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Auteur Sujet :

[ECO] Can it run Crises ?

n°19829037
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 20:25:13  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

moonboots a écrit :


pas du tout, c'est la production de richesse
 


 

moonboots a écrit :


les droits de propriété n'ont rien de flou en Afrique, en effet les peuples ne profitent pas de leur propre production mais tu ne parles pas des problèmes de spécialisation agricole, de la dépendance aux marchés internationaux qui en découle, de l'exploitation des ressources et de la main d'œuvre par des compagnies étrangères et donc fuite des capitaux, déséquilibre des rapports commerciaux, etc...
 
d'autre part l'ouverture inconditionnelle des frontières signifie aussi la confrontation avec des économies à bas coûts sociaux, c'est à dire si on reprend la terminologie libérale une concurrence faussée, un problème que tu n'évoques pas non plus et qui touche nos économies de plein fouet...
 
bref le libre-échange fonctionne sous certaines conditions : économies diversifiées, échange entre économie de niveau social comparable, etc...
J'ai l'impression que dans tes analyses tu passes toujours à la trappe la moitié des facteurs à prendre en considération...


 
1) Croissance du PIB africain de 6% (d'après tes chiffres, je n'ai pas vérifié mais c'est plausible)
Croissance de la population africaine 6% (idem)
donc croissance du revenu par tête = 0%
C'est plus clair, là ?
 
2) As-tu lu Hernando de Soto ? J 'extrais du lien plus haut ce passage : Pour De Soto, rappelant que « les pays pauvres ont besoin des solutions que les pays développés ont adoptées au XIXe siècle, pas au XXIe siècle. », une condition primordiale de fonctionnement du capitalisme est la protection du droit de propriété par l'État. Dans ce livre, il explique que l'arsenal législatif progressivement mis en place en Occident a permis une émancipation de l'individu par rapport à la communauté, la garantie de la propriété, la généralisation et la standardisation des titres de propriété. Cette dernière permet également une baisse du coût de transaction : « dans les pays en voie de développement et les ex-pays communistes, les gens conduisent leurs cochons au marché pour les vendre un à un, comme il le font depuis des milliers d'années, alors qu'en Occident, des courtiers apportent au marché des représentations de leurs droits sur les cochons. »
 
Une plus grande confiance dans les relations entre acteurs économiques est créée par cette garantie étatique qui fluidifie le marché, augmentant ainsi son efficience. La création d'un système complexe de mutualisation du risque (assurances et sociétés anonymes) et l’accès plus facile au crédit, sont autant de raisons qui expliquent - et conditionnent - l’avantage comparatif dont bénéficie une économie de marché disposant de droits de propriété clairement garantis.
 
Il explique les difficultés et les succès des pays par l'existence ou non de ce système de droits de propriété. Pour expliquer le développement des États-Unis et du Japon, il avance l'existence d'un système clair de droits de propriété progressivement mis en place pendant la période de la Frontier aux États-Unis (jusque 1890) ou dans le Japon féodal d'avant la Première Guerre mondiale. À l'inverse la non-existence de la propriété individuelle clairement définie contraint l'agriculteur des pays sous-développés à rester dans une culture d'autoconsommation.

3) Je n'oublie aucun facteur. Je pourrais dire au contraire que c'est toi qui enfiles les clichés et qui es dans la pensée slogan, en utilisant des concepts que tu ne définis pas. Par exemple, la notion de concurrence faussée n'a pas de sens. Par définition, la concurrence se fait entre inégaux et non entre égaux : si A et B se font concurrence, il faut bien qu'au moins un paramètre les distingue (la qualité du produit, son coût de production, le climat qui favorise ou pénalise, la fiscalité ou les charges sociales, la qualité des services publics dont bénéficie ou non le producteur...). Par exemple, les tomates hollandaises se vendent aussi bien que les tomates espagnoles : pourtant, les tomates espagnoles bénéficient d'un avantage d'ensoleillement incontestable. La concurrence n'est pourtant pas faussée : les Hollandais arrivent à être compétitifs autrement. Avec ton raisonnement, il faudrait taxer les tomates espagnoles ou mettre une bâche sur elles pour qu'elles perdent leur avantage scandaleux. C'est absurde ! De même, les entreprises françaises ont certes des coûts fiscaux plus élevés que certains pays pauvres ou émergents : mais en contrepartie, elles bénéficient de services publics de bonne qualité. L'un dans l'autrte, il est possible que cela se compense. Sinon, toutes les entreprises françaises auraient fermé, puisque nous avons une des fiscalités les plus élevées.  
 
Bref, la concurrence est toujours entre inégaux, chacun essayant de mettre en avant son avantage comparatif : la France sa main d'oeuvre bien formée et la qualité de ses infrstructures publiques, la Chine ses bas coûts de main-d'oeuvre, les Baltes leur faible fiscalité, les Espagnols leur ensoleilement, les Argentins leur terre fertile, les Saoudiens leur sous-sol riche. Une concurrence entre égaux (mêmes coûts, même fiscalité, etc) n'aurait aucun sens ! Et si on prive certains pays du seul avantage qu'ils ont (la faible fiscalité ou le faible coût de main d'oeuvre), comment vont-ils continuer à produire et à exporter ?
 

mood
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Posté le 12-09-2009 à 20:25:13  profilanswer
 

n°19829131
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 20:34:28  profilanswer
 

Bon alors d'abord la croissance démographique n'a rien à voir avec la croissance économique, du moins pas directement...

 

Ensuite tu fais une fixation sur le droit de propriété, je ne sais pas pourquoi, il est partout respecté, pour le meilleur et pour le pire... à moins que tu ne m'expliques que l'Afrique vit sous un autre régime farfelu ?

 

Quant au développement tu as l'air d'oublier qu'il s'est fait pour des raisons que j'ai énuméré plus tôt, et notre conversation tourne en rond mais je peux les rappeler : ressources naturelles, éducation et santé des masses, grandes infrastructures, état providentiel, partage des richesses, etc...
Mais non... tu ne penses que droit de propriété, droit de propriété... à croire que tu es tombé sur un penseur farfelu qui t'a marqué    :/

 

À ce sujet il faudra un jour remettre en cause cette notion de droit de propriété, mais bon n'introduisons même pas cette idée dans notre conversation puisque nous ne sommes même pas d'accord sur les fondamentaux...

