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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°20989329
poilagratt​er
Posté le 23-12-2009 à 22:32:12  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

eclipseo a écrit :


Quelquesoit la richesse de mon voisin ça ne me donne pas le droit de le spoiler.
 


 
Supposons que je me sois enrichi sur ton dos,  au point de te mettre dans la galère...    non?  


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
mood
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Posté le 23-12-2009 à 22:32:12  profilanswer
 

n°20989359
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:34:20  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Il y a une banque qui est pas chère, c'est La Poste, mais dès qu'on dit ça à un libéral il est mort de rire en disant que La Poste c'est pas une banque :whistle:
 
Sinon magnifique  [:manneke2]  :D  
 
Edit: ah :ange: Betcour n'a pas le même réflexe que tous les libéraux, c'est bien [:tinostar]


La Banque Postale c'est bien si tu veux un compte ouvert très rapidement, à peu de frais, surtout quand t'es étudiant :D

n°20989387
poilagratt​er
Posté le 23-12-2009 à 22:36:31  profilanswer
 

Betcour a écrit :


 
Vive la société infantilisée où on t'évite de te fouler un neurone en réfléchissant et où on décide à ta place de ce qui est bon pour toi.  [:rouliano34]


Et puis la pub aide les gens à grandir en donnant de l'info pertinente et responsable.
 
(Putain, le niveau des arguments... :sarcastic: )


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°20989412
Betcour
Building better worlds
Posté le 23-12-2009 à 22:38:17  profilanswer
 

le_noob a écrit :

Tu ne peux pas être un expert en tout et donc tout choisir par toi même.


Je m'en cogne, je préfère faire mes propres erreurs que d'être traité comme un môme de 10 ans. Je refuse de laisser un gratte papier anonyme au fond d'un ministère décider à ma place de "ce qui est bon pour moi".
 
Soit dit en passant l'esclavagisme a longtemps été justifié avec l'argument du "ils ont besoin qu'on décide à leur place, c'est mieux pour eux". :sarcastic:


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°20989452
Betcour
Building better worlds
Posté le 23-12-2009 à 22:40:36  profilanswer
 

le_noob a écrit :

Plus je vous lis plus je constate que le libéralisme est incompatible avec la démocratie.


C'est comique de lire ça quand on sait que le fondement de la démocratie moderne viens des libéraux :lol:


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°20989521
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:46:27  profilanswer
 

le_noob a écrit :


Je ne vois pas en quoi un monopole est immorale, d'autant plus si celui-ci est publique.

Un monopole est forcément publique ou dispose de privilèges de l'état (sous forme de réglementations par ex), donc résulte de la coercition.
 

le_noob a écrit :

Je suis le seul à penser qu'un monopole publique revient à un monopole de tous les français sur l'ensemble des français ?


C'est que tu confonds le gouvernement et la société.

n°20989543
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 23-12-2009 à 22:49:12  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Ben si, on peut faire 0 € (carte comprise), comme chez plusieurs banques en lignes :)


On pouvait faire ça à La Poste jusqu'il y a quelques années ;) Ce qui pour une banque avec des guichets n'était pas dans les habitudes ...

 

Maintenant on peut toujours avoir la Mastercard à 20€ par an, c'est pas grand chose par rapport à d'autres banques.

 
eclipseo a écrit :


La Banque Postale c'est bien si tu veux un compte ouvert très rapidement, à peu de frais, surtout quand t'es étudiant :D


Même quand tu bosses, c'est très bien aussi. J'ai jamais compris pour un usage de base, ce qu'on reprochait à la Poste à l'époque, par rapport aux autres banques.

Message cité 1 fois
Message édité par Ernestor le 23-12-2009 à 22:50:25
n°20989569
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:50:57  profilanswer
 

poilagratter a écrit :


 
Supposons que je me sois enrichi sur ton dos,  au point de te mettre dans la galère...    non?  


Mu

n°20989577
le_noob
Posté le 23-12-2009 à 22:51:25  profilanswer
 

eclipseo a écrit :

Un monopole est forcément publique ou dispose de privilèges de l'état (sous forme de réglementations par ex), donc résulte de la coercition.
 


