.

 

Question : dans ces conditions, avec quel argent les contribuables vont-ils éponger les dettes des banques ?

C’est là le nœud du problème, surtout qu’en ce moment, l’Europe se prépare à organiser les faillites bancaires de manière soft (pour les banques).
http://dondevamos.canalblog.com/

 

Après le FMI, les Subprimes, voilà le foreclosure gate. Et dire qu'on trouve encore des gens pour défendre ce système financier pourri jusqu'à la moelle, et qui va nous conduire a coup sur dans le mur. !!

 

Reste plus qu'a compter les jours . Jusqu'ici, tout va bien ........

 

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 24-10-2010 à 21:24:51
n°24368178
Camelot2
Posté le 24-10-2010 à 22:44:27  profilanswer
 

Citation :

Comme dans l’affaire des assurances « paysan mort », où l’on a vu des multinationales comme Wal Mart prendre des contrats d’assurance vie sur leurs employés et toucher le pactole à leur mort, tout en gagnant des déductions d’impôt et des actifs gonflés, l’affaire du ‘foreclosure gate’ est bien terre à terre.


 
Haha, le retour du retour des assurances Wall Mart...
 
Une bulle qui explose, ça fait des dégâts. [:rhetorie du chaos]

n°24369411
freeza01
Posté le 25-10-2010 à 00:45:12  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :

Citation :

Comme dans l’affaire des assurances « paysan mort », où l’on a vu des multinationales comme Wal Mart prendre des contrats d’assurance vie sur leurs employés et toucher le pactole à leur mort, tout en gagnant des déductions d’impôt et des actifs gonflés, l’affaire du ‘foreclosure gate’ est bien terre à terre.


 
Haha, le retour du retour des assurances Wall Mart...
 
Une bulle qui explose, ça fait des dégâts. [:rhetorie du chaos]


 
que veux tu dire ?


---------------
L'humanité est surévaluée|De la joie et de la bonne humeur, par un cancéreux.|.
n°24369938
Profil sup​primé
Posté le 25-10-2010 à 07:06:48  answer
 

Et maintenant voilà la cerise sur le gateau . On vous explique dans le détail comment le pret hypothécaire au USA n'est qu'une énorme escroquerie.  [:debeman]  
 
C'est long mais simple et passionnant a lire. Attachez vos ceintures !!!
 

Citation :

Karl Denninger, blogueur star aussi lu que grossier, a soutenu depuis bientôt trois ans que sans une "entourloupe", les mathématiques financières derrière la titrisation par tranche ne pouvaient pas fonctionner.


 

Citation :

.../.....Et maintenant, les VRAIMENT TRES MAUVAISES nouvelles, parce que jusqu'ici, bon ce n'étaient que des très mauvaises nouvelles...
 
Comme vous l'avez compris, les prêts contractés entre acheteurs et banques originatrices étaient revendus à des trusts appelés MBS (ou RMBS, R pour real-estate). Ces MBS (Mortgage Backed Securities) touchaient donc les mensualités versées par les emrpunteurs. Pour acheter les créances, les MBS émettaient des obligations.
 
Tout produit financier émis aux USA, mais aussi en France, doit faire l'objet d'une information auprès de l'autorité des marchés, AMF chez nous, SEC aux USA. Il y est expliqué en quoi consiste le produit, quels sont les facteurs de risque associés, etc...
 
(a) Le "petit" problème - J'en ai déjà parlé, je ne détaille donc pas, mais sachez qu'Adam Levitin, dans l'analyse sus-mentionnée, confirme son existence. Selon la loi fiscale en vigueur, les MBS, sous le statut de trusts particuliers appelés "REMIC", échappent à la double taxation des bénéfices si elles respectent quelques conditions de base, comme l'inclusion des prêts qui la composent moins de 90 jours après leur émission et la transmission exclusive de prêts "sains".
 
Si la justice considère que les transmissions par le MERS ne sont pas valides, et ordonne un transfert de documents physiques a posteriori lorsque cela est valide, alors il y a matière à redressement fiscal. J'ignore si une amnistie est possible en droit américain, mais bon, tant qu'à envisager une législation d'exception...
 
Mais évidemment, sans une telle amnistie, les acheteurs d'obligations émises par les MBS seront fondés à dénoncer les conditions de vente de ces obligations : premier angle d'attaque pour en réclamer un remboursement partiel ou total auprès des banques qui les leurs ont vendues...
 
Tout est possible, mais il faudra que l'administration triomphe de nombreux obstacles pour faire accepter une remise fiscale aux banques dans le contexte actuel. Tout cadeau aux banques sans contrepartie aux emprunteurs sera politiquement suicidaire.
 
(b) Le "moyen" problème - L'autorité des marchés US, la SEC, considère que l'information délivrée aux acheteurs de bons doit être sincère. La plupart des notices de MBS faisaient donc mention de la qualité des prêts figurant dans ces MBS. Il est notamment dit que ces prêts sont "sécurisés", c'est à dire que l'emprunteur a garanti le prêt par une maison, et cela implique que le MBS soit en possession effective de cette garantie, et qu'il soit effectivement en mesure de procéder à la forclusion des prêts dont les débiteurs s'avèrent déficient.
 
Tout ce qui précède montre que, par négligence grave (au minimum), les MBS, et donc les banques qui les ont créées, n'ont pas fait diligence nécessaire pour s'assurer de leur capacité à mobiliser ces garanties le moment venu.

Les obligations vendues par ces MBS ne s'appelaient pas "CDO" pour rien : "Collateralized Debt Obligations". Si la justice estime qu'au moment de la vente, les trusts n'étaient pas effectivement en possession de la garantie sur le collatéral, ou qu'ils n'ont pas pris les précautions nécessaires pour que ce collatéral soit effectivement mobilisable, alors les banques ont induit en erreur leurs investisseurs, au minimum par négligence grave... Il y a là un deuxième angle d'attaque pour exiger un remboursement intégral des obligations, et de préférence à leur valeur nominale, et non résiduelle. Bloomberg détaille cette possibilité ici.
 
(c) Le "Gros" problème : tout le système MBS était gangréné par une fraude systématique et systémique - Je vais m'étendre plus longuement sur celui ci, parce que c'est sans doute celui qui explique pourquoi les banques ont pris le risque d'aller jusqu'au parjure devant des cours de justice pour gérer le problème des faillites en trop grand nombre, d'une part, et c'est celui qui est porteur des menaces les plus lourdes contre les grandes banques de Wall Street.
 
Karl Denninger, blogueur star aussi lu que grossier, a soutenu depuis bientôt trois ans que sans une "entourloupe", les mathématiques financières derrière la titrisation par tranche ne pouvaient pas fonctionner. J'ai évoqué le problème par ailleurs (ici, et là) mais à l'époque, la dimension "frauduleuse" était absente de ma réflexion.

Reconstituons sommairement la mathématique d'une MBS à partir de chiffres fictifs (je ne connais pas au centime près les marges qui étaient réellement pratiquées) mais réalistes.
 
Histoire d'intérêts et de marges - Imaginons que monsieur X, emprunteur jugé fiable de par ses revenus, son passé de crédit, etc..., emprunte 100 000 dollars à 6% sur 20 ans à la banque "TRUC".
 
La banque "TRUC" collectera donc, dans les 20 ans à suivre, 716$ tous les mois, soit au total 171 943 dollars.
 
Imaginons que la banque "TRUC" préfère vendre le prêt tout de suite pour, disons, 4000$, au lieu d'attendre 71 000 dollars sur 20 ans.
 
Dans ce cas, une banque d'affaires, que nous appellerons "Y", va créer un trust qui va racheter à "TRUC" la créance, laquelle qui va lui rapporter 171 943 dollars, pour 104 000$ de prix d'achat. Par conséquent, son rendement baisse un peu. Un petit rétrocalcul nous amène à environ 5,5%.
 