Message cité 2 fois
Message édité par moonboots le 12-09-2009 à 20:35:22
n°19829182
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 20:41:51  profilanswer
 

moonboots a écrit :

Bon alors d'abord la croissance démographique n'a rien à voir avec la croissance économique, du moins pas directement...
 


 
T'es lourd, là, quand même : je n'ai pas dit ça. Je dis seulement que si la production globale augmente de 6%, et qu'en même temps (c'est indépendant, je veux bien), la population augmente de 6%, alors la production dont dipose chaque habitant stagne. C'est mathématique.
 
Donc quand tu dis que le taux de croissance n'a pas de sens, je te réponds, si, il en a, à condition de prendre en compte non pas le taux de croissance global, mais le taux de croissance par habitant.  Ce dernier est actuellement nul ou presque en Afrique.  
 
On peut quand même être d'accord sur cette évidence mathématique, qui ne relève pas de l'idéologie , ou alors, j'arrête de discuter...
Parce que si il faut maintenant passer 10 posts à se mettre d'accord sur 2+2=4, je renonce d'avance.

n°19829271
Badcow
Posté le 12-09-2009 à 20:51:42  profilanswer
 

Betcour a écrit :


C'est ce qu'on continue à faire depuis 30 ans (cf les chiffres plus haut), ça donne l'effet inverse (cf la croissance mesurée par l'INSEE).
Visiblement ce raisonnement ne tiens pas.


 
J'arrive bien après la bataille, mais vu comment l'INSEE évalue les "inégalités", il ne faut pas se baser là dessus pour argumenter... les études faites aux USA indiquent que pour suivre les inégalités, il faut regarder du côté des 1% les plus riches, voire du 0,1% les plus riches, et l'INSEE ne fait pas de statistiques sur ces tranches et met tout le monde dans la tranche des "10 % les plus riches", sachant qu'à 2x le salaire médian on fait partie de cette catégorie...


---------------
"The birds don't fly at the speed of sound" - "There's no replacement for displacement"
n°19829281
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 20:52:54  profilanswer
 

moonboots a écrit :


 
Quant au développement tu as l'air d'oublier qu'il s'est fait pour des raisons que j'ai énuméré plus tôt, et notre conversation tourne en rond mais je peux les rappeler : ressources naturelles, éducation et santé des masses, grandes infrastructures, état providentiel, partage des richesses, etc...
Mais non... tu ne penses que droit de propriété, droit de propriété... à croire que tu es tombé sur un penseur farfelu qui t'a marqué    :/
 
À ce sujet il faudra un jour remettre en cause cette notion de droit de propriété, mais bon n'introduisons même pas cette idée dans notre conversation puisque nous ne sommes même pas d'accord sur les fondamentaux...


 
 
Déjà les ressources naturelles, on oublie : la Corée du Sud n'en a pas, par exemple. Le Japon non plus. Ni Singapour ou Hong Kong. Ca ne les empêch pas de se développer.  
 
A l'inverse, des pays ont des ressources naturelles, mais ne se développent pas (exemple en Afrique).
 
Enfin, la notion de ressources naturelles n'existe pas. Elles ne sont pas naturelles : elles sont créées par l'homme. Le pétrole existe sous le sol depuis des millions d'années. Il ne sert pourtant d'énergie que depuis 150 ans, depuis que quelques hommes ont découvert l'usage qu'on pouvait en faire. Il y a peut-être sous le sol français des gisements de telle ou telle matière dont on ne sait pour l'insdtant que faire, jusqu'à ce qu'un cerveau génial sache en tirer un revenu.  
 
Donc, pour résumer, le développement ne doit rien aux ressources "naturelles". Il faut donc chercher ailleurs... Si possible en évitant de ressasser les éternels cllichés et en essayant d'être logique. Pour une fois...

n°19829294
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 20:54:17  profilanswer
 

Badcow a écrit :


 
J'arrive bien après la bataille, mais vu comment l'INSEE évalue les "inégalités", il ne faut pas se baser là dessus pour argumenter... les études faites aux USA indiquent que pour suivre les inégalités, il faut regarder du côté des 1% les plus riches, voire du 0,1% les plus riches, et l'INSEE ne fait pas de statistiques sur ces tranches et met tout le monde dans la tranche des "10 % les plus riches", sachant qu'à 2x le salaire médian on fait partie de cette catégorie...


voire des 20% les plus riches vs les 20% les plus pauvres, bonjour la fiabilité, et je ne parle pas de la pauvreté selon l'INSEE calculée non pas selon le niveau de vie mais sur le critère de la moitié du revenu médian, enfin bon on en a parlé en long et en large...

n°19829317
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 20:56:21  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Donc, pour résumer, le développement ne doit rien aux ressources "naturelles". Il faut donc chercher ailleurs... Si possible en évitant de ressasser les éternels cllichés et en essayant d'être logique. Pour une fois...


C'est un des paramètres, en Afrique par exemple il est crucial puisque la plupart des pays n'ont ni infrastructure, ni éducation, santé, etc...
Mais en effet tu peux baser ta richesse sur la transformation, l'industrie de pointe, les services, etc... je n'ai pas dit le contraire, mais alors dans ce cas tu as besoin des critères suscités...

Message cité 1 fois
Message édité par moonboots le 12-09-2009 à 20:57:51
n°19829339
Betcour
Building better worlds
Posté le 12-09-2009 à 20:58:26  profilanswer
 

Badcow a écrit :

J'arrive bien après la bataille, mais vu comment l'INSEE évalue les "inégalités", il ne faut pas se baser là dessus pour argumenter... les études faites aux USA indiquent que pour suivre les inégalités, il faut regarder du côté des 1% les plus riches, voire du 0,1% les plus riches, et l'INSEE ne fait pas de statistiques sur ces tranches et met tout le monde dans la tranche des "10 % les plus riches", sachant qu'à 2x le salaire médian on fait partie de cette catégorie...


Les inégalités c'est une simple vue statistique des choses, celle de l'INSEE a le mérite d'être plus significative (parce qu'a s'amuser à ne mesurer que les 0,000001% les plus riches par rapport au reste, bonjour la taille de l'échantillon...). Y'a pas plus de raison de choisir 1% que 10% ou 0,1% ou 0,01%, c'est un niveau purement arbitraire pour mesurer quelque chose de profondément subjectif.