Etre publique ou disposer de privilège de l'Etat est très différent.
 
C'est à qui ça profite.
 

eclipseo a écrit :


C'est que tu confonds le gouvernement et la société.


Dans une démocratie les deux devraient être confondus.

n°20989603
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:53:16  profilanswer
 

le_noob a écrit :


Tu ne peux pas être un expert en tout et donc tout choisir par toi même.

 

Ta vision de l'individu responsable est valable à la préhistoire, pas en 2009.

 


L'individu responsable dans une société évolué est l'individu qui comprend qu'il doit composer avec les autres, et non pouvoir décider tout sur tout et être libre de tout.

 

Faire ses propres choix n'implique pas de ne pas consulter des amis, des experts, etc… Rappelez-vous, l'homme est un animal social.


Message édité par eclipseo le 23-12-2009 à 22:57:35
mood
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Posté le 23-12-2009 à 22:53:16  profilanswer
 

n°20989614
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:54:19  profilanswer
 

le_noob a écrit :

Plus je vous lis plus je constate que le libéralisme est incompatible avec la démocratie.


Ça dépend de quelle définition de la démocratie tu parles.

n°20989643
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:56:47  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Même quand tu bosses, c'est très bien aussi. J'ai jamais compris pour un usage de base, ce qu'on reprochait à la Poste à l'époque, par rapport aux autres banques.


Au hasard les guichets ?
Et ils n'avaient pas d'automate pour les opérations courantes chez moi (dépot de liquide, de chèques).

n°20989655
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 23-12-2009 à 22:57:42  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


Et ton "la plupart" sort de où ?
Voir l'étude à la fin qui montre plutôt l'inverse.


Au contraire, ça va totalement dans mon sens. Si tu prends les personnes qui veulent quitter leur FAI tu te rends compte que plus le FAI a une mauvaise qualité de service, plus les gens veulent le quitter. A contrario, Wanadoo qui est pourtant clairement déclaré comme beaucoup plus cher par ses clients à un taux de "volonté de départ de clients" parmi les plus faibles.
 
Conclusion : la qualité de service prime sur le coût du service. Merci d'avoir cité cette étude qui confirme ce que je disais.
 

Citation :


Je n'ai pas dit que tu avais dit "c'est parce que c'est plus cher que c'est mieux" Je répondais à : "ils paient un abonnement Internet plus cher (Orange c'est plus cher) sans que ça marche forcément mieux". La réputation d'Orange c'était pour les non-dégroupés il me semble, vu que ce sont les seules à pouvoir intervenir sur cette partie.


Ils étaient les seuls, c'était plus le cas à ce moment là, ou du moins, on avait le choix entre plusieurs FAI nous concernant. Mais il y a quand même la réputation de qualité qui a joué, je persiste là dessus.
 

eclipseo a écrit :


Reportage à la télé où un provider parlait du taux de churn moyen de 15% sur le secteur.
Trouvé une vieille étude de 2006 sur le sujet mais les chiffres ne fait mention que des intentions : http://www.journaldunet.com/diapor [...] ai/1.shtml


15% c'est pas non plus énorme et ça ne contredit donc pas le fait qu'on reste 7 ans en moyenne chez le même FAI.

n°20989677
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 22:59:56  profilanswer
 

le_noob a écrit :


Dans une démocratie les deux devraient être confondus.


Ce serait méconnaitre la nature humaine de croire que les gouvernants ne défendent pas leurs propres intérêts.
Je t'invite par ailleurs à lire les travaux de l'école des choix publics http://en.wikipedia.org/wiki/Public_choice_theory

n°20989682
Profil sup​primé
Posté le 23-12-2009 à 23:00:05  answer
 


 

le_noob a écrit :


Dans une démocratie les deux devraient être confondus.


 
 
 [:cerveau fission]  
 
la derniere fois qu'on a confondu etat et nation c'était sous vichy

n°20989698
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 23-12-2009 à 23:01:27  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


Au hasard les guichets ?
Et ils n'avaient pas d'automate pour les opérations courantes chez moi (dépot de liquide, de chèques).