Des centaines, voire des milliers de prêts comme celui de Monsieur X sont achetés par la banque d'affaires Y, qui va monter un "trust" qui va collecter tous les prêts rachetés. Ce trust, appelé MBS, va émettre des obligations servant à collecter les fonds nécessaires à l'achat des prêts de tous les monsieur X concernés.
 
Tout le "génie" de l'opération consiste à ne pas mélanger dans le trust que des prêts de gens sûrs comme monsieur X. On va aussi y mélanger des prêts, par exemple, "subprimes". Pourquoi ?
 
Monsieur Z est un peu moins sûr que monsieur X et va emprunter 200 000$. Comme il est moins sûr que monsieur X, et qu'il emprunte nettement plus, son taux à lui sera de 8% au lieu de 6. Ce sont 1672$ pendant 240 mois qui tomberont, si tout va bien, dans l'escarcelle de la banque. Soit 401 491$, soit une marge de 200 000$ ! C'est autre chose que le prêt de Monsieur X à 100 000$ et à 6%.
 
La banque "TRUC" pourra vendre la créance non pas 4000$, mais 8000... Très bon ! La banque "TRUC", vous le remarquerez, est donc incitée à vendre si possible pas mal de prêts subprimes portant sur des montants élevés. La banque "TRUC" est devenue un simple collecteur de commissions, mais ne supporte plus le risque lié à la possible défaillance de monsieur X ou surtout de monsieur Z.
 
Admettons que le trust monté par la banque "Y" rachète la créance 8000$ : là encore, son taux de rémunération baisse un peu, mais reste confortable à 7,5%.
 
La banque Y, gestionnaire du trust, va donc y placer un savant mélange de prêts prime, subprimes, et autres, Pour faire monter sa rémunération moyenne. Dans la pratique, "TRUC" ne lui vend pas les prêts un par un, mais par paquet de 100, ou 500, ou 1000. "TRUC" n'a aucune incitation à en faire trop quant à la vérification de la qualité des prêts vendus à Y...
 
Premier volet de l'arnaque : les expertises artificiellement gonflées - Vous l'avez compris, la banque Truc, face à un monsieur X quelconque, aurait un intérêt à court terme à lui "refourguer", s'il est un peu idiot, ou lui même malhonnête, un prêt "trop gros" pour ses moyens. En effet, la classification d'un prêt (prime, subprime, et les sous-catégories à l'intérieur de ces chapeaux) dépend principalement du rapport entre les revenus de la personne, la sécurité supposée de ces revenus, et la somme empruntée.
 
En Europe, une banque normale, qui conserve dans ses comptes la créance vendue à monsieur X, a intérêt à lui prêter raisonnablement. Aux USA, une banque "TRUC", qui se débarasse du prêt moyennant une commission, a intérêt à lui prêter plus, pour pouvoir toucher une commission plus forte, et proposer à toutes les banques Y faisant de la titrisation un certain pourcentage de prêts "pimentés" qui augmentent le taux moyen des pools de prêts.
 
C'est là qu'intervient une première fraude très répandue, mais qu'il sera difficile d'imputer aux grandes banques : il semble que dans de nombreux cas, les experts "indépendants" obligatoires, selon la loi américaine, pour estimer tout bien immobilier à placer dans une hypothèque, aient gonflé leurs estimations, soit par complicité, soit simplement parce que si ils n'obéissaient pas à la logique inflationniste de leur client, la banque "truc", ils perdaient le marché.
 
Depuis la débâcle de 1989 et des caisses d'épargne, une loi nommée FIRREA oblige les banques et les emprunteurs à recourir à une expertise indépendante pour valoriser les biens placés sous hypothèque. Auparavant, les banques étaient leurs propres expertes et cela avait conduit à bien des scandales. Mais la loi s'est, une fois de plus, révélée inefficace. Dès 2004, des associations d'experts ès évaluations se plaignaient de très fortes pressions (autre exemple) sur leurs membres par les banques et pétitionnaient le congrès pour faire bouger les choses. J'ai lu un fait divers (lien perdu, désolé), selon lequel une maison initialement estimée 220 000$ avait été finalement "ré estimée" à 380 000$ par un autre expert à la demande d'une banque emprunteuse. De telles manipulations étaient semble-t-il courantes.
 
Rapport du FBI de 2006 - En effet, dès 2006, le FBI publiait un rapport sur les fraudes aux estimations, très complet, et facile à lire.

Visiblement, la pratique des surestimations frauduleuses, selon le FBI, était loin d'être marginale.
Or, les poursuites sont restées également marginales. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut être l'avenir nous apprendra-t-il des choses intéressantes sur la question. Le FBI estime que dans une large majorité des cas de fraudes relevées, les banques et les agents immobiliers, parfois en cheville avec les vendeurs des maisons, ont pigeonné des gogos, mais que dans une grosse minorité de cas, l'emprunteur, qui voulait recharger une hypothèque pour consommer du SUV et de l'écran plat, était complice.

Ce point est d'importance.
Je vous disais, lors de l'article de Lundi (ForeclosureGate V) que les juges essaieraient de ne pas dédouaner l'emprunteur déficient pour éviter l'effet d'aubaine, mais j'ajoutais "sauf manoeuvre frauduleuse de l'emprunteur à son égard". Si le ForeclosureGate redonne un coup de projecteur sur la fraude aux estimations ("appraisals", pour ceux qui veulent approfondir via google), la fraude du vendeur risque d'être invoquée dans pas mal de cas, et l'on pourrait voir de nombreux emprunteurs attaquer directement les banques originatrices et/ou les agents immobiliers intermédiaires pour escroquerie, ou autres qualifications pénales du même ordre. Certes, ce sera dur à prouver -mais si certains experts sont mis en examen, ils parleront !-, mais déjà, des associations d'aides aux victimes se mettent en ordre de bataille... Un exemple ici, avec une page expliquant par le menu l'arnaque aux estimations, et les moyens de se prévaloir de la loi FIRREA de 89.

"Quel bazar si la justice doit ré-examiner des millions de transactions
conclues ces dix dernières années !", me direz vous. Vous avez effectivement compris le danger : des milliards de dommages et intérêts dans des class actions peuvent être en jeu, dans des procédures qui s'étaleraient sur des années et coûteraient des sommes astronomiques. C'est encore à mettre au conditionnel, ceci dit.
 
Mais le danger pourrait encore plus sûrement venir d'ailleurs. Car les petits propriétaires lessivés par une faillite ne sont pas forcément les plaignants les plus dangereux pour le système financier. Voilà pourquoi je ne crois pas que ce premier volet de l'arnaque aux MBS puisse être le plus spectaculaire. Qui vivra verra.

L'autre question, évidemment, est de savoir si des prêts fondés sur des valeurs aussi grossièrement bidonnées pouvaient se retrouver dans les pools de RMBS. La réponse est, hélas "oh que oui". Je dirais même que c'était leur raison d'être...

 

Second volet de l'arnaque -
C'est là que le coeur l'arnaque, décrite par le très respecté Felix Salmon, chroniqueur économique de l'agence Reuters, prend forme (addendum technique ici).
 
Admettons que la rémunération moyenne de tous les prêts qui figurent dans la MBS soit de l'ordre de 6,5% après prélèvement de la marge de la banque "TRUC" et des autres vendeurs de paquets de prêts similaires.
 
Pour financer ces achats, la banque Y émet des obligations à plusieurs prix. Notez que les pourcentage que je cite sont approximatifs, à titre d'exemple.