 

Au passage c'est justement parce que les inégalités sont faibles que les 10% les plus riches incluent des gens avec un revenu aussi "réduit".

Message cité 1 fois
Message édité par Betcour le 12-09-2009 à 20:59:03

---------------
"They will fluctuate" (J.P. Morgan) - "Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect." (Mark Twain)
n°19829364
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:01:25  profilanswer
 

Badcow a écrit :


 
J'arrive bien après la bataille, mais vu comment l'INSEE évalue les "inégalités", il ne faut pas se baser là dessus pour argumenter... les études faites aux USA indiquent que pour suivre les inégalités, il faut regarder du côté des 1% les plus riches, voire du 0,1% les plus riches, et l'INSEE ne fait pas de statistiques sur ces tranches et met tout le monde dans la tranche des "10 % les plus riches", sachant qu'à 2x le salaire médian on fait partie de cette catégorie...


 
On regarde où on veut, hein !  
 
Moi, je veux bien qu'on s'intéresse aux 0,1% les plus riches, soit en France 60.000 personnes (versus 63.940.000). Et alors ? Est-ce qu'on croit qu'en taxant ces 60.000 personnes et en les redistribuant aux 63.940.000 autres, ça changerait quoi que ce soit au sort de ces derniers ?  
 
Par ailleurs, ces 60.000 personnes ont-elles volé leur enrichissement ? en d'autres termes, si elles ne s'étaient pas enrichies, la richesse qu'elles ont créée aurait-elle été créée par les autres ? l'économie serait alors un jeu à somme nulle ? voire...
 
Bref, je crois que quand on s'intéresse aux inégalités (concept qui lui aussi ne va pas de soi et qu'il faudrait aussi interroger, mais passons), il est plus pertinent de comparer les déciles (90%/10% de la population) ou les quintiles (80%/20%) plutôt que d'enculer les mouches avec ces 0,1% qui sont vraiment un épiphénomène. Dans ces 0,1%, n'oublions pas qu'il y a des gens sympathiques comme Dany Boon, Zidane... : de vrais profiteurs, quoi.
 
 
 

n°19829404
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 21:05:39  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Par ailleurs, ces 60.000 personnes ont-elles volé leur enrichissement ? en d'autres termes, si elles ne s'étaient pas enrichies, la richesse qu'elles ont créée aurait-elle été créée par les autres ? l'économie serait alors un jeu à somme nulle ? voire...


Ces personnes n'ont pas forcément créé de richesse, parfois même pas du tout, il suffit d'avoir un petit capital pour obtenir de l'argent sans rien faire, je n'appelle pas ça travailler.
D'autre part le marché du travail (et de manière plus large l'économie en général) fait que personne ne gagne à proprement ce qu'il mérite, le mérite est un concept qu'il faut complètement remettre à plat (comme la propriété mais ça va être beaucoup plus difficile)

mood
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Posté le 12-09-2009 à 21:05:39  profilanswer
 

n°19829421
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:07:38  profilanswer
 

moonboots a écrit :


C'est un des paramètres, en Afrique par exemple il est crucial puisque la plupart des pays n'ont ni infrastructure, ni éducation, santé, etc...
Mais en effet tu peux baser ta richesse sur la transformation, l'industrie de pointe, les services, etc... je n'ai pas dit le contraire, mais alors dans ce cas tu as besoin des critères suscités...

 

Les ressources naturelles sont plutôt le malheur de l'Afrique, puisqu'elles favorisent l'économie de rente, l'économie prédatrice (on vole le sous-sol du voisin pour en capter les ressources plutôt que de créer de la valeur en produisant), la vision clanique du pouvoir et les coups d'Etat (puisque devenir président, c'est mettre la main sur ces ressources miraculeuses). N'avoir qu'à se baisser pour être riche ne favorise pas le développement, de même que les héritiers nés avec une cuillère d'argent dans la bouche sont rarement aussi inventifs, travailleurs ou géniaux que leurs géniteurs.

 

Pour le reste, comment la Corée s'est-elle développée ?  Avec un Etat stable, des droits de propriété reconnus aux créateurs de richesse (entreprises, artisans, paysans...), etc. Pas avec des ressources naturelles. Et le tout dans une économie de marché tournée vers l'économie mondiale : quelle horreur !


Message édité par limonaire le 12-09-2009 à 21:27:01
n°19829448
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 21:11:01  profilanswer
 

Tu peux me citer un pays qui ne reconnaît pas le droit de propriété stp ?

n°19829573
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:26:21  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Ces personnes n'ont pas forcément créé de richesse, parfois même pas du tout, il suffit d'avoir un petit capital pour obtenir de l'argent sans rien faire, je n'appelle pas ça travailler.
D'autre part le marché du travail (et de manière plus large l'économie en général) fait que personne ne gagne à proprement ce qu'il mérite, le mérite est un concept qu'il faut complètement remettre à plat (comme la propriété mais ça va être beaucoup plus difficile)


 
Et qui va mesurer le mérite ?
 
Un type a passé 10 ans à étudier la vie des chevaliers-paysans du lac Paladru autour de l'an mil, il a  bac+12 en socio, mais personne ne veut acheter ses compétences, car à part lui, personne ne s'intéresse à ce sujet : il est donc au chômage C'est regrettable, mais c'est ainsi. A côté, un plombier sorti de l'école à 18 ans avec son BEP gagne un bon salaire car il rend des services appréciés de la population, qui sont donc prêts à le payer cher. Le premier, parce qu'il a bac+12, serait plus méritant que le second ?
 
Un type est né avec une bonne mémoire : il apprend sans vraiment faire d'efforts, sans le mériter vraiment, si tu veux. Il réussit donc brillamment ses études supérieures, et possède des compétences que les entreprises sont prêtes à payer cher. Bien qu'il n'ait aucun mérite, selon ton critère, va-t-on le taxer plus qu'un autre arrivé au même niveau d'études, au motif que l'un aurait eu plus de facilités dans l'enfance ? Et surtout, comment tu vas apprécier son plus ou moins grand mérite, çàd ses prédispositions génétiques ou son envoironnement familial ? C'est certainement difficile, voire impossible, et ça tourne vite à l'état policier, ou à l'injustice (car chaque situation individuelle est unique et ne peut se réduire à 1, 10 ou même 100 critères)
 
Dany Boon, Zidane n'ont donc aucun mérite ?  
 