Je met rarement les pieds dans le guichet de ma banque, ça ne m'a pas dérangé. Pour les dépôt de liquide, j'en faisais que très rarement et pour les chèques, t'envoyais ça par courrier (et c'était gratuit, pas besoin de timbre), encore plus simple que de se déplacer, suffit juste de trouver une boite aux lettres.

n°20989721
tocmai
Posté le 23-12-2009 à 23:02:49  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Soit dit en passant l'esclavagisme a longtemps été justifié avec l'argument du "ils ont besoin qu'on décide à leur place, c'est mieux pour eux". :sarcastic:


Que penses-tu de celui-ci:  
"l'esclavagisme est supérieur au salariat. En effet, vu que l'entrepreneur esclavagiste possède son esclave il va bien en prendre soin pour qu'il travaille bien dans la durée, alors que le patron louant les services de son employé peut à tout moment le licensier pour en employer un autre tout frais " ?  :lol:  

n°20989831
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 23-12-2009 à 23:11:14  profilanswer
 

Ernestor a écrit :


Au contraire, ça va totalement dans mon sens. Si tu prends les personnes qui veulent quitter leur FAI tu te rends compte que plus le FAI a une mauvaise qualité de service, plus les gens veulent le quitter. A contrario, Wanadoo qui est pourtant clairement déclaré comme beaucoup plus cher par ses clients à un taux de "volonté de départ de clients" parmi les plus faibles.
 
Conclusion : la qualité de service prime sur le coût du service. Merci d'avoir cité cette étude qui confirme ce que je disais.


 
On a pas du lire la même étude :
Les principales raisons au changement de FAI : pour la moitié des gens c'était le prix, principalement venant de Wanadoo
Ensuite tu as Free en #3 pour la mauvaise qualité de services, mais pourtant ils sont 24% à le privilégier en cas de réabonnement devant les 16% de Wanadoo.
 

Ernestor a écrit :


15% c'est pas non plus énorme et ça ne contredit donc pas le fait qu'on reste 7 ans en moyenne chez le même FAI.


15% de clients qui partent chaque année, tu le sens passer quand même.

n°20989914
tocmai
Posté le 23-12-2009 à 23:18:28  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


Ce serait méconnaitre la nature humaine de croire que les gouvernants ne défendent pas leurs propres intérêts.
Je t'invite par ailleurs à lire les travaux de l'école des choix publics http://en.wikipedia.org/wiki/Public_choice_theory


Qu'il existe une théorie prenant comme hypothèse une proposition (ici, "les gouvernants défendent leurs propres intérêts" ) ne prouve en aucun cas que cette proposition soit vraie.

n°20989939
tocmai
Posté le 23-12-2009 à 23:20:45  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


15% de clients qui partent et viennent chaque année, tu le sens pas peu passer quand même.


n°20989954
Ernestor
modo-coco :o
Posté le 23-12-2009 à 23:22:23  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


 
On a pas du lire la même étude :
Les principales raisons au changement de FAI : pour la moitié des gens c'était le prix, principalement venant de Wanadoo
Ensuite tu as Free en #3 pour la mauvaise qualité de services, mais pourtant ils sont 24% à le privilégier en cas de réabonnement devant les 16% de Wanadoo.


J'ai peu lu un peu vite, mais globalement j'ai quand même pas vraiment tort :D
 
Certes, le prix est un critère important et beaucoup veulent quitter leur FAI pour cela, et donc Wanadoo, mais on constate aussi que la qualité joue. Et que beaucoup plus de clients d'Alice ou Numericable, aux problèmes de qualité, veulent partir de leur FAI que de clients de Wanadoo, qui partiraient à cause du prix. Et on constate aussi que Wanadoo arrive en deuxième choix, derrière Free, comme nouveau FAI potentiel en cas de départ. Donc là, le prix est secondaire pour ces gens qui feraient ce choix et on peut supposer que c'est la qualité qui joue avant tout.
 
En gros, c'est complexe :whistle:
 

eclipseo a écrit :


15% de clients qui partent chaque année, tu le sens passer quand même.