Les tranches les plus sures seront notées AAA
et seront rémunérées à 4,5%, soit plus de 0,5% de plus que des bons du trésor à même maturité, tout en restant notés AAA ! Une authentique aubaine pour les investisseurs. Puis des tranches à, disons, 5.5, 6.25, et 8 viendront compléter le lot, mais attention : les tranches les plus élevées encaisseront les premières pertes en cas de taux de défaillance importante des emprunteurs. Admettons que la rémunération moyenne des investisseurs soit de 5,3% - Le trust réalise donc une marge de 1,2%. Pas mal, mais pas de quoi satisfaire un "vrai" banquier. Notez qu'en réalité, les marges étaient nettement plus élevées, au delà de 2%. Comment se fait-ce ?
 
La banque qui monte la MBS fait réaliser par une firme spécialisée un audit d'un échantillon d'environ 10% des prêts vendus par les banques à la MBS. Une firme spécialisée, Clayton Holdings, détenait 70% du marché de ces audits. Elle a passé en revue plus de 900 000 (neuf cent mille) de ces prêts pendant les années bulle, vérifiant les revenus, le ratio par rapport à la valeur déclarée de la maison empruntée, la qualité des justificatifs, etc...
 
Elle a constaté qu'en moyenne, 28% de ces prêts ne respectaient pas les standards bancaires définissant les différentes catégories de prêts "prime", "subprime", etc... Et encore Clayton n'a pas tenu compte du problème des estimations gonflées, hors de son champ de vérification.
 
Naturellement, si, dans un pool de prêts, un échantillon pris au hasard démontre l'existence de 28% de prêts irrespectueux des standards définis par contractuellement par "TRUC" et "Y" quant à la qualité des prêts "refourgués" à Y par "TRUC", la réaction la plus saine, pour Y, est de dire à "TRUC" de reprendre son paquet de prêts et de caler son bureau avec.
 
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Les banques qui montaient les MBS ont accepté plus de 40% de ces prêts "litigieux"

Des prêts au rabais ! - La banque "Y" a le plus souvent accepté de racheté son paquet à "TRUC", mais en négociant un rabais substanciel. "Vos 100 prêts à 200 000$ pièce, je ne les rachète pas 208 000 mais 204 000, voire moins".

 
Du coup, le rendement que Y va pouvoir obtenir des prêts va gagner quelques dizaines de points de base par le jeu du rabais, et beaucoup plus de points de base en acceptant des paquets de prêts aux estimations douteuses, repérées par l'auditeur (Clayton Holdings) mais acceptées tout de même dans le pool de prêts...
 
Seul "léger problème" mis au jour par Felix Salmon : la notice d'information SEC des obligations vendues aux pigeons, pardon, aux investisseurs, ne mentionnait jamais ce taux de non respect des standards de qualité, et la combine sur le rachat des prêts "douteux". La banque Y a donc DELIBEREMENT MENTI aux investisseurs sur la qualité réelle des prêts contenus dans le pool pour arrondir ses marges.
 
Je vous entends déjà objecter : "Oh, mais tout de même, les investisseurs étaient eux mêmes des professionnels. Ne devaient ils pas mieux se renseigner sur les produits qu'ils achetaient ?"
 
Certes, on peut toujours mieux s'informer, mais lorsque le vendeur oublie de vous signaler une information que seul un auditeur professionnel peut découvrir en auscultant des données individuelles dont vous ne disposez pas quand on vous vend le produit agrégé, il vous ment.
 
"Eh, mais attendez une minute", me direz vous. "la banque Y savait qu'elle jouait un jeu dangereux, puisque en plaçant des prêts peu fiables dans la MBS, elle augmentait le risque de pertes chez la MBS".
 
Vous avez raison. Il manque encore un élément pour comprendre pleinement le montage : la complaisance (au mieux), voire la complicité des grandes agences de notation.
 
Les agences ? cupides ou complices ? "Mais les agences de notation, comment ont elles pu noter AAA des tranches senior de MBS contenant une telle proportion de daubasses ?" - Justement, une notation exagérément bonne des agences pour de telles "cochonneries" était indispensable au succès du montage. Fin décembre 2007, Karl Denninger expliquait la combine dans un langage hélas trop fleuri pour être alors totalement crédible, et j'avoue être alors passé à côté. De nombreux éléments sont depuis venus confirmer son intuition au demeurant parfaitement fondée.
 
L'ancien président de Clayton Holdings a témoigné devant une commission d'enquête du congrès (Financial Crisis Inquiry Commission, FCIC) que face à l'ampleur de ce qu'il découvrait en auditant les prêts inclus dans les MBS, il avait voulu prévenir des agences de notation, lesquelles l'ont envoyé promener, dixit le New York Times, parce qu'il n'était pas dans leur intérêt de dénigrer les produits de leurs meilleurs clients... Ce n'est pas étonnant pour ceux qui ont compris le fonctionnement des agences, expliqué ici par Kevin Gentle, dont la loi a perverti la déontologie. Les suites judiciaires liées à ces révélations restent à approfondir. Nul doute que les agences et les banques essaieront de se rejeter mutuellement les responsabilités.
 
Les agences, par la grâce du législateur, étaient rémunérées par les émetteurs de produits et non par les acheteurs (cf. K. Gentle). Aussi, pour des produits financiers comme les MBS, leur dilemme était le suivant. Ou bien elles se montraient complaisantes et sous estimaient le risque porté par une tranche de MBS, permettant d'abaisser artificiellement la rémunération exigée par les investisseurs ainsi dupés, ou bien elles se montraient rigoureuses mais abandonnaient des clients à la concurrence. De même que les experts ès évaluations immobilières subissaient (et parfois s'accommodaient fort bien...) la pression de clients ayant intérêt à surévaluer les maisons, les agences de notation subissaient la pression de monstres financiers qui avaient intérêt à tricher avec la valeur du produit qu'ils mettaient en vente. A moins qu'elles n'aient été ouvertement complices actives du deal... Vivement que les e-mails racontent la véritable histoire, cela doit croustiller.
 
Et c'est ainsi que les vendeurs de MBS, de pressions en non respect des obligations d'information, de combines en sous-estimation des risques, réussissaient à augmenter la marge qu'ils faisaient sur leurs produits de titrisation, et passaient d'un montage à moins de 150 points de base de marge (#1.5%) à un montage à plus de 200 voire 250, suffisant, pensaient-ils, pour vivre fort bien en couvrant les risques de défauts des emprunts "exotiques" embarqués dans les MBS...
 
Objection : et les régulateurs ? Les résultats des audits de Clayton Holdings étaient connues des régulateurs qui avaient été avertis dès 2007 par la firme de certaines anomalies. Les "régulateurs" publics n'ont pas bronché. Le rapport du FBI de 2006 n'a pas déclenché de suites. Pourquoi ? Là encore, je ne sais pas si le scandale et les enquêtes en cours apporteront des éléments de réponse, mais "les emails pourraient se mettre à parler", comme on dit souvent aujourd'hui dans les commissariats.

Engrenage fatal - Seul problème :
en accumulant les facteurs de risque dans leurs produits dérivés à base de crédits en partie frelatés, les banquiers se donnaient à court terme l'illusion de pouvoir réaliser de fortes marges, mais le montage présupposait que tous ces emprunteurs à risque préfèreraient se saigner plutôt que de perdre leur maison. Mais on ne peut pas éternellement tricher avec la réalité économique. Les premiers emprunteurs à faire défaut ont été les subprimes, bientôt rejoints par les emprunteurs issus des autres catégories de prêts, "prime" ou au contraire "très exotiques".
 
Pourtant, "ça ne pouvait pas ne pas marcher"... Les petits génies des mathématiques, nourris aux modèles frelatés de Sharpe, Merton, Scholes & co, certifiaient la solidité de la martingale. Stiglitz disait que Fannie Mae et Freddie Mac, les piliers de la titrisation publique, ne pouvaient pas faire faillite... Et puis l'immobilier gagnait 10% par an... Et puis Greenspan avait dit qu'il ne laisserait pas tomber l'immobilier... Et puis le génial système MERS devait permettre des saisies-expulsions facilitées. Et puis l'on pouvait se payer de gros bonus commerciaux tout de suite, au diable si les choses tournaient mal plus tard, c'est l'argent des actionnaires... Et puis l'état n'avait jamais laissé tomber les grandes banques...
 