Prenons un exemple plus difficle : Mme Bettencourt possède 25% de l'Oréal. C'est la première fortune de France, ou presque : mais elle s'est contentée de naître (héritage paternel). On peut dire qu'elle n'a aucun mérite. Mais elle aurait pu dilapider sa fortune, vendre l'Oréal, etc. Elle est restée l'actionnaire principal ; elle a nommé des dirigeants qui finalement ont permis à l'Oréal d'être numéro 1 mondial et de rester français ; enfin, elle ne s'est pas payée sur la bête. A-t-elle démérité, alors que d'autres héritiers à sa place auraient peut-être gérer ce capital de façon catastrophique ?
 
Enfin, ça pose une dernière question : pourquoi serai-je choquer par la fortune personnelle de Mme Bettencourt ? Ce qui compte, c'est peut-être moins les inégalités dans l'absolu que le fait que tout le monde puisse s'accomplir, se réaliser dans sa vie, faire ce pour quoi il est faible et vivre décemment en recevant sa part du progrès. Ce doit être pour moi un bon objectif politique : non pas l'égalisation des conditions mais d'abord l'égalité des chances, çàd que chacun puisse réaliser pleinement, à 100% ou presque, son potentiel. Le reste risque de n'être que du ressentiment, de l'envie, qui n'est pas la plus noble des passions.  

n°19829615
Babouchka
You're no fun anymore
Posté le 12-09-2009 à 21:29:58  profilanswer
 

Donc imposition des droits de succession à 100%, si on doit aboutir à l'égalité des chances ? :D


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HFR, the final frontier, where no troll has gone before
n°19829641
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 21:32:07  profilanswer
 

Personne ne peut calculer le mérite, je dis juste que c'est un concept très relatif.
Mais sinon dans ton tableau tu as l'air d'ignorer l'exploitation de l'homme par l'homme, et tant que ce problème sera aigu, personne ne pourra se satisfaire de sa situation.

n°19829653
Badcow
Posté le 12-09-2009 à 21:33:20  profilanswer
 

Betcour a écrit :


Les inégalités c'est une simple vue statistique des choses, celle de l'INSEE a le mérite d'être plus significative (parce qu'a s'amuser à ne mesurer que les 0,000001% les plus riches par rapport au reste, bonjour la taille de l'échantillon...). Y'a pas plus de raison de choisir 1% que 10% ou 0,1% ou 0,01%, c'est un niveau purement arbitraire pour mesurer quelque chose de profondément subjectif.

 

Au passage c'est justement parce que les inégalités sont faibles que les 10% les plus riches incluent des gens avec un revenu aussi "réduit".

 

Si ça ne te pose pas de problèmes d'agglomérer le revenu de quelqu'un qui gagne 2x le salaire médian avec celui d'un autre qui gagne 200x le salaire médian et de considérer qu'il s'agit d'une tranche statistiquement homogène...

 

J'avais pris l'exemple des USA car non seulement eux tiennent à jour ces statistiques (10% les plus riches, 5% les plus riches, 1% les plus riches et millième le plus riche), mais cela permet de comparer que depuis les années 80 la part de revenu des 90% les moins riches de la population diminue année après année, tandis que la tranche 90-95% se maintien juste, et que ce sont les tranches 5%, 1% et 0,1% qui "explosent"

 

regarde ce document qui couvre la période 1913-2006 :

 

http://elsa.berkeley.edu/~saez/sae [...] 06prel.pdf

 

en particulier la figure 2. Elle indique clairement que si la tranche "90 - 95%" s'est maintenue depuis les années 80, c'est réellement le "top 1%" qui a profité pleinement de la croissance.

 

http://upload4pict.free.fr/img.php?u=120909090906figure2.jpg

 

Et comme pour entrer dans le "top 10%" aux USA il faut avoir 2x le salaire médian (comme en France), et que les écarts de salaires en France sont les mêmes qu'aux USA, on peut se dire que la situation en France ne dois pas être fondamentalement différente.

Message cité 3 fois
Message édité par Badcow le 12-09-2009 à 21:39:40

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"The birds don't fly at the speed of sound" - "There's no replacement for displacement"
n°19829723
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:42:00  profilanswer
 

moonboots a écrit :

Tu peux me citer un pays qui ne reconnaît pas le droit de propriété stp ?


 
L'Afrique : dans certains pays, tu t'entasses dans un bidonville, tu accumules dans ce logement de misère queques biens, tu survis grâce à une petite activité au noir, commerciale ou artisanale, mais tout ce petit capital accumulé ne te sert à rien : comme il n'existe pas officiellement (tu t'es installé dans une zone non autorisée, tu n'a pas de permis de construire, etc), tu ne peux pas hypothéquer ta "maison" pour obtenir un prêt auprès d'une banque et ainsi développer ton petit commerce. Car, officiellement, aux yeux par exemple de la banque, ta "maison" n'existe pas. Donc pas de crédit, et donc pas de développement possible. Tu restes dans la misère.  
 
Pire : du jour au lendemain, l'Etat peut saisir tes biens, raser ta maison au prétexte que tu n'a pas de permis de construire. Or celui-ci est souvent long à obtenir (200 jours d'attente parfois) et coûteux (il faut payer des taxes et graisser la patte au fonctionnaire dans ces Etats corrompus). Résultat : les efforts que tu a effectués pendant 10 ans la maigre épargne accumulée, le maigre capital consrtitué, tout  peut disparaître et être confisqué ou rasé du jour au lendemain. Du coup, les gens vivent dans une insécurité juridique et cela n'incite pas à se lancer dans une activité économique.  
 
Le problème des pays pauvres est justement de reposer sur une vaste économie informelle (le travail au noir, l'activité non déclarée, l'économie souterraine) qui représente parfois 40% du PIb mais qui n'est pas valorisée par des droits de propriété stables: c'est du "capital mort".
 
En Europe, il y a eu une révolution juridiuque (mise en place d'un cadastre, garantie des droits de propriétés, enclosures) qui sont justement à l'origine du décollage économique. Ce n'est pas le progrès (il y a eu des découvertes avant le XVIIè siècle : poudre, boussole) ni les ressource snaturelles  (elles existaient déjà), qui expliquent le décollage de l'Europe au XVIII èeme siècle : c'est bien plutôt la révolution des droits de propriété qui a eu lieu à cette époque. Idem il y a 10.000 ans , lors de l'autre grande révolution économique : la révolution néolithique et la découverte de l'agriculture ne sont pas tombées du ciel, et ne sont pas le fruit du hasard, elles s'expliquent par la mise en place de droits de propriété.  
 