Pas quand tu reprends 15% à coté :ange:

n°20990002
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 23-12-2009 à 23:27:59  profilanswer
 

Globalement, les services sont assez médiocres car le réseau qui est resté en majorité en cuivre co-axial, ne suit pas là demande exponentielle ...et beaucoup de lignes sont saturées ...style à aix en provence, j'ai à peine un 1,5mega entre 14 heures et 18 heures, quand il ne pleut pas !


---------------
L'arrière-train sifflera trois fois.
n°20990289
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 24-12-2009 à 00:09:31  profilanswer
 

En ce moment je lit Schumpeter et c'est grandiose :
 
Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie
 
Deuxième partie : le capitalisme peut-il survivre ?
 
Chapitre 13
 
L'hostilité grandit
 
I. L'atmosphère sociale du capitalisme.

Citation :


    Après l'analyse des deux chapitres précédents, le lecteur doit concevoir sans peine
comment l'évolution capitaliste a sécrété l'ambiance, à laquelle j'ai fait allusion au
début de cette section, d'hostilité presque universelle envers l'ordre social spécifique
du capitalisme. Ce phénomène est si frappant et les explications marxistes ou couran-
tes qui en sont données sont à tel point inadéquates qu'il me paraît utile d'en dévelop-
per un peu davantage la théorie.
 
    I. L'évolution capitaliste, comme nous l'avons reconnu, aboutit à minimiser l'im-
portance de la fonction qui constitue la raison d'être de la classe capitaliste. Nous
avons également constaté qu'elle décape les couches protectrices, disloque les défen-
ses, disperse les défenseurs du capitalisme. Enfin, nous avons observé que le capita-
lisme donne naissance à une mentalité d'objecteurs qui, après avoir détruit l'autorité
morale de multiples institutions non capitalistes, en vient à se tourner contre les
propres institutions de ce régime. Le bourgeois découvre, à sa grande stupéfaction,
que l'esprit rationaliste ne s'en tient pas à mettre en question la légitimité des rois ou
des papes, mais que, poursuivant son offensive, il s'en prend à la propriété privée et à
tout le système des valeurs bourgeoises.
 
Ainsi la forteresse bourgeoise devient politiquement démantelée. Or, les forte-
resses sans défenses invitent à l'agression, notamment si elles contiennent un riche
butin. Les agresseurs, comme il est de règle, se trouvent des excuses en rationalisant
leur hostilité  
 
1. Certes, il est possible, pendant un certain temps, de les arrêter en les achetant.
Toutefois, cette ultime parade cesse d'être efficace dès lors que les assaillants
découvrent qu'ils peuvent aussi bien tout prendre. Une telle progression explique en
partie pourquoi l'atmosphère où baigne le capitalisme devient toujours davantage
irrespirable. Dans la mesure où il vaut (car il ne fournit pas, bien entendu, une expli-
cation complète du phénomène), cet élément de notre thème est vérifié par le degré de
corrélation élevé qui existe historiquement entre le désarmement de la bourgeoisie et
l'hostilité envers le régime capitaliste : tant que la position bourgeoise a été forte,
l'hostilité de principe est restée très faible, bien qu'elle eût été alors beaucoup plus
justifiée ; elle s'est développée dans la mesure même où s'effritaient les remparts
protecteurs.
 
2. Cependant, pourrait-on se demander à bon droit - et c'est effectivement la
question que se pose, dans sa candeur naïve, maint industriel qui, en toute honnêteté,
a conscience de faire tout son devoir envers toutes les classes sociales -, pourquoi le
régime capitaliste aurait-il besoin d'être protégé à un degré quelconque par des forces
extra-capitalistes ou par des loyalismes extra-rationnels? N'est-il pas capable de sortir
triomphant de l'épreuve? Notre argumentation précédente lie démontre-t-elle pas à
l'évidence qu'il est en mesure de fournir de multiples justifications utilitaires? N'est-il
pas possible à ses avocats de constituer en sa faveur un dossier parfaitement étanche?
Et ces industriels de bonne foi ne manqueront pas de faire valoir qu'un travailleur
raisonnable, s'il soupèse le pour et le contre de son contrat avec l'une des sociétés
géantes de l'acier ou de l'automobile, a toutes raisons d'aboutir à la conclusion que,
tout bien considéré, il ne s'en tire pas si mal et que chacune des deux parties a fait un
marché avantageux. Oui, à coup sûr, mais tous ces arguments sont tout à fait à côté de
la question.
 