Et puis, et puis, et puis...


Pourquoi se poser trop de question, hein ? L'argent trop facile rend insouciant !

 
La boucle est bouclée - Si les banques originatrices des prêts n'étaient pas pressées de transmettre les dossiers de prêts aux banques qui mettaient sur pieds les trusts, et si ces mêmes trusts n'étaient pas pressés de les recevoir autrement que par voie électronique, c'est sans doute pour éviter d'avoir à se justifier d'un examen trop approfondi des prêts "under-subprime" qui pouvaient s'y trouver. D'où les complications paperassières actuelles au moment des faillites... Lesquelles ont fini par déclencher le scandale actuel et de remonter jusqu'à la source du problème.
 
Retour de flamme, et demandes de remboursement - Les premières plaintes pour escroquerie commencent à tombre. L'assureur AMBAC, qui vendait des "CDS", des assurances contre le défaut de paiement, sur les CDO émises par les MBS, attaque bank of America, en tant que nouveau propriétaire de Countrywide, pour prêts frauduleux. Plus généralement, c'est l'association des assureurs de bons qui réclame entre 10 et 20 milliards de dollars à B.of A. Et ce n'est qu'une banque, et ce ne sont que les assureurs obligataires. Qui a dit : "petit problème technique" ?
 
La Federal Home Loan Bank de Chicago porte plainte contre plusieurs vendeurs de MBS pour les mêmes raisons.
 
Dans chaque cas, les plaignants exigent un remboursement intégral des obligations au prix d'émission.
 
La chaine CNBC estime que la totalité des MBS établies par des banques privées, soit selon elle 1500 milliards, sont susceptibles d'être concernés. En outre, la question se pose clairement de savoir si les RMBS émises par Fannie Mae et Freddie Mac pourraient avoir fait l'objet des mêmes pratiques litigieuses. Voilà qui serait fâcheux pour l'état US. En contrepartie, il est aussi possible que ces deux entités puissent se vendre comme victimes de toutes les banques "Truc" qui leur auraient refilé des créances frelatées. Les prochains développements seront cruciaux pour le système financier américain.
 
Pour ceux que cela intéresse, dans un dialogue entre l'ex procureur de l'état de New York Eliott Spitzer et le financier Josh Graham, sur CNN, Graham fait découvrir à un Spitzer médusé l'ampleur du scandale (long transcript d'une émission en plusieurs séquences ici), celui ci indique qu'il faudrait lancer "mille commissions rogatoires" sur un tel marigot, et que les délits de tromperie et de délit d'initié aggravé lui semblent plausibles.
 
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III - Et maintenant : comment le client loyal
 
des grandes banques impliquées va-t-il réagir ?
 
Tous les éléments ci dessus donnent matière à des procès qui pourraient durer des années et des années. Cela voudrait-il dire que le danger, s'il est réel pour les géants de Wall Street, n'est pas immédiat ?
 
Peut-être. Mais en matière de banque, la confiance est primordiale. Dès aujourd'hui, il convient de se demander comment vont réagir les clients loyaux qui ont leur compte en banque chez des gens comme Bank of America quand ils réaliseront en masse que :
 
- Leur banque est passible de poursuites se chiffrant en milliards de dommages et intérêts
 
- Leur banque, en cas de conflit, n'hésite pas à violer les droits de gens avec qui elle a contracté.
 
- Leur banque ment, fuit ses responsabilités, au détriment de familles dont la détresse fait chaque jour la une du journal local
 
- Il y a plein de petites banques locales et de caisses d'épargne qui n'ont pas trempé dans l'arnaque
 
 
Je laisse à chacun le soin de répondre à ces très intéressantes questions. D'ailleurs, le Wall Street Journal sonde ses lecteurs dans un article titré "vers un armaggeddon financier ?" : simple issue technique ? Scandale important avec réparation lente ? Ou dévastation pour le marché immobilier ? Mardi à l'aube (soit vers minuit aux USA), les scores étaient de 18%/43%/39%. L'optimisme de façade des banques n'est pas partagé par les lecteurs du WSJ...
 
Répétez après moi : "simple problème technique"...
 
Et chez nous ? - A rebours de mon pessimisme contagieux, je ne crois pas que les banques françaises puissent être surexposées au gel du marché des RMBS. Peut être certaines en détiennent elles encore en fond de portefeuille, mais pas dans des proportions menaçantes. Même une période de tensions sur l'interbancaire hors USA me paraît peu probable pour cette raison là, car en 2008, au moment de l'affaire Lehman, personne ne savait qui détenait quoi. Aujourd'hui, sans atteindre la transparence absolue, la situation des banques sur les produits dérivés "américains" parait moins malsaine. Bref, il y a avec la Grèce, l'Irlande et autres problèmes souverains assez de sujets d'inquiétude pour nos banques, pour ne pas en rajouter inutilement. Naturellement, ce pronostic n'engage que moi.
 

Comment s'en sortir, quelles leçons en tirer ?

 
 
Il est encore trop tôt pour répondre à ces deux dernières questions, mais le ForeclosureGate devra à coup sûr forcer une "réinvention" du secteur bancaire aux USA. Au minimum. Et, correctement gérée, de cette affaire grave pourrait naître un bien... Alors, la sortie du Foreclosuregate, pour le meilleur ou pour le pire ?  
 
Voilà qui devrait bien nous occuper dans les semaines à venir.  
http://sos-crise.over-blog.com/ext [...] tres-grave


Message édité par Profil supprimé le 25-10-2010 à 07:33:52
n°24370069
korrigan73
Membré
Posté le 25-10-2010 à 08:48:09  profilanswer
 

Bon article zmed.
on comprend aisement ce systeme la maintenant.
en gros, tous les acteurs en amonts ont clairement fraudé.
les prets etaient, pour bcp, frauduleux des le depart, avec si besoin est, la complicité de l'emprunteur.
la revente de ces prets menaient a une sous evaluation du risque en collusion avec les agences de notation.
et ensuite, on sait maintenant que les banques ont suite a ca, fraudé encore une fois pour recuperer un maximum de titres de proprieté.
 
ces gens s'affranchissent totalement des lois. en plus ils ne supportent pas le risque, et pire, font pression sur le gouvernement ensuite pour s'assurer de leur faire passer des lois encore plus favorable.
 
il faut nationaliser TOUT le systeme bancaire.


---------------
El predicator du topic foot
n°24370309
Camelot2
Posté le 25-10-2010 à 09:37:03  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

Bon article zmed.
on comprend aisement ce systeme la maintenant.
en gros, tous les acteurs en amonts ont clairement fraudé.
les prets etaient, pour bcp, frauduleux des le depart, avec si besoin est, la complicité de l'emprunteur.
la revente de ces prets menaient a une sous evaluation du risque en collusion avec les agences de notation.
et ensuite, on sait maintenant que les banques ont suite a ca, fraudé encore une fois pour recuperer un maximum de titres de proprieté.
 
ces gens s'affranchissent totalement des lois. en plus ils ne supportent pas le risque, et pire, font pression sur le gouvernement ensuite pour s'assurer de leur faire passer des lois encore plus favorable.
 
il faut nationaliser TOUT le systeme bancaire américain.


 
Fixed.  :o  
 

n°24370459
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 25-10-2010 à 09:57:23  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

Bon article zmed.
on comprend aisement ce systeme la maintenant.
en gros, tous les acteurs en amonts ont clairement fraudé.
les prets etaient, pour bcp, frauduleux des le depart, avec si besoin est, la complicité de l'emprunteur.
la revente de ces prets menaient a une sous evaluation du risque en collusion avec les agences de notation.
et ensuite, on sait maintenant que les banques ont suite a ca, fraudé encore une fois pour recuperer un maximum de titres de proprieté.
 
ces gens s'affranchissent totalement des lois. en plus ils ne supportent pas le risque, et pire, font pression sur le gouvernement ensuite pour s'assurer de leur faire passer des lois encore plus favorable.
 
il faut nationaliser TOUT le systeme bancaire.