C'est ce qui manque en Afrique aujourd'hui : il y a de l'épargne disponible, il ya des gens travailleurs, inventifs et courageux, mais il n'y a pas de droits de propriété qui garantissent à ces gens qu'ils conserveront les fruits de leur labeur ou de leur intelligence. Là est le drame... Tout le reste est littérature.

n°19829730
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:43:54  profilanswer
 

Babouchka a écrit :

Donc imposition des droits de succession à 100%, si on doit aboutir à l'égalité des chances ? :D


 
Ca se discute...

n°19829744
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:46:45  profilanswer
 

moonboots a écrit :

Personne ne peut calculer le mérite, je dis juste que c'est un concept très relatif.
Mais sinon dans ton tableau tu as l'air d'ignorer l'exploitation de l'homme par l'homme, et tant que ce problème sera aigu, personne ne pourra se satisfaire de sa situation.


 
Si le mérite est un concept relatif (je suis d'accord), il n'est donc pas opérationnel : on ne pourra rien en tirer, laissons-le donc tomber.
 
Quant à l'exploitation de l'homme par l'homme, je ne sais pas ce que c'est : il faut dire que je ne suis pas marxiste.  Je pense, en héritier des Lumières,  que les hommes sont libres ou non de signer un contrat et capables de savoir si ce contrat leur sera bénéfique ou non. Si un contrat doit détériorer leur situation, alors il vaut mieux ne pas le signer.

n°19829781
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 21:51:42  profilanswer
 

limonaire a écrit :

C'est ce qui manque en Afrique aujourd'hui : il y a de l'épargne disponible, il ya des gens travailleurs, inventifs et courageux, mais il n'y a pas de droits de propriété qui garantissent à ces gens qu'ils conserveront les fruits de leur labeur ou de leur intelligence. Là est le drame... Tout le reste est littérature.


 :jap:   Merci d'avoir développé ton idée, je comprends mieux ce que tu veux dire, ok la propriété est une condition des conditions minimales d'une économie marchande et capitaliste, mais tu as l'air d'en faire la condition principale du développement, c'est que je conteste, ce n'est pas elle qui garantit la croissance malgré ce que tu dis, la preuve en est que l'Afrique (je prends ce continent en exemple parce que justement il brise toutes les théories libérales) qui selon toi néglige le droit de propriété (admettons...) connaissait une croissance à faire pleurer l'occident ces dernières années, il y a comme un bug dans ta logique...

n°19829791
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:52:13  profilanswer
 

Badcow a écrit :


 
Si ça ne te pose pas de problèmes d'agglomérer le revenu de quelqu'un qui gagne 2x le salaire médian avec celui d'un autre qui gagne 200x le salaire médian et de considérer qu'il s'agit d'une tranche statistiquement homogène...
 
J'avais pris l'exemple des USA car non seulement eux tiennent à jour ces statistiques (10% les plus riches, 5% les plus riches, 1% les plus riches et millième le plus riche), mais cela permet de comparer que depuis les années 80 la part de revenu des 90% les moins riches de la population diminue année après année, tandis que la tranche 90-95% se maintien juste, et que ce sont les tranches 5%, 1% et 0,1% qui "explosent"
 
regarde ce document qui couvre la période 1913-2006 :
 
http://elsa.berkeley.edu/~saez/sae [...] 06prel.pdf
 
en particulier la figure 2. Elle indique clairement que si la tranche "90 - 95%" s'est maintenue depuis les années 80, c'est réellement le "top 1%" qui a profité pleinement de la croissance.
 
http://upload4pict.free.fr/img.php [...] igure2.jpg
 
Et comme pour entrer dans le "top 10%" aux USA il faut avoir 2x le salaire médian (comme en France), et que les écarts de salaires en France sont les mêmes qu'aux USA, on peut se dire que la situation en France ne dois pas être fondamentalement différente.


 
Et alors, c'est grave, docteur ?
 
Moi, ce qui me gêne, c'est que les salaires de la plupart des gens soient faibles en France et n'augmentent que faiblement, pas que 0,1% de la population soient devenus des jet-setteurs obscènes et décadents. Surtout qu'il n'y a pas de lien entre l'enrichissement de ces ultra-riches et la stagnation des salaires de la plupart de la population : celle-ci a d'autres causes, ne faisons pas semblant de croitre que ces 0,1% devenus si soudainement statistiquement très tendance seraient responsables du malheur des autres. Allons, allons...

n°19829797
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 21:52:59  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Quant à l'exploitation de l'homme par l'homme, je ne sais pas ce que c'est : il faut dire que je ne suis pas marxiste.  Je pense, en héritier des Lumières,  que les hommes sont libres ou non de signer un contrat et capables de savoir si ce contrat leur sera bénéfique ou non. Si un contrat doit détériorer leur situation, alors il vaut mieux ne pas le signer.


 :??:   Ah ? Eh béh, tu effaces tout bonnement la réalité là

n°19829866
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:58:35  profilanswer
 

moonboots a écrit :


 :jap:   Merci d'avoir développé ton idée, je comprends mieux ce que tu veux dire, ok la propriété est une condition des conditions minimales d'une économie marchande et capitaliste, mais tu as l'air d'en faire la condition principale du développement, c'est que je conteste, ce n'est pas elle qui garantit la croissance malgré ce que tu dis, la preuve en est que l'Afrique (je prends ce continent en exemple parce que justement il brise toutes les théories libérales) qui selon toi néglige le droit de propriété (admettons...) connaissait une croissance à faire pleurer l'occident ces dernières années, il y a comme un bug dans ta logique...


 
L'Afrique ne connaît pas une forte croissance : on l'a dit plus haut : la croissance par habitantr est NULLE ! Certaines zones se développent (grâce au commerce avec les Chinois, çàd grâce au libre-échange) mais globalement, en Afrique noire, la croissance PAR HABITANT (et non globale) est nulle. Ok ? C'est là le drame d'ailleurs.  
 