En effet, en premier lieu, on aurait tort de croire que les offensives politiques sont
primordialement suscitées par des griefs et qu'elles pourraient être stoppées par des
justifications. Les critiques d'ordre politique ne sauraient être effectivement réduites
au silence par des arguments rationnels. De ce que la condamnation du régime capi-
taliste procède d'une attitude d'esprit critique, c'est-à-dire d'une mentalité qui se refuse
à toute allégeance envers les valeurs extra-capitalistes, il ne s'ensuit aucunement que
des réfutations rationnelles feront impression sur les adversaires du régime. De telles
ripostes peuvent déchirer l'accoutrement rationnel des assaillants, mais elles ne
peuvent jamais atteindre les forces d'impulsion extra-rationnelles qui se dissimulent
derrière de camouflage. Le rationalisme capitaliste, loin de contenir ces impulsions
subrationnelles ou suprarationnelles, a au contraire pour effet de les déchaîner en
disloquant le frein des traditions sacrées ou semi-sacrées. Dans toute civilisation à
laquelle fait défaut la possibilité ou même la volonté de discipliner et de diriger de
telles impulsions celles-ci doivent nécessairement se révolter. Or, une fois qu'elles se
sont révoltées, il n'importe guère que, sous le règne d'une culture rationaliste, leurs
manifestations soient rationalisées d'une manière ou d'une autre. De même que des
justifications utilitaires n'ont jamais été réclamées aux rois, aux seigneurs et aux
papes par des sujets se comportant comme des juges prêts à accepter une réponse
satisfaisante, de même le capitalisme doit soutenir son procès devant des juges qui ont
déjà en poche la sentence de mort. Ces juges se préparent à la prononcer, quels que
soient les arguments invoqués par les avocats, le seul succès que puisse enregistrer
une défense irréfutable consistant à faire modifier l'acte d'accusation. Le raisonne-
ment utilitariste ne saurait, en aucun cas, imprimer un élan puissant à une action
collective. ni tenir tête aux facteurs extra-rationnels qui déterminent la conduite des
hommes.
 
En second lieu, le succès du réquisitoire anti-capitaliste devient tout à fait com-
préhensible dès lors que nous avons compris ce qu'impliquerait l'adhésion à la thèse
capitaliste. Même si elle était beaucoup plus forte qu'elle ne l'est effectivement, cette
thèse ne pourrait jamais être exposée en termes simples. Pour la comprendre, le grand
public devrait être doué d'une pénétration et d'une puissance d'analyse qui lui font
entièrement défaut. Au demeurant, il n'est guère d'absurdité avancée au sujet du
capitalisme qui n'ait trouvé de champion en la personne d'un économiste profes-
sionnel. Cependant, même si l'on néglige cette circonstance, il apparaît que la prise de
conscience raisonnée de la performance économique du capitalisme et des espoirs que
l'on est en droit de fonder sur lui supposerait de la part des non-possédants une
abnégation quasi-inhumaine. En effet, cette performance ne ressort que sur le plan
d'une perspective lointaine : tout argument pro-capitaliste doit être fondé sur des
considérations à long terme. A court terme, ses superbénéfices et ses inefficacités se
profilent au premier plan. Pour se résigner à son triste sort, l'égalitariste d'antan ou le
chartiste de 1838 auraient dû se bercer de l'espoir d'une vie meilleure pour leurs
arrière-petits-enfants. Pour s'identifier au système capitaliste, le chômeur contem-
porain devrait faire complètement abstraction de son propre destin et le politicien
contemporain devrait faire litière de ses ambitions personnelles. Les intérêts à long
terme de la société sont si profondément incrustés dans les couches supérieures de la
société bourgeoise que le peuple est tout naturellement porté à les considérer comme
les intérêts exclusifs de cette classe.
 