 
AHEM :o
 
 
Je résume donc, on apprend que:

  • Freddie et Fannie ("FMFM" ) on eu les même agissements que les "pires" banques privées en terme de "falsifications"
  • FMFM est à l'origine des MERS, soupçonné d'avoir créé ce système "d'arnaques"
  • FMFM jouit du taux de prêt non conformes au règles parmi les 2 plus élevés de toutes les banques, et en valeur absolue le plus élevé vu la taille colossale du bilan.
  • Stiglitz a établi un rapport pour les démocrates en 2003 établissement que FMFM n'avait aucun risque de faillite, pour contrecarrer la demande d'arrêt de ce monstre publique à 12 têtes formulée par les républicains (comme quoi els salauds ne sont pas tjrs où l'on croit :o)
  • L'article conclut que c'est "fâcheux pour le gouvernement US"


Donc si on synthétise, on apprend qu'un organisme publique qui a foutu le bordel dans le marché immobilier en jouant le bras financier de l'état américain a déformé les pratiques de la concurrence en entrainant le marché dans des pratiques peu recommandables (voir le très bon papier de peaceful de 2009 :o), est à l'origine des mécanismes tant décriés MERS et utilisés par les pauvres banques privées ( :'( ), a les dossiers parmi les plus falsifiés, tout ça couvert bec et ongle par les démocrates.
 
Et cerise sur le gateau, FMFM est un "governemnt sponsored enterprise", soit pour dire les choses comme elles sont une entreprise publique  :love:  
 
Et de ça vous déduisez, il faut nationaliser les banques ? [:rofl]
 
Edit: Ah oui j'oubliais, alors que les banques rapportent un rendement supérieur au bons du trésor aux contribuables, FMFM a encore besoin de 250milliards de dollars pour sortir du gouffre (pour le moment :o)
 
Il faut nationalisay, çay la solution  :o


Message édité par peaceful le 25-10-2010 à 10:04:45

---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24370621
korrigan73
Membré
Posté le 25-10-2010 à 10:13:19  profilanswer
 

quand tout le systeme part en couille a cause de negligences caracterisées, d'aveuglement coupable, de fraudes, et d'incompetence, alors on doit arreter de sponsoriser le systeme en lui injectant des milliers de milliards. laisser couler les plus pourris, en gerant ces faillites pour eviter le pire, et de l'autre coté, nationaliser ce qui merite encore etre sauvé...


---------------
El predicator du topic foot
n°24370662
Camelot2
Posté le 25-10-2010 à 10:16:52  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

quand tout le systeme part en couille a cause de negligences caracterisées, d'aveuglement coupable, de fraudes, et d'incompetence, alors on doit arreter de sponsoriser le systeme en lui injectant des milliers de milliards. laisser couler les plus pourris, en gerant ces faillites pour eviter le pire, et de l'autre coté, nationaliser ce qui merite encore etre sauvé...


 
Nationaliser comme en Irlande?  :o  
 

n°24370701
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 25-10-2010 à 10:20:05  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :

quand tout le systeme part en couille a cause de negligences caracterisées, d'aveuglement coupable, de fraudes, et d'incompetence, alors on doit arreter de sponsoriser le systeme en lui injectant des milliers de milliards. laisser couler les plus pourris, en gerant ces faillites pour eviter le pire, et de l'autre coté, nationaliser ce qui merite encore etre sauvé...


 
 
Sans Freddie et Fannie, y'aurait pas eu de crise des subprimes, puisque y'aurait eu personne pour garantir et titriser ces prêts ridicules, issus de la volonté politique d'avoir une amérique de proprio et surtout de sucer les électeurs des classe pop.
 
La solution c'est pas de nationaliser pour se retrouver avec la catastrophe fois 50, mais d'arrêter d'intervenir dans l'activité économique en déformant la conccurence, et d'agir à travers la fiscalité, qui est le seul outil qu'on devrait laisser un Etat manipuler.

Message cité 2 fois
Message édité par peaceful le 25-10-2010 à 10:20:14

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"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24370942
luckynick
esclave de chat
Posté le 25-10-2010 à 10:40:03  profilanswer
 

Camelot2 a écrit :

Citation :

Comme dans l’affaire des assurances « paysan mort », où l’on a vu des multinationales comme Wal Mart prendre des contrats d’assurance vie sur leurs employés et toucher le pactole à leur mort, tout en gagnant des déductions d’impôt et des actifs gonflés, l’affaire du ‘foreclosure gate’ est bien terre à terre.


 
Haha, le retour du retour des assurances Wall Mart...
 
Une bulle qui explose, ça fait des dégâts. [:rhetorie du chaos]


 
OMG on peut prendre des assurance vie sur quelqu'un d'autre que soit même au US ???  :ouch:  :ouch:  :ouch:  
 
Tain avec toutes les armes en circulation en plus je me sentirai pas tranquille  :sweat:


---------------
In girum imus nocte et consumimur igni (hommage à loosha)
n°24370996
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 25-10-2010 à 10:46:52  profilanswer
 

luckynick a écrit :


 
OMG on peut prendre des assurance vie sur quelqu'un d'autre que soit même au US ???  :ouch:  :ouch:  :ouch:  
 
Tain avec toutes les armes en circulation en plus je me sentirai pas tranquille  :sweat:


 
Heureusement, en France on ne risque rien  :sweat:  
 


---------------
"Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler."
n°24371076
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 25-10-2010 à 10:53:13  profilanswer
 

Foreclosuregate et régulation : faut-il plus d'état, ou moins d'état ?
 
Vincent Bénard, le premier français à avoir relayé et analysé le Foreclosure Gate répond à Zmed et tous les autres grands analystes socialistes de HFR :o
 
http://www.objectifeco.com/economi [...] -l-etat-us
 
 
 

Citation :

Le scandale du ForeclosureGate, qui est très probablement révélateur d'une "économie" de la fraude quasi généralisée, laquelle a sans doute engendré la plus grande crise économique depuis 1929, pose de sérieuses questions à un analyste politique libéral. L'on ne peut s'empêcher d'être effondré devant l'ampleur des malversations, fraudes et incompétences commises durant les années "bulle" par les banques américaines. Pour beaucoup, la cause est entendue : "Le Foreclosure Gate, c'est la faute de la cupidité des capitalistes, et de l'absence de régulation - A bas le libéralisme ! Il faut plus d'état, plus de règles !"...
Ce postulat ne résiste pas à une analyse à froid. Voyons pourquoi.  
 
Libéralisme = Liberté + responsabilité
 
Le mot régulation - et son contraire, "dérégulation"- est associé à tout et n'importe quoi. Notamment, le "libéralisme" est souvent assimilé à "l'absence de régulation". Quelle erreur !  
 
La doctrine libérale suppose que les individus soient A LA FOIS libres ET responsables, ce qui signifie qu'ils soient comptables des conséquences de leurs fautes. Ce principe se décline en matière économique : l'individu est libre d'entreprendre et de s'enrichir, sous réserve que  
 
 
- d'une part, il n'obtienne rien d'autrui par coercition ou tromperie (en clair, qu'il soit honnête),  
 
- d'autre part, s'il perd, il assume les pertes (en clair, qu'il soit responsable de ses actes).
 
Par conséquent, l'état, dans cette vision libérale, ne doit intervenir que lorsque des gens, par erreur ou par malhonnêteté, ont causé préjudice à un tiers.  
 