Pour le reste, les droits de propriété sont essentiels, vraiment. Comment expliques-tu sinon pourquoi, alors que pendant plus de 1000 ans on a connu la stagnation (de l'Antiquité à 1700, en gros), il y a eu en Angleterre, puis en Hollande et en France, un décollage économique. Par quel miracle ? pourquoi ce décollage n'est-il pas advenu plus tôt ? et pourquoi a-t-il eu lieu dans ces pays et pas ailleurs ?  

n°19829873
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 21:59:27  profilanswer
 

moonboots a écrit :


 :??:   Ah ? Eh béh, tu effaces tout bonnement la réalité là


 
Par exemple ?

n°19830054
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 22:20:50  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
L'Afrique ne connaît pas une forte croissance : on l'a dit plus haut : la croissance par habitantr est NULLE ! Certaines zones se développent (grâce au commerce avec les Chinois, çàd grâce au libre-échange) mais globalement, en Afrique noire, la croissance PAR HABITANT (et non globale) est nulle. Ok ? C'est là le drame d'ailleurs.


Mais encore une fois croissance démographique et croissance économique n'ont absolument rien à voir, c'est irrecevable ce que tu dis, d'ailleurs l'accroissement démographique est bien inférieur à 6%, il doit tourner autour de 2,5%
 

limonaire a écrit :

Pour le reste, les droits de propriété sont essentiels, vraiment. Comment expliques-tu sinon pourquoi, alors que pendant plus de 1000 ans on a connu la stagnation (de l'Antiquité à 1700, en gros), il y a eu en Angleterre, puis en Hollande et en France, un décollage économique. Par quel miracle ? pourquoi ce décollage n'est-il pas advenu plus tôt ? et pourquoi a-t-il eu lieu dans ces pays et pas ailleurs ?  


De quel décollage parles-tu ? Tu l'as dit très justement le droit de propriété est très ancien, c'est un concept qui doit dater de la sédentarisation, c'est à dire il y a plus de 10 000 ans, donc bien avant l'émergence de l'économie de marché ces deux derniers siècles, d'ailleurs le décollage économique occidental est complètement conditionné à l'histoire des civilisations orientales qui ont largement préparé le terrain, l'Europe était un territoire d'obscurantisme quand l'Asie ou le Moyen Orient connaissaient des civilisations brillantes avec des sciences et techniques très avancées, et le droit de propriété aussi d'ailleurs, cessons deux secondes l'occidentalocentrisme... Le développement économique de l'Europe vient de l'héritage technique, scientifique et philosophique de ces civilisations et lors de la Renaissance de la valorisation des sciences, de l'éducation, du matérialisme, etc...
 
Ton droit de propriété est une condition minimale à l'installation de l'économie de marché mais il n'en garantit pas du tout le succès...

n°19830060
poilagratt​er
Posté le 12-09-2009 à 22:21:44  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Par exemple ?


Si la liberté peut consister à, parfois, avoir à choisir entre signer un contrat pour un boulot de survie, ou etre SDF, tu as raison: en France nous sommes tous libres.


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°19830061
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 22:21:52  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Par exemple ?


Les rapports de force actuels ne permettent pas à la plupart des travailleurs de refuser un contrat

n°19830159
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 22:35:21  profilanswer
 

poilagratter a écrit :


Si la liberté peut consister à, parfois, avoir à choisir entre signer un contrat pour un boulot de survie, ou etre SDF, tu as raison: en France nous sommes tous libres.


 
Comment devient-on SDF ? il faudrait y réfléchir : pourquoi certains n'ont pas de formation ? pourquoi les entreprises calculent-elles leurs effectifs au plus juste, ce qu'elles ne faisaient pas dans les années 60, où elles connaissaient un certain sureffectif ? pourquoi les loyers sont-ils si élevés depuis 10 ans et les logements si rares ? je veux bien qu'on joue sur la corde de l'émotion, mais ce n'est pas avec l'émotion qu'on analysera rationnellement le problème et qu'on trouvera des solutions. On peut se contenter de donner une aumône SDF pour soulager sa conscience. Moi, je ne m'en contente pas...

n°19830170
poilagratt​er
Posté le 12-09-2009 à 22:36:45  profilanswer
 

Je voudrais rappeler que sur le fond,  la "crise" (qui a démarrée il y a 30ans) vient de ce que les fortunés n'ont plus besoin du travail de tous les autres pour satisfaire l'ensemble de leurs besoins (grace à la mécanisation)
 
Du coup ils accumulent le fric, qui devient donc indisponible pour le reste de la société. D'ou crise, SDF, etc.
 
Pour Betcour, limonaire, etc.:
S'il y avait beaucoup de pauvres dans les années 50/60/70, c'est peur etre parce qu'on sortait de la guerre...
Mais au moins ça s'améliorait considérablement d'une année sur l'autre, contrairement à ce qu'on connait depuis 2 décennies.

Message cité 1 fois
Message édité par poilagratter le 12-09-2009 à 22:38:15

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°19830173
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 22:37:05  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Comment devient-on SDF ? il faudrait y réfléchir : pourquoi certains n'ont pas de formation ? pourquoi les entreprises calculent-elles leurs effectifs au plus juste, ce qu'elles ne faisaient pas dans les années 60, où elles connaissaient un certain sureffectif ? pourquoi les loyers sont-ils si élevés depuis 10 ans et les logements si rares ? je veux bien qu'on joue sur la corde de l'émotion, mais ce n'est pas avec l'émotion qu'on analysera rationnellement le problème et qu'on trouvera des solutions. On peut se contenter de donner une aumône SDF pour soulager sa conscience. Moi, je ne m'en contente pas...


Bah tu poses des questions mais tu n'y réponds pas... oui : pourquoi ? (j'ai mes réponses mais j'aimerais connaître les tiennes)

n°19830223
poilagratt​er
Posté le 12-09-2009 à 22:43:18  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Comment devient-on SDF ? il faudrait y réfléchir : pourquoi certains n'ont pas de formation ? pourquoi les entreprises calculent-elles leurs effectifs au plus juste, ce qu'elles ne faisaient pas dans les années 60, où elles connaissaient un certain sureffectif ? pourquoi les loyers sont-ils si élevés depuis 10 ans et les logements si rares ? je veux bien qu'on joue sur la corde de l'émotion, mais ce n'est pas avec l'émotion qu'on analysera rationnellement le problème et qu'on trouvera des solutions. On peut se contenter de donner une aumône SDF pour soulager sa conscience. Moi, je ne m'en contente pas...