Aux yeux des masses, ce sont les considérations à court terme qui comptent. A
l'instar de Louis XV, elles estiment que « après nous le déluge » et, du point de vue
de l'utilitarisme individualiste, un tel sentiment est, cela va de soi, parfaitement
rationnel.
 
En troisième lieu, on doit faire état des difficultés quotidiennes et des menaces
d'avenir avec lesquelles chacun doit se colleter dans un système social quelconque -
les frictions et les désappointements, les incidents désagréables, petits ou grands, qui
blessent, exaspèrent ou contrarient. Tous, tant que nous sommes, je le présume, nous
avons plus ou moins accoutumé de rapporter complètement de tels ennuis à des
causes extérieures à notre personnalité - aussi un attachement émotionnel à l'ordre
social (c'est-à-dire, précisément, le sentiment même que le capitalisme est constitu-
tionnellement impuissant à engendrer) est-il seul capable de refouler en nous les
impulsions hostiles par lesquelles nous réagissons à ces élancements. En l'absence
d'une adhésion sentimentale, l'impulsion se développe librement et finit par devenir
un élément permanent de notre système psychique.
 
En quatrième lieu, les niveaux d'existence constamment améliorés et, en parti-
culier, les loisirs que le capitalisme moderne procure au travailleur jouissant du plein
emploi... eh bien! il n'est pas besoin d'achever cette phrase, ni de développer un argu-
ment qui, pour être ressassé, éculé, banal entre tous, n'en reste malheureusement que
trop pertinent. Un progrès séculaire, considéré comme allant de soi, accouplé à une
insécurité individuelle douloureusement ressentie, constitue évidemment la meilleure
des huiles à jeter sur le feu de l'agitation sociale.



---------------
" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°20991305
python
Posté le 24-12-2009 à 02:36:33  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Je m'en cogne, je préfère faire mes propres erreurs que d'être traité comme un môme de 10 ans. Je refuse de laisser un gratte papier anonyme au fond d'un ministère décider à ma place de "ce qui est bon pour moi".
 
Soit dit en passant l'esclavagisme a longtemps été justifié avec l'argument du "ils ont besoin qu'on décide à leur place, c'est mieux pour eux". :sarcastic:


 
Et moi je veux une Autorité des marchés financiers avec toujours plus de pouvoir contre les abus de mettre les peines de prison à 25 ans minimum contre les fraudeurs à la Enron.

n°20991472
n0name
Etat nounou, Etat soeur.
Posté le 24-12-2009 à 02:57:39  profilanswer
 

python a écrit :


 
Et moi je veux une Autorité des marchés financiers avec toujours plus de pouvoir contre les abus de mettre les peines de prison à 25 ans minimum contre les fraudeurs à la Enron.


 
Ca s'appelle la justice, et ca existe aussi pour les libéraux.
Quel est le rapport avec la semoule ?


---------------
Mes ventes: https://forum.hardware.fr/forum2.ph [...] 851&page=1
n°20991763
le_noob
Posté le 24-12-2009 à 07:19:39  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


Ça dépend de quelle définition de la démocratie tu parles.


Je sais, tu es contre la dictature de la majorité.

n°20991766
Betcour
Building better worlds
Posté le 24-12-2009 à 07:24:10  profilanswer
 

le_noob a écrit :

Je sais, tu es contre la dictature de la majorité.


En d'autre terme du fascisme. Oui y'a quelques gens qui sont contre :o


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°20991767
le_noob
Posté le 24-12-2009 à 07:24:46  profilanswer
 

tocmai a écrit :


Qu'il existe une théorie prenant comme hypothèse une proposition (ici, "les gouvernants défendent leurs propres intérêts" ) ne prouve en aucun cas que cette proposition soit vraie.