Dans cette conception, l'état doit procéder en priorité aux diligences suivantes :
 
 
- arbitrer les conflits civils qui ne se résolvent pas à l'amiable,  
- punir les crimes et autres actes crapuleux,
- arbitrer les situations de faillite, qui sont celles où une personne, une entreprise, ne peut, de bonne foi, tenir ses engagements, parce qu'elle s'est trompée sur son évaluation de l'avenir.
 
 
Ces trois fonctions sont absolument essentielles pour que la société et l'économie fonctionnent harmonieusement. Elles sont l'essence de la "régulation", au sens de la correction des désordres consécutifs aux erreurs et fraudes.  
 
Nous voyons donc que dans cette conception libérale du droit, il faut, pour que la "fonction de régulation" des sociétés fonctionne bien, il faut à la fois :  
 
 
- Une législation de bonne qualité, permettant de résoudre les problèmes dans le cadre du respect des droits de propriété.  
- Un législateur de bonne qualité, ayant la volonté de résoudre les problèmes dans ce même cadre.
 
 
"Dérégulation" ? Ou "démission du régulateur" ?
 
Or, le ForeclosureGate révèle à quel point la "fonction "régulatrice" de l'état telle que décrite ci dessus a été passablement absente aux USA depuis plusieurs décennies. Citons, pêle mêle :  
 
 
- Une liste impressionnante de sauvetages avec l'argent du contribuable d'institutions financières déficientes, n'incitant guère les autres à se corriger
 
- Une législation du crédit immobilier totalement pervertie par la volonté de "constructivisme social" de l'état américain, lequel, à partir de 1992, a demandé aux banques de prêter à des gens qui auraient été auparavant insolvables, et a ensuite cédé à toutes les demandes législatives des banques résultant de cette obligation : droit de titriser tout et n'importe quoi, d'user de structures législatives byzantines pour échapper à l'impôt, garanties publiques sur certaines institutions financières, etc...
 
- Pire encore, une totale démission (complicité ?) de l'état régalien devant la répétition de fraudes avérées, portées à sa connaissance, et n'ayant entrainées que des suites marginales encore aujourd'hui.
 
Démission complice du régulateur
 
Sur ce dernier point, citons seulement, liste non exhaustive :  
 
 
- A la fin des années 90, le secrétaire au logement Andrew Cuomo a fait valider par le congrès des montages financiers "scabreux" initiés par Fannie Mae et Freddie Mac, entreprises privées mais à statut spécial ("GSE" ) sous tutelle du département du logement, permettant de masquer aux investisseurs le niveau réel de risques pris par les deux sociétés.  
 
- Dès le début des années 2000, l'association des experts en évaluations immobilières s'est plainte plusieurs fois aux régulateurs des pressions exercées par les banquiers et les agents immobiliers. Réactions de justice ? Sporadiques.  
 
- En 2004, le FBI a publié un rapport accablant sur la fraude aux crédits hypothécaires, notant une croissance "rapide" des cas d'estimations gonflées et "d'embrouillage" des emprunteurs. Réaction du pouvoir en place ? Un certain "volontarisme dans l'attentisme", dirons nous.  
 
- Cette même année, Franklin Delano Raines, PDG de Fannie Mae, est accusé d'avoir truqué les comptes de son entreprise, pourtant sous tutelle prétendûment rigoureuse du département du logement (HUD), pour gonfler ses bonus et ceux de ses cadres. Réactions du congrès : une courte majorité bloque toute réforme de Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont dépensé 170 millions de dollars de lobbying pour ce résultat. Franklin Raines doit démissionner -avec un parachute doré !- mais ne subira aucune poursuite.  
 
- Le "sauvetage" d'AIG par le contribuable américain a fait apparaître que la FED de New York, dirigée à l'époque par un certain Tim Geithner, aujourd'hui secrétaire aux finances, a négocié des termes de remboursement de certains créanciers (comme Goldman Sachs) incroyablement avantageux, et qu'un de ses vice-gouverneurs a empoché une plus value de 5 millions de dollars laissant supposer un délit d'initié. Aucune poursuite à ce jour, malgré l'étonnement public de certains parlementaires.
 
 
Pourquoi le régulateur américain s'est-il à ce point couché ?
 
A partir du moment où Fannie Mae et Freddie Mac, en 1992, ont vu leur mission changée, du refinancement des emprunteurs solvables (avant 1992) à celui des emprunteurs peu solvables (après), ils ont été en position de force pour exiger du législateur des contreparties leur permettant de gérer le risque induit, voire d'en tirer profit. En outre, l'objectif politique de "la propriété pour tous" porté par nombre de politiciens a justifié toutes les compromissions du congrès, exploitées par ces deux entités.  
 
Mais il serait abusif de faire porter le chapeau aux deux seules Fannie et Freddie. Autour de ces deux acteurs se sont greffés des vautours, dont le symbole le plus emblématique est l'ex fondateur et PDG de Countrywide, Angelo Mozilo, qui a amassé plus de 400 millions de dollars de plus value en revendant ses actions, juste avant d'annoncer les pertes réelles de sa banque, qui allaient la conduire à la faillite. Bilan judiciaire : 67 millions d'amende et zéro années de prison. Jérôme Kerviel doit se dire qu'il aurait dû être américain.  
 
L'écosystème frauduleux du ForeclosureGate s'est mis en place avec la bénédiction des régulateurs, car les outils utilisés pour mener à bien l'escroquerie étaient ceux dont se servaient Fannie Mae, Freddie Mac, et quelques banques privées, pour donner l'illusion aux politiques que tout cela concourrait à permettre aux plus pauvres d'accéder à la propriété. Toute menace judiciaire contre cette "fraud économy" était présentée comme une menace contre l'accès au "rêve américain" des familles modestes.  
 
Ajoutons à cela que les lobbys financiers ont copieusement arrosé les budgets de campagne des parlementaires américains, ce qui n'a pas poussé tous les congressmen a se montrer trop regardants sur les préparations en arrière-cuisine.  
 
L'état américain s'est plus que couché, il s'est compromis avec l'élite financière, qui en a tiré parti de la pire des façons qui soit.  
 
Cette crise n'est pas celle de la "dérégulation", elle est celle de la "co-régulation" de l'économie entre gouvernements et financiers, au nom des "objectifs sociaux" du gouvernement.  
 
Organiser la séparation du capitalisme et de l'état  
 
La cupidité a toujours existé, mais ses excès, propres à la nature humaine, n'ont jamais à ce point mis en danger les fondements de l'économie.  
 
L'état régalien a toujours eu pour objet de sanctionner, et par la même de dissuader et de réparer, les effets de l'excès de cupidité, lorsqu'ils mènent à la faillite ou à la fraude. Mais lorsqu'il prétend "rééquilibrer" les inévitables imperfections -L'homme est lui même imparfait...- des sociétés libres et responsables, il crée de nouvelles imperfections dont les effets tendent à surpasser les bénéfices de son intervention.  
 
Plus d'état ? Oui, si il s'agit d'un retour aux commandes d'un état régalien d'abord préoccupé de justice civile et pénale.  
 
Non, s'il s'agit de tordre le bras et la colonne vertébrale de l'économie au nom de l'action sociale, qu'il convient de laisser à la société civile, car alors les interférences rendues nécessaires entre les états et les grandes puissances financières mettront toujours ces dernières en position de "capturer" le régulateur.  
 
Pour que l'état régalien soit efficace, nul besoin d'opposer à la finance ou aux entreprises des tombereaux de textes comme cela est le cas actuellement. Des lois simples qui s'en tiennent à l'énoncé de principes clairs (honnêteté, responsabilité), et qui se bornent à organiser la transparence de la vie économique et à gérer correctement les faillites, sans prétendre savoir mieux que les professionnels comment ils doivent faire leur métier (accords de Bâle, Glass Steagall act, etc.), sont plus faciles à faire respecter et plus effectives que des centaines de milliers d'alinéas où le juriste trouvera toujours une faille pour respecter la lettre de la loi tout en en détournant l'esprit.  
 