La formation ne garanti pas l'emploi...  
 
Les entreprises n'ont plus confiance en l'avenir (contrairement aux années 60 ou plein de trucs, générateurs de fric et d'emplois, étaient encore à inventer), et évitent d'embaucher en CDI.
 
Les loyers sont élevés du fait de la concentration urbaine (car plus de boulot à la campagne).
Et raréfaction des logements mis en location, les proprios craignant de ne pas etre payés tout en supportant un locataire insolvable (ben oui, c'est la crise), ils préfèrent ne pas louer.
¨
Pas de solution dans ce système économique.

Message cité 2 fois
Message édité par poilagratter le 12-09-2009 à 22:46:25

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°19830242
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 22:45:58  profilanswer
 

poilagratter a écrit :

Les loyers sont élevés du fait de la concentration urbaine (car plus de boulot à la campagne).


Surtout du fait de la spéculation et du manque de politique de logement, dans un cas comme dans l'autre c'est le résultat d'un manque de redistribution

n°19830256
poilagratt​er
Posté le 12-09-2009 à 22:47:41  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Surtout du fait de la spéculation et du manque de politique de logement, dans un cas comme dans l'autre c'est le résultat d'un manque de redistribution


Vi, tout ça se cumule.


Message édité par poilagratter le 12-09-2009 à 22:47:48

---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°19830279
Badcow
Posté le 12-09-2009 à 22:50:44  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Et alors, c'est grave, docteur ?
 
Moi, ce qui me gêne, c'est que les salaires de la plupart des gens soient faibles en France et n'augmentent que faiblement, pas que 0,1% de la population soient devenus des jet-setteurs obscènes et décadents. Surtout qu'il n'y a pas de lien entre l'enrichissement de ces ultra-riches et la stagnation des salaires de la plupart de la population : celle-ci a d'autres causes, ne faisons pas semblant de croitre que ces 0,1% devenus si soudainement statistiquement très tendance seraient responsables du malheur des autres. Allons, allons...


 
La réponse est en dernière page du même document (Table 1)
 
période 2002-2006
hausse annuelle moyenne des salaires : 2,8 %
hausse annuelle du "top 1%" : 11 %
hausse annuelle du reste (soit 99 % de la population) : 0,9 %
 
et pour rependre la figure 2, le "top 1%" est passé de 8-9% du total des revenus, à 22-23% de ce même total.
 
Donc, même s'il ne s'agit que de "1%" des contribuables, ils représentent près du quart de la richesse totale, ce qui mérite tout de même de s'y intéresser "un peu" (en tout cas un peu plus en détail de ce que fait l'INSEE).
 
Si tu pense que de tels écarts de moyens et de croissance n'ont aucune répercussion sur la vie de 99% de la population, tu te trompe grandement...
 
Peaceful aime à dire que "l'économie n'est pas un jeu à somme nulle", mais même ainsi, vu que la croissance  de la plupart des pays industrialisés ne dépasse pas les 6% annuels, si 1% de la population augmente son revenu à raison de 11% l'an, c'est forcément au détriment des 99% autres.
 
Un peu comme dans mon ancienne boîte, où une année les syndicats s'étaient battus pour une augmentation de 3,3%, et que la direction s'était arc-boutée sur 3% max. A la fin, on a eu 3% (normal), et pour fêter cela, le CEO (avec l'aval du CA), s'est octroyé une augmentation de 8% "pour avoir atteint ses objectifs de maîtrise de la masse salariale"...


---------------
"The birds don't fly at the speed of sound" - "There's no replacement for displacement"
n°19830280
poilagratt​er
Posté le 12-09-2009 à 22:50:57  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Surtout du fait de la spéculation et du manque de politique de logement, dans un cas comme dans l'autre c'est le résultat d'un manque de redistribution


La redistribution se faisait dans les 30 glorieuses via le travail, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.


---------------
Finalité du système économique: Produire sans l'homme (car il coûte toujours trop cher) des choses qu'il ne pourra utiliser (faute de revenus). Comme c'est idiot,  le système s'effondre.
n°19830317
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 22:55:14  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Mais encore une fois croissance démographique et croissance économique n'ont absolument rien à voir, c'est irrecevable ce que tu dis, d'ailleurs l'accroissement démographique est bien inférieur à 6%, il doit tourner autour de 2,5%
 


 

moonboots a écrit :


De quel décollage parles-tu ? Tu l'as dit très justement le droit de propriété est très ancien, c'est un concept qui doit dater de la sédentarisation, c'est à dire il y a plus de 10 000 ans, donc bien avant l'émergence de l'économie de marché ces deux derniers siècles, d'ailleurs le décollage économique occidental est complètement conditionné à l'histoire des civilisations orientales qui ont largement préparé le terrain, l'Europe était un territoire d'obscurantisme quand l'Asie ou le Moyen Orient connaissaient des civilisations brillantes avec des sciences et techniques très avancées, et le droit de propriété aussi d'ailleurs, cessons deux secondes l'occidentalocentrisme... Le développement économique de l'Europe vient de l'héritage technique, scientifique et philosophique de ces civilisations et lors de la Renaissance de la valorisation des sciences, de l'éducation, du matérialisme, etc...
 
Ton droit de propriété est une condition minimale à l'installation de l'économie de marché mais il n'en garantit pas du tout le succès...


 
Sur le taux de croissance de l'Afrique, je renonce, c'est un dialogue de sourds. Tant pis, n'en parlons plus.
 
Sur les droits de propriété, je crois que tu ne sais pas vraiment ce que c'est. Ce serait là aussi trop long.
 
Sur l'Asie et le Moyen-orient qui selon toi étaient très développés au Moyen-Age, cela n'a rien à voir, mais vraiment rien, avec le développement que l'on connaît depuis trois siècles. Rappelons les faits :
 
XVIIIè : 1% de croissance par an, soit un doublement en 70 ans.
XIXè : croissance à 2% certaines années, soit doublement tous les 35 ans.  Du jamais vu historiquement : cela ne s'était jamais produit avant, même en Chine impéraiale, ni même en Andalousie musulmane. La preuve en est que la popualtion mondiale ne s'est mise à décoller qu'avec la révolution industrielle, et non avant. C'est à partir de 1700 en Angleterre, de 1800 en France etc, qu'on a pu nourrir plus de bouches. Tu confonds en fait la munificence des cours andalouses et chinoises, leur vitalité artistique, le rayonnement culturel, avec la croissance économique sur longue période. Cela n'a rien à voir. Le siècle de Louis XIV était lui aussi brillant, au plan littéraire, musical, architectural, mais cela n'améliorait pas le sort de ses 20 millions de sujets.  
 