Quand bien même ce n'est pas l'Etat le problème, mais les dirigeants.

n°20991771
le_noob
Posté le 24-12-2009 à 07:39:37  profilanswer
 

Betcour a écrit :


En d'autre terme du fascisme. Oui y'a quelques gens qui sont contre :o


Pour le coup c'est vraiment en d'autre terme  :sarcastic:

n°20991777
Betcour
Building better worlds
Posté le 24-12-2009 à 07:46:31  profilanswer
 

le_noob a écrit :

Pour le coup c'est vraiment en d'autre terme  :sarcastic:


La dictature de la majorité c'est l'écrasement de la minorité. Donc oui, c'est du fascisme.
 
Tu ne sais visiblement pas ce qu'est la démocratie.


---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°20991814
Profil sup​primé
Posté le 24-12-2009 à 08:13:49  answer
 

Betcour a écrit :


La dictature de la majorité c'est l'écrasement de la minorité. Donc oui, c'est du fascisme.
 
Tu ne sais visiblement pas ce qu'est la démocratie.


 
les riches écrasent et assouvissent, les pauvres éduquent   [:zeprince:1]

n°20992031
magic-sim
Attention, pougnat radioactif
Posté le 24-12-2009 à 09:35:21  profilanswer
 

Betcour a écrit :


La dictature de la majorité c'est l'écrasement de la minorité. Donc oui, c'est du fascisme.
 
Tu ne sais visiblement pas ce qu'est la démocratie.


Et la dictature d'une minorité sur la majorité, c'est quoi, la fête du slip à bisounours-land ?  [:lord casque noir]


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Recueille pougnats islandais suite à éruption volcanique.
n°20992040
M4vrick
Mad user
Posté le 24-12-2009 à 09:37:15  profilanswer
 

Betcour a écrit :


La dictature de la majorité c'est l'écrasement de la minorité. Donc oui, c'est du fascisme.
 
Tu ne sais visiblement pas ce qu'est la démocratie.


 
Je quote parce que je suis rarement d'accords avec ce qui se dit ici, mais je ne peux qu'appuyer cette réflexion.
 
Quand une majorité décide unilatéralement sans tenir compte des opposants ou des minorités on est très loin d'une démocratie.
Une démocratie c'est un débat permanent, ce n'est pas parce que certains sont plus nombreux qu'ils décident de tout.
 
Autant la situation actuelle ne me plait pas pour tout un tas de raisons (qui ont été évoqués ici aussi bien par les 'capitalistes' que par les 'communistes'), autant se retrouver avec un etat tout puissant qui decide de tout n'est absolument pas une solution, il faut du privé, il faut de la concurence, ils faut que les gens aient le choix.
 
Sans choix, pas de reflexion. Sans reflexion, on se retrouve avec une nation de moutons et souvent des derives.
 
Si on décide que le gouvernement peux choisir les monopoles d'état dans des domaines comme les télécom ou les transports, pourquoi ne pas decider aussi qu'il peux choisir ce qui est le mieux d'un point de vue politique ? La frontière n'est pas si éloignée entre la démocratie et le fascisme, et certains flirtent avec la limite (mais que personne ne se sente visé, je n'ai pas de pseudo en tête en écrivant cela, je pense plus a certains dirigeant politique).


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--== M4vr|ck ==--
n°20992088
magic-sim
Attention, pougnat radioactif
Posté le 24-12-2009 à 09:44:05  profilanswer
 

M4vrick a écrit :


 
Je quote parce que je suis rarement d'accords avec ce qui se dit ici, mais je ne peux qu'appuyer cette réflexion.
 
Quand une majorité décide unilatéralement sans tenir compte des opposants ou des minorités on est très loin d'une démocratie.
Une démocratie c'est un débat permanent, ce n'est pas parce que certains sont plus nombreux qu'ils décident de tout.
 
Autant la situation actuelle ne me plait pas pour tout un tas de raisons (qui ont été évoqués ici aussi bien par les 'capitalistes' que par les 'communistes'), autant se retrouver avec un etat tout puissant qui decide de tout n'est absolument pas une solution, il faut du privé, il faut de la concurence, ils faut que les gens aient le choix.
 
Sans choix, pas de reflexion. Sans reflexion, on se retrouve avec une nation de moutons et souvent des derives.
 