La crise actuelle nous montre qu'il ne faut pas AUGMENTER mais au contraire DIMINUER l'emprise de l'état sur la vie économique quotidienne. Il faut lui supprimer les pouvoirs d'aider, subventionner, sauver, réglementer ou se substituer à la concurrence privée, pour lui redonner la force d'exercer ses prérogatives régaliennes dont il s'est, hélas, éloigné.



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Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24371228
luckynick
esclave de chat
Posté le 25-10-2010 à 11:05:23  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
Heureusement, en France on ne risque rien  :sweat:  
 



 
 
le rapport ????
 
Si je vends en viager, à moi d'assumer ma parano peur d'un "accident malencontreux".
 
Ce que je me posait comme question c'est si un tiers peut poser une assurance vie sur ma tête sans mon consentement, voir sans même que je le sache.


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In girum imus nocte et consumimur igni (hommage à loosha)
n°24371920
zarkdav
Posté le 25-10-2010 à 11:58:59  profilanswer
 

Ca va encore barder...

 
Citation :


Source: Forbes: A European lynch mob is coming for Bank of America

 

Basically, if buyers of 25% or more of a mortgage-backed security can come together, they have standing to sue the mortgage servicer to do its duty to the investors and make putbacks of bad mortgages, and if they fail to do so the plaintiffs can take control of the process and take the issuer to court directly (that’s a very simplistic description but roughly accurate).

 

[...]

 

Through those subpoenas, the [FHFA -- Federal Housing Finance Agency, l'agence qui contrôle Freddie Mac et Fanny Mae NdT] could gain access to the loan files for the mortgages that backed the securities it bought and thus establish whether the mortgages were what the issuers represented them to be in securities contracts. According to the Journal, the difficulty of obtaining loan files has been a big obstacle for investors trying to force issuers to repurchase bonds.

 

If it all plays out the way Mauldin is predicting, there is a lynch mob gathering and Bank of America and other big subprime pushers like Citigroup are firmly in their sights. It is no wonder John Paulson is apparently getting a bit nervous about BAC’s prospects


Message édité par zarkdav le 25-10-2010 à 11:59:21

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Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic. -- Arthur C. Clarke, "Profiles of The Future", 1962 (Clarke's third law) | Mes photos (flickr)
n°24372079
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 25-10-2010 à 12:14:10  profilanswer
 

freeza01 a écrit :


 
que veux tu dire ?


Que les assurances paient aussi des primes pour les employés qui ne meurent pas, par exemple.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°24372101
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 25-10-2010 à 12:16:39  profilanswer
 

luckynick a écrit :


 
OMG on peut prendre des assurance vie sur quelqu'un d'autre que soit même au US ???  :ouch:  :ouch:  :ouch:  
 
Tain avec toutes les armes en circulation en plus je me sentirai pas tranquille  :sweat:


Tu assures un outil productif, tout simplement.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°24372106
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 25-10-2010 à 12:17:22  profilanswer
 

luckynick a écrit :


 
 
le rapport ????
 
Si je vends en viager, à moi d'assumer ma parano peur d'un "accident malencontreux".
 
Ce que je me posait comme question c'est si un tiers peut poser une assurance vie sur ma tête sans mon consentement, voir sans même que je le sache.


Celui qui fournit la rente viagère espère que le rentier claque au plus vite, non ?


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°24372566
Camelot2
Posté le 25-10-2010 à 13:03:51  profilanswer
 

luckynick a écrit :


 
OMG on peut prendre des assurance vie sur quelqu'un d'autre que soit même au US ???  :ouch:  :ouch:  :ouch:  
 
Tain avec toutes les armes en circulation en plus je me sentirai pas tranquille  :sweat:


 
Ce principe est, en règle général, interdit en Europe continental pour des raisons d'ordre public. La tête assurée doit avoir un intérêt à s'assurer.
 
Typiquement, c'est ce qui distingue les deux cas suivants:
1.Je prends une assurance décès qui versera une rente à ma (future) veuve.
2.Je prends une assurance décès sur la tête de ma (future) femme décédée pour me garantir une rente.
 
Aux USA, c'était différent jusqu'il y a peu...L'employeur pouvait s'assurer contre les risques inhérents au décès d'un employé (nécessité de trouver un autre employé, perte de productivité/qualification,...) sans même l'avertir. Ce principe a, d'après mes souvenirs, été changé en raison des abus de certains (dont Wall-Mart).
 
"-Des abus? Ils touchaient le pactole en cas de décès!"
 
Que nenni. S'ils touchaient uniquement le pactole en cas de décès, ce seraient les assureurs qui payeraient la note. Et les assureurs ne sont pas des philanthropes.
 
Donc dire "toucher le pactole en cas de décès" est trompeur voire erroné. Au contraire, on peut démontrer qu'à cause des frais de l'assureur, ils perdaient de l'argent sur leurs différentes assurances.
 
"-Mais que...quoi...pourquoi le faisaient-ils?"
 
Pour des raisons fiscales! Haaaaaa...la fameuse déductibilité des primes d'assurance-vie. Ou comment profiter d'une fiscalité complexe et totalement inadaptée (vas-y que je déduis par-ci, vas-y que je plafonne par là,...)

n°24372596
korrigan73
Membré
Posté le 25-10-2010 à 13:08:59  profilanswer
 

peaceful a écrit :


 
 
Sans Freddie et Fannie, y'aurait pas eu de crise des subprimes, puisque y'aurait eu personne pour garantir et titriser ces prêts ridicules, issus de la volonté politique d'avoir une amérique de proprio et surtout de sucer les électeurs des classe pop.
 
La solution c'est pas de nationaliser pour se retrouver avec la catastrophe fois 50, mais d'arrêter d'intervenir dans l'activité économique en déformant la conccurence, et d'agir à travers la fiscalité, qui est le seul outil qu'on devrait laisser un Etat manipuler.


oui, d'un coté il y a la volonté populiste de permettre a tous d'acheter n'importe quoi comme bien immo. ca ok.
mais ca ne dedouanera JAMAIS les banques de leurs fraudes massives, de leur produits pourris revendu a prix d'or avec des notes AAA en se mettant en relation avec les agences de notation qui sont leur clients...
bref, tout ce petit monde, a fait passer les lois qu'ils voulaient et ca a clashé.


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El predicator du topic foot
n°24372618
radioactif
Mighty mighty man
Posté le 25-10-2010 à 13:11:08  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :


oui, d'un coté il y a la volonté populiste de permettre a tous d'acheter n'importe quoi comme bien immo. ca ok.
mais ca ne dedouanera JAMAIS les banques de leurs fraudes massives, de leur produits pourris revendu a prix d'or avec des notes AAA en se mettant en relation avec les agences de notation qui sont leur clients...
bref, tout ce petit monde, a fait passer les lois qu'ils voulaient et ca a clashé.


Non, ça ne les dédouane pas.
 
Mais c'est marrant que les gens redécouvrent que les banques aiment l'argent. C'est à la régulation de cadrer ça, et j'adhère pas mal à l'article posté par Nàname.


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"La physique, c'est les mathématiques du branleur curieux"© | "Les gens ont tellement peur d'avoir un futur pourri qu'ils se font facilement a l'idee d'avoir un present de merde, en somme"©
n°24372668
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 25-10-2010 à 13:18:45  profilanswer
 

korrigan73 a écrit :


oui, d'un coté il y a la volonté populiste de permettre a tous d'acheter n'importe quoi comme bien immo. ca ok.
mais ca ne dedouanera JAMAIS les banques de leurs fraudes massives, de leur produits pourris revendu a prix d'or avec des notes AAA en se mettant en relation avec les agences de notation qui sont leur clients...
bref, tout ce petit monde, a fait passer les lois qu'ils voulaient et ca a clashé.