Les exemples que tu donnes (Andalousie, Chine) montrent que le progrès technique, les découvertes scientifiques (il y en a eu en effet au Moyen Age, en Chine notamment) ne suffisent pas à expliquer le décollage. Fernand Braudel a par exemple montré que le pouvoir absolu du souverain a longtemps empêché l’accumulation de fortunes en Chine ou au Moyen Orient, d'où l'absence de décollage. Un génie pouvait inevnter la poudre ou la boussole : ces découvertes ne permet pas de l'enrichir. Un peu comme en France où le pouvoir arbitraire du roi pouvait entrainer la saisie les terres de ceux qui devanient plus riches, comme celles du du Duc de Bourgogne ou les biens des templiers, selon le bon vouloir du prince ; ou conduire à embastiller  quiconque devenait plus riche que lui (voir Fouquet et Louis XIV).  
 
Il faut donc se mettre d'accord sur ce qui, pour les économistes et les historiens est indiscutable. Il y a eu deux moments de décollage de l'Humanité, et deux seulement : le néolithique, et la révolution industrielle. Le reste est stagnation et ne peut se comparer à ces deux ruptures majeures, inédites, inouies, extra-ordinaires au sens propre du terme. Dès lors, il faut les expliquer. On a vu que les ressources naturelles n'expliquaient rien : le pétrole existait déjà sous l'Antiquité et on n'en a rien fait. Le progrès technique n'explique rien non plus : la boussole et la poudre n'ont pas permis à la Chine de décoller. Reste donc le droit : c'est sans doute là qu'il faut chercher, plus précisément du côté des droits de propriété.

n°19830356
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 23:00:27  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Sur le taux de croissance de l'Afrique, je renonce, c'est un dialogue de sourds. Tant pis, n'en parlons plus.


Au contraire, c'est central parce que typiquement ça met à bas toute ta théorie, et la théorie libérale de manière générale, ces dernières années l'accroissement naturel de l'Afrique tournait autour de 2,3% quand la croissance économique tournait autour de 6,2%, donc un différentiel de presque 4% si je m'en réfère à ta façon de corréler croissance et démographie (sic)
 
Bref tu prétends que le droit de propriété est un des principes qui assure la croissance, je te démontre avec l'Afrique que c'est faux, ça te gêne, je le comprends, maintenant pour approfondir tes réflexions, il faudrait tout de même que tu résolves cette contradiction...

n°19830367
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 23:01:03  profilanswer
 

poilagratter a écrit :


La formation ne garanti pas l'emploi...  
 
Les entreprises n'ont plus confiance en l'avenir (contrairement aux années 60 ou plein de trucs, générateurs de fric et d'emplois, étaient encore à inventer), et évitent d'embaucher en CDI.
 
Les loyers sont élevés du fait de la concentration urbaine (car plus de boulot à la campagne).
Et raréfaction des logements mis en location, les proprios craignant de ne pas etre payés tout en supportant un locataire insolvable (ben oui, c'est la crise), ils préfèrent ne pas louer.
¨
Pas de solution dans ce système économique.


 
On avance. Deux questions :
 
- pourquoi les entreprises n'ont-elles  plus confiance dans l'avenir ?
 
- pourquoi ne construit-on pas plus de logements, alors que la demande existe ? pour le dire autrement, pourquoi le marché arrive en France à nourrir tout le monde (au moins sur le plan du nombre de calories) alors que ce même marché n'arriverait pas à satisfaire la demande de logements ? c'est bizarre, non , le marché arriverait à satisfaire un secteur vital (manger) et pas l'autre (se loger ?) Il doit y a voir anguille sous roche.

n°19830401
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 23:05:49  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Surtout du fait de la spéculation et du manque de politique de logement, dans un cas comme dans l'autre c'est le résultat d'un manque de redistribution


 
Et comment se fait-il que le marché arrive à nourir tout le monde, sans que l'Etat mette en place une grande politique de l'alimentation ?
 
Et qu'est-ce que cette spéculation, dont il suffit d'avoir prononcé le nom pour penser avoir résolu le problème ? comment est-elle financée ? Autre question : Si les loyers sont si chers à cause de la spéculation, pourquoi des promoteurs cupides et vénaux ne se lancent-ils  pas dans la construction de logements pour en tirer des profits juteux ? ce faisant, l'offre de logements augmenterait, ce qui satisfairait tout les mal logés et ferait baisser les loyers ? Mais non, aucun investisseur ne fait ce qu'un paysan ferait s'il voyait le cours de la tomate s'envoler : curieux, non ?  

n°19830410
moonboots
Posté le 12-09-2009 à 23:06:25  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Il faut donc se mettre d'accord sur ce qui, pour les économistes et les historiens est indiscutable. Il y a eu deux moments de décollage de l'Humanité, et deux seulement : le néolithique, et la révolution industrielle.


Tu n'expliques pas ce qui a amené à la révolution industrielle, ce n'est pas le droit de propriété en soi puisqu'il existait depuis plusieurs dizaines de milliers d'années, ce qui a amené la révolution industrielle c'est une longue histoire des progrès de la philosophie, des sciences, de la culture, de l'éducation, etc... à travers les civilisations. Le droit de propriété est essentiellement l'une des conditions de la marche de l'économie libérale, et non du développement, mais là ça devient un sujet de discussion encore plus complexe...
Quant aux ressources naturelles, puisque tu y reviens, c'est un paramètre parmi d'autres de la croissance, je n'ai dit nulle part que les ressources naturelles étaient indispensables.

Message cité 1 fois
Message édité par moonboots le 12-09-2009 à 23:15:21
n°19830412
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-09-2009 à 23:06:38  profilanswer
 

moonboots a écrit :


Bah tu poses des questions mais tu n'y réponds pas... oui : pourquoi ? (j'ai mes réponses mais j'aimerais connaître les tiennes)


 
Pas le temps cette fois-ci. Une autre fois.

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