Si on décide que le gouvernement peux choisir les monopoles d'état dans des domaines comme les télécom ou les transports, pourquoi ne pas decider aussi qu'il peux choisir ce qui est le mieux d'un point de vue politique ? La frontière n'est pas si éloignée entre la démocratie et le fascisme, et certains flirtent avec la limite (mais que personne ne se sente visé, je n'ai pas de pseudo en tête en écrivant cela, je pense plus a certains dirigeant politique).


Je réitère mon questionnement, car actuellement, la situation est plutôt bien bloquée par une minorité de tenants du pouvoir....


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Recueille pougnats islandais suite à éruption volcanique.
n°20992130
M4vrick
Mad user
Posté le 24-12-2009 à 09:49:36  profilanswer
 

magic-sim a écrit :


Je réitère mon questionnement, car actuellement, la situation est plutôt bien bloquée par une minorité de tenants du pouvoir....


 
Exact :jap:
 
Mais il y a encore des débats, des associations de consommateurs ou des organes du gouvernement qui parlent et qui essayent de faire bouger les choses. Les exemples qui me viennent en tete car je connais bien le domaine sont la CNIL ou l'UFC que choisir.
Donc oui la situation est difficile et ca ne va pas en s'ameliorant au fil des années, mais il y a encore de l'espoir.
Personnellement ce qui me fait peur ce sont les discours, aussi bien de droite comme de gauche qui veulent nous faire croire qu'ils 'savent' et qu'il faut les écouter aveuglement. Si un jour ce type de pensée s'impose alors on pourra tous aller se coucher, aussi bien du 'bon' coté que du 'mauvais'.


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--== M4vr|ck ==--
n°20992147
Profil sup​primé
Posté le 24-12-2009 à 09:52:15  answer
 

le truc c'est que le communisme n'a pas pour vocation de dire que le niveau de vie sera grandement amélioré.
il faut etre réaliste, soit on opte pour une pensée collective, avec ses mauvais cotés mais égalitaire pour tous.
soit on accepte des inégalités mais avec une plus grande liberté pour une partie de la population.
 
ni l'un, ni l'autre ne propose de monde meilleurs, c'est une question moral.


Message édité par Profil supprimé le 24-12-2009 à 09:52:49
n°20992205
magic-sim
Attention, pougnat radioactif
Posté le 24-12-2009 à 10:00:17  profilanswer
 

Finalement, la meilleure solution n'est-elle pas de trouver un équilibre et de s'y tenir, plutôt que de toujours essayer de tirer la couverture d'un côté et de l'autre ?


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Recueille pougnats islandais suite à éruption volcanique.
n°20992226
Profil sup​primé
Posté le 24-12-2009 à 10:02:13  answer
 

le problème c'est que j'ai l'impression que l'homme d'aujourd'hui à toujours tendance à aller vers les extrêmes.

n°20992338
magic-sim
Attention, pougnat radioactif
Posté le 24-12-2009 à 10:15:23  profilanswer
 

L'homme d'aujourd'hui est plus passionné que raisonné...


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Recueille pougnats islandais suite à éruption volcanique.
n°20992574
eclipseo
TANSTAAFL!
Posté le 24-12-2009 à 10:39:13  profilanswer
 

magic-sim a écrit :


Et la dictature d'une minorité sur la majorité, c'est quoi, la fête du slip à bisounours-land ?  [:lord casque noir]


Non c'est l'aboutissement de la démocratie représentative dans un état avec une constitution en carton  :whistle:

n°20992652
magic-sim
Attention, pougnat radioactif
Posté le 24-12-2009 à 10:48:32  profilanswer
 

eclipseo a écrit :


Non c'est l'aboutissement de la démocratie représentative dans un état avec une constitution en carton  :whistle:


Les Pascal Nègre, Martin Bouygues, Lagardère & co sont sous élus, ben voyons...
 
Bon, Dassault, on ne le mettra pas dans le même sac, lui il s'achète sa ville.... Rest que cette minorité très influente l'est plus apr le fric que par la légitimité démocratique, hein.... [:ex-floodeur:4]


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Recueille pougnats islandais suite à éruption volcanique.
mood
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