 
Tu enfonces une porte ouverte : tout le monde est d'accord ici (libéraux et socialistes) pour dire que les banques doivent assumer leurs merdes (même si nos points de vue divergent sur les causes, et donc les solutions)


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Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°24373083
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 25-10-2010 à 13:53:52  profilanswer
 

Très bon article, comme toujours quand ils sont signés Delhommais, qui pointe en filigrane les responsabilités dans la crise actuelle des politiques de création monétaire, financées à coups de taux d'intérêt maintenus artificiellement bas. Ces bas taux d'intérêt sont à la fois responsables de la crise actuelle et du dérèglement des flux d'épargne, les pauvres Chinois finançant par leur épargne le 2ème 4*4 des familles américaines. Bas taux d'intérêt, (bas parce que bien en deçà du taux d'intérêt naturel), responsables de nos maux actuels mais que l'on maintient à bas niveau comme remède à la crise. Les taux sont bas ? ce sont eux qui ont produit la crise ? qu'à cela ne tienne, pour la résoudre, baissons-les encore ! On marche sur la tête. Les politiques monétaires publiques sont sans doute notre malheur numéro un.

 

http://www.lemonde.fr/idees/articl [...] _3232.html

 

Regardant l'autre soir la télévision, nous avons été tirés d'un demi-sommeil par la diffusion d'images d'archives où l'on voyait le présentateur vedette de l'époque, Jean-Claude Bourret, disserter, de façon aussi savante que passionnée, des ovnis. Petit moment de nostalgie, car plus personne aujourd'hui ne parle de soucoupes volantes. Peut-être l'invention d'Internet a-t-elle assouvi, chez l'homme, le besoin de monde virtuel, peut-être Second Life suffit-elle à satisfaire son envie d'univers parallèle.

 

Autre explication possible : les extraterrestres seraient récemment et discrètement venus faire un petit tour sur Terre. Et seraient repartis aussi sec, effrayés par ce qu'ils ont vu, épouvantés par les paradoxes et les contradictions d'une humanité pourtant censée se distinguer par sa grande rationalité.

 

Notamment en matière économique et financière. Prenez les taux d'intérêt, par exemple, dont les niveaux ont de quoi faire perdre la tête à n'importe quel Martien, s'ils en ont une. Ils n'ont jamais été aussi bas. Proches de 0 % dans la plupart des grands pays industrialisés, du jamais-vu.

 

Le petit souci est que tout le monde est d'accord pour dire que c'est précisément parce que les taux d'intérêt avaient été trop bas trop longtemps, que l'argent avait été quasiment gratuit qu'une gigantesque bulle du crédit s'était constituée. Bref, tout est en place pour que de nouvelles bulles, plus grosses encore que celle des subprimes, se forment.

 

Même constat pour les taux d'intérêt à long terme. Eux aussi n'ont jamais été aussi faibles (2,5 % à dix ans aux Etats-Unis, 2,9 % en France), alors même que les émissions record d'emprunts du Trésor pour financer les déficits également record devraient en théorie les faire s'envoler.

 

Difficile à comprendre pour un petit homme vert possédant une culture économique même rudimentaire.

 

Difficile aussi pour lui de concevoir que l'inflation ne redémarre pas, alors que la base monétaire mondiale (grosso modo les billets en circulation) a littéralement explosé depuis trois ans. Difficile enfin d'admettre que les grandes banques centrales, censées garantir la stabilité financière et incarner l'orthodoxie monétaire, fassent tourner la planche à billets à plein régime, monétisent la dette, ce que tous les manuels d'économie considèrent comme une totale hérésie.

 

Plus déroutant encore pour un visiteur d'une autre planète qui se serait intéressé depuis une ou deux décennies aux affaires terrestres : à force de lire les journaux, il avait fini par être à peu près convaincu que l'économie libérale de marché, décentralisée, désétatisée et déplanifiée était non seulement le meilleur moyen de produire des richesses, mais aussi de favoriser le développement démocratique. Il y a un hic : c'est la Chine communiste et son économie hypercentralisée, hyperétatisée et hyperplanifiée qui est devenue la locomotive de l'économie mondiale et a sauvé l'Occident de l'implosion. Et la Chine a peut-être libéré sa croissance, mais elle continue d'enfermer ses dissidents.

 

Pire. Le seul grand pays industrialisé et démocratique à s'en sortir aujourd'hui très honorablement (croissance forte, chômage et déficit en baisse), à savoir l'Allemagne, fait l'objet de toutes les critiques. Accusée de mener une politique économique égoïste et destructrice, tant pour ses partenaires que pour l'euro. Une petite femme verte n'y retrouverait pas ses petits !

 

Il y a quelques années de cela, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'était, le temps d'un discours prononcé lors des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, glissé dans la peau d'un Martien qui contemplerait les flux d'épargne mondiaux.

 

Il avait évoqué l'étonnement que ne manquerait pas d'éprouver un voyageur interstellaire devant le spectacle qui s'offrirait à lui : "Celui de 1,2 milliard de Chinois "pauvres", avec un revenu moyen de 900 dollars par an qui, individuellement, prêtent chaque année de 100 à 170 dollars - c'est-à- dire de 12 % à 20 % de leur revenu - à des résidents américains, dont le revenu est quinze fois supérieur au leur. Ce Martien ne pourrait manquer de s'interroger : n'y a-t-il pas, pour ces épargnants chinois, un meilleur usage de leur revenu, alors même que, pour beaucoup d'entre eux, les besoins élémentaires d'éducation, de santé et d'infrastructures sont loin d'être satisfaits ?" Et la crise n'a pas changé grand-chose à cette allocation aberrante de l'épargne mondiale.

 

Tout E. T. un peu sensé ne peut qu'être très troublé à constater qu'un ouvrier du textile chinois, payé des clopinettes, reverse une partie de son salaire de misère pour qu'une famille texane puisse se payer un deuxième 4 × 4.

 

De la même façon, il ne peut être que décontenancé d'observer que le pays le plus riche au monde, qui compte les meilleures universités, attire les plus brillants cerveaux de la planète et possède les entreprises les plus innovantes, les plus performantes et les plus puissantes (Microsoft, Google, Apple, IBM, Pfizer, ExxonMobil, Wal-Mart, etc.), est de fait en faillite virtuelle. Et n'en est sauvé que par les achats de bons du Trésor américain effectués par une Chine classée 99e au niveau mondial en termes de richesse par habitant.

 

Notre extraterrestre ne trouvera pas motif à se rassurer s'il fait une petite escale en France, attiré par une bonne odeur de soupe aux choux. A voir que l'épargne des pays pauvres sert à financer, certes pas des 4 × 4, mais les frais d'hospitalisation d'un Etat-providence en coma financier avancé (32 milliards d'euros de déficit pour le régime des retraites en 2010, 23 milliards d'euros de déficit pour le régime général de la Sécurité sociale). A voir des lycéens défiler pour le maintien de la retraite à 60 ans alors que beaucoup ne connaîtront qu'une vie de chômage et de boulots précaires et qu'un quart d'entre eux vivront plus de 100 ans.

 

Voyageurs intergalactiques, remontez vite dans vos soucoupes volantes. "Téléphone, maison", implorerait E. T.

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 25-10-2010 à 13:54:56
n°24373129
Profil sup​primé
Posté le 25-10-2010 à 13:56:59  answer
 

Pour le coup je suis d'accord sur les taux d'intérêt :jap: Surtout que par exemple les taux d'intérêt si bas permettent de soutenir le marché de l'immobilier dont les prix sont délirants. Les gens n'ont les moyens d'acheter uniquement parceque les taux d'intérêt sont si bas, donc emprunter sur 40ans reste accessible, mais si on les relevait, quasiment plus personne ne pourrait devenir proprio et donc les prix de l'immo devraient baisser


Message édité par Profil supprimé le 25-10-2010 à 13:59:10
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